23/03/2010

Les casseurs de prix allemands pris au piège de la sous-enchère

En Allemagne, la question des salaires minimaux a longtemps été taboue, y compris du côté syndical. L’opinion dominante était alors que l’Etat n’avait pas à se mêler du partenariat social, grâce auquel patronat et syndicats garantissaient des salaires minimaux de branche convenables. Puis est venue la montée en force du travail précaire (souvent encouragée par des réformes sociales peu pertinentes), la perte d’influence syndicale et l’augmentation du nombre de salariés non-couverts par des conventions collectives. La question des salaires minimaux est donc arrivée en force et a reçu un soutien syndical décidé. Elle vient de recevoir un autre soutien, plus inattendu: celle du casseur de prix du commerce de détail Lidl.
Pourtant, Lidl (de même que son comparse Aldi) n’est pas connu pour être favorable à ses employés. Au contraire, c’est avant tout sur leur dos qu’il casse les prix: bas (voire très bas) salaires, contrats précaires, surveillance constante – par vidéo jusque dans les toilettes, harcèlement, non-respect de la liberté syndicale, aucune négociation, etc. Et ces pratiques détestables ont malheureusement fait tache d’huile dans l’entier de la branche (et menacent aussi notre pays, où Lidl et Aldi s’implantent). Conséquence: si les prix dans le commerce de détail ont effectivement baissé, c’est au prix de conditions de travail inacceptables et, si création d’emplois il y a eu, ce sont surtout des travailleurs pauvres (ou working poors), dépendants de l’assistance publique. A tel point que la spirale de sous-enchère est devenue intenable, même pour ceux qui l’ont sciemment provoqué.
Les casseurs de prix ont donc été pris à leur propre piège. Au point d’abandonner un des dogmes les plus tenaces de la politique néolibérale de l’emploi, à savoir que l’Etat n’aurait pas à se mêler des rapports de travail, en particulier de la politique salariale. Dogme qui ne résiste décidément pas à la réalité actuelle du monde du travail.

Commentaires

Tout cela est très intérèssant, mais pourriez-vous être plus spécifique? Votre texte reste terriblement vague sur les faits, les négociations, les objectifs des uns et des autres,les éventuels accords et décisions, enfin tout quoi...

Écrit par : Azrael | 23/03/2010

Dr Schwaab, vous m'étonnez, n'êtes vous pas un profond ami de l'UE, de l'ouverture des frontières! Certain nous ont dit que Nesmachin occupait 70% de frontalier. Vous vous étonnez que un pays de EU cassent les prix, le dumping salariale est évident! Et qui souffre de cette situation, certainement pas les riches. Heureusement que nous ne sommes pas dans l'UE, sinon nous nous aurions les mêmes règles que notre très grand voisin!

Écrit par : Ah bon | 23/03/2010

pour ma part, je reste solidaire des entreprises "Suisses", et à moins que ma femme m'y oblige vraiment, je ne fou pas les pieds dans ces magasins.

Écrit par : DdDnews | 23/03/2010

@DdD, tout à fait d'accord avec vous, je fais d'ailleurs de même.

@Ah bon, effectivement, il existe de nombreux problèmes de sous-enchère salariale, notamment dans les branches sans salaires minimaux (ce qui démontre au demeurant que les salaires minimaux peuvent être de bons instruments pour lutter contre la sous-enchère) et qu'il convient d'y remédier. Syndicats et PS ont d'ailleurs fait de nombreuses propositions à ce sujet. Mais il n'en demeure pas loin que le bilan de la libre circulation des personnes est positif pour le marché de l'emploi en Suisse. Votre commentaire contient d'ailleurs une inexactitude: L'UE ne donne pas de règles concernant les salaires minimaux et les conditions de travail à ses membres, qui restent l'apanage des Etats.

@azrael: vous trouverez de nombreuses informations sur la façon dont lidl traite son personnel sur ce site en allemand du syndicat ver.di: http://lidl.verdi.de/

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 23/03/2010

Je ne sais pas pour l'Allemagne, mais en tout cas en Suisse un(e) vendeur(se) chez Aldi est mieux payé que le même vendeur chez Migros ou Coop...

Écrit par : biz | 23/03/2010

@biz, le pire c'est qu0il semblerait que vous avez raison. Il semblerait effectivement que depuis la dernière emission de la TSR sur le sujet, les choses se sont largement améliorée, en tous cas chez Aldi.

Écrit par : DdDnews | 23/03/2010

Je ne sais pas au sujet de Lidle et Aldi, tout ce que je sais , c'est que le pire employeur que je conaisse dans la branche est bien Denner, certe les salaires sont normaux, mais les condition son catastrophique, nottament sur un nombre incalculable d'heures supplémentaire, ni payé ni rendue.

