27/02/2011

6 semaines de vacances pour tous: une adaptation nécessaire aux réalités du monde du travail

L’initiative populaire «6 semaines de vacances pour tous», qui prévoit de faire passer de 4 à 6 semaines le droit légal aux vacances, répond à un besoin avéré des travailleurs et des travailleuses. L’augmentation du droit aux vacances permettrait notamment d’alléger le stress qui pèse sur de nombreux salariés et d’en réduire nettement les effets négatifs, lesquels sont extrêmement coûteux pour l’économie. En effet, les coûts du stress au travail sont estimés à environ 10 milliards de francs par an, soit 2% du PIB. Ces coûts pourraient bien aller croissant ces prochaines années, car les salariés doivent faire face à des conditions toujours plus difficiles: augmentation de la précarité et de la pénibilité, difficultés à concilier vie familiale et professionnelle, etc. More...
Augmenter le droit aux vacances serait parfaitement supportable pour les entreprises. Son coûte se monte certes à 6,6 milliards de francs par an, mais cela ne correspond qu’à une augmentation de salaire d’environ 0.4% par an sur 6 ans ou à une diminution du temps de travail de… 10 minutes par jour. Ce montant est en outre nettement inférieur aux coûts du stress au travail. Il existe en outre une marge de manœuvre importante pour réduire le temps de travail en Suisse, par exemple grâce à plus de congés. En effet, sur ces 20 dernières années, la productivité a augmenté beaucoup plus vite que les salaires, pour une durée du travail moyenne qui est restée pratiquement stable (une diminution d’à peine… 18 minutes par semaine en 18 ans !). La Suisse fait d’ailleurs partie du peloton de tête européen des durées du travail les plus longues. En outre, les salariés accumulent chaque année des heures supplémentaires correspondant à environ 100'000 postes à plein temps.
Il faut enfin relever que les droits aux vacances prévus par les conventions collectives de travail (CCT) ou par les lois sur le personnel des collectivité publiques, s’il s’agit dans bien des cas d’améliorations sensibles par rapport aux 20 jours par an accordés par le CO, restent très en-deça de l’objectif de l’initiative. Il existe en effet de nombreuses CCT comptant plusieurs milliers d’assujettis (p. ex. nettoyage suisse-alémanique, routiers suisses, coiffure, boucherie, sécurité privée) qui ne prévoient pas de droit aux vacances allant au-delà du minimum légal. D’autres en prévoient, mais cela ne va que rarement au-delà de 5 jours supplémentaires. Enfin, ces améliorations ne concernent souvent que les travailleurs d’un certain âge (p. ex. pour les plus de 55 ans) ou les apprentis. Une semaine supplémentaire de vacances pour tous améliorerait déjà la situation de plus de 3'100’000 travailleurs, alors que les deux semaines supplémentaires préconisées par l’initiative augmenterait le droit aux vacances de la quasi-totalité des salariés suisses.


L’USS soutient donc l’initiative «6 semaines de vacances pour tous». Augmenter les congés pour diminuer le stress au travail et permettre aux travailleurs de mieux profiter de leur vie familiale et sociale n’est en effet pas un luxe, mais une adaptation nécessaire aux réalités du monde du travail moderne.

Commentaires

"En outre, les salariés accumulent chaque année des heures supplémentaires correspondant à environ 100'000 postes à plein temps."

Et vous pensez qu'en donnant 2 semaines de vacances supplémentaires, elles vont diminuer ? Parce qu'il ne faut pas croire, les entreprises n'engageront pas plus de personnel. On aura toujours autant de travail, mais plus que 46 semaines pour le faire au lieu de 48.

Démagogie quand tu nous tiens (ah oui, c'est que les élections ne vont pas tarder. Ceci explique cela).

Mais heureusement que le citoyen (alémanique ??) est un être responsable et qu'il saura réfléchir avant de voter.

