20/03/2011

Multicheck, basic-checks etc.: l’arnaque est désormais scientifiquement démontrée

Malgré leur coût élevé (et probablement grâce à ce coût élevé), le petit business des multichecks, basic-check et autres tests de sélection des apprentis continue à se développer, principalement sur le dos des jeunes qui cherchent un apprentissage et de leurs familles (même si, grâce au travail des députés socialistes, ils sont désormais à la charge des employeurs dans le canton de Vaud). L’USS a régulièrement dénoncé l’usage de ces tests. Récemment, le conseiller national Jacques-André Maire (PS/NE) a interpellé le Conseil fédéral pour que l’administration fédérale et les entreprises qui dépendent de la Confédération renoncent à employer ces tests pour sélectionner leurs apprentis. Le Conseil fédéral soutient malheureusement ces tests, estimant dans sa réponse que la sélection des apprentis deviendrait plus difficile sans ces tests.
Mais une étude scientifique du centre de recherche conjoncturelle de l’EPFZ (KOF), révélée aujourd'hui par le «matin dimanche», vient de démontrer que ces tests sont inutiles pour prédire tant le succès de la formation que le comportement pendant celle-ci (en particulier la propension à l’interrompre prématurément).

More...Pis, les résultats scolaires, même s’ils sont difficiles à comparer (il faut dire qu’ils sont le fruit de 26 systèmes cantonaux de formation), sont, selon l’étude du KOF, plus efficaces que les tests. Or, il s’agit des trois arguments dont la publicité pour ces tests, les employeurs et le Conseil fédéral se servent pour en justifier l’usage: Selon ces avis, les multicheck et consorts serviraient à faciliter le recrutement en s’assurant que les apprentis ont bien choisi leur formation et la réussiront dans de bonnes conditions. Ils doivent aussi permettre de se faire une idée du niveau scolaire des postulants plus facilement qu’en examinant les bulletins scolaires.
L’étude du KOF démontre que ces tests de sélection ne remplissent aucun des objectifs qu’ils se donnent. Pis, ils sont carrément moins efficaces que les bulletins scolaires qu’ils prétendent remplacer. Enfin, l’étude révèle une autre grave lacune des tests: Le résultat n’est calculé que de manière relative, par rapport aux résultats des autres personnes qui ont passé le test. Ainsi, un futur apprenti qui obtient un résultat que le test juge «insuffisant» est considéré comme «inapte» au métier en question. Or, il n’a en réalité obtenu qu’une note inférieure à la moyenne des postulants. Ce qui ne veut en aucun cas dire qu’il n’est pas capable d’apprendre le métier en question. A l’inverse, celui qui obtient un résultat supérieur à la moyenne pourrait fort bien ne pas être «apte au métier» (même si c’est ce que conclut le test): Il n’a en réalité qu’obtenu un résultat meilleur que les autres personnes testées. Or, ce n’est pas parce que l’on est simplement «meilleur que les autres» à un test que l’on est forcément «apte». Au final, l’étude du KOF le démontre, un très bon résultat au test n’est en aucun cas une garantie de bons résultats à l’école professionnelle. Et, à l’inverse, un mauvais résultat au multicheck ne signifie pas que l’apprenti aura des résultats inférieurs à la moyenne… Bref, ces tests ne sont fiables dans aucun cas.
Les victimes sont nombreuses: les patrons, qui croient bénéficier d'une aide à la sélection fiable, les familles des jeunes (et parfois les employeurs) qui paient (fort cher) ces tests inutiles, et enfin les jeunes à qui on a refusé abusivement une place d'apprentissage à cause d'un test mal fichu.

Les tests multichecks, basic-checks et compagnie ne sont donc qu’une vaste arnaque à laquelle il s’agit désormais de mettre un terme d’autant plus rapidement que, dans la plupart des cas, ce sont les jeunes à la recherche d’un apprentissage et leurs familles qui en font les frais.

Commentaires

Rassurez-nous, M. Schwaab - vous tenez ce raisonnement sur la base de votre expérience avec les nombreux apprentis que vous avez encadrés et formés, non ?

Écrit par : zamm | 20/03/2011

zamm, l'organisation qui m'emploie forme deux apprentis pour une vingtaine de collaborateurs et les fédérations qui la composent en organisent au bas mot 20'000 dans tous le pays. N'ayant pas la formation pour, ce n'est bien entendu pas moi qui forme, mais un de mes collègue qui détient les titres nécessaire et a l'agrément des autorités cantonales de la formation professionnelle.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 21/03/2011

Monsieur,
Heureusement qu'il y avait ausii quelques députés popistes pour donner l'impulsion. N'est-ce pas Bernard Borel qui a initié cette démarche ? Ce serait un peu plus honnête de le dire...

