04/07/2008

Frein à l'endettement pour assurances sociales; y'en a qui ne sont pas gonflés

Les milieux patronaux proposent de soumettre les assurances sociales à un «frein à l'endettement» pour éviter qu'elles ne représentent bientôt «les deux-tiers du budget de la Confédération» (ce qui arrivera soit dit en passant plutôt parce que ledit budget diminuera, avec le soutien des associations patronales, grâce aux cadeaux fiscaux déjà distribués ou devant bientôt l'être...). S'il est louable de vouloir limiter les dépenses, cette proposition des milieux patronaux est sacrément gonflée. En effet, ces dernières années, ils ont refusé toute une série de mesure qui auraient permis de diminuer ces dépenses, non pas en limitant l'accès aux assurances sociales ou en rognant sur les prestations, mais en évitant que des personnes ne soient contraintes d'y faire recours.

Parmi ces mesures, on peut évoquer:

* augmenter les dépenses dans la formation, notamment professionnelle, notamment en créant des places d'apprentissage, afin de diminuer le nombre de chômeurs et chômeuses et de bénéficiaires de l'aide sociale. Il est en effet de notoriété publique que l'absence de formation est une des causes majeures du chômage.
* augmenter les dépenses dans la formation continue, surtout en faveur des personnes peu formées, afin d'éviter qu'elles ne soient pas contraintes de finir leur carrière professionnelle au chômage, à l'AI ou à l'aide sociale.
* obliger les entreprises à offrir des places de travail aux personnes handicapées, afin de diminuer le nombre de rentes AI, non en en durcissant l'accès, mais en évitant à des salariés handicapés de devenir rentiers.
* diminuer le temps de travail et la pression à la productivité, ce qui éviterait «burn-out», accidents de travail et invalidités qui n'auraient pas lieu d'être.

L'union patronale et economiesuisse justifient cette proposition par le mauvais état des finances des assurances sociales. Il faut rappeler qu'en 2003, lors de la 11ème révision de l'AVS, conseil fédéral, parti bourgeois et... milieux patronaux prédisaient que l'AVS ferait un déficit de 1,2 milliards en 2007. Cette même année, c'est le bénéfice qui se montait à 2,7 milliards.

Commentaires

Le socialisme sème toujours les graines qui conduisent à sa propre destruction.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/07/2008

Cher Victor,
Je ne vois pas où vous vouez en venir avec votre aphorisme, mais quel lyrisme!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 05/07/2008

Non Victor, le social est un mal nécessaire ! On ne peut pas que vivre de capitalisme... Ce n'est pas notre chemin à tous ni notre choix a tous que d'être dans une société capitaliste. Sinon ce serait de la dictature. Il est logique que le social soit déficitaire ! On ne peut pas demander à un handicapé d'être rentable ! Un jour tu risque de tomber au chomâge ou aux sociaux et là tu sera bien content qu'ils existent dans le pays LE PLUS CHER AU MONDE !

Je l'ai deja dit: on se trompe de cibles, ce n'est pas aux pauvres de payer l'ardoise ni aux handicapés de bosser.... Mais il faudrait peut être regarder ailleurs là ou nous n'avons pas accès: je parle des comptes de la confédération, le jour ou ce sera transparent on se retrouvera pour boire un café victor. Bye

PS: Je ne me souviens plus le montant en millions qu'il a fallu pour constuire 1 km d'autoroute mais c'est hallucinant, ils ont du les assertir de diamants et de pierres précieuses au prix du km tu as de quoi sauver toute ta population....

Écrit par : Christian | 05/07/2008

L’appropriation étatique du pétrole n’est pas une exception à la règle.
La plupart des gens ne discernent pas que 90% des réserves pétrolières du monde sont contrôlées par des gouvernements ou des compagnies appartenant à des États. Exxon-Mobil, l‘entreprise pétrolière privée la plus importante, ne possède que 1,08% des réserves pétrolières mondiales.
Et les 5 plus grandes entreprises pétrolières mondiales prises ensemble n’en possèdent que 4%.

Le prix élevé du pétrole est une conséquence directe de restrictions artificielles de l’offre imposées par l’OPEP et quelques autres pays, dont les États-Unis, et par la mauvaise gestion et l’incompétence qui prévalent dans les compagnies d’Etat.
L’OPEP est un cartel international dont font partie l’Iran, l’Irak, le Koweit, la Libye, l’Angola, l’Algérie, le Nigéria, le Qatar, L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Venezuela.
Ces pays contrôlent environ 77% des ressources connues de pétrole brut.

