21/02/2008

L'adacémie française tacle les technocrates de la formation professionnelle

Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi fédérale sur la formation professionnelle, quelques technocrates avaient presque réussi un hold-up magistral: imposer le remplacement général du terme "apprenti", pourtant facile à comprendre par tout le monde, par "apprenant", même si ce terme n'apparaît ni dans la loi, ni dans son ordonnance. En Suisse alémanique, cette offensive linguistique est malheureusement un succès: "Lernende" a supplanté "Lehrling" (respectivement "Lehrtochter"), même dans le langage courant. Mais bon, en Allemand, le premier a au moins l'avantage sur le second d'être épicène.

Fort heureusement, un enseignant d'une école professionnelle bulloise a eu la bonne idée de poser la question à l'Académie Française. Comme le rapportent les actualités de la formation professionnelle, la réponse est sans équivoque. "Apprenant" n'est pas dans le dictionnaire de l'académie et celle-ci recommande de lui substituer, selon le contexte, étudiant, élève ou... apprenti. (la lettre de l'académie se trouve ici en pdf)

Il ne reste plus qu'à espérer que cela mettra un terme à la mode de nommer toute personne en formation "apprenant". Dans le canton de Vaud, le terme "apprenant" est encore très présent, notamment dans les pages du service du personnel. En revanche, dans l'avant projet de loi vaudoise sur la formation professionnelle, le terme "apprenti" reprend du poil de la bête. Et le canton a annoncé vouloir bannir définitivement "apprenant". Y'a de l'espoir.

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15/02/2008

Le paquet fiscal profite aux grandes entreprises cotées en bourse. Pas aux PME.

Le paquet fiscal de février (réforme de l’imposition des entreprises II) est censé bénéficier aux PME. C’est en tout cas ce que prétendent ces partisans. Qui font campagne avec les millions de la grande industrie. Ce qui n’est pas étonnant. Car ce ne sont pas les PME qui profitent du cadeau, mais les gros actionnaires.
Ainsi, sur 68 entreprises cotées à la bourse suisse, 50 sont détenues par des actionnaires possédant plus de 10% du capital. Soit plus des deux-tiers. Parmi elles, la moitié réalise un bénéfice annuel supérieur au milliard de francs. Aucune n’a besoin d’une baisse d’impôt pour investir et créer des emplois. A cela s’ajoutent toutes les grandes entreprises non cotées, car détenues par un nombre très restreint d’actionnaires.
Mais ce n’est pas tout. Les grands patrons, qui à l’instar de M. Ospel ne possèdent pas 10% du capital de leur entreprise et sont rémunérés en actions, peuvent aussi profiter de la baisse de l’imposition sur les dividendes. Le tout grâce à un truc tout simple: en transférant les titres dans une holding possédant au moins 10% d’autres entreprises. Cet abus risque fort d’être impossible à détecter.
Une réforme fiscale qui, au lieu de soutenir les PME, arrose pareillement les gros actionnaires de grandes entreprises est inutile et injuste.
D’ailleurs, les vraies PME disent non.

(sources: Parti Socialiste Suisse, d'après Finanz und Wirtschaft)

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05/02/2008

Mediamarkt et le paquet fiscal de février

Il paraît que la réforme de l’imposition des entreprises II est favorable aux propriétaires de PME. Voici un nouvel exemple pour montrer que ce n’est non seulement pas vrai, mais surtout que ce paquet fiscal profite surtout aux grands actionnaires de grandes entreprises. Grandes entreprises qui concurrencent des PME.

La maison mère de la chaîne d’électroménager Mediamarkt, Metro AG, est détenue en grande partie par M. Otto Beisheim, domicilié à Baar dans le canton de Zoug et dont la fortune est estimée entre 5 et 6 milliards de francs. Puisqu’il possède plus de 10% de l’entreprise, M. Beisheim profitera de l’allègement d’impôt. Pourtant il correspond fort peu au profil du «petit patron de PME en mauvaise situation économique». Qu’importe, ses impôts baisseront. Et la baisse sera à n’en pas douter conséquente.

Mais ce n’est pas tout. En effet, Mediamarkt exige que les directeurs de ses filiales – toutes des SA- participent à leur capital. Vu qu’ils possèdent tous plus de 10%, ils profiteront aussi du cadeau fiscal. Pourtant, eux non plus ne sont pas de petits patrons en difficulté. Et leur entreprise n’est pas une PME. Une réforme aussi mal ciblée, aussi injuste et aussi coûteuse (2 milliards pour la Confédération et les cantons, dont 45 millions pour notre canton et 30 millions pour les communes, sans oublier au moins 150 millions aux dépens de l’AVS) n’appelle qu’une seule réponse: NON.

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