Pour le reste, je suis soulagée de voir qu'un grand parti comme le PS relaie cette question. J'apprécie quant à moi qu'on relève enfin que l'école forme et évalue les compétences des élèves.
Donc, autant utiliser ce qui existe. Et s'il n'y a pas assez de places d'apprentissage, peut-être faudrait-il contraindre un peu les entreprises à employer davantage de jeunes. Si l'école se doit d'accueillir tous les enfants, la société ne peut pas, quant à elle, faire la fine bouche et ne choisir que ceux qui sortent du lot!
Il me semble en effet que ces tests servent surtout à cela.
Bonne journée !
Anne-Gabrielle Frund

Écrit par : Anne-Gabrielle Frund | 21/03/2011

Je ne sait pas de quoi sont fait ces tests. Mais ce qui est sur, c'est que dans le bâtiment on peut avoir été une pomme à l'école et quand même réussir sa formation professionelle. J'ai connu une personne incapable d'écrire une ligne sans faire dix fautes d'orthographe ( pire que moi )et d'avoir réussi sa maîtrise fédérale.

D.J

Écrit par : D.J | 21/03/2011

Je suis bien contant que des gens se soit penché sur le problème de ce cas limite escroquerie et aient tenté de l'interdire et je souscris à l'analyse de l'auteur. (même si j'en partage pas forcement la sensibilité politique).

J'ai personnellement du passer ce test et débourser 100frs il y a quelques années et j'étais un peu surpris de l’incohérence totale de niveau entre les différentes matières, avec d'un coté des mathématiques d'un niveau bien supérieur à celui enseigné à l'école secondaire, des test de langue simplisme et je parle pas du test de "mémorisation" proprement ridicule digne d'un jeux pour enfant et don je vois mal l'utilité dans un apprentissage.
Je doute sérieusement que les employeurs sachent qu'est ce que contiennent réellement ces tests, ce qui dévalorise profondément le parcours scolaire des candidats et les leurs aptitudes réels.
Cependant par expérience personnelle seul les grande structure tel les banques ou les assurance qui n'organise pas elle même de test d'entrée prennent au sérieux et réclament un "multichek" toute en n'occultant pas le bulletin scolaire.
Après je n'ai pas fois non plus aux bulletins scolaires et je trouve tout a fait normal de tester les candidats en fonction des qualités recherchées.
Les bons élève ne font pas les bons apprentis et vis-versa.
Et à titre personnel j'ai pu rentré à l’université sans faire le gymnase et avec des notes minimales à l'école, donc les "garanties" de ne sont pas non plus les notes (ou les "évaluations" instaurées par nos bons édiles socialistes de l'éducation).

Écrit par : Ahnzel | 22/03/2011

multichecks, basic-checks, pfff...
Il suffit de lire les noms de ces tests à la noix pour savoir qu'ils sont une émanation de la pensée unique dominante: le sacro-saint BUSINESS!!!
Faire du profit avec tout et n'importe quoi: Il suffit de se donner des airs sérieux et inspirés, sortir quelques chiffres pour appuyer ses dires, faire jouer quelques petits leviers marketing publicitaires, sans oublier une appellation vaguement anglophone et le tour est joué!

Écrit par : Olegna | 24/03/2011

Pour une fois je suis d'accord avec vous concernant ces tests à la "noix", qui sont d'un ridicule au possible, et de plus ne servent à rien...
Il faut arrêter avec cet arnaque scientifiquement prouvée, comme vous le dites si bien vis à vis des jeunes qui recherche un apprentissage!

Écrit par : Chappuis Jean-François | 26/03/2011

ceux nés juste après guerre virent l'effort consenti par les médecins et instituteurs afin de tester des centaines de gosses dont beaucoup sont morts après l'ingestion quotidienne de bouteilles de lait contenant des pesticides et recouvertes de 2 cm d'épaisseur de moisissures verdâtres qui même avec la paille avait de la peine à monter jusqu'à votre bouche,il fallait tester les plus endurant n'ayant ni vomi ni maux de ventre ceux ayant survécu ont pour beaucoup des leucémies,beaucoup déjà morts du cancer et autres maux ,il fallait un début,cependant le mot test avait porté ses fruits, il serait intéressant de savoir à qui profitent vraiment ces tests aux testés ou aux statistiques coûtant des sommes exorbitantes
je me permets d'ajouter ceci pour les instits et médecins de l'époque ils venaient tous de vivre la guerre,leurs nerfs usés ,sans doute ne sentirent-ils pas le danger qui plânait sur nos têtes sensées être photographiées par des anciens combattant américains/1954/ ayant famille en suisse et mitraillant enfants et classe pour tester sans doute encore une fois notre résistance aux souches diverses égarées dans notre alimentation vaut mieux en rire que pleurer!
alors vous dites tests,nous on a donné ce genre de turpitudes ne servant qu'aux programmes du docteur Bircher et Cie!ceux de l'époque bien entendu!

Écrit par : lovsmeralda | 26/03/2011

Cher Dr. Je ne vous ai pas entendu, pourriez-vous nous redire votre pensée sur votre camarade Prof. Dr.Jean Zieglergrand partriote et grand penseur du PSS.

Écrit par : Assez | 26/03/2011

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