01/02/2009

Mesures d’accompagnement: piqûre de rappel

La votation sur le renouvellement de la libre circulation des personnes et son extension à la Bulgarie et à la Roumanie réveille des peurs légitimes chez les salarié-e-s. En période de crise, quoi de plus normal que de craindre de perdre son emploi à cause d’une concurrence bon marché? Si les statistiques montrent que la libre circulation n’a, globalement, provoqué ni hausse du chômage ni baisse des salaires, des cas de sous-enchère existent bel et bien (et ce sont souvent des élus UDC qui s’y illustrent) et ils ne peuvent être ni tolérés, ni ignorés. Et les salarié-e-s ont tout à fait le droit de s’en inquiéter. Ces cas justifient le maintien et l’amélioration des mesures d’accompagnement. Qui sont efficaces, même si elles ne sont pas sans défauts.
Ces mesures méritent un petit rappel. Par exemple qu’elles sont liées aux accords bilatéraux et tomberont si ceux-ci tombent. Ou alors que l’UDC s’y est systématiquement opposée (peut-être pour protéger les tricheurs issus de ses rangs?). Voici un petit résumé de leur contenu:More...

La sous-enchère salariale en général
En Suisse, on doit payer des salaires suisses. Si un employeur pratique la sous-enchère, c’est-à-dire verse un salaire inférieur au salaire prévu par la convention collective de travail (CCT) de force obligatoire ou au contrat-type de travail (CTT), il doit rembourser la différence au salariés lésé. Qui, même s’il a signé un contrat individuel contenant un salaire inférieur, ne perd pas son droit à réclamer le salaire plein. Ainsi, l’employeur qui triche ne pourra pas rétorquer que «le salarié était d’accord de recevoir un salaire certes largement inférieur au minimum conventionnel, mais bien plus élevé que celui qu’il pourrait espérer recevoir dans son pays»… Outre le remboursement des salaires, l’employeur fautif devra payer des peines conventionnelles et prendre à sa charge les frais de contrôle. Ça peut coûter cher: This Jenny, entrepreneur et élu UDC (conseiller aux Etats/GL), a dû par exemple rembourser le coquette somme de 250'000.—Fr. aux employés qu’il avait arnaqué.
Certes, toutes les branches ne sont pas couvertes par des CCT de force obligatoire ou par des contrats-type avec salaires minimaux. Et il reste aux syndicats beaucoup à faire pour améliorer la couverture. Ces derniers mois cependant, il y a eu des progrès indéniables: Une CCT a été conclue pour le travail temporaire et les pourparlers ont repris pour qu’une CCT protège les salarié-e-s du marché postal libéralisé. Et le conseil fédéral a donné mandat au Seco de préparer un CTT avec salaires minimaux en faveur de l’économie domestique. C’est d’ailleurs la procédure à suivre: En cas de sous-enchère abusive et répétée par rapport aux salaires usuels de la branche, les autorités fédérales ou cantonales peuvent, en l’absence de CCT de force obligatoire avec salaires minimaux, édicter des CTT (art 360a CO). Certaines l’ont déjà fait.

Les travailleurs temporaires
Le travail temporaire est une source importante d’abus. Il est donc soumis lui aussi aux mesures d’accompagnement. Il faut tout d’abord rappeler un élément important: seules les entreprises suisses peuvent pratiquer la location de service. Une entreprise de travail temporaire étrangère ne peut exercer dans notre pays sans succursale en Suisse. Succursale qui doit, comme toute entreprise de travail temporaire, recevoir une autorisation d’exercer et, pour cela, satisfaire aux règles en vigueur  (Art. 3 LSE). Et notamment fournir les sûretés requises (jusqu’à 100'000.—Fr. notamment lorsque le bailleur pratique la location de service vers l’étranger).
Ensuite, les entreprises de travail temporaire doivent respecter les principales dispositions (notamment en matière de salaire et de durée du travail) des CTT et CCT de force obligatoire (Art. 20 LSE), malgré le fait que les temporaires soient employés non pas par l’entreprise qui loue leurs services, mais par le bailleur. La sous-enchère salariale par le biais de travailleurs temporaires est donc elle aussi illégale.

