20/04/2010

Le libre choix de l’école meurt de sa belle mort… mais n’a pas dit son dernier mot.

Ce matin, le Grand Conseil vaudois a nettement rejeté (par 88 voix contre 23) une pétition du lobby parents vaud demandant la privatisation de l’école obligatoire au moyen du fallacieux «libre choix de l’école».

Malgré ce nouveau revers (qui suit bon nombre de défaites cinglantes devant le peuple à Bâle-Campagne et en Thurgovie), les partisans de la privatisation de l’éducation ne baissent pas les bras. L’Alliance du Centre a annoncé vouloir déposer une motion pour que les parents qui inscrivent leur enfant dans une école privée puissent déduire les frais de leurs impôts. Donc les nantis qui choisissent cette dépense somptuaire seraient avantagés fiscalement. Et cette mesure serait d’autant plus inéquitable que, plus le revenu imposable est élevé (c’est en général le cas pour ces parents), plus la déduction permet de réduire ses impôts. Sans compter que cela priverait un peu plus l’Etat des moyens dont il a besoin pour améliorer l’école publique, notamment pour intégrer les enfants en difficulté.

Commentaires

Avec votre manie de mélanger libre choix de l'école et privatisation, j'aimerai bien savoir exactement ce que le grand conseil a refuser.

Le principe du bon scolaire comme le proposait l'économiste Milton Friedman et comme il est appliqué aux Etats-unis notamment à Milwaukee, est un libre choix des parents sans distinction de revenu ( cela concerne aussi les pauvres ) pour un choix autant dans le public que dans le privé.

D.J

Écrit par : D.J | 20/04/2010

J'ai fait mes classes de primaire dans un petit bled du Nord vaudois, puis 4 ans de prim'sup' dans le bled voisin dans les années quarante. Issu d'un milieu plus que modeste, j'ai obtenu là une instruction qui m'a servi toute mon existence, une base de savoir que m'envieraient beaucoup d'enfants de nantis actuellement. Des bases de grammaire, de calcul, d'instruction civique, un enseignement de l'histoire et de la géographie et des sciencesnaturelles qui m'a réellement aidé à comprendre le monde.
Et tout cela sûrement pour une fraction du coût de l'instruction publique à l'heure actuelle....

Écrit par : J.C. Simonin | 20/04/2010

@DJ, vous savez, le libre choix, même appliqué uniquement à des écoles publiques est toujours un cheval de Troie pour une privatisation de l'ensemble du système éducatif. L'école est en train de devenir un marché très juteux et vous n'avez qu'a observer les campagnes de publicité très agressives auxquelles se livrent les écoles privées. C'est un signe qu'il y a beaucoup d'argent à se faire sur le dos des parents.

@JC Simonin. Merci pour votre témoignage. Votre formation est certainement très bonne, je n'en doute pas. Mais vous devez bien admettre que, depuis les années quarante, le monde a changé. Peut-être votre formation a-t-elle coûté moins cher en francs constants, mais vous devez bien admettre également que les coûts (salaires, assurances sociales, assurances, infrastructures - notamment informatique, transports, etc.) ont augmenté depuis. Nous pourrions certainement revenir à un budget de l'époque que vous évoquez. Mais je vous laisse imaginer l'état dans lequel serait l'école!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/04/2010

"C'est un signe qu'il y a beaucoup d'argent à se faire sur le dos des parents."

Possible! Mais il faut aussi que le "marketing" de ces écoles ait "senti" que la demande existait et même s'emplifiait!... Et pourquoi cela? Est-ce que la gauche, ou le parti qui en tient lieu, ne gère pas l'enseignement et la formation correctement?
Je suis à même de vous dire qu'actuellement l'enseignement public n'est entre les mains que de technocrates qui n'ont jamais enseignés ou alors qui ont totalement oublié l'avoir fait!... Je me pose même la question suivante: Madame Lyon a-t-elle jamais vraiment visité une classe depuis qu'elle a quitté les bancs d'école?
Je m'empresse de dire que l'école privée ne résoudra pas le problème. Mais j'ai une certaine compréhension pour des parents qui cherche une alternative à la détérioation actuelle de l'enseignement... Et ce ne sont pas, dans la très grande majorité des cas, les enseignants qui sont responsables!

