20/12/2010

Des problèmes informatiques mènent à la suspension du vote par internet à Zürich

«Le vote par internet, c’est l’avenir!» lit-on souvent. Mais, trop obnubilés par l’effet de mode, bien des partisans de l’introduction généralisée du vote électronique, négligent souvent les problèmes de sécurité informatique, qui sont loin d’être résolus. Pis, en ces temps où les attaques et fuites informatiques contre Etats et entreprises se multiplient, on peut même légitimement douter qu’ils le soient un jour. More...
La Chancellerie fédérale fait partie de ces «e-voting-turbos». Elle pousse les cantons à introduire le vote par internet le plus vite possible, notamment pour faciliter le vote des Suisses de l'étranger, mais reconnaît implicitement les faiblesses du système. En effet, les cantons qui souhaitent introduire le vote électronique ne peuvent le faire que pour 10% du corps électoral au maximum, afin qu’en cas de problème, ces 10% devenus douteux puissent être annulés sans que l’on doivent répéter le scrutin. Cette cautèle montre le peu de confiance que l’on peut avoir dans les systèmes actuels de vote par internet. En outre, cet «intervalle de sécurité» n’aurait aucun effet sur les votes dont le résultat est serré. Ainsi, si 10% électeurs avaient pu voter par internet lors de la votation sur la révision de l’assurance-chômage et qu’un problème informatique avaient semé le doute sur la validité de ces votes, c’est toute la votation qu’il aurait fallu répéter, car il y avait moins de 10% d’écart entre les «oui» et les «non». Malgré ces réticences, le contexte reste plutôt favorable à l’introduction rapide et généralisée du vote électronique et ses adversaires sont souvent taxés d’«archaïques».
L’annonce de la suspension des essais de vote par internet dans le canton de Zürich arrive donc à point nommé pour tempérer ces ardeurs et permettre qu’un réel débat s’engage sur la pertinence et la fiabilité de cette nouvelle mode. C’est un tel débat qu’a voulu lancer le groupe interpartis qui a déposé une motion au Grand Conseil vaudois. Zürich n’est d’ailleurs pas la première collectivité publique à renoncer au vote électronique après de mauvaises expériences: Y ont renoncé aussi les Pays-Bas, après qu’un groupe de pirates informatiques ait réussi à démontrer devant des caméras de télévisions que les ordinateurs utilisés étaient facilement manipulables. En Allemagne, c’est une décision de la Cour Constitutionnelle qui y a mis fin: Elle a en effet considéré que le système utilisé ne permettait pas de garantir l’indispensable anonymat du vote.
Le canton de Zürich, pourtant pionnier en la matière, a donc décidé de mettre temporairement fin à ses essais, en raison de problèmes informatiques. Le programme aurait en effet déjà posé des problèmes il y a plusieurs année, plus de vingt millions de francs seraient nécessaires à le maintenir à jour, le tout pour un système qui n’a pas répondu aux attentes, tant au niveau de la participation en général que celle des jeunes (alors qu’un des objectifs avoué du vote par internet est d’amener aux urnes la «génération internet»)… Les autres cantons, dont le canton de Vaud, qui souhaitent suivre la mode est s’engager rapidement sur la voie des essais de vote par internet feraient donc mieux d’y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans des expériences à ce point hasardeuses et coûteuses.

Commentaires

Il me faut corriger les erreurs de ce texte, qui ne sont pas indifférentes et altèrent le tableau d'ensemble que l'auteur prétend donner.

Zurich n'a pas renoncé au vote électronique, Zurich a renoncé à organiser des élections en ligne lorsque ces élections portent sur plusieurs communes (élections de district, cantonales ou nationales). Les raisons invoquées par Zurich, telles que les médias les ont rapportées, ne sont pas très précises. Il n'est en aucun cas mentionné de problème informatique. Il semble plutôt que l'organisation décentralisée des registres électoraux et la possibilité donnée par le droit zurichois de voter pour n'importe quel citoyen du canton (et pas seulement pour les candidats officiels qui figurent sur les listes électorales) soit difficile à transposer en ligne. Il faudrait en effet lier le système d'élection avec le registre des électeurs.

Par ailleurs, les promoteurs du vote électronique ont cessé il y a longtemps de mettre en avant les jeunes comme public cible. Les expériences réalisées en Suisse et à l'étranger ont montré que les plus gros utilisateurs du vote par internet sont les 30-60 ans.

Merci à M. Schwaab de se renseigner avant de dégainer. Les dommages collatéraux (à commencer par les dommages qu'il porte à sa propre réputation en ne vérifiant pas ses dires) ne sont jamais souhaitables.

Écrit par : Michel Chevallier | 20/12/2010

@Michel Chevallier: Vous semblez être bien informé, pourriez-vous me dire en quelle qualité? Il serait intéressant de le savoir.

Effectivement, comme il n'y nulle trace d'une quelconque communication officielle sur le site du canton de Zürich, il est difficile de connaître les raisons de la suspension du vote par internet. L'information émane en revanche de la NZZ am Sonntag, reprise par swissinfo: http://www.swissinfo.ch/fre/politique_suisse/Zurich_met_le_vote_electronique_en_veilleuse.html?cid=28982950
Dans cet article, le chef du service statistique cantonal invoque bel et bien des problèmes informatiques: «Ce programme informatique nous a posé des problèmes il y a quatre et huit ans». Dont acte.

Je reviens enfin sur votre argument comme quoi les promoteurs du vote électronique ne viseraient plus les jeunes. C'est faux. Le contraire a été annoncé devant une commission parlementaire vaudoise où une représentante de la chancellerie fédérale a dit qu'un des objectifs du vote par internet est d'amener aux urnes "la génération internet".