Les travailleurs détachés
Un autre moyen de contourner les règles salariales suisses est d’envoyer des travailleurs détachés, qui restent les employés d’une entreprise étrangère, mais effectuent leur mission en Suisse. Ils doivent aussi respecter les lois en vigueur en Suisse, ainsi que les principales dispositions (dont: salaire, durée du travail, garanties financières) des CTT et CCT de force obligatoire. (Art. 2 de la loi sur les travailleurs détachés LDet). L’employeur doit aussi s’assurer par contrat que ses éventuels sous-traitants respectent eux aussi ces conditions. Des dérogations à ces principes sont possibles pour des travaux de faible ampleur ou de montage, sauf dans les branches à risque que sont la construction, le second-œuvre et l’hôtellerie-restauration.
En outre, pour faciliter les contrôles, tout détachement doit être annoncé au moins 8 jours à l’avance aux autorités. L’annonce contient notamment un engagement à respecter les conditions de travail et de salaire.

Les indépendants
Les indépendants représentent eux-aussi un fort risque de sous-enchère. Comme un suisse indépendant, un étranger indépendant peut en effet pratiquer les tarifs qu’il souhaite (sauf si ces tarifs sont soumis à une régulation étatique). A condition qu’il soit réellement indépendant selon les normes en vigueur en Suisse. S’il n’est qu’un «faux indépendant» (avec ou contre son gré), les règles du contrat de travail et contre la sous-enchère s’appliquent. Le «mandataire», qui est en fait un employeur, doit payer les arriérés de salaire et d’assurances sociales, car le «faux indépendant» est considéré comme un salarié.
Les indépendants ressortissants d’un pays membre de l’UE doivent eux aussi s’annoncer, ne peuvent exercer que pendant 90 jours par an et, dans les secteurs à risque de la construction, de l’hôtellerie-restauration, du nettoyage, de la surveillance et du commerce itinérant, ils doivent s’annoncer dès le premier jour.


Les sanctions contre les tricheurs
Les sanctions sont nombreuses: Amendes administratives (à l’encontre des personnes physiques et des entreprises) et pénales (seulement contre les personnes physiques, jusqu’à un million de francs; la confiscation de valeurs patrimoniales est possible), interdiction d’exercer, frais de contrôle, peines conventionnelles des CCT, publication dans la liste des employeurs fautif (la pratique a montré que cela a un réel effet dissuasif). Sur demande des syndicats, le montant des amendes sera doublé. Et le nombre de contrôles augmenté de 50%.
Il faut enfin noter que déclarer à tort un salarié comme indépendant est considéré comme du travail au noir et peut être sanctionné par la loi fédérale contre le travail au noir, qui prévoit aussi des amendes.

La page spéciale du seco sur les mesures d'accompagnement

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Billet publié simultanément sur bila-blog le blog des bilatérales

Commentaires

Vous avez raison, il fallait que ce soit dit!
Mais pourquoi toujours y ajouter une pique à l'encontre de l'UDC sur des sujets qui touchent vraiment TOUS les partis? Les tricheries, les compromissions (a ne pas confondre avec les compromis), les combines, ne sont de loin et très malheureusement pas uniquement l'apanage de cette UDC. je n'ai absolument rien contre le fait que vous ne soyez absolument pas d'accord avec elle, mais ce n'est pas une raison d'utiliser des arguments douteux... Même si l'UDC utilise des méthodes nauséabondes.

Il serait intéressant de déterminer, en fonction du nombre d'élu et du temps qu'ils sont en charge, quel est le parti qui a le plus de "casseroles" à ses basques! Je ne pense pas que c'est le PS qui va se "coller" à ce travail statistique... Par peur du résultat?

Écrit par : Père Siffleur | 01/02/2009

Bonjour,
Par la série d'exemples que vous donnez, vous me confortez dans mon choix de voter non. Le fait qu'il y ait besoin de mesures d'accompagnements prouve que le dumping salarial est bien présent. Par contre, je ne comprends pas que les assurances sociales n'aient pas les moyens de les débusquer. Si le montant des cotisations d'un assuré ne correspond pas au minimum légal dans sa branche, c'est qu'il y a tricherie sur le salaire. Il suffit juste d'indiquer le temps de travail auquel correspond la cotisation.

