08/11/2009

Bilatérales: Blocher ne biche pas

Lors de la campagne en faveur de l’extension de la libre circulation des personnes à la Roumanie et à la Bulgarie, l’UDC prétendait, promis, juré, qu’elle ne souhaitait pas la fin des accords bilatéraux. Il ne fallait en effet pas (trop) se fâcher avec les milieux économiques, grands bailleurs de fonds du parti d’extrême-droite, qui osait alors prétendre que refuser d’étendre l’accord aux deux nouveaux Etats membres ne remettrait pas en cause tout l’édifice de rapprochement avec l’UE.
Or voilà que son chef de file, M. Blocher, vient de demander carrément l’abrogation de l’accord sur la libre circulation des personnes. Ce qui entraînerait, clause «guillotine» oblige, la caducité de tous les accords bilatéraux. Les masques sont donc tombés. Ce n’est pas seulement à la Bulgarie et à la Roumanie qu’en voulait l’UDC, mais c’est à toute forme de rapprochement avec l’UE, fût-il favorable à la croissance et à l’emploi dans notre pays.

Pour étayer sa proposition, le conseiller fédéral déchu ressort son bon vieil argument des «étrangers qui piquent les boulots des Suisse». Avec dans le viseur les «milliers d’Allemands» dont nous aurions quotidiennement à subir le débarquement. Comme le MCG a déjà épuisé le filon des frontaliers, il fallait bien que l’UDC ne se laisse pas dépasser sur sa droite et dégotte dare-dare un autre bouc émissaire.
Mais, une fois de plus, les arguments de M. Blocher sont faux et mettent à jour les contradictions de son parti. D’une part, parce que les travailleurs issus des Etats membres de l’UE sont beaucoup plus victimes du chômage que les Suisses (taux de chômage des étrangers en octobre 2009: 7,6%; taux des Suisses: 2,9%!). Ils ne leur prennent donc pas leurs emplois, puisqu’ils les perdent en premier. Et, d’autre part, parce que les travailleurs étrangers occupent soit des emplois dont les Suisses ne veulent pas (notamment des emplois peu qualifiés), soit travaillent dans des secteurs où sévit une pénurie de main d’œuvre. Pénurie provoquée notamment par les positions de l’UDC, qui, tout en s’appliquant à vider les caisses de l’Etat à coups de baisses fiscales inutiles, refuse systématiquement tout nouvel investissement dans la formation et la recherche, toute amélioration de la formation continue, toute mesure efficace destinée à encourager les entreprises à engager des apprentis, etc. Une preuve parmi d’autres: l’acharnement des élus de ce parti à combattre les mesures de formation contenues dans la «3ème phase de mesures de stabilisation» du Conseil fédéral. (Ce qui prouve soit dit en passant que lutter contre le chômage, l’UDC s’en contrefiche.)
Et dire que c’est sur la base de cette argumentation bancale que M. Blocher se propose jeter aux orties l’entier des accords bilatéraux, dont tout le monde s’accorde pourtant à dire qu’ils sont responsables d’une bonne partie de la croissance économique des années qui ont précédé la crise financière.
Cela dit, il ne faut pas nier que la libre circulation des personnes ne va pas sans entraîner des problèmes sur le marché du travail: les risques de sous-enchères sont réels et il faut constamment veiller à une application stricte et à un renforcement des mesures d’accompagnement. Ah oui, au fait, devinez qui est opposée à ces mesures de luttes contre la sous-enchère? Vous avez tout juste, c’est l’UDC.

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

vos arguments sont faux car vous semblez bien mal informé.

Vous devriez prendre plus de temps à lire notre programme et à constater les faits sur le terrain.

De fait, lorsque vous dites que nous (UDC) sommes opposés à la formation, c'est faux.

Une réalité très claire dans les hémicycles démontre que lorsque nous avançons des projets concrets et tournés vers l'avenir, la gauche, bien pensante et bien bobo, fait bloc pour nous empêcher de réaliser des projets formatifs d'avenir : ecologiquement porteurs, socialement efficaces, et économiquement viables.

