03/04/2008

Des baisses d’impôt oui, mais des baisses équitables

Les baisses d’impôts, rabais fiscaux et autres allègements, sont à la mode. Malgré la dette publique encore importante (4 milliards), malgré les indéniables besoins de rattrapage en matière d’investissements et de prestations à la population, malgré les sacrifices infligés au personnel de l’Etat qu’il faudra compenser, c’est la baisse de la fiscalité qui occupe le devant de la scène. Il faut le regretter, mais en prendre acte.


Il y a deux méthodes pour baisser les impôts. La première, celle de la droite et des milieux économiques, est celle du «plus vous avez, plus on vous donnera». C’est la baisse linéaire du taux d’impôt, c’est l’augmentation des déductions sur le revenu imposable, c’est la baisse de l’imposition des dividendes. Selon cette méthode, les contribuables aisés, les grandes entreprises, les gros actionnaires, profitent pleinement de la baisse d’impôt. Car plus on paie d’impôt, plus l’effet de la baisse est fort. La majorité des contribuables, elle, ne voit peu ou pas la couleur de la réduction de la fiscalité, notamment les milliers de contribuables trop modestes pour payer des impôts. C’est très injuste, car les revenus de l’Etat sont principalement redistribués aux gros revenus, qui n’ont d’ailleurs pas besoin d’une telle aubaine.


L’autre méthode est celle que préconise le parti socialiste vaudois. C’est le rabais d’impôt de 500.—Fr. par enfant. Il ne s’agit pas de diminuer le revenu imposable, mais la somme à payer au fisc. Cette proposition a l’avantage d’être favorable aux bas et aux moyens revenus. En effet, pour une famille avec deux enfants qui paie 5000.—Fr. d’impôt sur le revenu, 1000.—Fr. de rabais d’impôt (2x 500.—Fr.) correspond à une baisse de 20%. En revanche, pour une famille similaire payant 20'000.—Fr. d’impôt, ces même 1000.—Fr. de rabais ne correspondent qu’à 5%. Et ainsi de suite. Cette baisse d’impôt est donc plus profitable aux bas et moyens revenus qu’aux revenus élevés. Les recettes de l’Etat sont ainsi redistribuées à celles et ceux qui en ont réellement besoin.


Cette mesure devrait coûter environ 70 millions de francs et n’entraverait pas les autres mesures nécessaires (réduction de la dette, investissements, rétablissement des prestations à la population, geste en faveur du personnel de l’Etat), que les bons résultats des comptes 2007 rendent possibles.

Commentaires

Il n' y a pas de mauvaises baisses d'impôt,la croissance économique n'est p'as sectaire,autant les baisses chez les riches, les entreprises et les classes moyennes profitent à toute l'économie,la consommation et les investissements sont les moteurs de l'èconomie.

vous oubliez le troisième système,c'est l'abolition de l'impôt progressif qui pénalise les éventuels augmentations de salaires et qui pénalise celui qui s'investit en heures et en argent pour progresser dans sa profession,de même que l'injuste addition des salaire des couple marié.

il faut également que les distributeurs puissent se ravitailler librement sur le marché mondial et tanpis pour les lobby agricole car ce qui plombe l'agriculture c'est la politique des subventions et des prix garantis où fixé par les pouvoirs publics,comme pour le prix du lait, tout les secteurs économique s'adapte à la concurrences mondial a par eux qui n'attende que des intervention de l'état merci le contribuable.les classes moyenne veraient les prix baisser de 30% tous produit importés.

D.J

Écrit par : D.J | 03/04/2008

Si la baisse d'impôt profite à ceux qui n'en ont pas besoin et donc ne réinvestissent pas ces montants, elle est non seulement inutile, mais injuste. Par exemple, je doute que la réforme de l'imposition des entreprises créera le moindre emploi. Mais bon, le peuple a voté.

Je ne partage pas non plus votre avis en ce qui concerne le taux progressif. C'est au contraire une méthode très juste, afin que l'impôt tienne vraiment compte de la capacité économique des contribuables, comme le veut la constitution fédérale. C'est vrai qu'il demeure quelques problèmes de seuils, mais la députée PS Fabienne Freymond-Cantone va déposer une intervention au grand conseil pour atténuer ces problèmes (plus d'info sur www.ps-vd.ch).