Écrit par : Pascal D. | 28/02/2011

Diminution du temps de travail : non. Parce que travailler moins pour gagner plus, c’est une ineptie. Nos amis français nous le démontrent depuis le règne du sphinx Mitterrand. Travaillez la même chose ou plus, pour gagner plus : pourquoi pas ! Ce qu’il faut renforcer c’est la classe moyenne qui travaille, crée des entreprises, fait progresser le pays. Ce ne sont ni les super-riches qu’il faut encore engraisser, ni ceux qui profitent du système pour vivre. Renforçons la classe moyenne pas, ceux qui en profite aux deux bouts de l’échelle. En travaillant moins, on ne fera que s’appauvrir davantage…

Écrit par : Franck | 01/03/2011

Franck, avec votre raisonnement, il faudrait faire sauter toutes les limites du temps de travail et encourager les gens à se tuer à la tâche! Soyons un peu sérieux: travailler trop longtemps nuit à la santé, coûte à l'employeur (absences, manque de motivation) et à la collectivité (hausse des dépenses de santé). Actuellement, la productivité augmente plus que les salaires, ce qui signifie que les employeurs augmentent leurs profits sans que les salariés (qui ont pourtant créés ces profits) n'en voient la couleur. Diminuer le temps de travail, p. ex. en augmentant le droit aux vacances, permettrait de créer des emplois (c'est ce qui s'est passé en France avec les "35heures") et d'améliorer la santé des salariés, ce dont profitent au final tant eux-mêmes que leurs employeurs et la collectivité.
Mais si vous tenez vraiment à "gagner plus", militez alors en faveur d'un redistribution intégrale des gains de productivité aux salariés sous forme d'augmentations salariales. Vu l'écart actuel entre progression de la productivité et progression des salaires, il y a largement de quoi "gagner plus" sans "travailler plus"!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 01/03/2011

" Actuellement, la productivité augmente plus que les salaires "

Allez dire cela aux patrons des PME du bâtiment. Des prix trop bas qui évoluent guère pour des coûts d'exploitation qui augmentent sans cesse. Ce qui ne va pas en s'arrangeant pour les employeurs avec une sixième semaine de plus à financer.

D.J

Écrit par : D.J | 01/03/2011

Il faudra une fois que la gauche ouvre les yeux sur certaines réalités. A commencer par le fait que le "miracle" de la prospérité helvétique n'a qu'une explication : nous travaillons plus - et souvent mieux - que beaucoup de nos voisins. La démagogie des vacances me paraît au-dessous du niveau de JJ Schwab qui nous a habitués à mieux.
Cela dit, je croyais que la vision moderne résidait dans l'annualisation du temps de travail. Et que chacun ait une certaine liberté d'organisation. Ceux qui veulent plus de semaines de vacances, et ceux qui préfèrent des journées moins chargées. Trop moderne pour nos syndicalistes conservateurs ? Ou simplement trop libéral ?

Écrit par : JAHaury | 01/03/2011

"Diminuer le temps de travail, p. ex. en augmentant le droit aux vacances, permettrait de créer des emplois (c'est ce qui s'est passé en France avec les "35heures")"

Ce qui a surtout permis de créer des emplois (à durée déterminée - CDD) en France, ce sont les aides qu'ont reçues les entreprises à chaque engagement. Emploi résilié dès que le CDD arrivait à terme. Les 35 heures n'ont eu qu'une seule conséquence : l'augementation du travail au noir, les gens continuant à travailler 45 heures par semaine, mais 10 heures "au black".

Si ce genre d'aide n'existe pas, les entreprises n'engageront pas de personnel, mais feront faire des heures supplémentaires, qu'il sera très dur de récupérer, à leur personnel. Vous ne pensez tout de même pas qu'une entreprise dont les charges augmenteraient de près de 4 % par le simple fait d'octroyer 2 semaines de vacances supplémentaires à ses employés, pourrait encore se permettre d'augmenter ses charges en engageant du personnel, non ?

Écrit par : Pascal D. | 02/03/2011

M. Schwaab: je suis d'accord avec vous. Redistribuons les profits de la productivité à ceux qui travaillent. Voilà enfin un raisonnement syndicaliste valable. Mais osez dire que la diminution des horaires de travail de travail en France - à savoir les célèbres "35h" - ont amélioré le niveau de vie des travailleurs français et créer des vrais emplois, pas des "emplois statistiques", c'est carrément n'importe quoi, si on regarde la situation sur le terrain et pas aux QG des partis de la gauche française. Je ne sais pas si c'est par proximité idéologique, démagogie ou mauvaise information que vous avancez ce genre d'argument, pas même boiteux mais plutôt "cul-de-jatte". J'espère que c'est la troisième solution: c'est la moins grave!

