05/02/2009

Les adversaires des accords bilatéraux dérapent sérieusement

"Le temps" rapporte aujourd'hui une information du "Tages-Anzeiger" qui montre à quel point les adversaires du renouvellement de la libre circulation des personnes et de son extension à la Bulgarie et à la Roumanie sont prêts à toutes les bassesses pour répandre leurs mensonges. Selon le quotidien zurichois, le conseiller national UDC et fer de lance du référendum Lukas Reimann serait le réel promoteur de come-to-switzerland.com, un site probablement destiné à faire croire qu'il existerait une filière pour faire venir des chômeurs ou des bénéficiaires de l'aide sociale européens en Suisse, pour leur faire profiter des "généreuses prestations sociales de notre pays". Ce qui confirmerait les arguments de l'UDC, comme quoi la libre circulation des personnes "favoriserait le tourisme social et menacerait les finances de nos assurances sociales".

Ce site, probablement factice, est censé inciter les allemands à venir "mieux vivre en Suisse". Il s'adresse notamment aux bénéficiaires des mesures "Hartz IV", sorte d'aide sociale pour chômeurs de longue durée, prétendant qu'ils n'auraient, grâce à la libre circulation des personnes, qu'à venir dans notre pays pour y toucher des montants bien supérieurs à ceux dont ils peuvent bénéficier dans leur pays. Et le site de citer en exemple l'assurance-chômage et l'aide sociale helvétiques.

Bien entendu, c'est totalement faux. En effet, pour bénéficier des prestations de l'assurance-chômage, il faut avoir cotisé à l'assurance suisse ou à une homologue d'un pays de l'UE, selon les règles en vigueur en Suisse, c'est-à-dire pendant au moins 12 mois pendant un délai-cadre de 24 mois. Si le chômeur ne remplit pas ces conditions, il ne touche rien. Une personne sans-emploi peut venir chercher du travail en suisse pendant 6 mois, mais ne touche une indemnité de l'assurance-chômage que si elle respecte la durée de cotisation. Bien entendu, les personnes déjà au chômage ou à l'aide sociale visées par le site incriminé ne remplissent pas cette condition et ne peuvent en aucun cas venir en Suisse "profiter de généreuses prestations sociales", car elles n'y ont tout simplement pas droit (en savoir plus). Et, en ce qui concerne l'aide sociale, l'accord sur la libre circulation des personnes prévoit purement et simplement que les ressortissant des pays de l'UE peuvent en être exclues  (art. 2 de l'ALCP), ou se faire retirer leur autorisation de séjour s'ils en deviennent dépendants.

L'accord sur la libre circulation des personnes ne permet donc pas le "tourisme social" dénoncé par l'UDC. Et ce n'est pas un faux site internet qui nous convaincra du contraire, surtout s'il a été mis sur pieds par les soins d'un élu du parti de M. Blocher pour manipuler l'opinion publique.

Commentaires

Cher Christophe,

vous avez ommis de dire que pour bénéficié de la libre circulation,chaques personnes doit avoir un contrat ou permis de travail obligatoire,pour justement éviter ce tourisme social.Et effectivement pour toucher le chômage il faut avoir cotisé 12 mois.

Les adversaires du 8 fevrier se marche sur le sac.Ils prétendent que celà va favoriser le travail au noir.qui dit travail au noir dit pas de prestations socials.

D.J

Écrit par : D.J | 05/02/2009

Au lieu de continuellement parler de l'UDC, demandez donc a vos camarades syndiqués Anglais ce qu'ils en pensent.

CE

Écrit par : Eastwood | 05/02/2009

TROP TARD!

Écrit par : Y.Diot | 06/02/2009

Comment pouvez vous dire que c'est totalement faux et sur quoi vous basez vous pour le dire. l'histoire nous démontre que les socialistes sont à l'origine de la débacle de la caisse maladie et de nos institutions sociales. votre problème est simple vous critiquez toujours vos adversaires politiques mais jamais vous avez apporté de bonnes solutions, Lausanne est gouverné pas la gauche et c'est malheureusement pas brillant, cessez de mettre pa poussière sous le tapis

Écrit par : Pierre | 06/02/2009

Pierre, il me semble avoir été clair: selon la loi, un personne qui ne remplit pas les conditions (notamment la durée de cotisation) ne peut pas bénéficier des prestations de l'assurance-chômage. Et l'accord sur la libre circulation des personnes (art. 2) permet d'exclure les ressortissants des pays de l'UE de l'aide sociale. Prétendre, comme le fait ce site internet, que l'on peut, grâce à la libre circulation des personnes, simplement venir en Suisse et y bénéficier de prestations sociales, est donc faux. Je dirais même plus, mensonger.

Au sujet de vos invectives sur les caisses-maladies, posez-vous d'abord ces questions: Qui a la majorité au parlement? Et que fait cette majorité pour limiter les abus des caisses-maladies? Et que fait-elle pour instaurer plus de transparence dans leurs comptes? Ou pour empêcher qu'elles ne prennent totalement le contrôle de notre système de santé?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 06/02/2009

Impossible de taper dans les aides sociales ? Mode d'emploi:


1) Bouygues remporte un gros appel d'offre de travaux publiques (autoroute ou barrage) avec l'aide de l'accord bilaterale sur les marchés publiques.

2) Par l'intermediaire de sa filiale Suisse il fait venir 1000 ouvriers des regions de l'UE sinistrées par le chomage et les bas salaires. Il leur donne un contrat de travail parfaitement en règle, tous au strict SALAIRE MINIMUM CCT, et construit des baraquements pour les logers. En total accord avec la libre circulation.