Écrit par : salegueule | 01/02/2009

Avec tout le respect dû aux précautions prises pour présenter ces prochains accords-
La crise actuelle n'est de loin pas seulement une crise économique et financière, elle est beaucoup plus une crise de société. si nous voulons être honnêtes avec nous-même et avec le monde, cette crise incite à de profondes réflexions concernant l'avenir de toute l'humanité.
En premier lieu, il est temps de remettre en question ce culte de la croissance économique qui a mené aux abus qui ont précisément provoqué cette crise. Soyons bien clairs sur un point ou deux: tous tant que nous sommes avons certeins besoins vitaux, en nourriture, en eau potable, en logement et en habillement et en éducation ainsi qu'une société dans laquelle il est possible de vivre. Je ne suis nullement contre un certain confort ou même un confort certain. Mais le matraquage constant nous incitant à consommer, consommer, consommer, est profondéement malsain. Nous avons tous certains besoins qui doivent être satisfaits, mais pour prendre un exemple, une personne qui a besoin de 2.500 calories par jour en moyenne pour bien fonctionner physiquement et mentalememt est tout aussi mal nourrie avec 3.000 calories qu'avec 2.000 calories. Et ainsi, force est de constater que dans nos sociétés des centaines de millions de gens sont absolument mal nourris par une obscène surbouffe, alors que des millions de gens de par le monde crèvent littéralement de faim.
Il paraît que quelque 70% des bagnoles qui roulent sur nos routes ne sont pas payées. On se demande en somme combien de gens possèdent une voiture et combien sont les esclaves de leur bagnole.
Pour moi, partir en vacances est toujours une aventure et je me réjouis de partir à l'aventure, de rencontrer des obstacles, de confronter mes idées aux idées d'autres gens, d'avoir une fois le privilège de partager leur existence, ne serait-ce que quelques jours. Mais qu'est-ce que cette mentalité a à voir avec la mentalité de ces millions de gens qui partent en troupeaux pour encombrer les cols des Alpes ou qui vont jusqu'à Bangkok pour bouffer une choucroute ? Il est démontré que les accidents de travail et la gogne ne sont jamais si répandus qu'aprés un retour de vacances ou un long weekend.
Nos édiles conjurent la croissance, la croissance à tout prix. Le fait est que ce pays est maintenant surpeuplé et ne peut simplement plus croître sans se détruire: La Suisse est à quelque 70% inhabitable du fait de sa totpographie. Et si la Russie était aussi peuplée que la Suisse, elle competait environ 3,5 milliards d'habitants. Les E.U.s, 1,6 milliards. Des chiffres totalement impensables.
Je pourrais encore continuer ainsi. Le fait est que la crise actuelle nous contraint à revoir toutes nos valeurs.
Je n'ai absolument rien contre les étrangers. J'ai mpi-même été un étranger durant 7 ans, ai eu des étrangers comme collègues de travail, comme supérieurs hiérarchiques, comme employés, comme fournissuers et comme clients. Ces gens sont des gens comme nous, ni meilleurs ni pires. Mais la barque est pleine.

