30/11/2007

Mosquitos: Les jeunes sont-ils une espèce nuisible?


Quand on lit l’avis du conseil fédéral concernant les émetteurs d’ondes anti-jeunes «mosquitos» on pourrait presque le croire. Le gouvernement refuse en effet d’interdire ces appareils qui diffusent des ondes désagréables, mais inaudibles pour les plus de 25 ans, afin d'éloigner les plus jeunes du périmètre concerné. Le conseil fédéral reconnaît certes qu’ils peuvent causer des lésions auditives permanentes. Mais, toujours selon nos 7 «sages», une interdiction serait contraire aux principes de la liberté économique et de la propriété privée. Il n’existerait donc pas d’intérêt public suffisant pour prononcer une telle interdiction. La belle affaire!

Soyons clair, cette décision est, tout autant que l’utilisation de ces appareils, révoltante. En les éloignant par la force (car c’est bien de cela qu’il s’agit), même d’un lieu ouvert privé, on pratique une discrimination inacceptable et l’on jette une fois de plus l’opprobre sur toute une génération. Les jeunes ne sont plus qu’une espèce nuisible, ne valant guère mieux que les étourneaux avant la vendange ou les moustiques porteurs du chikungunya.


L’utilisation des mosquitos est contraire à la liberté de mouvement, à l’intégrité corporelle, à l'interdiction de toute discrimination, à la liberté de réunion et même, n’ayons pas peur des mots, à la dignité humaine.

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21/11/2007

Les 8400

Non, ce n’est pas le titre d’une nouvelle série télévisée. 8400, c’est le nombre de contribuables qui profiteront de la «réforme de l’imposition des entreprises II», sur laquelle nous voterons en février prochain. Pourtant, les milieux économiques nous promettent  que «cette réforme est indispensable aux 300'000 PME de Suisse» et que «toutes les PME, donc l’emploi, donc tout le monde, en profiteront». Ces chères PME…

 

 

Malheureusement, ce cadeau fiscal (car c’est bien de cela qu’il s’agit) ne profitera pas aux PME, mais à une petite minorité de (très) gros actionnaires d’entreprises qui ne sont d’ailleurs pas des PME, parmi lesquels on compte les enfants de M. Blocher ou les héritiers de Roche.

 

 

Je m’explique. Le cadeau fiscal soumis au peuple en février baisse l’impôt sur les dividendes, lesquels ne seront plus imposés qu’à 60%. Ce qui est déjà choquant en soi, car les salariés continueront, eux, à payer des impôt sur le 100% de leur revenu. Pour bénéficier de cette réforme, une PME doit être organisée en société de capital (p. ex. SA ou SàRL). Or, moins de 45% le sont. Mais ce n’est pas tout. Pour profiter de ce rabais d’impôt, il faut posséder au moins 10% du capital de l’entreprise. Ce qui ramène le nombre de contribuables bénéficiaires à 60'000 seulement, ce qui n’est déjà pas beaucoup si l’on compare avec les 4,5 millions de contribuables suisses.

 

 

Et ce n’est toujours pas fini. Pour profiter réellement du cadeau fiscal, il faut un gain imposable. Or, à peine 14% des sociétés concernées font un bénéfice supérieur à 50'000.—Fr. Les autres ne font soit pas de bénéfice, soit un bénéfice trop marginal pour que la baisse d’impôt soit intéressante. Ce qui ne laisse que 8400 bénéficiaires.

 

 

Passons aux perdants: La réforme de l’imposition des entreprises II privera chaque année la Confédération et les cantons de 500 millions de francs et l’AVS de 150 millions. En effet, les chefs d’entreprises seront incité à se verser des dividendes (non soumis aux cotisation à l’AVS) plutôt qu’un salaire (soumis aux cotisations) pour bénéficier du rabais d’impôt. Bref, un cadeau fiscal qui vide les caisses de l’Etat et des assurances sociales au profit d’une infime minorité (moins de deux contribuables sur mille!) ne peut qu’être refusé.

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15/11/2007

Baromètre des places d’apprentissage : La situation est stable. Donc reste mauvaise.

L’office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) a publié aujourd’hui son «baromètre des places d’apprentissage 2007». Et clame: «situation stable», mais sans vraiment s’en inquiéter. On peut partager l’avis de l’office sur un point : La situation est stable. Ce qui veut dire qu’elle reste mauvaise.


 Pour illustrer cet état de fait, voici quelques chiffres tirés du “baromètre”:
  • Près de 10000 jeunes (9500) n’ont aucune solution à la sortie de l’école obligatoire. En gros même nombre que l’an passé. Il n’est pas inutile de rappeler que les jeunes sans formation post-obligatoire sont les plus menacés de ne pas s’insérer durablement dans le monde du travail et de dépendre de l’aide sociale.
  • 23500 jeunes n’ayant pas trouvé de place d’apprentissage doivent se contenter d’une “solution transitoire” (p. ex. 10ème année, semestre de motivation). Ce sont 1500 de plus que l’an passé. Les solutions transitoires ne sont pas de vraies places de formation, mais plutôt une liste d’attente. Sans la moindre garantie de trouver une place ensuite, vu que
  • 17% des jeunes qui n’avaient pas trouvé de place l’an passé et tenté à nouveau leur chance cette année n’ont à nouveau rien trouvé. (+1% par rapport à 2006).
  • 30% des jeunes ayant une solution considèrent leur situation comme provisoire (+9% depuis 2003). Le sentiment de précarité croît.
  • Les entreprises n’ont créé, malgré la bonne conjoncture, la pénurie de travailleurs qualifiés qui commence à sévir dans certaines branches et la rentabilité de la formation professionnelle, que 2% de places en plus. C’est bien, mais c’est insuffisant. Car le nombre de jeunes intéressés par la formation professionnelle a crû de 2,5%.
Il faut donc créer au moins 5000 places de formation, dans les entreprises, mais aussi dans les écoles professionnelles à plein temps, comme l’école des métiers de Lausanne (ETML).

 

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