06/02/2011

Aucun préjugé contre le salaire minimum ne tient la route

Les salaires minimaux sont des instruments efficaces pour améliorer la situation des travailleurs pauvres, lutter contre le phénomène des bas salaires et contrer la sous-enchère. Malheureusement, ils souffrent d’un nombre important de préjugés, souvent inspirés de situations dans des pays étrangers (en particulier la France), qui ne sont pourtant pas comparables ni avec la situation dans notre pays, ni avec la façon dont on y conçoit des salaires minimaux. Le lancement par l’USS et le PS d’une initiative populaire fédérale pour un salaire minimum légal et les débats au Grand Conseil vaudois sur la recommandation de vote du Parlement au sujet de l’initiative cantonale lancée par AGT en ont fait ressortir un certain nombre. Petit florilège:More...

Les salaires minimaux ne nuisent pas à l’emploi. Souvent, la première objection des adversaires des salaires décents est de prétendre qu’augmenter les salaires ne peut fatalement que détruire des emplois. Cette application un peu simpliste de la théorie néoclassique ne résiste heureusement pas à l’épreuve des faits. Une étude récente de l’Université de Berkeley sur les effets à long terme (sur 16 ans) du salaire minimum légal aux USA parvient à la conclusion sans ambigüité que le salaire minimum n’a aucun des effets négatifs avancés par ses détracteurs et qu’il n’aggrave pas le chômage. D’autres études dans d’autre pays (y compris la France au SMIC tant honni) parviennent aux mêmes conclusions.
Le salaire minimum ne tire pas tous les salaires à la baisse. Là encore, un jugement préconçu bien ancré prétend le contraire. Mais les faits démontrent que les salaires minimaux n’ont pas d’effet négatif sur les autres salaires. Dans les pays qui ont introduit des salaires minimaux légaux, aucune spirale à la baisse n’a été constatée, à l’exception notable de la France, dont le salaire minimum a le double défaut d’être indexé beaucoup plus vite que les autres salaires et surtout, de donner droit à des abattement de charges sociales tels que les employeurs ont intérêt à garder leurs salariés au SMIC (ces deux défauts, absents dans les autres pays, font que l’exemple français doit être utilisé avec des pincettes). En Suisse, dans toutes les branches qui ont des salaires minimaux obligatoires (grâce à une CCT de force obligatoire), ces derniers ne tirent pas tous les salaires vers le bas. Au contraire, les salaires des branches qui ont des CCT ont tendance à augmenter plus vite que les salaires des autres branches.
Les partenaires sociaux ne peuvent pas régler à eux seuls le problème des bas salaires. Souvent, les détracteurs des salaires minimaux prétendent que fixer un minimum légal entrave le partenariat social et qu’employeurs et syndicats sont mieux à même de négocier des salaires décents. En théorie, c’est vrai. Et dans bon nombre de branches, les partenaires sociaux ont effectivement négocié des CCT qui contiennent de bons salaires. Mais un salarié qui pourrait bénéficier d’une CCT sur deux n’en a pas, souvent parce que les patrons refusent d’en négocier ou souhaite supprimer les CCT existantes. En outre, de nombreuses CCT ne contiennent pas de salaires minimaux (p. ex. l’industrie des machines). Et d’autres prévoient des salaires totalement insuffisants: Il existe encore de nombreux salaires à moins de 3500.—Fr. par mois (p. ex. dans l’hôtellerie-restauration) ou carrément à 16.—Fr. de l’heure (p. ex. nettoyage). Dans ces cas, les partenaires sociaux ont bel et bien échoué à bannir les bas salaires et une intervention des pouvoirs publics est donc indispensable. Car les bas salaires et la sous-enchère salariale coûtent cher à l’entier de l’économie, ainsi qu’aux contribuables.

Commentaires

Mais cher auteur,

si nous nous confinons à la situation genevoise - soit le recours sans fond ni lois ni limite à tous employés frontaliers,

comment voulez-vous tenir votre propos,

si comme cet ex qui me fut proposé,
au chomage, des salariés suisses licenciés se voient obligés d'accepter - histoire de survivre - un emploi répondant à leurs qualifs, diplômes, trilingue + expériences,
pour un salaire de 2,350CHF/mois brut?