Écrit par : Johnny | 01/02/2009

Cher Monsieur, la vision du peuple que vous avez, c'est à dire un peuple qui a besoin de "mesures d'accompagnement", semble donc souffrir d'une infirmité!
La votre et de ne pas voir (on appelle ça de l'aveuglement, au cas ou...), et malgré elle, être sûr de savoir ce qui est BON pour le peuple!Même à ses dépens, même si vous êtes capable de trouver des cas d'abus!!!
Et le "salarié", il se défend comment? Vous avez vous et votre parti certainement un "staff" d'avocats sur les rangs pour les défendre! On les voit tous les jours, au chômage, aux mains des ORPistes, aux services sociaux, ou votre parti et vos syndicats sont présents de l'autre côté du bureau ou en soutien pour appliquer des règlements débiles et iniques!
Non, cher Monsieur, il ne s'agit pas là que de l'UDC! Ce parti n'existerait pas, VOUS servant de bouclier, qu'elle idée vous servoirais dans ce cas là pour justifiévotre soummision au patronat et au "milieu de l'économie", qui vous permettrait encore de vous ranger soi-disant du côté du peuple? Tartuffe? Vous avez de l'avenir dans votre parti!
Toujours prêt, toujours là! C'est une devise de scout socialiste qui doit bien vous convenir! Toute les causes sont à votre taille! Surtout celle faites de mensonges et de mauvaise foi la plus crasse: Celle des élites! Du nMBA aux bilatérales e-tendues!
Et être jeune n'est pas une excuse! Lorsque je le fus, il y avait toute sorte d'imbéciles, de Ruey à Maillard qui montaient, montaient telles des petites bêtes en attente de carrière d'élu à vie et de la substantifique moelle jointe, et d'autres qui se battait contre le système que vous et eux semblent si bien tolérer, celui de l'exploitation!
Que nous ayons été vaincus, avec l'aide des partis parlementaires de gauche, force est de le constater!
Mais il n'en sera pas toujours ainsi!

Écrit par : Coeurderoy | 02/02/2009

@Johnny. La barque est pleine? mais alors qui va nous soigner dans les hôpitaux, s'occuper de nos aînés dans les EMS, creuser nos tunnels sous les alpes et construire nos routes? que cela vous plaise ou pas notre économie a bseoin de travailleurs étrangers pour tourner. vos réflexions xénophobo-écolo ni changeront rien!

Écrit par : Paul | 02/02/2009

A Paul: il y a plein de suisses de 40 ans et plus, au chômage qui seraient heureux de travailler dans les hôpitaux, dans les usines, les magasins, sur les chantiers etc... mais qui veut embaucher des suisses? Trop facile de dire que les hèlvètes ne veulent pas se salir les mains (j'ai travaillé longtemps dans des secteurs réservés aux étrangers: hotellerie, usine, magasin et au même tarif qu'un étranger, en mettant la main à la pâte comme eux)Assez de nous taxer de vilains xénophobes. La vérité c'est que notre vieille Suisse nous crache dessus et que plus une entreprise engage des natifs de ce pays. Merci pour les vieux de la vieille, des suisses bien de chez nous qui ont travaillé, sué, dans les usines, sur les chantiers, qui se sont cassés le dos au travail avant toute cette immigration massive.Les suisses aussi ont contribué au développement de notre pays alors un peu de respect pour nos vieux travailleurs qui ont une retraite bien méritée et un peu de respect pour tous ces suisses à qui ont refuse le droit de travailler, à qui ont enlève toute dignité en les laissant sur le bord de la route au profit des travailleurs venus d'ailleurs. ABE

Écrit par : chômeuse | 02/02/2009

Parfaitement d'accord avec chômeuse...
Pour ma part, je redécollerai bien dans des activités simples et sans prétention, ayant bien compris que les niches écologiques pour les gens de mon âge et de ma formation ne sont pas rares, mais simplement inexistantes. J'ai donc envisagé des trucs comme le taxi, le bistrot, etc...
Ces situations sont très très occupées par des gens très sympathiques mais aussi très racistes. Contre les Suisses...

