29/09/2009

Superbe victoire contre la stratégie du saucisson vaudois!

La droite vaudoise a tenté d’ajouter une tranche au saucissonnage du repos dominical. Oh, ce n’était pas une attaque frontale, non. Il ne s’agissait «que» d’autoriser l’ouverture des commerces deux dimanches supplémentaires par an. Histoire de faire croire que la libéralisation totale n’est pas au programme. Mais il s’agissait aussi de prétendre que les ouvertures dominicales créent de l’emploi (la bonne blague) et qu’y être favorable est tout simplement «moderne» (et que de s’y opposer est le comble de la réaction et du conservatisme!).
Fort heureusement, la majorité du grand conseil ne s’est pas laissé berner et clairement rejeté la proposition du gouvernement, avec les voix du PS, d’AGT, des verts, de l’AdC et de quelques radicaux et UDC. C’est une magnifique victoire pour le PS et les syndicats, qui étaient prêts à lancer le référendum contre cette nouvelle banalisation du travail dominical. Les arguments de défense du personnel de la vente, de protection du petit commerce contre l’avancée de la grande distribution (qui emploie moins de personnel à surface égale et génère plus de trafic) et du maintien d’un jour de repos commun à toute la population ont fait mouche. Les récents résultats des urnes, tant le rejet par les vaudois de la suppression de l’interdiction de travailler le dimanche dans les commerces des grandes gares, que le net vote des électeurs fribourgeois contre l’extension des heures d’ouverture des magasins, ont certainement aussi pesé dans la balance.
Dans tous les cas, les partisans de la libéralisation des heures d’ouverture des commerces, dont les seuls arguments ne reposent souvent que sur une idéologie bornée, subissent un revers cuisant. Mais ils ne baisseront pas leur garde. Leur prochaine attaque est déjà sur la table du conseil national: autoriser le travail nocturne dans les officines de station-service. Le combat n'est pas fini!

16/09/2009

Le «libre choix» de l’école se prend une nouvelle claque

Le «lobby parent Vaud», suite à l’échec d’une proposition libérale au grand conseil, avait annoncé en grand pompe vouloir lancer une initiative populaire pour privatiser l’école grâce au «libre choix» et au «bon scolaire». Son cuisant échec lors d’un vote populaire (80% de non) à Bâle-Campagne l’avait un peu refroidi et poussé à se contenter d’une pétition. Pétition qui a été déposée hier avec… 1200 signatures à peine! Soit dix fois moins que ce qu’il aurait fallu pour une initiative. En encore, il est plus facile de récolter des signatures pour pétition, car il n’a y pas besoin d’avoir le droit de vote pour signer. En appliquant un taux de «déchet» de 15% (soit le taux habituel de signatures non valables lors d’une récolte pour une initiative ou un référendum), la pétition pour la privatisation de l’école compte à peine un millier de signatures.

Bref, le «libre choix de l’école» en terre vaudoise, c’est râpé. Une fois de plus. L’école publique et démocratique a heureusement encore de beaux jours devant elle.

11/09/2009

TVA: Pas d'autre choix

web-iv-franz.jpgA gauche, augmenter la TVA ne passe pas comme un lettre à la poste. En effet, cet impôt est peu conforme au principe de l’imposition en fonction de la capacité économique, car il frappe de la même manière celui qui a un haut revenu et celui qui en a un plus modeste. C’est pour cela que les socialistes et les syndicats auraient très nettement préféré un assainissement de l’assurance-invalidité à coup de cotisation salariale. Cela aurait eu l’avantage d’impliquer un peu plus les entreprises dans l’assainissement de l’AI et de leur faire comprendre qu’à force de créer des invalides en augmentant la pression sur les salariés, en prônant la flexibilité du travail ou en excluant un grand nombre de plus de 55 ans du marché de l’emploi, elles génèrent des coûts qu’il faut bien payer.

Malheureusement, syndicats et socialistes n’ont pas été entendus au parlement et augmenter temporairement la TVA s’est avéré être le seul moyen politiquement faisable pour générer les ressources supplémentaires dont l’AI a un urgent besoin.

Car la situation de cette importante assurance sociale est dramatique. Chaque année, l’AI perd plus d’un milliard de francs. Déficit qui n’est pas dû aux «abus», car sinon, l’UDC ne proposerait son propre plan d’assainissement, p. ex. une réduction des rentes destinées aux enfants. Et ce n’est pas tout ; ce déficit s’en vient plomber le capital d’une autre assurance sociale, tout aussi importante: l’AVS. Sans financement additionnel, l’AI risque de se retrouver surendettée à un point tel que le versement des rentes AVS se trouverait lui aussi remis en question. La situation est trop critique pour que l’on tergiverse sur quelques ‰ de TVA, qui seront qui plus est automatiquement annulés en 2017, sauf vote contraire du peuple et des cantons.

En outre, la TVA, s’il est clair qu’elle ne saurait remplacer l’imposition directe ou les cotisations salariales, n’est pas totalement dénuée d’avantages. Tout d’abord, il est presque impossible de la frauder. Ensuite, personne n’y échappe, même les personnes qui ne paient pas d’autres impôts ou ne cotisent pas aux assurances sociales. Ces personnes ne sont donc pas des «citoyens gratuits» comme aiment à les appeler avec un certain mépris de nombreux élus bourgeois. Ainsi, les rentiers, en payant de la TVA sur ce qu’ils consomment, participent eux aussi à l’assainissement de l’AI.

L’urgence de la situation fait que les réticences face à ces quelques quelques ‰ de TVA temporaires doivent être surmontées. Pour la gauche, il ne s’agit pas de se rallier au remplacement de l’imposition directe par l’imposition indirecte, mais plutôt de voler au secours d’une assurance qui participe de manière déterminante à la paix sociale en Suisse.