L’Amérique sera vite indépendante du pétrole importé en raison du développement des sables asphaltiques et des schistes bitumineux, dont la production sera vraisemblablement mise à l’abri de baisses drastiques des prix internationaux du pétrole.
L’OPEP et ses compagnons de route n’auront plus entre les mains qu’une matière première qui aura perdu beaucoup de sa valeur en raison de leur myopie présente.
Leur stratégie de hausse des prix n’aura fait qu’inciter leurs consommateurs à développer des alternatives économiquement et environnementalement efficaces bien plus rapidement qu’ils ne l’auraient fait dans un contexte de marché libre.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/07/2008

« Le phénomène totalitaire », a noté le philosophe politique Jean-François Revel, «ne peut se comprendre sans que soit pris en compte la thèse selon laquelle une part importante de chaque société est constituée de gens qui veulent activement la tyrannie : ou pour l’exercer eux-mêmes, ou, plus mystérieusement, pour se soumettre à elle.
Dès lors, la démocratie est toujours en péril ».

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/07/2008

Si je cotise à une caisse de retraite ou paie des primes pour une assurance-maladie, je « compte sur » ces organismes, j’inclus cette prévision dans ma vie, que je serai pris en charge le moment venu.
Je serais stressé, gravement lésé, si ces organismes se dérobaient à leur obligation, par mauvaise foi ou faillite.
Mais puis-je raisonnablement attendre de gens qui ne me connaissent pas, qui n’ont pris aucun engagement envers moi, qu’ils m’entretiennent dans ma sénilité, qu’ils financent une éventuelle hospitalisation ou période de chômage?
Il faudrait pour que j’acquière cette confiance réintroduire la magnifique coutume de l’hospitalité, du bénévolat, des dons matériels à des organismes d’assistance, qui complèteraient l’assurance privée à laquelle les plus déshérités d’entre nous ne pourraient souscrire.

Les hommes de l’État découragent l’entraide privée.
Ils réclament le quasi monopole d’une assistance qui est la légitimation aujourd’hui de leur pouvoir.
Ils créent de la prévisibilité en forçant les contribuables à combler les déficits des assurances maladie et assurances retraites.
Mais cette promesse ne les met-elle pas dans la situation de Cornell m’offrant ce qui ne lui appartient pas?
Où est la différence?
De lui aussi, j’avais la certitude d’obtenir l’objet désiré, mais au prix du stress et de l’anéantissement des projets de son propriétaire.

La redistribution forcée ne fait-elle pas de chaque bénéficiaire d’allocations et de subventions le receleur d’un bien volé?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/07/2008

Cher Victor,

Certes, ta vision des choses correspond à une idéologie bien précise regroupant quelques courants de pensée, tels que la philosophie physiocrate, par extension libérale et néo-libérale et, dans les extrêmes des extrêmes - dont tu sembles, par tes propos même, faire parti : le libértarianisme. Bien qu'il serait trop long d'en expliquer tous les tenants et aboutissants ici-même (voir ici le lien wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Libertarianisme), nous pouvons dire simplement que cette idéologie prône la suppression de l'Etat, basant sa société idéale sur le fait que toute interaction entre êtres humains doit se baser sur le volontariat.

Pour faire court, je te renvoie sur les quatres Pères fondateurs du Contrat social - Hobbes, Loke, Montesquieu et Rousseau.

Je conviens que dans ce pays libéral de par la nature même des évènements, des choix et des protopolitiques fondateurs de cette nation qu'est la Suisse, toute proposition à caractère socialisante est une incohérence idéologique, d'une manière purement formelle philosophiquement. Mais, partant du constat - amer - que l'on est obligé de faire à propos de la répartition des richesses - aussi bien au niveau mondial que national et local et malgré les efforts fait pour changer les choses dans le courant de ces deux derniers sciècles, j'ai le sentiment persistant qu'une société sans obligation et contrainte d'apporter une aide, aussi minime soit elle, aux plus faibles d'entre ses membres est une société qui est amenée à s'éteindre et s'effondrer sur elle-même par la force même de l'inadéquation de l'être humain à cette vie en interaction avec ses semblables.

La philanthropie - que tu sembles prôner pour remplacer la redistribution indirecte des richesses par l'impôt - ne fonctionne QUE parce que l'Etat permet à celles et ceux qui la pratique de déduire tout ou partie du montant qu'elle représente de leur revenu imposable. Une société sans Etat, sans contrainte sociale de redistribution des richesses (et je ne parle même pas de justice sociale, c'est un autre débat...) n'est pas viable.

Mais ce n'est que mon avis.

