17/01/2008

Pouly, Polli et le paquet fiscal de février

La chaîne de boulangerie Pouly avale sa concurrente Polli. En plus de nous rappeler que les lois du marché sont impitoyables, cet événement nous livre quelques informations très intéressantes.

Par exemple, que Pouly SA emploie 570 employés. Et n’est donc pas une PME. Mais aussi, que son unique actionnaire est son fondateur, M. Aimé Pouly. Il bénéficiera donc de la réforme de l’imposition des entreprises II. Car les actionnaires possédant au moins 10% d’une société de capitaux verront leur dividendes imposés à 60% seulement, alors que les salariées et salariés sont, comme chacun sait, imposés sur l’entier de leur salaire. Et le resteront.

Les boulangeries indépendantes des quartiers et des villages -de vraies PME- sauront apprécier à sa juste valeur ce cadeau fiscal à une chaîne qui leur mène la vie dure. Elles l’apprécieront d’autant plus qu’elles n’en verront pas la couleur, car ce sont en général des raisons individuelles…

Le 24 février, nous ne sommes pas fous: Votons NON à la réforme de l’imposition des entreprises II!

13:47 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (27)

Commentaires

Cher M. Schwaab,

Il ne faut pas tout mélanger. C'est Mr Pouly en tant qu'actionnaire qui sera moins imposé sur les dividendes perçus.

Pouly Tradition SA en tant qu'entreprise verra toujours son bénéfice imposé de la même façon que ses concurrents petits ou grands. Les "vrais PME" comme vous dites ne seront donc pas lésées sur ce point, et elle ont le choix de passer en SA.

AF

Écrit par : Alain_Fernal | 17/01/2008

Aimé est-il aussi imposé en Haute-Savoie, lieu de son domicile ?

Écrit par : frontalier | 18/01/2008

M. Pouly sera imposé en France seulement s'il possède une activité en France. Autrement, le seul impôt qu'il aura sera l'impôt foncier et la taxe d'habitation ! Il y a plein plein de commerçant à plaques suîsses (véhicule au nom de l'entreprise) qui habitent en France.

Écrit par : Genevois | 18/01/2008

Cher M. Fernal,
Je ne confonds rien. Pouly SA, c'est M. Pouly, vu qu'il est actionnaire unique. Ce petit exemple pour démontrer qu'une réforme vendue comme favorable aux PME profite en fait au patron d'une grande entreprises qui fait concurrence à de vraies PME.
Car c'est un fait, plus de la moitié des PME ne sont pas des sociétés de capitaux. Elles pourraient le devenir, c'est vrai, à condition de remplir les conditions légales, mais force est de constater qu'elles ne le font pas. Et ne tireront donc aucun bénéfice de la baisse de l'imposition des dividendes...
Vendre la réforme de l'imposition des entreprises II comme favorable aux PME n'est donc qu'une vaste escroquerie.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 18/01/2008

Je vois qu’on joue aux limites de la mauvaise fois. Même si Mr Pouly est actionnaire unique, il est imposé sur les dividendes en tant que personne physique, alors que Pouly SA est imposé sur son bénéfice en tant qu’entreprise. Vous remarquerez en passant que ça a des relents de double imposition.

Et toujours est il que contrairement a vos insinuassions, pour le reformuler clairement : La concurrence entre petite et grande entreprise ne s'en trouve pas biaisé, et les petites PME pourrait aussi en profiter si elle font ce qu’il faut pour.

Écrit par : Alain_Fernal | 18/01/2008

Il y a clairement distortion de la concurrence, vu que plus de la moitié des PME n'est pas en mesure de bénéficier de la réforme. C'est un fait. Qu'elles puissent éventuellement changer leur situation n'y change rien. Un gros concurrent bénéficie d'un rabais fiscal, pas elles.

Quant à la "double imposition" dont vous parlez, ce n'est pas une double imposition, vu que deux personnes (une physique, Mr Pouly et une morale, Pouly SA) sont imposées. Mais le bénéficiaire de la réforme est bel est bien l'entreprise de M Pouly car il en est l'actionnaire unique. Les bénéficiaires de la réforme sont les actionnaires.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 18/01/2008

Vous vous enfoncez dans les contradictions...

Écrit par : Alain Fernal | 18/01/2008

Et vous, à la vue de l'effondrement du projet que vous semblez soutenir tel un château de carte, vous semblez ne pas savoir comment réagir autrement que par des invectives gratuites...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 19/01/2008

De toute manière, Monsieur Pouly est trop Polli pour être au net !

