05/10/2010

La participation des jeunes à la vie civique n’est pas un gadget

Régulièrement, les projets visant à encourager la participation des jeunes à la vie civique sont qualifiés de «gadget». C’est à nouveau le cas dans l'éditorial d'aujourd'hui de Justin Favrod dans «24 heures», à propos de la nouvelle commission consultative des jeunes, instituée par la nouvelle loi cantonale sur le soutien aux activités de jeunesse. Principal reproche, appuyé par le commentaire d’un «expert du terrain»: Les revendications des jeunes seraient «déjà connues depuis longtemps». En outre, une fois ces souhaits réalisés, la plupart des conseils et autres commissions des jeunes mourraient «de leur belle mort».

Cette appréciation n’est pas conforme à la réalité sur au moins deux points. D’une part, l'espérance de vie des espaces participatifs pour les jeunes n'est pas si courte. Certes, certains ont disparu une fois certains problèmes réglés ou certaines demandes réalisées. Mais nombre d’entre eux subsistent depuis des années (voir la liste sur le site de leur fédération suisse), sont très actifs et permettent aux jeunes de s’exprimer régulièrement sur les affaires actuelles qui les concernent. L’autre point sur lequel le commentaire de «24heures» n’est à mon avis pas en phase avec la réalité est le fait qu’il n’existe pas une liste définitive et exhaustive des demandes des jeunes, comme semble pourtant le prétendre «l’expert du terrain» cité. En effet, leurs demandes évoluent, car les jeunes sont, comme le reste de la société d’ailleurs, confrontés à de nouveaux problèmes. En outre, la commission des jeunes ayant aussi pour tâche de prendre position sur tous les projets de loi concernant les jeunes, elle ne risque pas de sitôt de considérer que son mandat est «rempli» et qu’elle peut fermer boutique. Cette dernière tâche est d’autant plus importante que la nouvelle loi sur le soutien aux activités de jeunesse ne prévoit malheureusement plus, même si c’était le cas dans le projet initial, l’obligation pour l’Etat de se poser, lors de tout projet, la question de son impact sur les jeunes générations. Une commission des jeunes a donc l’avantage de pouvoir donner un avis, qui, s’il n’est certes pas aussi légitime qu’une autorité élue au suffrage universel, donne une indication importante sur l’idée que les jeunes se font des projets sur lesquels ils n’ont, faute d’avoir le droit de vote, pas leur mot à dire, même s’ils seront concernés pendant beaucoup plus longtemps que les votants.

La critique de «24 heures» ne s’arrête malheureusement pas à la consultation des jeunes. Le quotidien s’attaque à la consultation en général, taxée carrément d’être un «mal fort répandu». Cette prise de position est regrettable. En effet, consulter est une pratique politique courante à tous les niveaux de l’Etat. Elle est fort utile afin d’orienter les projets sur des pistes propres à forger des compromis. A condition toute fois de tenir compte des avis représentatifs et de ceux des milieux principalement concernés. Ce qui est, pour la plupart des projets, le cas des jeunes.

Commentaires

Tout à fait d'accord avec toi Jean-Christophe! Je suis convaincu que la commission saura démontrer son utilité et son dynamisme une fois qu'elle aura été constituée. Place aux candidats pour vivre cette belle expérience participative!

Écrit par : Axel | 05/10/2010

cinq sur cinq le droit civique doit faire partie intégrante de l'éducation des jeunes,enfants l'instruction civique faisait partie du système scolaire,et primaire!

Écrit par : line.bielmann | 06/10/2010

La vie civique des jeunes est très importante. De celle-ci, dépend leur avenir! Ils peuvent influencer le cours des chose.

Écrit par : Jean-François | 10/10/2010

Les jeunes n'ont que des idées farfelues, la plupart du temps gauchistes. En grandissant, ils mûrissent et se rendent compte que les idéologies de gauche sont bonnes pour la poubelle. Moi, je serais plutôt pour le droit de vote dès 30 ans et pas avant.

Écrit par : Géo | 10/10/2010

"Moi, je serais plutôt pour le droit de vote dès 30 ans et pas avant."

Et c'est vraiment la limite basse. Moi-même, à 18 ans, je croyais encore que tout le monde, il est égaux, que l'existence précède l'essence, des trucs comme ça, qu'on m'avait inculqué...

A en juger par la suite, ça devait être sous bénéfice d'inventaire, parce que je ne me suis jamais laissé conditionner par ce genre d'a priori quand je considérais la réalité, les faits, les événements, les gens, les peuples, les pays...

De là à dire qu'à 30 ans, j'avais déjà atteint la pleine maturité qui permet de comprendre les choses en les replaçant dans leur contexte global, je ne serais pas trop affirmatif...

Écrit par : Scipion | 10/10/2010

Scipion@ vous avez parfaitement résumé ma pensée. Mais j'ignorais que vous, vous ayez été si naïf...

Écrit par : Géo | 10/10/2010

"Mais j'ignorais que vous, vous ayez été si naïf..."

Il fallait, comme tout un chacun, que je sorte de mon trou, pour aller à la découverte du vaste monde et en observer les arcanes.

L'école obligatoire en terre socialo-popiste, "La Suisse" - malgré Heurtebise - et Radio-Sottens, c'est pas un très bon départ dans l'existence...

Écrit par : Scipion | 10/10/2010

Est-ce vraiment sain que qqn continue d'usurper mon pseudo ? ces blogs ont-ils un sens si je ne sais même pas si le commentaire ci-dessus est signé du Scipion que nous croyions connaître ? On est dans le foutage de gueule intégral...
Personnellement, j'ai beaucoup trop de mépris pour Schwaab pour intervenir sur son blog. Idem pour Laufer, Bouille et Hubler...

Écrit par : Géo | 10/10/2010

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