02/03/2009

Voilà qui a le mérite d'être clair

A chaque fois que l'on parle de supprimer ou d'augmenter l'imposition d'après la dépense (les forfaits fiscaux), c'est la même rengaine: Si on augmente leurs impôts, ces nantis partiront sous d'autres cieux fiscalement plus cléments. Tant pis si ces forfaits sont un impôt injuste qui ne respecte pas les principes constitutionnels de l'imposition en fonction de la capacité économique et de l'égalité devant l'impôt, pourtant appliqués à la quasi totalité des citoyen-ne-s. Et tant pis s'il permet à certains étrangers fortunés et (parfois prétenduement) retraités de ne verser au fisc qu'une part infime de ce qu'ils devraient payer s'ils étaient soumis à la même enseigne que le commun des mortels.

Mais la droite tient dur comme fer à cet impôt. Et, lorsque le parti socialiste (notamment par la voix de son vice-président Jean-Michel Favez) a proposé en décembre dernier de doubler cet impôt ce fut un niet retentissant. Idem la semaine passée lorsque la gauche a proposé de supprimer ce système. Les députés radicaux-libéraux-UDC et alliance du centre n'ont rien voulu entendre, pas même que, bien plus que la fiscalité, c'est la qualité de vie, la sécurité publique, la stabilité politique, la qualité de la formation, de la main d'oeuvre ou des transports qui attirent en Suisse les étrangers fortunés. Et le même chantage nous a été resservi: "si vous augmentez leurs impôts, ils partiront".

Mais voilà que, dans le "matin" d'aujourd'hui, Johnny Hallyday, bénéficiaire bien connu d'un forfait qui lui coûte, dit-il, "environ 900'000 francs par an" (soit 6,4% à peine d'un revenu annuel estimé à plus 14 millions de francs en 2006, selon le site de l'expansion), lorsqu'on lui pose la question "Si (...) le forfait devait doubler, vous partiriez?" répond sans ambage de la plus claire des façons: "Non". Et le rockeur d'ajouter: "Si cela doit changer, ça changera. Je ne vendrai pas mon chalet. En dehors de toute considération d'argent, je m'y sens bien". Voilà qui a le mérite d'être clair.

Commentaires

Monsieur Schwaab,

Le fait de doubler les "forfaits fiscaux" ne change rien à l'injustice du procédé!... La proposition de jean-Michel Favez ne fait que montrer à l'envi que la justice et le respect des principes constitutionnels de l'imposition ne sont pas des priorités du PSS, mais que, comme pour ses adversaires encore plus à droite, c'est les "gros sous qui importent!
Ce n'est pas une tare en soit!... Mais il faudrait, au moins, avoir le courage de ses opinions et le dire!

Ou alors, en "bon politicien" adepte de la dichotomie, il faudrait laissé suffisamment d'espace et de temps entre deux assertions contradictoires! Sinon, même un citoyen lambda, tel que moi, se rend compte de l'entourloupe!

Écrit par : Père Siffleur | 02/03/2009

... il faudrait laisseR...

La grammaire est aussi éloignée de moi que la politique politicienne!

Écrit par : Père Siffleur | 02/03/2009

Effectivement, père siffleur, le but ultime est de suppimer cet impôt injuste. Mais autant commencer par quelque chose.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 02/03/2009

Ce n'est pas l'impôt qui est injuste, c'est son mode de calcul et la différence qu'il établit entre les habitants de ce pays. Sans compter que sa ptincipale raison d'être est clairement l'évasion fiscale des bénéficiaires.

Écrit par : Azrael | 02/03/2009

Vous n'oubliez qu'une chose, c'est que si certains de ceux qui sont là, resteront, c'est le renouvellement qui ne se fera pas.

Et puis ce qui m'ennuie, c'est que si les forfaits fiscaux sont supprimés, on n'en aura pas fini pour autant avec votre mesquinerie de partageux, avec votre concupsicence de traîne-patins, avec vos convoitises de surnuméraires, avec vos haines de ratés et avec vos jalousies de pousse-mégots...

Les frustrations ont ceci de bien, parmi tous les aspects de la nature humaine, qu'elles sont inextinguibles et qu'elles ne coûtent absolument pas un rond à l'entretien...

Écrit par : Scipion | 02/03/2009

Scipion, si je laisse en ligne vos propos pourtant inacceptables, c'est parce qu'ils décrédibilisent totalement votre discours hargneux, irrespectueux, insultant et surtout dépourvu du moindre fondement.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 02/03/2009

Commencer par quelque chose ne veut pas dire par n'importe quoi et sutout pas n'importe comment!

Car, si il n'est pas expliqué qu'il s'agit d'une étape intermédiaire et que celle-ci reste une injustice, alors autant ne rien dire!

Mais j'ai remarqué, depuis belle lurette, que les politiciens avaient une propension à toujours vouloir occuper le terrain, quittes à nous raconter des fariboles, des à-peu-près et même des bobards. Que ce soit par omission, par méconnaissance ou par volonté, celle de nuire à l'adversaire!... Et plus personne, ou presque, n'y trouve à redire! Même pas la nouvelle garde de la politique qui reprend, telle que, les plus vilains tics des anciens.