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 04/04/2008

J'ai du mal à suivre votre logique selon laquelle une baisse d'impôts de 1000.- quel que soit le revenu serait plus profitable pour les bas et moyens revenus que pour les hauts. Chacun aurait le même cadeau! Alors certes pour l'économie, un franc de plus pour les bas revenu sera dépensé et pas forcément pour les hauts revenus (ou alors sur les actions pour gagner encore plus sur le dos des licenciements ou délocalisations).
Ce qu'on peut dire c'est que la proposition est profitable aux familles, mais pas aux bas ou moyens revenus, sauf à considérer (mais j'espère que vous n'avez pas l'esprit déformé à ce point par l'économisme etc) comme "profitable" le point de vue de l'économie... les recettes de l'Etat sont, selon votre proposition, distribuées uniformément, et pas plus à ceux qui en ont réellement besoin, pas besoin d'avoir fait des études pour comprendre cela!

Écrit par : Neness | 04/04/2008

Cher Neness, les 1000.--Fr. correspondent à une plus grande part sur un petit revenu que sur un grand. D'où le bénéfice proportionnellement plus important pour les bas et moyens revenus. Chacun a le même cadeau, mais le cadeau a plus d'impact pour les petits et moyens revenus. Alors que les déduction ou les baisses linéaires du taux d'impôt ont un impact plus important sur les gros revenus (ainsi qu'un impact quasi nul sur les bas et moyens revenus...). A ce momment, les recette de l'Etat sont redistribuées de manière inéquitable. Mieux vaut donc les redistribuer uniformément, tout en sachant que la même somme n'a pas la même importance pour tout le monde.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 04/04/2008

En parlant de "bénéfice proportionnellement plus important pour les bas et moyens revenus", vous argumentez, en gros, que 1000 francs pour une famille pauvre c'est plus que pour une famille riche. Une dérive de votre argument, que la droite pourrait reprendre, c'est que du coup, on peut leur donner un peu moins, aux pauvres... Personnellement, il me semble évident que les familles pauvres doivent être plus aidées que les autres, et pas avec des histoires de proportion (pour justifier de donner pareil à tout le monde), non : avec des montants supérieurs! En tenant compte des revenus, ou du chiffre de la déclaration d'impôt... et je ne dis pas ça par intérêt personnel (faisant partie de la classe moyenne), mais parce que cela me paraît évident! Non?

Écrit par : Neness | 16/04/2008

Effectivement, il faudrait idéalement que l'impôt ET le rabais d'impôt soient progressifs (mais avec un courbe inverse, bien sûr), afin d'accentuer encore l'effet redistributeur. La proposition socialiste est cependant plus facile à faire passer politiquement. En effet, la majorité du parlement est entre les mains des partis bourgeois, défenseurs des hauts revenus et il sera déjà bien difficile de faire passer le rabais d'impôt face aux propositions de baisses linéaires!
Le rabais d'impôt à montant unique serait aussi plus facile à mettre en place qu'un système progressif, qui serait inévitablement très compliqué et contiendraient des effets de seuils pouvant avoir des effets pervers. Mais c'est vrai que la complexité ne doit pas être un argument pour nous faire renoncer si, au final, la complexité crée un système juste. Mais ce n'est pas garanti d'avance.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 16/04/2008

De toute façon, il y'aura toujours quelqu'un qui dira que la baisse d'impôts n'est pas équitable, peu importe la manière de faire.

"la complexité crée un système juste". Vous n'aviez pas la même approche sur la cigarette non?

Écrit par : DdDnews | 16/04/2008

Et bien donc, cher JC, ne renforcez pas les arguments bourgeois, si votre but est d'aider en priorité ceux qui sont dans le besoin! Je constate que votre échaffaudage ne repose sur rien... d'autre que sur le souhait d'amadouer la droite. Je ne sais pas si c'est une bonne façon de faire : vous faites la preuve que vos arguments ne tiennent pas trop la route, ce n'est pas un message positif ni à votre droite, ni à votre gauche, ni à vos électeurs... Bref, ayez vos idées! Que le gouvernement soit à droite ou pas, si vous penchez vers la droite, la droite pourra encore plus aller à droite! C'est ce qui se passe depuis trop longtemps! Alors soit le PS dérive effectivement vers la droite, par choix et l'assume, soit c'est juste par tactique. Je penche plutôt pour le 1er cas, mais je pense que ce n'est pas le cas de tous les socialistes, et ceux là feraient bien de rentrer au bercail avant que la base ne soit complètement déboussolée (elle ferait mieux de voter à gauche!).

Écrit par : Neness | 16/04/2008

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