04/05/2009

Belle résistance des étudiant-e-s contre la hausse des taxes

Les taxes universitaires sont le moyen le plus efficace pour faire des études supérieures un privilège. Et de diminuer le nombre d'étudiant-e-s. Les milieux économiques, economiesuisse (ainsi que son organisation de paille avenir suisse et autres dérivés) en tête, reviennent donc fréquemment à la charge avec des propositions de hausse des taxes. Avec des justifications diverses, allant de "y faut faire comme les unis américaines" au "ce qui est gratuit ne vaut rien", en passant par "c'est pas juste que les étudiant-e-s des unis payent si peu alors que le titulaire d'un CFC doit payer de sa poche des dizaines de milliers de francs pour faire une maîtrise". Généralement, ce genre d'argument mal ficelé ne prend pas. Les étudiant-e-s se défendent et le public se rend bien compte que, dans un pays dont l'unique matière première est la qualité de sa formation, en limiter l'accès équivaut à se tirer une balle dans le pied.

Les partisans des taxes ont donc trouvé un autre argument, censé faire mouche, car prétendument "solidaire": "il faut augmenter les taxes pour financer les bourses d'études, car elles sont trop basses". Charles Kleiber, alors secrétaire d'Etat à la science et la recherche l'avait prôné en son temps et les adversaires de la démocratisation des études avaient applaudi. Et même reçu le soutien de l'AES, organisation d'étudiant-e-s judicieusement créée par M. Kleiber, aujourd'hui disparue. Tout ce beau monde y voyait enfin l'occasion d'évacuer la question des bourses d'études, ces milieux refusant de les augmenter, de les harmoniser, ou souhaitant les transformer en prêts (c'était avant que le surendettement des ménage ne ruinent les banques états-uniennnes...).

Malheureusement, l'EPFL a récemment repris l'idée. Toujours avec cet argument quasi-philanthropique des "étudiants qui aident les étudiants". Fort heureusement, l'Agepoly, membre de l'UNES, se défend avec une pétition qui a recueilli plus de 2000 signatures. Espérons que cette démarche sera couronnée de succès!

Commentaires

Et en ce qui concerne l'Unil, la FAE (Fédération des associations d'étudiants) vient de tirer le bilan de son fonds de solidarité, créé il y a quatre ans : voir l'article de l'Auditoire du mois d'avril 2009, page 17: "Quatre ans de solidarité entre étudiantEs : quel bilan ?" Voilà une démarche "proactive" qui ne devrait pas déplaire aux ténors d'économiesuisse... Mais dans l'article très bien documenté de l'Auditoire, la FAE tire de son expérience un bilan beaucoup moins réjouissant:
"Lors de la création du fonds, la FAE ne pensait créer qu'un palliatif. Or il est devenu pour certainEs étudiantEs un acteur incontournable, et cette évolution est assez inquiétante."

Écrit par : Aster | 04/05/2009

J'avais fait un constatation similaire à l'uni de Berne, où j'ai étudié et dirigé les affaires sociales des étudiant-e-s. La SUB (équivalent de la FAE) a aussi un fonds d'aide sociale depuis longtemps et les demandent explosaient, souvent pour des accumulation de très petits montants (ce qui démontre bien que, même si elles ne sont que des montants modestes, les taxes sont une réelle barrière financière). Ce sont d'ailleurs souvent des boursiers qui viennent demander du soutien, car les montants des bourses sont insuffisants...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 05/05/2009

C'est bien un des aspects du problème qui se pose actuellement en ce qui concerne le fonds de solidarité de la FAE.

Écrit par : Aster | 05/05/2009

Les commentaires sont fermés.