Écrit par : Père Siffleur | 02/03/2009

En effet, père siffleur, il ne faut pas commencer par n'importe quoi. Dans notre cas, il faut partir de l'idée que l'abolition de cet impôt ne sera pas facile à obtenir et que, dans tous les cas, cela prendra un peu de temps. En revanche, nous avons pu obtenir de nombreuses ouvertures sur son adaptation à la hausse. Autant en profiter pour augmenter la charge fiscale de ces personnes, en profitant de l'excellent argument que nous livre ici Johnny. Cela ne rendra certes pas cet impôt totalement juste, mais peut-être un petit peu moins injuste. N'approuvez-vous pas cette méthode pragmatique?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 02/03/2009

On pourrait opter pour la même stratégie que la droite :

Faire un projet de loi "Paquet fiscal", avec moulte avantages pour les classes moyennes, et y glisser un petit "Les forfaits fiscaux sont interdits".

En voila-t-y pas une idée qu'elle est bonne, à savoir appliquer les stratégies de nos opposants ...

Ah oui, sauf que nous avons une éthique et savons que ce genre de stratégie est foncièrement malhonnêtes.

Écrit par : Djinius | 02/03/2009

Ce ne sont pas ces forfaits fiscaux qui sont injustes vis à vis classes moyennes,mais l'impôt progressif qui pénalise les compétences professionels et les couples mariés.Sans parler de l'imposition des allocations familliales.( enfin,pour ceux qui en ont vraiment besoin).

D.J

Écrit par : D.J | 02/03/2009

Quand on parle d'impôts, il y a immédiatement un gros malaise qui déboule : payer des impôts, certes, avec des règles égales pour tout le monde, pourquoi pas...
Mais à quoi servent-ils, quand une petite camarilla de fonctionnaires décident de leur utilisation. Prenons au hasard (!) l'exemple de la justice en terre vaudoise. En payant ces impôts faramineux (20 % de la population paie le 80 % des impôts...), le citoyen aurait un peu tendance d'espérer autre chose de la police que des amendes salées pour de légers dépassements de vitesse, un peu de protection contre les voyous, par exemple. Et quand d'aventure les flics s'aventurent à arrêter un casseur, nos chers magistrats vont s'ingénier à le libérer dans les plus brefs délais. Ce qui a coûté la vie à Christian von Kaenel, par exemple.
Prenons l'enseignement. Pourquoi les patrons vaudois refusent-ils d'engager des apprentis ? Est-ce leur rôle de leur apprendre à lire, à écrire* et à compter ?

Prenons les transports publics. Pas besoin de faire des dessins, n'est-ce pas?
Prenez-les grandes régies de communication, complétement aux mains des ultragauchistes, dont le seul but est de scier l'armée, la banque, la finance (l'industrie suivra, pas de soucis...).

Alors, finalement, on est bien content que les gens qui profitent de forfaits fiscaux ne paient pas plus d'impôts, vu le niveau de qualité des gens que l'on paie avec...


*et pas en langage SMS, n'en déplaise à marinetmaté, la championne de l'inculture...

Écrit par : Géo | 02/03/2009

"Scipion, si je laisse en ligne vos propos pourtant inacceptables, c'est parce qu'ils décrédibilisent totalement votre discours hargneux, irrespectueux, insultant et surtout dépourvu du moindre fondement."

A qui ferez-vous croire que vous ne cherchez pas, à base de justice et d'égalitarisme prétextuels, à obtenir un succès facile en spéculant sur la convoitise haineuse de tout un pan de la société ? Qui, de toute manière, ne gagnerait strictement rien à la disparition des forfaits fiscaux !!!

Écrit par : Scipion | 02/03/2009

@dj: il me semble que c'est plutôt l'inverse. l'impôt progressif est le plus juste. Qui gagne plus paie proportionellement plus d'impôt que celui qui gagne moins!

Écrit par : Catcheur | 02/03/2009

Pour les chiffres de Geo :
20% des contribuables paient 80% des impôts dites-vous ?

A quoi je vous répond, selon l'Office Fédéral de la Statistique, rapport de l'année fiscal 2003 paru en 2006, document pdf téléchargeable, vous voulez plus de détails ou vous faites comme moi et cherchez 2 minutes...

Canton de vaud : moins de 15% des contribuables possèdent plus de 90% de la fortune nette déclarée...
Et désolé d'être subjectif, mais je vois mal les 85% de contribuables possédant 10% de la fortune cacher de grosses fortunes au fisc. Par contre, parmi les 15% qui possèdent 90% de la fortune déclarée, j'aimerais vraiment bien connaître la part NON déclarée...

Cela remet les choses en perspectives, n'est-il pas ?

Écrit par : greg | 02/03/2009

"Alors, finalement, on est bien content que les gens qui profitent de forfaits fiscaux ne paient pas plus d'impôts, vu le niveau de qualité des gens que l'on paie avec..."


