27/11/2008

Chasse aux z'abus

S'il y a un argument qui marche à tous les coups, c'est bien celui des abus. Des abus commis par des étrangers. Aux dépens des nos assurances sociales. Les opposants à la retraite flexible pour toutes et tous ne dérogent pas à cette règle (il faut dire qu'ils ont remarqué que la base de l'UDC a plutôt tendance à soutenir l'initiative) et avertissent que "l'initiative encouragera les abus des retraités étrangers rentrés dans leur pays, qui toucheront une rente anticipée sans cesser de travailler". D'ailleurs, poursuivent-ils, "31% des rentes AVS sont versées à l'étranger" (même s'ils se gardent bien de dire que seuls 13% de la somme totale des rentes ne sont pas versés en Suisse). C'est bien la preuve que le potentiel d'abus est énorme. Et que les suisses et suissesses feraient mieux de refuser cette initiative, même si elle leur est favorable.

Mais, comme d'habitude, cet argument des abus est abusif. En effet, les risques d'abus ne sont pas plus élevés qu'avec la situation actuelle, pour deux raisons.

  • Il existe en effet déjà des mécanismes de contrôle pour s'assurer que les bénéficiaires d'une rente ou d'un capital du 2ème pilier résidant dans un autre pays ont bel et bien cessé toute activité rémunérée et ne cotisent plus à la prévoyance-vieillesse. Le système d'entraide administrative entre les pays de l'UE et de l'AELE (introduit dans le cadre des accords bilatéraux) fonctionne très bien et il pourrait sans problème être appliqué à l'AVS flexible. Il n'y aurait donc même pas besoin de mettre sur pied une bureaucratie compliquée, ni d'envoyer des contrôleurs à l'étranger pour vérifier que personne ne triche. 
  • Mais surtout, les pays voisins connaissent un chômage des seniors beaucoup plus élevé qu'en Suisse. Il est donc irréaliste de penser que des travailleurs étrangers demanderont à profiter de l'AVS flexible, puis rentreront dans leur pays d'origine pour y travailler. Car ils n'y trouveront pas de travail. Cet argument est aussi valable pour contrer les opposants qui annoncent une explosion du travail au noir en Suisse en cas de oui. Les difficultés des plus de 62 ans sur le marché du travail sont telles que la plupart des personnes qui profiteront de la retraite anticipée sont celles qui n'ont de toute façon aucune chance de retrouver un emploi. Déclaré ou au noir.

Le 30 novembre, ne laissons pas la peur des abus nous faire renoncer à une vraie retraite anticipée ouverte à toutes et tous. Oui à l'initiative pour un âge de l'AVS flexible!

Commentaires

C'est vrai que l'UDC ressort cet argument à chaque fois et que ça commence à suffire! Ils n'en ont pas d'autres, ou quoi???

Écrit par : Pit | 27/11/2008

"Ils n'en ont pas d'autres, ou quoi???"

Quand on choisit de dire la vérité, il est assez logique qu'il n'y en ait pas de rechange.

P.S. - Il y a longtemps que j'ai voté NON !!! Et j'espère gagner...

Écrit par : Scipion | 27/11/2008

Quand on parle de travail au noir en Suisse comme à l'étranger sur une baisse de l'age de la retraite,il ne sagit ps d'un engagement d'une personne au noir dans une entreprise,mais de faire des travaux au noir à son compte.Bref...

Le problème de cette initiative en cas d'acceptation,c'est le risques de ne plus pouvoir réformer cet acquis en cas de lourds déficites dont le risque existe.

on les connait bien les socialistes nous l'avons vu avec la révision de l'AI.La gauche est pour les reformes pour autant que celà ne concerne pas les bénéficiaires de rentes.Et quand je pense que les socialistes accusent sans arrêt les topmanager d'avoir une vision à court termes
sur les bénéfices.Faites ce que je dit,pas ce que je fait.

D.J

Écrit par : D.J | 27/11/2008

Vous dites:"Il existe en effet déjà des mécanismes de contrôle pour s'assurer que les bénéficiaires d'une rente ou d'un capital du 2ème pilier résidant dans un autre pays ont bel et bien cessé toute activité rémunérée et ne cotisent plus à la prévoyance-vieillesse. Pouvez vous être plus explicite sur ces mécanismes?
Avec quels pays avons-nous ces accords? Qui contrôle? Combien de personnes sont chargées des contrôles dans quels pays?
Avez-vous des chiffes à nous donner sur ce sujet?

Écrit par : salegueule | 27/11/2008

salegueule, vous trouverez la liste des accord ici: http://www.bsv.admin.ch/themen/internationales/02094/index.html?lang=fr

Quant au nombre des inspecteurs, je n'en sais rien et à vrai dire ce chiffre ne m'intéresse pas. En effet, que pourrait-on en tirer d'intéressant? Rien, probablement. En effet, il faut toujours mettre en rapport le nombre d'inspecteurs avec le nombre d'assurés qu'ils ont à contrôler, le nombre de cas qu'ils ont à traiter, le territoire géographique qui leur est alloué, les autres tâches qui leur sont éventuellement confiées, les moyens qui leurs sont alloués pour accomplir leurs tâches (ce qui varie fortement d'un pays à l'autre)... Toute comparaison se basant uniquement sur le nombre d'inspecteurs dans un pays ou un autre serait donc difficile à faire de manière objective et on ne pourrait pas en tirer de conclusions précises. Quoi qu'il en soit, ce qui est sûr, c'est que le système de contrôle existe et fonctionne à satisfaction.

DJ, je récuse votre accusation de manquer de vision à long terme. Notre initiative est finançable, nous ne nions pas (contrairement à ce que vous semblez sous-entendre) les difficultés de financement que subira l'AVS d'ici 2025, mais sans toutefois céder au catastrophisme, car il n'a pas lieu d'être, l'AVS étant saine, et pour longtemps.

Concernant les finances de l'AVS et la démographie, vous pouvez relire ces billets:
http://www.schwaab.ch/archives/2008/11/14/lavs-ou-la-famine/
http://www.schwaab.ch/archives/2008/10/07/l%E2%80%99avs-et-les-chiffres-de-m-couchepin-2/
http://www.schwaab.ch/archives/2008/10/03/lavs-et-les-chiffres-de-m-couchepin-1/

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 28/11/2008

Au vu des résultats il est inutile de continuer à polémiquer. Cependant j'ai suivi le premier lien de votre réponse. J'y ai trouvé quantité d'accords, de conventions. Mais pas une seule note sur l'application de ces accords, de ces conventions. C'est là qu'est le problème. Les Etats passent des accords mais ne vérifient jamais de quelle manière ils sont respectés.

Écrit par : salegueule | 30/11/2008

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