Écrit par : Nicolas | 06/07/2008

Cher Nicolas, j'avoue être un lecteur de http://www.turgot.org
Ce site s'intitule "Au service de la liberté".
J'aime la liberté, sous toutes ses coutures.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/07/2008

Cher Nicolas, j'aimerais compléter ma réponse, en écrivant que les sociétés de nos ancêtres se sont développées sans aucun État et que personne ne mourait de faim.
La chasse (les meutes d'hommes) et la cueillette (les groupes de femmes) faisait vivre tout le monde. (le blessé, comme le jeune).
Pas d'État, pas d'impôt, pas d'assurance, c'est en tous cas, ce que semble vouloir pas que les libertarians, mais aussi les gens d'ATTAC, Greenpeace, Les Verts, plus de voitures, plus de société, selon les communistes, alors un retour à l'âge de (bronze, pierre, feu) est-il envisageable ?
Plus que désiré, il semble que oui.

Prôner une société baba-cool, comme celle dépeinte par le film, "L'île", avec Leonardo di Caprio, n'est pas le propre des libertarians, vous en conviendrez.
Un tel rejet des progrès technologiques, sociétales, sociétaire, un dégoût de l'humanité, non plus.

Alors, pour évoluer, faut-il revenir à l'état, dont nous avons trouvé (il y a moins d'un mois) une nouvelle tribu en Amazonie ?
Autrement dit, passer l'éponge sur 10'000 ans d'évolution ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/07/2008

Il faut déjà ne pas avoir froid aux yeux pour regarder en face une pareille proposition des milieux patronaux et ne pas se laisser abattre.
Comment se fait-il que des personnes dotées d'une intelligence certaine et vivant sans doute une vie affective puissent calculer aussi crûment les allocations nécessaires à une existence correcte dans notre pays de beaucoup d'être fragilisés par divers évènements?
Il est vrai que le chef mondial actuel est l'économie et que tout est défini selon ses gradients, à savoir des paramètres de logique mathématique.
Pourquoi ne commencerait-on pas à parler en mesure humaine, par exemple en nombre de familles (cela les concernerait aussi puisqu'ils en ont souvent une), en transformation des états de santé (car ils en ont aussi un), bref des paramètres qui s'adressent à leurs sensibilités et pas seulement à leurs raisons mathématiques?
Il est étrange que ces patrons puissent être généreux pour des mouvements humanitaires alors que leurs sens humanitaires ne fonctionnent pas quand ils s'agit des gens qu'ils peuvent côtoyer quotidiennement.
C'est vrai que les universitaires ont surtout pratiqué et développer leurs qualités intellectuelles plutôt que perceptives. Toutefois, c'est l'être sensible qui est doté d'intuitions profondes qui peuvent changer le cours des dynamiques et des réflexions du moment.

Écrit par : maflor | 06/07/2008

Cher Victor,

L'évolution de la construction sociale que l'humanité a porté à bout de bras depuis que l'être humain a choisi de vivre avec ses semblables dépend du fait même que celui-ci a effectivement choisi de ne pas vivre isolé. Encore une fois, je vous propose de lire ou relire l'école du Contrat social qui, j'en suis sûr, à défaut de vous convaincre, vous permettra de mieux situer mon argumentaire.

Vous dites : "les sociétés de nos ancêtres se sont développées sans aucun État et que personne ne mourait de faim". Mais la répartition des tâches entre hommes et femmes que vous présentez juste en dessous est la preuve même du contraire : l'organisation socio-politique ne prend pas forcément la forme de l'Etat tel que nous le connaissons aujourd'hui. Mais le fait même qu'une division du travail existe démontre la volonté de ce groupe de personne de s'organiser collectivement pour le bien de tous. Ni le groupe des hommes, ni le groupe des femmes ne pourraient se passer du travail de l'autre : les femmes ont besoin de viande pour survivre, ainsi que les hommes, pour la même raison, ont besoin du résultat de la cueillette. L'Etat tel que nous le connaissons aujourd'hui n'est que le résultat - sans aucun jugement de valeur : je pense que je suis autant déçu par lui que toi, mais pas pour les mêmes raisons - de l'évolution de ce besoin de l'autre que l'être humain a ressenti relativement tôt dans son histoire.
La forme qu'a pris cette organisation de la société est certes discutable. Mais parce que nous ne vivons pas chacun de notre côté et que nous avons fondamentalement besoin de l'autre pour survivre (par exemple, si je suis malade, il faut que je vois un médecin puisque je ne le suis pas. De même, ce médecin aura besoin d'un agriculteur pour faire pousser les légumes qu'il mangera, puisqu'il n'aura pas le temps de le faire lui-même, etc.), devient nécessaire l'idée de règles communes à tous qui le permettrons, avec comme corollaire inaliénable une limitation partielle des libertés individuelles (si le médecin me soigne et que je ne le paie pas pour ce service d'une manière ou d'une autre, il ne va pas aimer et ne me soignera plus. Je suis donc contrains de le payer. Ma liberté est donc ici restreinte.).

En fait, et ainsi que le disait déjà Aristote il y a fort longtemps, "il faut savoir trouver le juste milieux".

Écrit par : Nicolas | 07/07/2008

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