Écrit par : Géo | 02/02/2009

Ce problème de la dénatalité existe bel et bien et n'est jamais abordé de bonne foi. Il serait peut-être temps d'y consacrer queques lignes.
Chômeuse a évidemment complètement raison lorsqu'elle afirme qu'il est la plupart du temps futile de chercher du travail passé un certain âge. Et ce préjugé anti-vieux coûte à toute l'Europe des milliards d'heures de travail qui pourraient être effectués par des gens en pleine possession de leurs moyens, expérimentés, honnêtes et consciencieux. C'est là un scandale inimaginable et dont personne ne parle ouvertement.
Le systéme suisse de retraite à trois piliers est à mon avis une fumisterie dont on commence en ce moment de crise économique à mesurer l'étendue. Surtout en ce qui concerne le 2. pilier. Le remède à cette pagaille est à mon sens de supprimer l'AVS et de garantir à tout citoyen et à toute citoyenne une rente populaire couvrant effectivement le minimum vital: environ Fr. 2.800 à 3.000 par mois, sans égard au status marital ou social. A cela viendrait s'ajouter les économies de toute une vie laborieuse. De quoi donc vivre tout à fait décemment dans ses vieux jours.
Un Suisse sur deux ne désire pas arréter le travail à l'âge de 65 ans, c'est la statistique. En fait, cette mise au rancart à cet âge est souvent très mal vécue et demeure la cause de drames et de maladies. C'est pourquoi toute personne à la retraite devrait avoir l'occasion de continuer à travailler aussi longtemps que ses forces le lui permettent, à 100%, 80, 60, 40, ou 20%. Le travail volontiers exécuté est la meilleure thérapie contre la sénilité et la maladie. Ces gens âgés ont des trésors d'expérience à transmettre à une jeune génération. Ils sont totalement à même de résoudre le problème de l'emploi.

Écrit par : Johnny | 02/02/2009

Ruhig! tu calme, écoutez un peu une seconde, du jeune là qui a écrit toute ce truc, on s'en fout, c'est des conneries égo-nomiques! Mein freund Kurt Deroy, à OCRé (faut tout le temps qu'il me copie) un livre de Bob Black, alors allez le lireu, ou trouvez-vous un exemplaire! Il y a aussi "travaillez deux heures par jour", mais faut le chercher, il n'est plus réédité...
Parce que le chômage, (et là Kurt, il faut que je fasse tout à ta place oukoua?) qu'est-ce qu'il y a de si grave, ormis une perte de gain ? Le lien social? Si on utopisait réellement, genre bouquins cités, on le retrouverait partout! Enfin bref, moi, je place ça ici, parce qu'il me semble... Changer de pensée (ni l'unique, ni l'inique), ne plus tourner en rond, éviter la G.T.F (Grande Tornade en Formation, piqure de rappel)
Bon, cap ailleurs mein DR1, avant que toutes les sortes de D.C.A ne me prennent en feux croisés, au revoir...
Bien à vous
(PS: Je vous mets lelien de Kurt pour Bob Black, et vive les codes de 4 lettres à la mord-moi-le...) C'est là:
http://artistechomisteriiste.blog.24heures.ch/
faut chercher un peu dans son fouilli...

Écrit par : redbaron | 03/02/2009

@Johnny : Futile de chercher du travail passé un certain âge? Sic «futile: qui est dénué de valeur, qui ne s’occupe que de choses frivoles». J’en reste bouche bée, coite. Depuis quand la recherche de travail est futile? Le travail, si je ne m’abuse, est inscrit dans la constitution et est un DROIT. Alors, quoi! On attend sagement l’âge de la retraite en touchant l’aide sociale? On reste oisif, inutile, notre cul de vieux assis sur un banc en regardant les trains passer? On se tire une balle dans la tête pour laisser la place aux nouveaux et futurs arrivants qui sont tellement indispensables à notre chère économie? Bon ouais z’avez raison c’est futile de chercher du travail passer un certain âge, parce que pourquoi faire hein? Tout comme vous, j’ai aussi travaillé avec des étrangers ceux de la première vague et j’ai rencontré des gens extraordinaires, sauf qu’aujourd’hui c’est plus les mêmes et qu’à force d’être toisée, regardée avec mépris de la part de ces derniers, je suis un peu moins zen. Je précise, que je ne mets pas tous les migrants dans le même panier car il y a des travailleurs étrangers formidables, qui sont comme moi des êtres humains. Je fustige simplement les racailles, les fouteurs de merde et les cancrelats qui n’ont rien à foutre ici et qui ont tous les droits, même celui de me piquer mon fromage.
Pourquoi faisons–nous tout un pataquès avec ces votations? C’est vrai on ne va pas changer le cours des choses, on ne va pas éviter à l’Europe, la Suisse y compris, l’implosion démographique qu’elle aura mérité dans quelques décennies, pourquoi perdre de l’énergie contre l’inéluctable? Quoique… Inéluctable pas tant que ça. Politiciens n’entendez-vous pas le vent de la révolte gronder? Il y a quelques foyers qui commencent à chauffer, des «humains kleenex» anglais, grecs, s’insurgent contre ce système. Bientôt les espagnols vont s’y mettrent, les autres suivront à n’en point douter. Et les Suisses (toutes tendances politiques confondues) on se réveillent quand? Mettons notre légendaire lenteur à percuter rapidement et sortons les griffes et hurlons haut et fort.