Écrit par : --- | 23/03/2010

Si le consommateur est friand du low cost, il faut s'attendre à ce que les fournisseurs envahissent la niche. La res publica oeconomica se fiche éperdument des conditions de travail des employés de la branche, dès l'instant où les montants économisés dans ses magasins vont pouvoir être réinvestis dans le superflu: téléphones, ordinateurs, écrans plasma, vacances en Thaïlande, etc. Quant au pauvre authentique, même faire ses achats là est une gêne: c'est le moins concerné du fait de sa faible consommation

Écrit par : P.A.R. | 23/03/2010

@biz. Vous avez raison, mais le problème se situe ailleurs: Aldi et Lidl offrent certes des salaires légèrement supérieurs à ceux de la Migros ou de la Coop (qui ne sont guère élevés...), mais ne proposent que des emplois à temps partiels (en général 50% et moins), avec interdiction d'exercer un autre emploi. Au final, le revenu de personnes concernées reste très faible et beaucoup sont en situation d'être des travailleurs pauvres (50% d'un salaire de moins de 4000.--Fr. ça ne fait pas beaucoup).

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 23/03/2010

Dr Schwaab vous nous dites "positif pour le marché de l'emploi en Suisse". Ah bon, c'est quoi positif pour vous, que les étrangers prennent les places de travail aux Suisses, que les étrangers/frontaliers aux chômage pompent dans notre caisse chômage? Notre caisse de chômage n'est elle pas la plus attractive de l'UE?

Écrit par : Ah bon | 23/03/2010

Encore une question, combien de Suisses passent la frontière pour aller travailler en UE?

Écrit par : Ah bon | 23/03/2010

ªAh bon, l'introduction de la libre circulation des personnes est allé de pair avec une baisse du chômage. certes, il existe des cas de sous-enchère, mais c'est loin d'être une généralité. Quant à la hausse actuelle du taux de chômage, elle n'a rien à voir avec la libre circulation des personnes: Au contraire, les ressortissants de l'UE sont beaucoup plus frappés par le chômage que les suisses.
Et notre caisse de chômage n'est pas "la plus attractive de l'UE". Tant en matière de durée d'indemnisation que de montant de l'indemnité de chômage, il y a des pays de l'UE qui font mieux que nous. En outre, pour en bénéficier, il faut remplir les conditions valables en Suisse (c'est-à-dire avoir cotisé pendant au moins 12 mois). Prétendre que "les étrangers pompent notre caisse de chômage" est tout simplement faux. S'il touchent des prestations de l'assurance-chômage, c'est qu'ils ont cotisé. S'ils n'ont pas assez cotisé, il n'y ont pas droit.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 23/03/2010

La hausse du chômage actuel est lié à la crise financière et non à la libre circulation des personnes. Et en plus comme l'a dit J-C S, ce sont bien les ressortissants étrangers les plus touchés.

Pour la générosité des prestations de chômage, la Suisse est parmi les mieux placés en Europe; en tout cas en comparaison avec ses voisins France, Italie ou Allemagne. Seul le Danemark semble faire mieux.

D.J

Écrit par : D.J | 23/03/2010

Voilà, voilà, voilà ...
Jean-Chistophe, ça fait plusieurs décennies qu'il n'y a plus de Socialistes qui ont les yeux en face des trous.
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Pour approfondir tes connaissances, Si tu ne l'as pas encore fait, informe toi au sujet du "Modèle économique WalMart", ou la manière d'envoyer toute une région dans le Quart-Monde.
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Mais attention, tu n'es qu'au milieu du gué: Pour devenir un Socialiste qui gagne, pragmatique et efficace, il te reste à bien déceler ce qui fait fuir les électeurs: L'idéologie qui tient lieu d'idées et de programme.
Plus autiste, tu meurs.
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Pour tout dire, il y a tout un tas de vieilles peaux qui croient encore que l'idéologie va mener le monde et qui ont coulé le Parti Socialiste, parti qui était le premier parti de suisse ...
... Quand il y avait plus d'idées concrète que d'idéologie.
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Deux remarques: 1.- Tu as raisons: LE système Alsi & Cie est à combattre à tout pris.
PRAGMATIQUEMENT, en faisant des lois contre le travail sur appel, en faisant payer toutes les minutes passées sur le lieux de travail, entre le moment de l'arrivée et le moment du départ, ainsi que pour les éventuelles autres actions au bénéfice de l'entrepreneur, hors des heures officielles, de même que les heures de piquet.
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Commence donc par faire un bon état des lieux, afin de connaitre avec précision la part non-payée.
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2.- Tu sors du sujet: Concentre toi sur le présent sujet et ouvres-en un ailleurs pour traiter des digressions euruniennes.
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Plutôt que de lancer des initiatives perdues d'avance, tes camarades de parti devraient lancer une Initiative populaire fédérale et/ou des Initiatives cantonales, pour adapter notre Loi sur le travail.
(en évitant un des démons du socialisme qui consiste à vouloir mettre tous les sujets et un brin d'idéologie dans la même initiative).
Si une telle initiative est lancée, je signe demain.

