23/07/2008

Pouvoir d'achat: y'en a qui en parlent, y'en a qui en perdent

En France, le gouvernement Sarkozy se fend d'une réclame télévisée pour vanter son combat pour le pouvoir d'achat (voir aussi la réplique du PS français). En Suisse, le pouvoir d'achat des salariées et salariés a reculé en termes réels pour la première fois depuis huit ans: Selon l'OFS, les hausses salariales négociées entre les partenaires sociaux ont atteint +2,2% en moyenne, alors que l'inflation est de 2,5%. Cette régression des salaires réels suit plusieurs années de stagnation, durant lesquelles les entreprises n'ont pas reversé à leurs salariés les gains de productivité réalisés. Cette stagnation était déjà scandaleuse en soi, vus la croissance économique soutenue, l'augmentation de la productivité, le chômage en baisse et les exportations en hausse sur la même période - sans compter les primes d'assurances maladies qui rognent une part toujours plus importante du budget. Confrontés à une telle baisse de revenu, alors que l'augmentation des rémunérations des dirigeants de grandes entreprises continue à ne pas connaître de limites et que les baisses d'impôts ne s'adressent qu'aux (gros) actionnaires, les salariés ont toutes les raisons d'être fâchés.
Ils devraient l'être encore plus en apprenant l'intolérable ingérence que se sont permise un membre du directoire de la Banque Nationale Suisse, M. Jordan, et le chef du Seco, M. Gerber. Ces messieurs se permettent d'appeler les syndicats à de la modération en matière de revendications salariales, par peur d'alimenter la spirale de l'inflation (qui a soit dit en passant pour principal défaut de nuire à la rémunération du capital). M. Jordan menace annonce même des mesures de rétorsion, sous forme de hausse des taux de la BNS, si les négociations de cet automne devaient être trop favorables aux salariés. En somme, ces deux experts (au demeurant grassement rémunérés, rémunération qui ne risque pas de baisser, elle) prescrivent une baisse de salaire à la quasi-totalité de la population, alors que celle-ci n'a pas encore touché sa part des bénéfices des bons résultats économiques.

Commentaires

Les baisses d'impôt ne suivent pas non plus les bons résultats des comptes public.Mais là les socialistes se font comme par hasard discret.

D.J

Écrit par : D.J | 23/07/2008

Où va les gains de productivité des entreprises suisses ? Dans l'augmentation des impôts et prélévements (cf. augmentation de la quote part fiscale en Suisse!) Plus d'impôts = moins d'argent à redistribuer aux salariés!
Quant à l'inflation, j'aimerais bien que vous m'expliquiez en quoi l'inflation serait positive pour tout ceux qui ne peuvent économiser qu'une fraction marginale de leur salaire et n'ont donc pas moyen d'accéder à des véhicules d'investissements protégeant contre l'inflation (comme les actions) mais doivent se contenter de compte épargne aux taux d'intérêts plus bas que l'inflation ?

Écrit par : Laurent | 23/07/2008

"Ces messieurs se permettent d'appeler les syndicats à de la modération en matière de revendications salariales, par peur d'alimenter la spirale de l'inflation"

La spiral inflationniste est dûe à l'augmentation de la masse monétaire par les banques centrals qui autrefois dans nos sociétés permettait aux pouvoir public de financer leurs dépenses.Les augmentations de salaire qui peuvent (pas toujours)amener des problèmes socioéconomiques,ne sont pour rien dans une éventuel spiral inflationniste.C'est ce que dit également le prix nobel d'économie Milton Friedman libéral est spécialiste des systhèmes monétaire et de l'inflation.

D.J

Écrit par : D.J | 23/07/2008

Cher Laurent, je n'ai pas dit que l'inflation est positive. Je pense en revanche qu'elle n'est pas aussi négative qu'on le prétend, à condition bien sûr que les salaires soient entièrement indexés.