Au lieu de toujours et uniquement rechercher la paille dans l'oeil du voisin, trouvons la poutre dans le nôtre.

Écrit par : Père Siffleur | 21/04/2010

... pour des parents qui chercheNT une alternative...

Ici, ce n'est pas l'école publique vaudoise qui est en cause! Je suis allé à l'école ailleurs!... Pas dans le privé pour autant!

Écrit par : Père Siffleur | 21/04/2010

Eh oui, Père, ce sont les Socialistes qui sont en charge de l'instruction publique vaudoise depuis 1994... après 150 années de domination radicale sans partage. Et malgré toutes les (in)compétences dont savent faire montre les socialistes (ce n'est pas à vous que je l'apprendrai), 150 ans de radicalisme ne s'effacent pas d'un revers de main. Car se débarrasser du parti radical est plutôt ardu, à moins d'être...radical (les meilleurs ennemis du parti radical ne sont-ils pas actuellement les radicaux eux-mêmes?).
Cependant, n'oubliez pas que le potentiel de nuisance des magistrats socialistes et fortement (et par bonheur diront certains) limité par la majorité de droite du Grand Conseil et du Conseil d'Etat.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/04/2010

16 ans que les socialistes sont en charge de l'instruction publique ? Chapeau bas Mesdames, Messieurs. Vous avez mis nettement moins de temps que je ne le pensais pour tout foutre en l'air.

Bien content que mes enfants aillent à l'école dans un autre canton. Et bien content également qu'ils n'aient pas à subir cette connerie sans nom de 2 ans d'école enfantine obligatoire.

Écrit par : Pavel | 21/04/2010

Il n'est pas possible de devenir ténor d'opéra ans avoir pratiqué le solfège et l'on ne devient pas chef de cuisine sans avoir appris à tourner une mayonnaise....
Ce que j'ai voulu dire est qu'il n'est pas possible d'avoir une quelconque sûreté dans quelque domaine que ce soit sans un solide fondement de connaissance. Un fondement sur lequel on peut bâtir.
A l'école primaire, notre régent, Monsieur Zwahlen, nous a fait ch... avec les vebes irréguliers et le passé du subjnctif. Mais la base grammaticale était si solide et si claire, qu'un môme sortant d'école primaire savait rédiger une lettre pratiquement sans faute.
En prim' sup' également, Nonsieur Pache nous a fait ch... pour apprendre les règles de la langue allemande: Proposition principale, seconde proposition, verbes irréguliers. Et lorsque j'ai débarqué en Suisse alémanique pour faire un apprentissage de cuisinier, je ne parlais pas l'allemand... Il m'a fallu un an pour m'y mettre, mais depuis, je le parle, le lis et l'écris comme ma langue maternelle. Cinq ans pour apprendre l'allemand à fond, 18 mois pour l'anglais à fond, un an pour l'italien à fond, parlé et écrit. Parce que cerveau se fait à une certaine discipline, à une certaine logique.
Apprendre est ingrat, requiert un effort. On veut épargner l'effort à nos enfants. toutes les écoles privées du monde ne peuvent remédier à cette lacune.
En dix ans d'école, on nous a enseigné systématiquement l'Histoire (avec une majuscule) depuis les Chaldéens jusqu'à la 1. Guerre Mondiale. J'en ai gardé un intérêt qui ne m'a pas quitté de toute ma vie. Car c'est en connaissant le passé que l'on comprend le présent et que l'on peut jusqu'à un certain point prédir l'avenir, et non pas en étudiant le marc de café...
Je pense que la remarque du Persifleur est parfaitement fondée et que notre système scolaire est en train de foutre le camp, étant entre les mains de gens totalement incompétents, quelles que soient leurs opinions politiques.

