23/04/2009

La poste ou l’art d’affaiblir le service public

La population est attachée à la notion de service public. Cela se vérifie lors de chaque votation: privatisations et libéralisations sont en général balayées dans les urnes un peu partout en Suisse (on se souvient du refus de la loi sur le marché de l’électricité, de privatisation de la BCV et, plus récemment, du bon scolaire à BL ou de la privatisation des services industriels de la ville de Thoune) et les stratèges néolibéraux renvoyés à leurs belles théories. Désormais, la seule menace d’un vote populaire peut suffire à les faire reculer (p. ex. Swisscom).
Les voilà donc obligés de recourir à une autre méthode, plus subtile. Pour se débarrasser du service public et privatiser ses activités rentables (selon l’immuable adage «les bénéfices aux privés, les pertes à l’Etat»), ils le vident d’abords de sa substance. En espérant que la population ne défende plus la peau de chagrin qui subsistera à la fin.
La poste est un bel exemple de cette nouvelle stratégie. Le démantèlement se poursuit, malgré l’opposition de la population et les mauvaises expériences des pays voisins (hausses de prix, sous-enchère salariale), mais en douce. 1ère étape, on supprime la couverture de l’entier du territoire en fermant les offices les petites localités. Puis ceux de localités et quartiers plus grands. Puis d’autres. Jusqu’à ce que la population se soit définitivement habituée à ne plus pouvoir compter sur un service de proximité. 2ème étape, on ouvre de plus en plus les services à la concurrence, comme vient de le faire le conseil fédéral en abaissant le monopole des lettres à 50g (contre l’avis du parlement – y compris quelques élus bourgeois!). Non pas par soucis d’efficacité (surtout en cas de monopole naturel où la concurrence est néfaste), mais plutôt pour diminuer les revenus de la poste. Qui, fatalement coûtera de plus en plus cher. Ce qui incitera les élus soucieux des finances publiques à arrêter les frais. Et encouragera les dirigeants de la poste à procéder à d’autres fermetures d’offices et dégradations des conditions de travail. 3ème étape: Refuser la création d’une banque postale (tant pis si cela serait utile aux PME en manque de crédits). Là encore, l’objectif est de priver le géant jaune de ressources dont il aurait pourtant besoin pour financer le service universel. Ce qui justifiera les mesures d’économies déjà évoquées.
Résultat: Un service public auquel bientôt plus personne ne croit et dont plus personne ne se souciera de le garder en mains publiques. A moins que population et élus ne mettent un terme à ces manigances. Maintenant.

Commentaires

La population vote certainement par peur du changement (ce qui est naturel). Mais tous ceux qui ont eu affaire a l'incroyable arrogance du "service publique" monopolistique savent ce qu'ils voteront la prochaine fois.

Personelement je prefere etre traité comme un client qui peut changer de cremerie quand il n'est pas satisfait que comme un esclave a qui ont peut dire "c'est comme ça et pas autrement hahaha" (vecu a la poste suite a une erreur de leur part).

CE

Écrit par : Eastwood | 23/04/2009

"La poste est un bel exemple de cette nouvelle stratégie. Le démantèlement se poursuit, malgré l’opposition de la population et les mauvaises expériences des pays voisins (hausses de prix, sous-enchère salariale), mais en douce."

Malgré l'opposition de la population? Je vous rappel que l'initiative socialiste "service postal pout tous" a été rejeté par les urnes.Si les Suisses refusent en votation les libéralisations et les privatisations,elle rejettent également les méthodes socialistes( Caisse unique,semaine de 36 heures ou refus de nouveaux impôts etc... idem ou le peuple acceptes les réformes de l'état et les freins à l'endettement malgré l'opposition de la gauche ) Quand aux mauvaises expériences des pays voisins,celà n'engage que vous.Pour les syndicalistes il y a forcemment mauvaises conditions de travail,quand le travail des entreprises publics s'aligne sur celles du privé(c'est à dire quand le travail devient normal). Quand aux hausses des prix,c'est généralement pour combler la fin des subventions de l'état,comme en Suisse ou l'ex régie des téléphones versait ses bénéfices(grâce aux prix exorbitants des tarifs d'appels)pour combler les déficites de la poste.Et ce seront les mêmes qui veulent garder tout les offices postaux quasi inutilisés,qui devront pays de leurs poches ce gaspillages.Les bénéfices de la poste doivent servire aux investissements futur pour faire face à la concurrence international et d'assurer un sevice minimum comme les sevices à domociles,qui sont très satisfaisants et moins coûteux que d'entretenir des bureaux fantômes.