Écrit par : Bravo et Vas-y ! | 23/03/2010

Au sujet des salaires,il faut tenir compte aussi, que,en général,ce sont des travailleurs qui ont fait aucune études.Et qui sont bien contents de trouver quelque chose,et de ce fait,les employeurs en profitent pour payer le minimum.

Écrit par : Rochat Georgette | 23/03/2010

C'est exact, mais le salaire est le sujet qu'il ne faut surtout pas aborder, dans le cas de l'adaptation de la Loi sur le travail:
C'est un sujet pour soi-même.
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Ce qui est consensuel, c'est le principe de recevoir un salaire, en proportion du temps consacré à l'entreprise.
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Si le temps de piquet etc sont payés, tout le système des mac-jobs s'effondre.
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Le montant officiel du salaire, c'est un autre sujet pour soi, nettement moins consensuel.
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Mélanger les deux, c'est l'échec assuré.

Écrit par : Bravo et Vas-y ! | 23/03/2010

La vraie question est de savoir véritablement pourquoi certains recherchent à tous pris payer "le moins cher". Un prix juste est une des meilleures garantie sociale.

A quoi bon avoir des produit moins chers, low cost si demain notre salaire sera aussi low cost? Pour finir on aura rien de plus.

Pour ma part c'est la raison pour laquel, je tente toujours de "sponsoriser" les entreprises en achetant leur produit qui respecte au mieux les éléments de respect envers leur employé.

Comme dit plus haut pour Aldi, a quoi ca sert qu'Aldi pait "mieux" que Migros et Coop si quand même, il y'a maximum que 2 employés à plein temps et le reste qu'à 50% (au moins comme ca, ca évite d'augmenter les salaires des employés pour les années passés dans l'entreprise).

Écrit par : DdDnews | 24/03/2010

Ce qu'il faut dire, c'est que le problème ne se limite pas aux "casseurs de prix".
Il y a des négriers qui ne baissent pas leurs prix.
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Comme tu le notes, il est parfaitement stupide d'amorcer le cercle vicieux de la baisse des salaires, juste pour acheter plus (qui va probablement finir à la poubelle).
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Les Suisses et ceux qui y résident depuis longtemps se font peu avoir par ce type d'attrape-nigauds.
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Ceux qui se font avoir, ce sont les arrivants de fraiche date et les jeunes qui croient que chercher le prix le plus bas est le sommet de l'intelligence, alors que l'économie est ridicule:
Même pour des spaguettis, une boite de bonnes tomates pelées, un paquet de bons spaguettis artisanaux, un peu d'ail et quelques épices, ce n'est pas cher du tout.
En tous cas, c'est nettement moins cher que d'acheter des spaguettis de basse qualités (ceux sur lesquels la sauce ne tient pas) et des bocaux de sauce toute prête.
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En fait, il suffit de cuisiner en s'amusant, une fois par semaine, pour économiser nettement plus que si on achète des produits de fournisseurs qui ont été contraints de limer sur la qualité, pour faire des prix plus bas.
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Bien cuisiner, c'est amusant et ce n'est même pas long à faire.
Les plats mijotés, ça se prépare le soir précédent, c'est superfacile à faire et ça coute nettement moins cher.
S'il faut vraiment investir du temps, autant le faire pour s'amuser en cuisinant, plutôt qu'en allant dans des endroits déshumanisés.
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En plus, c'est facile de trouver des conseils, si on les demande au boucher ou au petit épicier. (et c'est tellement plus sympa)
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Digression:
{Juste un exemple de comportement erroné:
J'ai vu des personnes gratter sur les centimes, mais acheter des boites de lentilles.
Pour info: Les lentilles, ça ne coute presque rien, ça rassasie et c'est plein de sels minéraux et de protéines.
Il suffit de les mettre à tremper la veille.
Cuites tranquillement, juste avec un cube de bouillon, sans rien d'autre avec, c'est déjà délicieux.
Une poignée de lentilles sèches, préparées par soi-même, c'est nettement moins cher que les boites.}

Écrit par : Bravo et Vas-y ! | 24/03/2010

"Il y a des négriers qui ne baissent pas leurs prix."