C’est un fait, la libre circulation des personnes est une cruelle réalité. Des entreprises internationales s’implantent dans nos cantons, avec des avantages fiscaux non négligeable (dernière hérésie, sur la Côte où les entreprises internationales nouvellement installées seront exemptes d’impôts communaux, cantonaux, de taxes professionnelles pour 10 ans). Youou! le PS on vous a pas tellement entendu crier au scandale sur ce coup là! Les PME en Suisse apprécieront, eux n’ont droit à rien, qui triment comme des forçats, et qui des fois doivent licencier car nos banques ne leur accordent plus de crédit. Elle est pas belle la vie ?
Dans cette campagne électorale je n’ai pas lu beaucoup d’articles sur le fait que les PME suisses ont d’énormes difficultés pour aller proposer leurs services dans les zones frontalières:France,Italie, parce que ces pays sont tellement restrictifs et pinailleurs qu’aucune chance qu’un plombier suisse, qu’une entreprise du bâtiment suisse ou entreprise de services suisse, puissent aller travailler «chez eux». Certes les multinationales et nos banques peuvent aisément s’implanter dans la zone Euro, mais nos petites entreprises Niet! Alors que dans le sens inverse c’est possible, cherchez l’erreur! Circulez y a rien à voir. Dans les médias on lit que les entreprises qui s’implantent en Suisse créent des emplois. Ah!oui? Si c’est pour faire venir leurs compatriotes chez nous ou engager des migrants,des frontaliers à notre place, c’est sûr que ça créé des emplois. N’oublions pas que dans le même temps des entreprises étrangères implantées en Suisse débauchent à tour de bras et s’en vont délocaliser dans les pays de l’Est. D’un côté ils s’implantent, pillent, et une fois le citron bien pressé, ils licencient. Et ça recommence, on prend d’autres entreprises et on répète l’opération. Je ne suis pas certaine que ce système permette vraiment la baisse du chômage. Tout ça au nom de la libre-circulation

Tous les partis politiques (enfin presque tous) s’accordent à dire que nous avons besoin de main d’œuvre étrangère, de cerveaux étrangers faute de compétences pointues en Suisse. Naïvement je pensais que nos universités formaient des gens compétents dans certains domaines, à la pointe de la technologie, je croyais que dans notre système de formation nous étions au moins égal à nos voisins. La Suisse est-elle tombée si bas qu’elle doive aller chercher des cerveaux à l’étranger? Si c’est le cas et bien Pauvre Suisse.

Manque de main d’oeuvre en Suisse qu’il faille aller chercher chez nos voisins matière à satisfaire notre économie, pallier au manque de bras chez nous avec tout ce chômage (chômage des suisses ou des étrangers), tous ces requérants d’asile, tous ces migrants déjà installés chez nous, tous les sans-papier, tous ces jeunes qui ne trouvent pas de travail, tous ces jeunes séniors et séniors, toutes les personnes qu’on oublient trop souvent qui sont les handicapés (eh! oui «handicape» ne rime pas avec «crétinisme» ni «sans formation professionnelle» qui ne demandent qu’à utiliser et mettre au service des entreprises leurs compétences et qui ne trouvent pas de travail. Manque de bras vraiment?, c’est étonnant parce que toutes ces forces vitales qu’il y a en Suisse ça fait un sacré potentiel. Je ne suis pas matheuse mais si on additionne tous les chiffres de ceux qui sont prêts à travailler, ça laisse rêveur et perplexe. C’est vrai que nous vivons dans une époque for-mi-dable.

Écrit par : chômeuse | 05/02/2009

Alors a la lumière de ce rappel, transposons l'exemple Anglais a la Suisse:

1) Bouygues remporte un gros appel d'offre de travaux publiques (autoroute ou barrage) avec l'aide de l'accord bilaterale sur les marchés publiques.