Il est claire que l'argent est bien mieux entre les mains d'un Ospel, voire d'un Madoff, d'un Kerviel ou d'un Stanford...

Écrit par : PtitSuisse | 02/03/2009

Ceux qui veulent abolir les forfaits fiscaux ne proposent rien pour remplacer cette manne financière. Pourquoi? Les socialistes, lorsqu'ils gouvernent, ne refusent pas de négocier de nouveaux forfaits...Micheline Calmy Rey en est l'exemple.
@DJ,
L'impôt progressif n'est pas juste en soi, l'impôt linéaire suffit à ce que le haut revenu paie plus que le bas revenu, pourquoi l'imposer plus? Parce qu'il travaille mieux? Parce qu'il rapporte plus? Il dépense plus aussi, paie donc plus de TVA, plus d'AVS. Par contre il ne coute pas plus à la collectivité. Il est donc pénalisé soit d'exercer un métier plus lucratif que d'autres, ce n'est pas de sa "faute", soit de travailler plus et/ou mieux que d'autres.
Là est l'injustice, le bon paie pour le mauvais!

Écrit par : salegueule | 02/03/2009

Pour monsieur Salegueule,

"...Micheline Calmy Rey en est l'exemple."

... Mais l'exemple de quoi? Si micheline Calmy-Rey a été, à un moment donné, socialiste, c'est possible, mais actuellement...

Tous les Conseillers Fédéraux socialistes passés, actuels et à venir, sont comme les WC Hommes dans toute une série d'endroits publics: à gauche lorsqu'on entre, ni gauche, ni droite, lorqu'on est à l'intérieur et lorsqu'on fait ses petites affaires et à droite lorsqu'on sort!


Pour Monsieur Schwaab,

"N'approuvez-vous pas cette méthode pragmatique?" Vous me posez une question, j'y réponds.

Où avez-vous pu lire le contraire! je n'ai fait que dire qu'il était nécessaire d'expliquer ce qui était fait! Et cela par deux fois!
Cela aussi c'est de la politique: On ne retient que ce qui va dans le sens désiré, quitte à tronquer, élaguer, modifier, biaiser.

Écrit par : Père Siffleur | 03/03/2009

Comme tout bon spécialiste en droit, Monsieur Schwaab sélectionne des faits et évite une analyse complète afin de convaincre. Pour défendre ses intérêts privés je peux le comprendre. Pour participer un débat d’opinion de la part d’un politicien c’est particulièrement malvenu. Je pense même que c’est de la crapulerie intellectuelle.

Je vous cite Monsieur Schwaab;
"Mais voilà que, dans le "matin" d'aujourd'hui, Johnny Hallyday, bénéficiaire bien connu d'un forfait qui lui coûte, dit-il, "environ 900'000 francs par an" (soit 6,4% à peine d'un revenu annuel estimé à plus 14 millions de francs en 2006, selon le site de l'expansion), lorsqu'on lui pose la question "Si (...) le forfait devait doubler, vous partiriez?" répond sans ambage de la plus claire des façons: "Non". Et le rockeur d'ajouter: "Si cela doit changer, ça changera. Je ne vendrai pas mon chalet. En dehors de toute considération d'argent, je m'y sens bien". Voilà qui a le mérite d'être clair."

Vous induisez le lecteur à croire qu’il ne paye que 6.4% d’impôt dudit revenu. En le doublant, cela reste avantageux quand on sait qu’un revenu imposable de 90’000 dans le canton de Vaud un contribuable marié avec des 2 enfants va payer entre 15 et 17 % de ce revenu imposable.

Il y a un non dit dans votre explication ;
Vous faites subtilement penser que cet artiste ne paye que 900'000 d’impôt pour un revenu, dont on ne sait s’il est brut ou imposable, de 14 millions. Il eu été plus honnête de votre part de mentionner la totalité des impôts payé par cet artiste en 2008.

Monsieur Schwaab ;

Monsieur Johnny Hallyday, qui a peut être encore un revenu de 14 millions en 2008 (cela change beaucoup dans ce milieu), paye t-il uniquement 900'000.- francs d’impôt en Suisse ou, il en paye aussi en France sur ce revenu ou partie de ce revenu?

Avec ce qu’il paye en France, quelle est le % de ses impôts par rapport aux 14 millions de revenus ?

En répondant aux questions, les lecteurs et Cali aura une meilleur vue d’ensemble et, en connaissance de cause, il peut se faire une opinion concernant l’opportunité de doublé les impôts de cet artiste.

Question facultative,

L’imposition forfaitaire est supprimée en suisse, le contribuable est soumis aux mêmes règles.

En Suisse, dans le canton de Vaud plus précisément, le peuple vient d’accepter un plafond à 60% du revenu. Un artiste avec un revenu similaire Johnny Hallyday et habitant le canton de Vaud payant des impôts représentant le 60% de son revenu. Avec la somme qu’il doit aussi payer en France, son revenu lui suffi ou il doit emprunter pour faire face à toutes ses obligations fiscales?

Écrit par : cali | 04/03/2009

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