30/10/2008

La nécessaire flexibilisation de l'âge de l'AVS

Selon une enquête parue hier, un travailleur Suisse sur deux serait d'accord de travailler au-delà de l'âge légal de la retraite. A condition d'être en bonne santé et d'avoir un bon emploi. Voilà qui apporte de l'eau au moulin de l'initiative pour le libre choix de l'âge de l'AVS dès 62 ans. Et contre un des principaux arguments de ses adversaires.

Les opposants à l'initiative prétendent en effet qu'elle entraînerait une baisse généralisée et obligatoire de l'âge de la retraite à 62 ans, car près de 90% des travailleurs remplissent les conditions (un salaire annuel inférieur à 120'000 Fr.) pour bénéficier d'une rente AVS anticipée complète. C'est argument est faux, car l'initiative n'oblige personne à partir à la retraite à 62 ans. Qui est en bonne santé, à un travail motivant, bien payé et grâce auquel il s'épanouit (ce qui ne semble pas incongru, les études sur la satisfaction au travail des suisses l'attestent) pourra travailler jusqu'à l'âge légal de l'AVS. Et même au-delà. L'AVS permet déjà de cotiser jusqu'à 70 ans et cette possibilité sera bientôt introduite pour le 2ème pilier. La flexibilisation "vers le haut" existe donc déjà, et nombre de travailleurs semblent prêts à en faire usage.

Mais la flexibilisation "vers le bas" est tout aussi nécessaire. En effet, de nombreux travailleurs âgés ne trouvent plus de travail dès 55-60 ans, sont en mauvaise santé et doivent prendre une retraite anticipée forcée, souvent maquillée en invalidité et dans tous les cas avec une importante réduction de la rente AVS à la clef. Et cette réduction (près de 7% pour une anticipation d'un an, 13% pour deux ans) est définitive. Actuellement, ne peuvent donc se permettre une retraite anticipée dans de bonnes conditions que celles et ceux qui ont pu mettre de l'argent de côté (les hauts revenus) ou ceux qui bénéficient d'une solution de branche (plutôt rares - et dont l'initiative diminue d'ailleurs le coût). Ainsi, le taux de retraite anticipée est de 51% dans les banques et les assurances, mais seulement de 22% dans l'enseignement, 21,9% dans l'industrie, de 15,8% dans le santé-social, de 14,3% dans l'hôtellerie et la restauration et de 13,9% dans le commerce. Le taux de retraite anticipée croît en outre avec le niveau de revenu. La retraite flexible donc est une réalité, mais aussi un privilège. Un privilège dont bénéficient ceux qui sont déjà privilégiés. L'initiative pour un âge de l'AVS flexible corrige donc une inégalité, en mettant la retraite anticipée à la portée de tous ceux qui en ont besoin, quelle que soient l'épaisseur de leur porte-monnaie.

26/10/2008

UBS: généreux boni, généreuse avec les partis

Le «sonntagsblick» (repris par le «matin dimanche») le révèle aujourd’hui: UDC, radicaux et PDC sont financés depuis des années par l’UBS. A hauteur de plusieurs centaines de milliers de francs annuels. Et, probablement par le plus grand des hasards, ces partis s’opposent à une plus forte régulation du secteur bancaire et prétendent, malgré les échecs patents du libéralisme, que l’Etat n’a pas à s’en mêler. Ils s’apprêtent en outre à accepter l’injection d’argent public dans l’UBS, sans conditions, sans contrepartie, sans entrée de la Confédération dans le capital, sans droit de regard ni de codécision. Et ne bronchent pas lorsqu’il s’agit de domicilier la société de gestion des actifs «pourris» dans un paradis fiscal. Tout au plus demandent-ils aux managers fautifs de «rendre leurs boni», bien conscients que ce genre de déclarations n’ont aucun effet si elles ne sont pas accompagnées de mesures contraignantes. Mesures contraignantes qu'ils refusent, bien entendu. Seront-ils cohérents et rendront-ils les montants que leur a généreusement alloué l’UBS ces dernières années?

Ah oui, j’allais presque l’oublier. Ces même partis, tout heureux qu’ils sont d’être financés par les instigateurs de la crise financière, s’opposent vigoureusement à toute transparence dans le financement des partis politiques, malgré les nombreuses propositions du PS au niveau national comme cantonal

Scandale de l'UBS: signez la pétition du PSS!

Le dossier du PSS sur la crise financière

20/10/2008

L'UDC et ses tricheurs

L'UDC prétend combattre la criminalité. Spécialement la criminalité étrangère. Elle prétend en outre défendre les "valeurs suisses". Pourtant, ses élus n'agissent pas vraiment en fonction de ces principes. Un de ses élus les plus en vues vient en effet d'avouer avoir commis une action illégale, avec la complicité d'un étranger. Action illégale qui cause du tort à l'un des fleurons de l'industrie suisse, l'horlogerie.

La presse alémanique rapporte que le conseiller national UDC argovien Ulrich Giezendanner a acheté 15.-Fr. à l'étranger une fausse montre d'une grand marque helvétique (Rolex, selon l'édition alémanique de "20 minutes", Breitling selon le "Bilck"). A un revendeur dépourvu de passeport suisse. Puis, il l'a importée illégalement dans notre pays. En effet, depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle législation, acheter et importer des contrefaçons est un délit, même pour un usage privé. Il faut dire que les contrefaçons sont un véritable fléau qui coûte chaque année des milliards de francs à l'industrie suisse. Et menace des centaines d'emplois.

Il y a deux morales à cette histoire. La première: Pour que l'UDC apprenne à respecter la loi, il faut un petit délai. M. Giezendanner, après avoir clamé que "tout ceci n'est pas bien sérieux", a fini par faire amende honorable et annonce qu'il détruira la fausse montre. Et la deuxième: Ce n'est pas la première fois que des élus UDC se font prendre la main dans le sac en train de tricher. Ils ont raison de voir des abus partout...