Ou, en l'occurrence,
l'employeur étant une mission diplomatique auprès de l'ONU,
le futur employé devait remplacer leur employée française depuis des décades partant en retraite et qui, célibataire sans enfants, resta satisfaite de ce niveau de salaire et de prestige.
...!

Restons clairs: une secrétaire suisse de direction trilingue avec diplômes multiples dont juridiques, expériences de plus de 5ans, pour un représentant diplomatique à l'ONU, devant accepter d'être payée 2,300CHF/mois.

A savoir: cette même chômeuse suisse qualifiée diplômée chercheuse d'emploi aurait eu un salaire équivalent en travaillant comme nettoyeuse de surface!

Ya comme un blème.
Auquel les propositions ou projets de salaires minimaux sont confrontés.

Écrit par : edouard | 06/02/2011

salaires à la baisse:

Depuis les bilatérales, et 2002 et 2004, et les employeurs genevois

Exemple:
1 agence temporaire plaçant en intérim une CH sénior qualifiée, diplômée etc dans une étude d'avocats,
contrat de l'agence soumis pour signature peu avant le début du contrat
où le salaire demandé et accordé verbalement lors de l'entretien d'embaûche par l'Etude, soit 5,800CHF/brut mensuels,

se traduisit par un brut de max 4,900CHF/mois pour 40h/semaine sur les bulletins de salaire de cette agence d'intérim française size Place du Molard, Ge.

Où l'employée temporaire s'est faite avoir. Limitant son job à 40h/semaine de travail sur les fiches d'emploi selon accord contractuel, alors que l'employeur et ses projets lui demandèrent plus, soit des 45/ 50h/semaine réels,

l'employée temporaire du exécuter les demandes de l'employeur & collaborateurs, investissant ses capacités professionnelles multiples pour faire face et résoudre les dossiers & attentes de clients, travaillant au-delà des 8h/jr et arrivant avant 7h30 au bureau, ce qui dépassait sa fonction et les paiements de services, selon contrat.
Tandis que cette agence de placement temporaire concernée ne fit aucun contrôle et ne pris pas même en compte le retour d'informations de cette employée temporaire selon lesquelles la personne qu'elle remplaçait avait démissionné, tandis que le job & contrôle LBA qu'elle avait couverts étaient passés, où l'employeur avait déclenché une recherche d'embaûche de djeuns.

Avant de décider d'un salaire minimum général - la Suisse n'ayant vraiment pas la configuration française pour copier son SMIG -

il serait nécessaire d'établir le niveau salarial min des personnes, selon la configuration des ménages fiscaux, d'une part,

d'autre part, il serait temps en 2011 de voir nos administrations fédérales travailler "pour de bon", comme tout responsable intéressé, prenant des décisions sur de réelles données

Histoire de sortir de la marre
Ou devons-nous continuer à croire que Genève est un canton abandonné de la confédération?

Écrit par : graphycs | 06/02/2011

ou selon la politique d'Angela en Bundesrepublik:

tout salaire représente un emploi donc tout salarié en recherche d'emploi doit l'accepter, même à 3 E/h -

quoique...

et la Suisse n'ayant aucun droit du travail per se,
comment établir 1 niveau de salaire minima suisse?

Seules quelques conventions, comme celles protégeant les femmes employées au nettoyage de surface imposent des salaires horaires minimaux, soit un min d'env. 18,75+CHF/h allant jusqu'à 25CHF/h brut, pour des salariés étrangers non qualifiés et ne parlant pas même un mot de français

Tandis que des suisses parlant français plus min. 1 autre langue, diplômés, qualifiés, expérimentés et compétents dans leurs branches, doivent accepter et être heureux de travailler pour un max d'env 28CHF/h brut -

Tandis que les emplois au noir dans le secteur du bâtiment continuent d'être visibles dans la ville, où de faibles amendes suites à constats ne servent à rien, comme de bien entendu

quand aux emplois au noir dans la vente ou dans la restauration,
chacun sait que chacun y trouve son compte

C'est ainsi que le monde genevois tourne

Écrit par : graphycs | 06/02/2011

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