Écrit par : J.C. Simonin | 21/04/2010

@JC Simonin. Aaah, comme vous entonnez à merveille le couplet pédant du «c'était mieux d'mon temps». Visiblement, vous êtes content de votre formation (même si elle ne vous empêche pas de faire des fautes d'orthographe). Grand bien vous fasse. Mais l'école que vous avez suivie, si bonne fût-elle, date d'une époque qui ne connaissait pas internet, dont le tableau périodique des éléments était bien plus maigre qu'aujourd'hui, dont l'Histoire (je laisse le grand "h" que vous semblez affectionner) ne comprenait ni la chute du Communisme, ni la Guerre froide, ni la montée du fascisme, ni l'Holocauste, ni la décolonisation et j'en passe. Cette école que vous mythifiez était probablement beaucoup plus homogène, tant en ce qui concerne les classes sociales que les origines.
Mais le monde a évolué et l'école actuelle aussi. Elle s'en tire d'ailleurs plutôt bien, vues les nouvelles contraintes et les défis qu'elle doit affronter. D'ailleurs, les jeunes qui en sortent seront d'ici peu aux commandes de notre pays. Tant mieux. Probablement que nombre d'entre eux paient d'ors et déjà votre AVS. Peut-être ne les comprenez-vous pas. Peut-être vous inquiètent-ils. Mais cela ne saurait ne vous autoriser à leur manquer de respect.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/04/2010

Quelques remarques sur votre dernière contribution, Monsieur Schwaab: en premier lieu, je pense avoir repéré quelques fautes d'orthographe également (ou plutôt de vulgaires fautes de frappe, sans aucun doute). Ensuite, entre 1940 et 1950, il y avait tout ä fait la Guerre Froide, mais aussi la Guerre Chaude avec 55 millions de morts, l'Holocauste, dont nous ne comprenions pas ä l'époque les tenants et les aboutissants. La décolonisation était juste à la porte.
En ce qui concerne le déferlement d'information actuel, je ne vois pas réellement en quoi il améliore la qualitöe de l'instruction publique: Nous avons là plutôt ce que les Amis appellent de l"'infotainment", une manière de se distraire en contemplant le désastre de Gaza, la déforestation de l'Amazonie, le dernier match Servette-Young Boys, le prosecco de Paris Hilton et d'autres trucs de ce genre. Mais guère de débat sensé sur le pourquoi du comment.
L'éducation est un processus qui ne cesse jamais durant toute une vie. Je me souviens d'un oncle qui disait une fois: "Je voudrais mourir le soir, ainsi j'aurai pu encore apprendre quelque chose durant l'après-midi".
Et pour ce qui est du niveau de l'instruction publique actuelle, je me réfère aux tests de culture générale de nos Misses et Misters suisses, qui sont censés être aussi cultivés que beaux, et qui ne savent pas où se trouve le Canton de Thurgovie et ne sont pas fichus de nommer un seul Conseiller Fédéral.

Écrit par : J.C. Simonin | 22/04/2010

Dr. Schwaab,

À vos yeux nous sommes devieux croutons! C'est normal! Vous arriveez aussi à ce stade plus tôt que vous ne l'imaginer.

Mais imaginer que le tableau périodique des éléments était beaucoup plus maigre à notre époque démontre que l'Histoire des science n'a pas été au programme de vos études. La forme actuelle de ce tableau date de la fain des années 40 si mes souvenirs sont bons. Et si il a été complété depuis, il s'agit uniquemen d'éléments radioactifs et de leurs isotopes.

Pour que vous puisiez situé l'époque où nous allions encore à l'école:et bien, à cette époque là les pyramides d'Égypte étaient déjà une des 7 merveille du Monde et les pharaon déjà à l'état de momie... Je sais, ça paraît incroyable!

Écrit par : Père Siffleur | 22/04/2010

Quizz!
Combien y-a-t-il de fautes d'orthographes dans le texte ci-dessus? Certaines sont voulues, d'autres sont fortuites, probablement!

Mais j'ai remarqué que certains lecteurs de commentaires aimaient "jouer à l'école"!... Un signe de grande jeunesse!

