10/08/2010

Le taux de chômage est-il surestimé?

La RSR l’annonçait tout à l’heure: les chiffres du chômage seraient surestimés. La faute au Seco, qui se base sur les chiffres de la population active datant du dernier recensement fédéral… d’il y a 10 ans. Ainsi, dans le canton de Vaud, le taux de chômage ne serait pas de 5,3%, comme annoncé par le Seco, mais plutôt de 4,5%, soit presque un point de différence. En effet, la population active ayant nettement augmenté par rapport au dernier recensement fédéral, le nombre de chômeurs inscrits – qui est, lui, censé être précisément connu – rapporté à la population active actuelle donne un taux plus faible que le même nombre rapporté à la population active d’il y a dix ans. CQFD. Ce qui fait dire au chef du service genevois de l’emploi, M. Schmied (dont les propos ont été rapportés sur forums sur la RSR), que la Suisse serait «le seul pays à surestimer son taux de chômage». A l’aube d’une votation cruciale sur l’assurance-chômage, voilà qui ne fait pas très sérieux.
Il ne faut cependant pas perdre de vue que le taux de chômage tel que régulièrement présenté par le Seco n’en reste pas moins largement sous-estimé. Car il ne prend en compte que les «chômeurs inscrits» c’est-à-dire les personnes sans emplois immédiatement disponibles, aptes au placement et, surtout, inscrites auprès d’un Office Régional de Placement (ORP). Les demandeurs d’emplois qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas inscrits auprès d’un ORP (selon les classes d’âge jusqu’à 40% d’entre eux!), ceux qui ne sont pas immédiatement disponibles, ceux qui ne sont pas aptes au placement et ceux qui ont épuisé leurs droits au chômage (ce que la révision de la LACI se propose d’accélérer…) n’apparaissent, eux, pas dans les statistiques du Seco. Qui sous-estiment donc largement le nombre de chômeurs, grâce à une petite astuce au niveau de la définition officielle de «chômeur». Donc, quelle que soit la population active considérée, les chiffres officiels du chômage, comme dans la plupart des autres pays, embellissent quelque peu la réalité.
Cette petite histoire d’emberlificotage permet de rappeler que la révision de la loi sur l’assurance-chômage repose elle aussi sur une erreur d’estimation du Seco. Lors de la précédente révision de la LACI, le Seco tablait sur un nombre moyen de chômeurs sur l’ensemble d’un cycle conjoncturel d’environ 100'000. Or, en réalité, ce chiffre est plutôt de 125'000. Malheureusement, cette erreur avait justifié que l’on abaisse les cotisations salariales de 3 à 2%, provoquant un déficit structurel de près d’un milliard par an et une dette de près de sept milliards pour l’assurance-chômage. Ce dont s’est servie la majorité bourgeoise du Parlement pour justifier les coupes déraisonnables dans les prestations de l’assurance-chômage que le peuple aura l’occasion de rejeter le 26 septembre prochain. Bref, le Seco s’est planté dans ses calculs, mais tente de faire payer la note aux salariés.

Commentaires

Oui c'est classique, cela s’appelle de la « manipulation pré-électorale » ou syndrome d’endormissement général, merci néanmoins d’avoir mis les points sur les I sur certains aspects ! ; )

Écrit par : Barbie Forever | 10/08/2010

C'est aussi sans rappeler les emplois temporaires (working poor et j'en passe) qui ne font pas parti de la statistique...

Mais bon encore une fois on préfère faire confiance à des entreprises de placement "spécialisée". Peu importe du temps que cela fait plaisir aux statistiques, du moins à ceux qui les regardent.

Écrit par : dddnews | 10/08/2010

dddnews, vous avez parfaitenment raison, on peut encore ajouter les personnes en sous-emplois, qui n'apparaissent pas non plus dans les statistiques du Seco.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 11/08/2010

L'important, c'est que les deux P'tits Nains du Conseil Fédéral qui vont quitter leur charge puissent retrouver du "travail" dans un conseil d'administration!
Espérons que M'sieur Leuenberger, le "socialiste" (sic), va être en mesure de retrouver un job rapidement. Son plan carrière est totalement chamboulé. Il va partir plus vite que prévu. Heureusement, il a déjà un emploi temporaire à Cancun!... Le pauvre est obligé d'aller jusqu'au Mexique pour retrouver un boulot lui permettant de faire le pont, sinon il aurait dû vivre dessous!