Écrit par : Bla-Blo-Gueur | 19/01/2008

Admettons que l’entreprise Pouly SA gagne 100.-
Actuellement l’entreprise Pouly SA paye des impôts sur 100.-. Quand M. Pouly prend le solde, admettons 90.-, il paye des impôts encore sur 100.-. Avec la reforme il va payer des impôts sur 60.-. Suis-je dans l’erreur ?

Dans les 2 cas le système est boiteux, il me semble que Monsieur Pouly devrait payer des impôts sur la somme effective qu’il touche. Dans ce cas 90.-. Tous devraient être à la même enseigne.

Monsieur.Schwaab, vous parlez d’invectives gratuites, avez tronqué un partie le message Fernal ? Si ce n’est pas le cas, où est l’invective ?

Écrit par : cali | 20/01/2008

Il faut différencier l'entreprise de ses actionnaires. L'entreprise paie ses impôt sur le 100% de son bénéfice. M Pouly est lui imposé soit sur son salaire, soit sur les dividendes qu'il reçoit. Avec la réforme, s'il se salariel en dividendes, il paiera sur le 60% de la somme reçue. S'il reçoit 90.--, il paiera 60% de 90.--, soit sur 54.--. Alors que s'il continue à se verser un salaire de 90.--. il sera imposé sur 90.--. Mais il aurait bien tort de profiter de l'aubaine.

Encore une question, où aurais-je tronqué le message de A Fernal?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 20/01/2008

Il vous faut relire mes 2 questions.
1) avez-vous tronqué le post de Monsieur Fermal ?
2) si no, où est l’invective ?

Écrit par : cali | 20/01/2008

Cher cali,
1) comment pourrais-je tronquer un post???
2)"vous vous enfoncez dans les contradictions", sans arguments, ni explications me semble un peu faiblard. Mais, je veux bien l'admettre, le terme "invectives" était peut-être inapproprié.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/01/2008

Cher M. Schwaab,

Votre comparaison avec l'imposition des salariés est fausse! Les salariés ne sont pas directement imposés sur l'argent qu'ils ont pu économiser durant l'année. Tandis qu'une entreprise paie un impôt sur le chiffre d'affaire, puis ceux qui ont crée l'entreprise, qui ont investis leur argent voient ce qui leur reste de bénéfice être encore taxé, sous prétexte que ce sont des méchants capitalistes qui créent des emplois et des places d'apprentissage!

En acceptant la réforme de l'imposition des entreprises, on ne fera qu'étrangler un peu moins les entreprises.

Écrit par : soso | 21/01/2008

Cher soso,
Les propriétéaires d'entreprises ne sont pas taxé parce que ce sont "des méchants capitalistes" (mais oû allez-vous chercher tout ça?), mais parce que notre système fiscal est basé sur l'imposition des revenus et sur le fait que chaque personne physique ou morale soit imposée séparément. Rassurez-vous, les investisseurs, créateurs d'entreprises et autres actionnaires sont peut-être lourdement imposés, mais, une fois le fisc passé, il leur reste encore largement de quoi vivre confortablement...
Et détrompez-vous, les entreprises ne sont pas "étranglées", loin de là. Il n'y a cette année jamais eu autant de création d'entreprises et, selon une étude menée par le département d'étude conjoncturelle de l'EPFZ, la fiscalité ne joue qu'un rôle marginal dans la décision que prennent les entreprises d'investir ou pas. La réforme de l'imposition des entreprises II ne créera donc pas d'emploi et ne bénéficiera pas aux entreprises, mais à quelques gros actionnaires.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/01/2008

Selon mon dictionnaire

Contradiction
1) action de contredire
2) fait de se contredire soit même

Invective
Discours violent contre une personne ou une chose

Ma fille jusqu’à 4 ans cherchait des excuses quand elle était prise la main dans le pot à bonbon. Depuis elle a compris que ce n’est pas malin. Je vais voter non à la reforme de l’imposition par ce qu’elle me semble inéquitable.

Écrit par : cali | 21/01/2008

Je suis très déçu par votre réponse qui ne met en évidence que votre parfaite maîtrise de la langue de bois.