Cher DJ, pour une fois, certains économistes du genre de MM Jordan et Gerber devraient être plus friedmannien! Pour être complet, j'aimerais cependant ajouter que M. Friedmann a certes eu un prix nobel, mais il a aussi du sang sur les main, ayant inspiré, souhaité et salué les coups d'Etat violents en Amérique du Sud dans les années 70. Pour en savoir plus, lisez le dernier livre de Naomi Klein "la stratégie du choc".
Autre chose: que voulez-vous excactement dire dans votre premier commentaire sur les baisses d'impôts???

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 25/07/2008

"Autre chose: que voulez-vous excactement dire dans votre premier commentaire sur les baisses d'impôts???"

Je veut dire que les socialistes restent assez discret pour prendre des initiatives pour baisser les impôts des classes moyennes.

Milton Freidman était avant tout un théoricien et non un décideur politiques.

D.J

Écrit par : D.J | 25/07/2008

Les socialistes sont tout sauf discrets lorsqu'il s'agit de baisser les impôts de la classe moyenne lorsque c'est possible. Le PSV a notamment fait au printemps dernier une proposition de rabais d'impôt de 500.--Fr par enfant: http://www.ps-vd.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=356&Itemid=1
Et, dans le cadre des débats parlementaires sur le paquet fiscal cantonal, les commissaires socialistes se sont battus pour augmenter l'allègement pour les familles modestes: http://www.ps-vd.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=380&Itemid=1

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 25/07/2008

Celà reste toujours très modeste leurs combats pour les baisses d'impôts pour les classes moyennes.En comparaison de leurs combats contre les entreprises où c'est là qui utilisent tout leurs arsenals démocratiques pour + d'impôts,de taxes.De même que les socialistes estime (à juste titre)de séparer les revenus des couples mariés pour leurs déclaration au fisc.Mais aucunes initiative populaire en vue des socialistes.Le rabais d'impôt de 500fr par enfants est vraiment du foutage de gueule,quand on sait que les familles à plusieurs enfants sont rares en comparaison de ceux qui en ont un ou deux.Battez-vous pour la séparation des revenus ce sera plus profitable pour les familles y.c un serieux allègement ,voir sa suppréssion de l'impôt progressif,qui pénalise les investissement personnel et professionel en temps et en argent dans l'entreprise qui permet au travailleurs de gagner plus.

Les allègements des impôts doit être pour toute les classes moyennes,normals ou supérieurs.en voulant seulement allèger les impôts des familles modestes,vous faites plus profité grâce toujours à l'impôt progressif,ceux qui gagne moins et payes moins d'impôts et pénalise les autres.

D.J

Écrit par : D.J | 25/07/2008

Je ne comprends pas non plus comment un rabais d'impôts de 500.- va avoir un quelconque effet positif pour le canton. C'est du gaspillage d'argent, c'est un cadeau fait aux familles modestes qui de toute manière ne sont pas celles qui sont mobiles.
En revanche, lorsque je lis des infos comme celle-ci : http://centrepatronal.blog.24heures.ch/archive/2008/07/24/cruelles-comparaisons-fiscales.html
Je me pose sérieusement la question de partir à Zurich, sachant qu'ils paient moins d'impôts mais qu'en plus les salaires y sont plus élevés (au moins 5-10% de plus dans mon métier) !

Écrit par : Laurent | 26/07/2008

Cher DJ, peut-être 500.--Fr ne comptent pas pour vous. Mais pour de nombreuses familles oui. Et elles sauront apprécier cette baisse d'impôt qui, pour une fois, ne bénéficie pas uniquement aux gros actionnaires que ne réinvestissent même pas en Suisse les cadeaux fiscaux.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 26/07/2008

Effectivement,j'ai exagére en disant "du foutage de gueule"500.- c'est mieux que rien,mais c'est vraiment un minimum.

D.J

Écrit par : D.J | 26/07/2008

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