Écrit par : Père Siffleur | 22/04/2010

"la Culture, c'est comme la Confiture: Moins on en a, et plus on l'étale..."
Cela me fait penser à cette maîtresse de maison distinguée et qui tançcait sa petite bonne: "Marie, je suis scandalisée par votre négligence et votre paresse. Voyez, sur ce meuble, je peux même signer mon nom dans la poussière !"
Et la petite boniche de répondre admirative: "Oh ! Madame, comme c'est beau, la Culture..."

Écrit par : J.C. Simonin | 22/04/2010

@JC Simonin. Effectivement, je fais quelques fautes d'orthographe. Je le regrette et l'assume. Mais je n'ai pas la prétention, même si j'ai suivi l'école obligatoire avant les réformes des années 1990-2000, d'avoir eu une formation scolaire si parfaite qu'elle me permette de les éviter totalement.
Ce que vous dites sur le trop plein d'informations est intéressant et montre bien à quel défi l'école actuelle est confrontée: Il faut justement apprendre aux enfants à gérer et à utiliser ce trop-plein d'informations, leur apprendre à se servire, mais aussi à se méfier d'internet, à ne pas plagier, à chercher les bonnes informations, etc. Et, croyez-moi, je pense que l'école actuelle, malgré tous ses défauts, est à la hauteur de cette tâche. Mais les élus doivent lui en laisser la possibilité.
Encore une remarque: Les candidats à Miss et Mister Suisse 1920 auraient-ils su les noms des 7 conseillers fédéraux de l'époque? J'en doute.

@Paire siffleur: Chère Paire, moi z'aussi, je ne suis k'un vieux croûton. Ayant eût 30 ans, j'ai aussi dépassé l'âge de la jeunesse au sens de la loi. Eh en plus, j'ai suivi l'écolle vaudoise avant les raifortmes. Et je ne vous cachent pas que tous les jeunes actuels ne sont que des p'tits c*** et que d'mon temps, c'était mieux!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 22/04/2010

Il se trouve en ce moment un colossal débat sur le sens et le non-sens d'apprendre le schwyzerdütsch à l'école. D'après mes expériences,ce débat n'a aucun sens. J'ai appris l'allemand grammatical à la prim' sup', de manière tout à fait théorique, puis l'ai mis en pratique avec des collègues de travail allemands et autrichiens au cours de mon apprentissage de cuisinier à Soleure. Et je me suis demandé alors à quoi cela sert d'apprendre à parler le schwytzerdütsch: si je l'apprends, je peux communiquer avec 5 millions de personnes, mais si je cultive l'allemand littéraire, je peux communiquer avec 90 millions de personnes et ai une formidable littérature à disposition. La solution du problème à mes yeux est donc d'apprendre à bien COMPRENDRE le schwytzerdütsch et à parler l'allemand. Mais bien donner à comprendre que l'on est un Welsche, parce que si les Bourbines pensent que l'on est originaire du Grand Canton, ils font quelquefois la gueule.

Écrit par : J.C. Simonin | 23/04/2010

Cher Dr. Schwaab,

Ben alors! Incroyable! Trente ans déjà! Comme le temps passe!

J'en ai plus du double!... Et je ne pense toujours pas que tous les p'tits jeunes sont des cons et que d'mon temps c'était mieux! Je dis que des cons il y en a toujours eu, des vieux, des jeunes et que c'est la seule chose qui est équitablement répartie sur toute la planète. Je dis aussi que si certaines choses ont évolué dans le mauvais sens (le parti socialiste par exemple), d'autres sont formidables. Une d'entre elles me permets de vous répondre facilement ici.
... Si vous retrouviez un écrit de ma main qui dit que "les jeunes ne sont que des p'tits cons et que d'mon temps c'était mieux", je vous offre le bouquin de Bakounine "Fédéralisme, socialisme, antithéologisme"... Un type de pensée qui avait malheureusement déjà quasiment disparu lorsque j'étais moi-même un de ces p'tits cons!... Les utopies meurent aussi!

Et si je suis devenu un vieux con aujourd'hui, j'ai un immense avantage sur vous: statistiquement, je ne vais plus encombrer la planète aussi longtemps que vous allez devoir le faire!

Écrit par : Père Siffleur | 23/04/2010

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