Écrit par : Franck | 02/03/2011

@JAHaury: le fait de travailler plus, terreau du "miracle helvétique", ah le beau mythe. Un mythe coriace, certes, mais un mythe tout de même. Nombre de libéraux ont tenté de démontrer qu'il existe un lien entre "travailler plus" et succès de l'économie. Aucun n'y est parvenu, car il n'y en a pas. Ce n'est au final rien d'autre qu'une jolie histoire que l'on colporte pour affaiblir la protection des travailleurs.
Là où vous avez raison, c'est au sujet du "travailler mieux": La productivité élevée du travail est importante pour le succès d'une économie et il est vrai que la Suisse s'en tire bien. Or, afin de maintenir, voir d'améliorer cette productivité, il faut avoir des collaborateur motivés et en bonne santé, ce qui est plus facile avec un temps de travail moins élevé, notamment plus de vacances. Car les vacances ont sur une diminution du temps de travail hebdomadaire l'avantage de permettre de mieux se ressourcer (c'est scientifiquement démontré, je n'ai pas accès aux références d'où j'écris ce commentaire, mais vous les ferai volontiers parvenir...)
Quant à l'annualisation du temps de travail, ce n'est rien d'autre qu'un attrape-nigaud qui permet de reporter le risque d'entreprise sur les collaborateurs et permet souvent à l'employeur d'éviter d'avoir à payer des heures supplémentaires. Ce n'est synonyme de "liberté d'organisation du temps de travail" que pour une petite minorité de salariés. Pour la grande majorité, il ne s'agit d'une méthode pour les faire travailler plus.
Enfin, prétendre que c'est "moderne" est un autre attrape-nigaud gigantesque: Au contraire, contrôler le temps de travail, payer ou compenser chaque heure supplémentaire, veiller à ce que chaque heure de travail soit réellement rémunérée est une vision éminemment moderne. Rappelons-nous que la dernière période où l'annualisation du temps de travail était en vigueur date d'il y a 150 ans. Un comble de modernité, en effet.
Dernière remarque: je trouve regrettable qu'un médecin, qui devrait pourtant constater dans sa pratique quotidienne les dangers d'un temps de travail trop élevé, s'oppose à une réduction du temps de travail. Aveuglement idéologique, quand tu nous tiens!
@Pascal D: Ne vous en déplaise, les économistes de gauche comme de droite s'accordent à dire que les 35 heures ont créés des emplois en France. Peut-être se disputent-ils sur leur nombre, mais ils s'accordent sur le fait qu'emplois supplémentaires, il y a bel et bien eu.
Dernière remarque: Si la productivité du travail a augmenté plus que les salaires, baisser le temps de travail et engager de nouveaux collaborateurs ne coûte rien à l'employeur si le montant n'est pas supérieur aux gains de productivité. C'est une réalité économique.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 02/03/2011

" @Pascal D: Ne vous en déplaise, les économistes de gauche comme de droite s'accordent à dire que les 35 heures ont créés des emplois en France. "

La France comme le reste de l'Europe a eu durant cette période bénéficié d'une conjoncture mondiale très favorable. Mais la France n'a toute fois pas atteint le seuil de 4% de chômeur qui détermine le plein emplois. La France travail moins , mais reste l'une des nations modernes ou le chômage persiste même en bonne situation économique. Et pour les créations d'emplois; n'oublions pas les emplois jeunes. Des emplois décrétés à valeurs non marchande et non crées par les entrepreneurs privés.

D.J

Écrit par : D.J | 02/03/2011

Foutaises de la gauche caviar & champagne ! J ai du me mettre independant et travailler sur mandat vu que j avais fini mon droit au chomage. Pas pu prendre de vacances depuis 10 ans ! ..
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Écrit par : Ashtamir | 02/03/2011

J.-J. Schwaab à J.-A. Haury : "Aveuglement idéologique, quand tu nous tiens!"

L'hôpital qui se fout de la charité !!

Écrit par : Pascal D. | 03/03/2011

liberté d'organisation du temps de travail" que pour une petite minorité de salariés. Pour la grande majorité, il ne s'agit d'une méthode pour les faire travailler plus.

Écrit par : pandora charms | 04/03/2011

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