Écrit par : Baptiste Kapp | 11/08/2010

" Il ne faut cependant pas perdre de vue que le taux de chômage tel que régulièrement présenté par le Seco n’en reste pas moins largement sous-estimé. "

Mais il reste un indicateur fiable sur la santé de l'économie. Ce qui importe le plus, n'est pas le chiffres du chômage ( des inscrits )en soit; Mais de la baisse ou de l'augmentation du nombre des actifs sur le marché de l'emploi.

D.J

Écrit par : D.J | 11/08/2010

@D.J.

Oui mais il faut se méfier aussi, certain emploi précaire qui ne dure juste quelque mois font sortir ces gens des chiffres du chomage. Ce qui donne parfois une fausse idée de la baisse du chomage.

Après tout dépends ce que l'on veut regarder. Que les gens soient justes sortis du chomage, peu importe les condition (parfois pire que le chomage lui meme) ou que les gens trouvent un vrai emploi.

Parce qu'en regardant comme ca, il y'e quand même pas mal d'entreprise (surtout étatique, commune, association) qui profient bien des chomeurs.

Écrit par : dddnews | 12/08/2010

D'accord avec vous, DJ, la variation du taux est plus importante que le taux lui-même, car comme tous les taux, il est aisément manipulable... Cela dit, le nombre absolu de personnes sans-emploi, en situation précaire, chômeurs inscrits ou non, est également important, car il montre l'ampleur des personnes directement concernées par une réforme.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 12/08/2010

Décidément, ce ptit djeun Shwab n'arrive pas à faire face à la réalité!

qu'il continue de rêver - pendant que d'autres payent pour l'économie de sa survie.

Son réveil ne lui en sera que plus coûteux. Le jour où il devra faire face à la réalité du monde auquel sa progéniture sera confrontée.

Tja!

Écrit par : na...ya | 12/08/2010

Les séniors suisses licenciés pour cause d'âge ou de qualification,
10 ans avant leur retraite
vous saluent

Les séniors suisses licenciés pour cause d'âge ou de qualification,
10 ans avant leur retraite,
pour être remplacés par tous salariés, soit extra UE et non expérimentés
vous saluent

les séniors suisses licenciés depuis plus d'une décade,
ayant encore au moins 4 ans si ce n'est 7 ans avant retraite à tenir le coup,
à coup d'emplois précaires
payés à l'heure
à des tarifs compétitifs avec ceux des années 1993
et aux niveaux des salaires octroyés à des émigrés dans ces branches conventionnées comme le nettoyage,

soit: 27CHF/H pour tout employé à plein tps comme pour une magrhébine employée dans le nettoyage, sans expérience ni diplôme, ne parlant pas même français,
travaillant au nettoyage de surfaces

versus: 28CHF/H payés par des agences temporaires genevoises pour une secrétaire juridique trilingue sénior suisse expérimentée, diplômée, qualifiée,
travaillant pour des avocats d'affaires, leurs collaborateurs & stagiaires

Licenciements dans la quarantaine ou dans la cinquantaine que tant de travailleurs suisses séniors, dans cette zone genevoise où les employeurs peuvent licencier à tout va sans motif
ont du supporter et continuent de subir,
tout en devant accepter tout job pour joindre les 2 bouts avant retraite, soit 64 ou 67 ans,

ce qui n'est pas le cas des employés qui les ont remplacés, ces français nouveaux résidents frontaliers dans leur chasse d'emploi CH à tout crin, pouvant prétendre à leur retraite avant leur 60 ans, après une décade de travail aux 35h/semaine.

Mais monsieur Schwaab n'a que faire de ces considérations dans ces statistiques.

Tja!

Écrit par : na...ya | 12/08/2010

En fait:
ce n'est pas le taux, les résultats,
mais ses éléments que tout bon statisticien considérerait.

Écrit par : na...ya | 12/08/2010

Ou alors, on conseille vivement au futur quinquagénaire de se mettre à son compte pour éviter les aléas des fluctuations économiques: c'est plus classieux.

Écrit par : Rabbit | 13/08/2010

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