3) Accessoirement la société ecran qui possède les baraquements demande 600 Frs de loyer aux ouvriers histoire de recuperer un peu de leur salaire minimum.

4) Après 18 mois de chantier on vire tous le monde. Les malheureux ont travaillé plus de 12 mois en Suisse et ont donc droit au chomage.

5) Accessoirement on annule le bail pour detruire les baraquements, l'état doit maintenant leur trouver des logements sociaux, plus des aides complementaire parce que le chomage sur le minimum cct ne permet pas vraiment de vivre.

6) Les Syndicats defilent a Bern pour denoncer l'ignomignie du capitalisme et montrer comme ils sont important pour faire face a ça. Accessoirement il enregistre quelques nouveaux membres.

Cet exemple serait absolument possible en toute legalité et ne contreviendrait a aucune cct, accord bilaterale ou loi sur le travail.

A la fin du compte Bouygue tous comme les syndicats ont fait une bonne affaire. Les seule a en patire sont les ouvriers qui se retrouve corveable et deplacable pire que les ex-saisonniers, et les assurances sociales !

Écrit par : Eastwood | 06/02/2009

Eastwood, comme je l'ai indiqué dans un autre commentaire, votre exemple est fictif, truffé d'imprécisions (notamment au niveau de l'application de la CCT et de la législation) et totalement tiré par les cheveux.
Mais, même s'il était réel, ce ne serait pas du "tourisme social". Au nom de quoi refuseriez-vous à des gens qui ont payé des cotisations (à l'assurance-chômage, mais aussi aux autres assurancse sociales, AVS, AI, AA, APG, 2ème pilier, contributions paritaires de la CCT de force obligatoire) de bénéficier des prestations de l'assurance à laquelle ils ont cotisé?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 06/02/2009

Je n'apprécie pas du tout la remarque de Jean Christophe Schwaab sur la majorité de centre-droite au parlement fédéral. Je trouve ce comportement lâche.
C'est chaque fois la même chose avec la gauche! Lorsqu'elle est minoritaire, c'est elle qui a tout fait. Et quand la gauche est majoritaire, il n'y a que la droite qui a pris de mauvaises décisions..... M. Scwaab prend vraiment les gens pour des crétins.

Écrit par : pipo | 06/02/2009

Comment pouvez vous dire que mon exemple est tiré par les cheveux puisque c'est ce qui se passe actuellement en Angleterre, dans le vrai monde, pas dans les belles theories ideologiques.

Mon propos n'a jamais été de refuser les prestations a ces ouvriers, mais d'illustrer de quelle façon le bel edifice bilaterales + cct sera contourné au detriment des travailleurs et des assurances sociales.

Écrit par : Eastwood | 06/02/2009

Autre pays, autres législations (tant du travail, que du bail, que des assurances sociales), autres mécanismes conventionnels et de contrôle, autre intégration européenne (le royaume-uni est membre de l'UE, pas la Suisse), autre rapport de force, autres moeurs. Tant de différences suffisent à rendre votre exemple non transposable en Suisse, donc fictif.
Il est un peu facile et fort peu crédible de prendre n'importe quelle situation où un employeur arnaque ses ouvriers pour décréter que l'accord sur la libre circulation et les mesures d'accompagnement sont néfastes respectivement inopérantes.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 06/02/2009

Autre pays, même libre circulation. Membre de l'UE contre bilaterales qui en singe les conditions... autre rapport de force ? non. Autre moeurs ? Non: Compagnie Italienne qui pourrait aussi remporter un appel d'offre en Suisse, même ouvriers Portugais qu'on connait deja bien, mêmes recherche de travail pour les chomeur locaux. Aucune difference, faut vous ouvrir au monde ;)

L'exemple que je decrit n'est en rien une "arnaque" c'est une possibilité legalement offert aux grosses compagnies européenes par le biais des bilaterale et en accord avec les cct.

Écrit par : Eastwood | 06/02/2009

Et pourquoi serait-ce seulement maintentant, à l'occasion de la libre circulation, que la gauche se soucierait tant de la protection des travailleurs? Pourquoi pas avant? Ah oui, qu'on se rassure, il y a déjà 2 inspecteurs du travail dans le canton pour veiller à la bonne application des mesures de protection... Les Fatteberts et consorts (entrepreneurs suisses et étrangers malhonnêtes) ont encore de beaux jours devant eux.

Écrit par : Stop | 06/02/2009

Stop, si vous vous étiez un tant soit renseigné sur les propositions que défend la gauche dans les parlements, vous ne diriez pas que nous nous soucions de la protection des travailleurs "seulement maintenant".
Quelques exemples de nos propositions récentes:
-pour une augmentation des postes de l'inspectorat du travail
-renforcement des sanctions contre les tricheurs
-protection contre le licenciement pour les travailleurs qui dénoncent la sous-enchère
-salaires minimaux
-contrat-types de travail dans les branches à risque sans CCT
-mesures en faveur de la santé et de la sécurité des salariés
-exclusion des entreprises qui trichent des marchés publics
-limitation des horaires d'ouverture

Sans compter le combat permanent des syndicats pour conclure de nouvelles CCT (p. ex. pour les travailleurs temporaires), défendre les existantes (p. ex. le bâtiment) ou les renforcer.

Mais vous avez raison sur un point: il faut à tout prix que les tricheurs (UDC ou pas) soient traqués et punis.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 06/02/2009

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