11/05/2009

Un mauvais tour joué aux apprenti-e-s vaudois-e-s?

La nouvelle loi vaudoise sur la formation professionnelle (nLVFPr) sera soumise au Grand conseil dans les prochaines semaines. Ayant suivi cet important dossier depuis le début (j'étais notamment membre de la commission parlementaire), j’en reparlerai régulièrement sur ce blog.

La majorité de droite de la commission parlementaire prépare un mauvais tour aux apprenti-e-s vaudois-e- s et à leur famille: la suppression de la prise en charge de la demi-prime d’assurance-maladie pas l’employeur.

Avec la loi actuelle, l’employeur doit payer la moitié de la prime LAMAL à la charge de ses apprenti-e-s. Une prestation importante, si l’on considère le faible salaire des apprenti-e-s (selon une enquête d’Unia, 52% des apprentis sont insatisfaits de leur salaire), le pouvoir d’achat des familles toujours plus menacé et la hausse constante des primes d’assurance-maladie. Les élus bourgeois proposent pourtant de supprimer cette demi-prime, pour la remplacer par une d’allocation de 80.—Fr. par mois (soit beaucoup moins que la moitié de la prime cantonale de référence – 150.—Fr. environ), allocation qui plus est plafonnée (les apprentis gagnant plus de 1200.—Fr. par mois en seraient exclus). Si cette proposition scandaleuse passe la rampe, cela veut dire concrètement que les apprentis vaudois verront leur pouvoir d’achat réduit de plusieurs dizaines de francs par mois à l’entrée en vigueur de la loi. Pour certains (notamment les apprentis âgés de plus de 18 ans – c'est le cas de la majorité d'entre eux – et ceux travaillant dans les branches aux salaires d’apprentis plus élevés que la moyenne, p. ex. hôtellerie-restauration), la perte de pouvoir d’achat pourra dépasser 10%! C’est intolérable! En outre, cette proposition de la droite introduirait un nouvel "effet de seuil": Ainsi, un apprenti qui bénéficierait d'une hausse de salaire qui lui ferait dépasser le plafond prévu pourrait, au final, voir son pouvoir d'achat diminuer malgré la hausse salariale, car il ne bénéficierait plus de l'allocation. Absurde!
Plus choquant encore: grâce à cette mesure, les entreprises formatrices économiseraient plusieurs millions sur le dos de leurs apprentis et de leurs familles, alors que, grâce au fonds pour la formation professionnelle prévu dans la nouvelle loi, elle toucheront 15 millions de plus.
Qu’on le dise clairement: la suppression de la demi-prime ne créera ou ne sauvegardera pas la moindre place d’apprentissage. Malgré son existence, les entreprises vaudoises n’ont jamais autant créé de nouvelles places que ces dernières années.
Le parti socialiste s’opposera donc avec vigueur à cette attaque révoltant contre le pouvoir d’achat des apprentis et de leur familles. Aujourd’hui, les syndicats vaudois ont annoncé que, si la majorité de la commission devait l’emporter devant le plénum, ils lanceraient une initiative populaire pour que tous les employeurs du canton (pas seulement les entreprises formatrices) prennent en charge jusqu'à la totalité des primes d’assurance-maladie de tous les jeunes en formation (pas seulement des apprentis)! Je soutiendrai cette initiative si elle devait être lancée et m’engagerai pour que le PSV en fasse autant. Mais espérons qu’elle ne sera pas nécessaire, que la majorité du Grand conseil soit raisonnable et renonce au mauvais tour que les élus bourgeois de la commission veulent jouer aux apprentis vaudois!