2) Par l'intermediaire de sa filiale Suisse il fait venir 1000 ouvriers des regions de l'UE sinistrées par le chomage et les bas salaires. Il leur donne un contrat de travail parfaitement en règle, tous au strict SALAIRE MINIMUM CCT, et construit des baraquements pour les logers. En total accord avec la libre circulation.

3) Accessoirement la société ecran qui possède les baraquements demande 600 Frs de loyer aux ouvriers histoire de recuperer un peu de leur salaire minimum.

4) Après 18 mois de chantier on vire tous le monde. Les malheureux ont travaillé plus de 12 mois en Suisse et ont donc droit au chomage.

5) Accessoirement on annule le bail pour detruire les baraquements, l'état doit maintenant leur trouver des logements sociaux, plus des aides complementaire parce que le chomage sur le minimum cct ne permet pas vraiment de vivre.

6) Les Syndicats defilent a Bern pour denoncer l'ignomignie du capitalisme et montrer comme ils sont important pour faire face a ça. Accessoirement il enregistre quelques nouveaux membres.

Cet exemple serait absolument possible en toute legalité et ne contreviendrait a aucune cct, accord bilaterale ou loi sur le travail.

A la fin du compte Bouygue tous comme les syndicats ont fait une bonne affaire. Les seule a en patire sont les ouvriers qui se retrouve corveable et deplacable pire que les ex-saisonniers, et les assurances sociales !

CE

Écrit par : Eastwood | 05/02/2009

Je ne vois tout simplement en quoi le terme "futile" vous choque, Chômeuse. Je ne vois pas avec quel terme j'aurais pu le remplacer.
Il y a quelques semaines de cela, la télé suisse romande a sorti une émission sur l'hôtellerie de montagne. Dans cette émission, il a été question des tours d'Aminona, financées par des spéculateurs russes. Suite à cette émission, j'ai pensé bien faire d'envoyer une lettre à Franz Weber à Montreux. A cette lettre, j'ai joint le brouillon d'une lettre à Monsieur Poutine, qui aurait pu être reprise par Franz Weber dont l'organisation a un peu plus de poids que moi.. Et cette lettre demandait à Monsieur Poutine de voir si ces 400 millions de francs que ces spéculateurs russes voudraient investir à Aminona ne pourraient pas donner du travail à des travailleurs russes en Russie, plutôt que d'être investis ici. Ces capitaux étrangers, servant à la construction de bâtiments construits par des étrangers, pour qui il est nécessaire de construire encore d'autres bâtiments pour les héberger, et servant à une clientèle étrangère et bétonnant encore plus le territoire national. Si la Fédération de Russie était aussi peuplée que la Suisse, relativement à sa taille, elle compterait quelque 3,2 milliards d'habitants....
Franz Weber n'a même pas répondu, je pense qu'il ne se soucie guère de l'opinion d'un simple pékin.
En attendant, j'ai voté Non à ce fichu référendum, ma femme également et j'incite tout le monde à faire de même. On verra ce que ça donne.

Écrit par : Johnny | 05/02/2009

Les chômeurs en fin de droits se retrouvent à l'aide sociale. Tragique pour certains, consécration pour d'autres, évidemment pour ceux qui se mettent du beurre dans les épinards avec un travail au noir dont les revenus peuvent être tout à fait confortables. Tout le problème est que ces gens ne sont que trop peu inquiétés. Et ce ne sont pas les quatre contrôleurs sur Vaud de l'aide sociale qui vont nous faire croire que ce problème est pris au sérieux.

Regardez autour de vous le nombre de zonards la journée à Lausanne et demandez-vous quelle Suisse on laissera à nos enfants.

Écrit par : Bonnard | 06/02/2009

Eastwood, votre exemple fictif, tiré par les cheveux et truffés d'imprécisions contient plusieurs infractions au droit du travail, à la CCT de force obligatoire, au droit du bail et à la législation sur l'aide sociale qui ruinent totalement sa crédibilité.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 06/02/2009

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