Encore faut-il savoir de quoi on parle. Par exemple Swisscom est toujours critiqué pour ses "hauts" couts. Il y'a un moment où savoir ce que l'on veut et pour ma part je ne vois pas pourquoi une entreprise devrait baisser ses tarrfis parce que certains ne sont pas capable de faire attention à leur couts. Ce n'est pas aux entreprises de payer pour l'irresponsabilité de certains.

Après il faut être clair, ca ne sert à rien de faire "cher" pour que ce soit cher, il y'a un juste milieu. Mais dans la course actuelle aux coûts, il est certain que le fait d'avoir des choses "cher"(enfin, au prix qui permet de ne pas trop insulté les employés) n'est pas considéré comme une assurance sociale.



"Les Suisses et ceux qui y résident depuis longtemps se font peu avoir par ce type d'attrape-nigauds"

Ca ne fait que depuis quelques années qu'on se fait "avoir" mais on se fait avoir surtout par le fait de vouloir raser gratis. Par contre je rejoinds ce que vous dites pour les "arrivistes" et les jeunes, qui viennent en Suisse pour sa réputation, et ce pourquoi elle était réputé (remarquez que je parle au passé...) et qui en venant, ont pris avec eux justement ce qui ne fonctionnait pas dans leur pays.

Encore un fois, l'émotionnel fait de gros degats.

Par contre là oU je ne vous rejoind pas, c'est au niveau du choix de cuisinier par exemple. Ca c'est à chacun de faire comme il veut mais dans tous les cas, c'est d'en assumer les couts. Si des gens ne veulent pas passer leur temps à cuisiner, ca ne regarde qu'eux.

Mais par contre je suis d'accord avec vous, une fois qu'on s'y interresse, on peut se permettre plein de combine. mais cela concerne tout le monde dans n'importe quel domaine.

Écrit par : DdDnews | 24/03/2010

La digression culinaire, c'est juste pour montrer qu'il y a plusieurs manières d'arriver à payer moins et qu'on peut payer moins, tout en achetant des produits de haute qualité, produits et vendus par des personnes qui travaillent dans des conditions correctes.

Écrit par : Bravo et Vas-y ! | 24/03/2010

Les centres commerciaux semble avoir toujours tort. Soit-ils cassent les prix sur le dos de leurs salariés, soit avec des prix normaux, ils font des marges scandaleuses sur le dos des fournisseurs comme les agriculteurs.

D.J

Écrit par : D.J | 24/03/2010

On peut aussi concevoir l'inverse:
"Les centres commerciaux ne cassent pas les prix sur le dos de leurs salariés et font des marges normales, avec des prix normaux, en payant correctement les fournisseurs."
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En tant que client, je veux pouvoir trouver des produits de qualité au meilleur prix, pas de la sous-m. au prix de la m.
C'est à moi de pouvoir faire ce choix, pas au magasin.

Écrit par : Bravo et Vas-y ! | 24/03/2010

Pour ceux qui aiment voir les grandes surfaces mis au pilori. Même si je n'adhère que partièlement à ce qui est écrit, " Le Point " est un journal de tendance libéral.

http://www.lepoint.fr/html/lepoint/en_kiosque.jsp

D.J

Écrit par : D.J | 24/03/2010

Reminder: Dr Schwaab, Encore une question, combien de Suisses passent la frontière pour aller travailler en UE? Juste pour voir la relation.

Écrit par : Ah bon | 25/03/2010

@Ahbon, sur les quelque 700'000 suisses de l'étranger, plus de 400'000 sont dans un pays membre de l'UE, dont les trois-quart en France, en Allemang et en Italie.
Pour revenir sur votre avis comme quoi l'assurance-chômage en Suisse serait "la plus attractive d'Europe", je vous signale qu'en matière de durée d'indemnisation, la Suisse fait moins bien que la Belgique, l'Islande, l'Espagne, le Dannemark, le Portugal, les Pays-Bas, la Finlande et la France. En matière des montants de l'indemnité, le Dannemark, le Luxembourg et la Suède font mieux, l'Espagne et les Pays-Bas aussi bien que la Suisse.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 25/03/2010

Ma remarque est juste pour faire avancer le schmilblic: La gauche et les radicaux se sont de nouveaux pris une dérouillée hier à Berne. Il y a de la lumière au fond du tunnel! Plus ont les diabolises, plus la presse les dénigres plus les citoyens leurs font confiance! C'est ça la démocratie. Quand est ce que les fonctionnaires remarqueront qu'ils sont au service des citoyens et pas le contraire!

Écrit par : Tagnet | 29/03/2010

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