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/12/2010

Monsieur Schwaab, c'est dur de dire que l'on s'est trompé en affirmant à tort que ZH arrêtait le vote électronique. Vous n'y parvenez pas, dommage.
Ceci dit, si un programme informatique a posé des problèmes à ZH il y a 8 ans, ce ne peut pas être le vote en ligne: il existe depuis 6 ans seulement! Ce doit donc être soit l'interconnection des bases de données électeurs gérées dans les communes, soit le système de consolidation des résultats provenant des communes.
Quant à moi: je suis un Suisse qui pense que seule la matière grise permettra à l'Europe de garder au 21e siècle le niveau de vie qui a été le sien dans la 2e moitié du 20e. Je m'intéresse à ce qui m'entoure et tout ce que écris ici est du domaine public. Autrement dit, ces infos vous sont aussi accessibles, si vous acceptiez de voir les choses telles qu'eles sont et non pas telles que vous voudriez qu'eles soient.
Allez, joyeux Noël!

Écrit par : Michel Chevallier | 21/12/2010

M. Chevallier, on m'apprend que vous seriez bien plus qu'un «Suisse qui pense que la seule matière grise permettra à l'Europe de garder (etc.)...». Vous seriez aussi: attaché de presse à la chancellerie cantonale de Genève, responsable de la communication de l'evote et représentant du canton dans le groupe de travail eVote de la Confédération. Est-ce exact? Si c'est le cas, cela explique votre position en faveur du vote électronique et j'aurais trouvé honnête que vous le signaliez. Si ce n'est pas exact, toutes mes excuses.
Pour en revenir à mes propos, ils se fondent sur les informations de swissinfo.ch, service public d'information de l'Agence Télégraphique Suisse, source considérée comme fiable et sérieuse. Je ne modèle pas la réalité comme j'aimerais qu'elle soit, mais m'appuie sur des articles sérieux et documentés. Si leur contenu vous déplaît, croyez-bien que j'en suis désolé. Mais cela ne permet pas de justifier vos accusations.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/12/2010

Michel Chevallier, sans votre ton donneur de leçons, votre diatribe passerait mieux. Dommage.

Dans tous les cas, je ne crois pas que l'argument du programme "à problème" (ou de son entrée en vigueur) soit le principal pour condamner le e-voting. Effectivement Schwaab n'a pas lu correctement la dépêche de swissinfo (c'était crystal clear: "(...) il ne sera pas possible de recourir au bulletin électronique pour ces matières supra communales et à ces dates"), il suffisait de le dire et c'était OK. Je me suis par contre amusé à rechercher trace de l'architecture logicielle choisie pour l'e-voting zürichois et genevois. Si les grandes lignes triviales sont expliquées au commun des mortels, pas de trace du logiciel lui-même, encore moins de l'entreprise (ou les entreprises) qui en sont à les éditeurs. Tout au plus un filet sur le site de la chancellerie genevoise précisant que les sources sont à disposition d'un panel d'experts et en main de l'Etat (Logiciels open source ou propriétaires? in http://www.geneve.ch/evoting/presentation_projet.asp).

Vous qui possédez un "esprit d’ouverture, des qualités d’écoute, ainsi que l’expérience qu’ont les associations de la vie au quotidien", vous m'en feriez pas un petit tar.gz histoire que je puisse y jeter un oeil (avisé) ?

Cordialement
HB

Écrit par : Hannibal Barca | 21/12/2010

Ce qui impacte aussi les suisses de l'étranger (www.swisscommunity.ch)
qui reçurent les promesses de MCR en 2010... avant d'être informés de l'abandon du
test du vote électronique annulé pour les votations 2011

Après l'info relatant la promesse de MCR, publiée en août 2010 sur le site de Swisscommunity.ch:


>>Vote électronique

La ministre a aussi indiqué que le gouvernement helvétique fait du vote électronique une priorité vis-à-vis des Suisses de l'étranger. Ceci permettrait de remédier aux inconvénients liés au vote par correspondance.

Écrit par : edouard | 22/12/2010

cc-cc de la fin du poste (tronqué ci-dessus) :

sauf qu'en 2010,
on ne prend plus les canards
sauvages de l'informatique
pour des enfants du bon dieu ... !

Écrit par : edouard | 22/12/2010

Problèmes informatique: Dr Schwaab vous semblez interessé par l'informatique. Je vous conseil de vous occupés du celle du canton de Vaud. Le re, re, re "nouveau" service informatique du Canton occupe une floppée de fonctionnaires, tout en sachant que certain informaticiens sont resté dans leurs département. Donc vu la "floppée", les coûts ont dû eux aussi exploser. Sans compter que certains services sont externalisés. Y a t'il un plafon? Quel est le coût véritable de ce grand machin?

Concernant le PS, je m'inquiète de la "socialisation" de Caritas, je vous laisse le soin de voir qui est ou! Caritas au service de la propagande d'un parti politique? Synergie? Fasel, Marra,...
bien sûr la main sur le coeur et le portemonnaie. Un peu de transparence est nécessaire me semble-il, cela devient voyant. Mais je me trompe sûrement, n'est ce pas.

Écrit par : wikiwiki | 23/12/2010

Dr wikiwiki, en tout cas vous vous trompez sur un point: M. Fasel n'est pas membre du PS, mais du parti chrétien-social!
Un point de votre commentaire est assez pertinent: les récents et nombreux déboires informatiques du canton de Vaud n'incitent guère à la confiance en ses nouveaux projets dans cette matière, que cela soit le vote par internet ou autre...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 23/12/2010

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