Commentaires

Ce n'est pas un mauvais tour, c'est plutot "une prise de responsabilité". Vous savez le mot responsailité, assumer ses choix en votations etc... A force de tout vouloi, il faut bien que quelqu'un pait, et ce ne sera pas toujours "aux autres" de payer...
Ce n'est ni "choquant", ni "absurde", ni "scandaleux"...
De plus certaines entreprises participerons bien plus que la lois l'exige, c'est ce qui fait la différence entre les entreprises sympa et les entreprises qui ne font que respecter la loi, et comme vous le savez, le plus important, c'est de respecter la loi...

"une enquête d’Unia, 52% des apprentis sont insatisfaits de leur salaire"
La majorité du temps, le gens ne sont jamais content de leur salaire...

Écrit par : DdDnews | 11/05/2009

Si le PS veut préserver le pouvoir d'achat des familles,quelle accepte cette suppréssion de demi prime et quelle fasse aussi supprimer l'imposition fiscal des allocations familliales.

D.J

Écrit par : D.J | 11/05/2009

Aux deux commantateurs ci-dessus,


Ce n'est pas que je sois d'accord avec vous! Mais je peux, malgré tout, vous rassurer.
Lorsqu'un Socialiste dit: "Le parti socialiste s’opposera donc avec VIGUEUR...), il faut se rendre à l'évidence: la vigueur socialiste n'est plus ce qu'elle était. Elle aurait grand besoin d'une petite pilule... rose! Mais comme les soins aux moribonds sont remis en cause par le rigolo de service du PDC, la pilule pourrait être éventuellement suprimée elle aussi!

Signé: PS (Non! l'autre: celui qui a de la peine à avaler la pilule, qu'elle soit bleue, verte, orange, rouge ou rose)

Écrit par : Père Siffleur | 12/05/2009

Monsieur Schawab,

Votre billet sur cette problématique est intéressant.

A relevé aussi, la différence de traitement entre un enfant en apprentissage et l’autre aux études. La différence de traitement selon le mois de sa naissance qu’ils soient en apprentissage ou aux études.

Dans le canton de Vaud, l’employeur verse le 50% de la prime maladie pour le jeune en apprentissage. Pour celui aux études il n’y pas d’employeur pour payer les 50%. Le jeune aux études n’a pas de salaire, celui en apprentissage en a un tout petit salaire.

Un enfant né en juin et l’autre en juillet, sans demande particulière, l’un termine son cursus scolaire à 15 ans et l’autre à 16. Les parents auront le droit d’avoir allocation de 250.- à 16 ans. Pour l’un à la fin de la première année d’apprentissage, pour l’autre au début de ladite année. Idem pour celui aux études.

L’AVS, il faut payer dès le mois de janvier de l’année de ses 18 ans. Donc, pour celui né en janvier à 18 ans révolu, pour celui né en décembre à 17 ans et un mois. Par contre la rente AVS débute le 1er de mois qui suit les 65 révolus. Si ce n’a pas changé, le jeune aux études ne peux pas payer de primes AVS avant l’année de ses 21 ans. Cela peut faire une bonne différence si un malheur le frappe quelques années plus tard et qu’il ne peut plus travailler.

Cette liste n’est de loin pas exhaustive.

Je termine, pour dire qu’une allocation à 80.- aurait été avantageuse pour mon fils qui a terminé sa 4ème et dernière années d’apprentissage à 19 ans. En effet, j’aurais gagné 40.- par mois pendent 3 et demi environs et perdu 100.- par mois le 7 derniers mois d’apprentissage. Evidement, la réalité peut aussi être très différente car les jeune débutent un apprentissage plutôt vers 18 ans qu’à 15 ans

Autre injustice, un jeune qui veut apprendre un métier autre que la filière des études doit trouver un employeur pour entreprendre une formation. Pour celui qui a l’accès au gymnase, il n’a pas ce souci à entre 15 et 18 ans.

Écrit par : cali | 13/05/2009

Effectivement, Cali, la nouvelle allocation fera quelques gagnants. Mais, ils seront peu nombreux, l'âge moyen d'entrée en apprentissage étant de 18 ans et 3 mois!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 13/05/2009

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