Écrit par : soso | 21/01/2008

Ouais, ouais.
En 1978, M. Pouly exploitait une unique boulangerie à l'angle de la rue du Vieux-Billard et de l'avenue du Mail. C'est donc certainement dans le dessein de toucher frauduleusement de l'argent qu'il a étendu son activité par le travail et fourni un emploi à 570 personnes ?
Monsieur Schwaab, que rapportez-vous en données économiques à la société ?

Écrit par : Rabbit | 21/01/2008

Et vous, Rabbit?
Plus sérieusement, je n'ai rien contre M. Pouly et, ne sachant pas quelles conditions de travail et de salaire a son personnel, je ne me prononcerai pas sur la qualité des emplois de son entreprises. S'il y réussi, tant mieux pour lui, et probablement, tant mieux pour l'économie (encore que je ne sois pas sûr que les petits boulangers de quartier partagent cet avis).
Ce qui me choque, ce n'est pas la réussite de M. Pouly ou de tout autre entreprise, c'est le fait qu'une réforme fiscale qui est vendue comme étant favorable aux PME profite en fait aux patrons de grandes entreprises, qui ne sont pas dans le besoin...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 22/01/2008

Moi, mon bon Monsieur, l'Etat me bouffe la laine sur le dos. Et le seul antimite, dans la circonstance, c'est de disparaître des registres fiscaux.
Un grand nombre de citoyens pratiquent déjà une stratégie qui consiste à dépendre entièrement dudit Etat: je ne gagne rien, je ne paye rien, on me donne tout. Je vais en choisir une autre, plus proche de mes convictions: je vais devenir nomade.

Écrit par : Rabbit | 22/01/2008

M. Schwaab, vous avez un raisonnement de fils à papa qui n'a certainement jamais eu à chercher un emploi. Lorsqu'un patron de PME donne du travail à 570 personnes en Suisse, il merite un peu de respect, non ?

Écrit par : Gerard | 22/01/2008

Gérard, sur quoi fondez vous cette affirmation "qui n'a certainement jamais eu à chercher un emploi"?
Loin de moi l'idée de manquer de respect à M. Pouly. Ce n'est d'ailleurs pas à lui que j'en ai, mais contre une réforme dont on prétend qu'elle sera bonne pour les PME alors qu'elle ne bénéficiera qu'à une poignée de patrons de grandes entreprises, par exemple M Pouly...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 23/01/2008

Gérard, sur quoi fondez vous cette affirmation "qui n'a certainement jamais eu à chercher un emploi"?
Loin de moi l'idée de manquer de respect à M. Pouly. Ce n'est d'ailleurs pas à lui que j'en ai, mais contre une réforme dont on prétend qu'elle sera bonne pour les PME alors qu'elle ne bénéficiera qu'à une poignée de patrons de grandes entreprises, par exemple M Pouly...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 23/01/2008

il est quand même bizarre que les patrons des PME qui sont censés ne pas profiter de la réforme la soutienne quand même. Faut dire aussi que la réforme a pour but de faciliter les reprises d'entreprise et les successions qui là ne sont plus concernées que les S.A. mais également les raisons individuelles, mais bon pour les socialistes seuls les impôts et l'état sont à leurs yeux le seul guide de l'économie.

D.J

Écrit par : D.J | 23/01/2008

Cher DJ, l'aspect dont vous parlez n'est pas contesté. Le PS a d'ailleurs déposé une motion pour que cette partie de la réforme soit remis tout de suite sur le tapis. Si la majorité bourgeoise avait un tant soit peu de bon sens, elle aurait accepté de scinder le paquet en deux et les nouvelles règles pour les successions seraient déjà entrées en vigueur au 1er janvier dernier...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 24/01/2008

donc cher jcs vous venez d'avouer que la réforme ne profite pas qu'aux gros actionnaires comme vous le prètendé depuis des semaines.

D.J

Écrit par : D.J | 25/01/2008

Cher DJ, il faut savoir différencier.
Une partie de la réforme est certes véritablement destinée aux PME. Mais elle n'est pas contestée et sera appliquée quel que soit le résultat du référendum, vu que ce n'est pas elle qui a incité la gauche à le lancer.
Nous votons en réalité sur la pièce de résistance de la réforme, qui elle est contestée car inutile, favorable aux gros actionnaires et non aux PME et nuisible à l'AVS... Il s'agit de faire une pesée d'intérêts: une paquet mal ficelé dont les parties avec lesquelles tout le monde est d'accord et seront tôt ou tard mises en application ne peut que se refuser.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 26/01/2008

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