En somme des projets qui n'assistent pas seulement, mais qui forment réellement dans le but d'insérer et d'émanciper.

La seule hypothèse pour expliquer ce genre de réaction réside dans le fait qu'il serait bien dommage que l'UDC réussisse là où les autres brillent par l'absence de vision d'avenir.

Pour votre élévation personnelle, je me tiens à votre entière disposition pour vous transmettre les informations relatives à ce que j'avance ici, c'est consternant.

Avant d'avancer des contre vérités faciles à démontrer, vous devriez suivre un peu ce qu'il se passe ici et là...

Bien à vous,

Stéphane Valente
Conseiller municipal UDC Vernier

Écrit par : Stéphane | 09/11/2009

Cher M. Valente,

Vous voulez des faits (tirés du terrain) pour étayer mes dires? En voici quelques-uns:

-Lorsque le Parlement fédéral devait voter les crédits de 4 ans en faveur de la formation et de la recherche, l'UDC s'y est opposée, après avoir tenté de les raboter.
-L'UDC s'est opposée aux mesures d'accompagnement. Ce qui n'est guère étonnant, car certains de ses membres se sont fait prendre la main de le sac, qui en train d'employer des travailleurs immigrés au noir (J. Fattebert, alors vice-président de l'UDC CH), qui en train de s'adonner à la sous-enchère salariale (T. Jenni, conseiller aux Etats UDC/GL, condamné par la justice a rembourser les salariés qu'il avait sous-payé).
- M. Blocher s'est fréquemment exprimé contre les conventions collectives de travail (rempart contre la sous-enchère), encourageant même la Société Suisse des Entrepreneurs à dénoncer la CCT du secteur principal de la construction.

J'attends avec impatience votre démonstration qu'il s'agit de «contre-vérités». Je l'attends avec d'autant plus d'impatience que vous la prédisez «facile».

Au plaisir de vous lire

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 09/11/2009

Bonjour à toutes et à tous,

la voilà...

http://doum.blog.tdg.ch/archive/2009/06/21/vernier-sera-t-elle-ville-pionniere.html

Alors, la réponse est non... Vernier ne sera pas ville pionnère.

L'explication, vous n'aurez qu'à la demander aux écologistes, aux socialistes, et à toutes les personnes qui prétendent que l'UDC se contente de dire non...

Nous proposons du concret, du social de l'écologique et de l'économiquement viable... mais l'establishment préfère se regarder le nombril... :o)

Démonstration faite.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 09/11/2009

Ce n'est pas ce que j'appelle une démontration: Si je lis entre les lignes, ce projet (qui m'a l'air à première vue assez intéressant, en effet) a été refusé. Mais vous n'en expliquez pas les raisons. Sans ces détails, il m'est impossible d'avoir un avis fondé sur la pertinence de ce rejet. Vous devriez aussi le savoir, vu que vous êtes vous aussi parlementaire: avant d'approuver un projet, il faut l'avoir étudié en détails...
Dans tous les cas, balancer un projet (si bien conçu soit-il, mais sur lequel, encore une fois, je manque d'élément pour me prononcer) ainsi sur votre blog, sans détails, ni explication, ni coûts, etc., ne suffit pas à faire de votre parti une formation politique favorable à une politique de la formation adaptée aux défis que connaît notre pays. A juger du comportement de vos élus à Berne, on ne peut que croire le contraire. Mais je réviserai volontiers mon jugement lorsque les élus UDC se mettront à accepter les mesures en faveur de la formation...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 09/11/2009

@ Stéphane Valente

"Vous devriez prendre plus de temps à lire notre programme"

Pour ma part, je me limite aux informations qui figurent sur le site udc.ch, en guise d'amusement, et je me demande parfois si c'est pas Zottel qui l'écrit, le programme.

:o)

Oups. ça m'a échappé.

Écrit par : Ngabo | 18/11/2009

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