D.J

Écrit par : D.J | 23/04/2009

Les deux systèmes ont évidemment leurs défauts et créent des "victimes", à des degrés et parmi les publics différents: j'ai été frappé, à l'époque de la Yougoslavie et des restrictions alimentaires et autres des pays socialistes, de l'extraordinaire nonchalance (que l'on appelait alors chez nous "je-m'en-foutisme") des vendeuses de leurs super-marchés, qui étaient par définition des fonctionnaires d'Etat, alors que le service était impeccable aux Etat-Unis et des pays pauvres d'Amérique latine notamment, où les employés étaient facilement licenciables et soumis à un régime du genre "marche ou crève". Il n'es pas difficile de deviner dans quels pays les clients étaient les plus satisfaits et , par contrepartie, les vendeuses les plus mal traitées. Trouver un équilibre satisfaisant entre les deux, voilà le problème, et les exigences par principe opposées des patrons et des syndicats rendent en général la chose impossible.

Écrit par : Mère | 24/04/2009

Le démentellement des services publics est un des dogmes central des neo-libéraux qui tentent ainsi progressivement collecter les bénéfices d'un monopoles publics vers un oligopole privé.

Ainsi le très intelligent Eastwood, tout en croyant pouvoir changer de crêmerie, se rendra compte dans quelques année qu'il aura le "choix" entre DHL et UPS (qui auront passé un accord secret pour entretenir des prix hauts) et que le même guichetier lui rira au nez en lui disant "Si vous n'êtes pas content, aller voire ailleur".

Ainsi on "ouvre a la concurence" un secteur qui de part sa structure (très gros investissement d'intrastructure pour y rentrer), ne pourra qu'a terme contenir que 2 ou 3 acteurs rentables.

La différence entre maintenant et ce futur néo-libéral :
- Nous payerons plus cher
- Le service sera de piêtre qualité
- Les employés seront pressés comme des citrons
- Les régions non rentable seront moins bien déservies
- Le bénéfice du monopole public qui était reversé a la collectivité (pour par exemple financer des infrastructures public) aura disparu des caisses.

Mais quand on voit le monde avec des oeillères, on préfère cela qu'a l'horrible monde socialiste dans lequel ceux qui combattent les privatisations veulent nous mener.

Écrit par : Djinius | 24/04/2009

Le très intelligent Djinius s'erige en prophète de l'apocalypse liberale, mais est apparament incapable de regarder en arriere:

Depuis que le monopole des "PTT" est tombé:

- On paye moins cher
- Meme si il est souvent mauvais, le service est un monde de difference d'avec les 6 mois qu'il fallait pour avoir le telephone apres un demenagement.
- Il existe un veritable marché de l'emploi dans les telecoms, donnant aux employés d'autres perspectives de carriere que de finir fonctionnaire aigris a l'ancienneté et depressif dans le bureau grisatre au fond du couloir a gauche.
- Toute les regions sont deservie et le reseau s'est même etendu car c'est un argument de vente.
- Un monopole publique n'est pas censé faire de benefice car ca signifierait qu'il surtaxe le publique qui le paye deja de ses impots ! Par contre le publique peut acheter des actions des entreprises privé et donc toucher sa part du benef par les dividendes.

Et ça ce sont des faits, pas du catastrophisme de gauchiste sectairement attaché au service publique même si il est catastrophique.

CE

PS: J'ai un ami employé comme facteur au "service publique" la poste. Je peux te dire qu'il est pressurisé pire qu'un citron et que je n'ai jamais vu de pareil condition dans le privé.

Écrit par : Eastwood | 25/04/2009

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