10/04/2011

Le travail doit en valoir la peine

Bien des travailleurs pauvres ont un revenu disponible à peine supérieur à celui qu’ils auraient s’ils ne travaillaient pas du tout et dépendaient entièrement de l’assistance publique. Ce qui signifie qu’une personne dépendant de l’aide sociale qui fait le choix de se réinsérer dans le monde du travail n’améliorera pas sa situation financière. Bref, à ce tarif, le travail n’en vaut guère la peine.
Pour les personnes concernées, c’est extrêmement problématique, car rester à l’aide sociale diminue les chances de retrouver un jour un emploi. L’Etat en subit aussi les inconvénients, car les bénéficiaires l’aide sociale n’ont pas intérêt à en sortir. Or, elle coûte de plus en plus cher : ses dépenses ont été multipliées par 3,5 en 15 ans et ce n’est pas la révision de la LACI, qui a expédié à l’aide sociale plusieurs centaines de personnes d’un seul coup, qui va améliorer la situation.More...
C’est là qu’interviennent les prestations complémentaires pour familles (PC familles), soumises au vote le 15 mai. Il s’agit d’un complément de revenu d’au maximum 33'000.—Fr. par an (en moyenne 7'800.—Fr. par famille concernée) versé aux travailleurs pauvres avec enfants de moins de 16 ans. Contrairement à l’aide sociale, qui diminue avec la croissance du revenu d’un éventuel emploi (ce qui fait que le revenu disponible stagne), les PC familles s’ajoutent au revenu du travail, dans le but d’encourager la reprise d’une activité lucrative sans diminuer le revenu disponible. Dans ce cas, plus les personnes concernées travaillent, plus leur revenu disponible augmente, alors que tel n’est pas le cas avec le système actuel. Bref, travailler en vaut de nouveau la peine. En outre, les PC familles sont bien plus adaptées à la situation des personnes qui travaillent que l’aide sociale, en particulier parce qu’elles n’ont pas besoin de mesures de réinsertion.
Comme les familles de travailleurs pauvres sont encouragées à retrouver du travail grâce aux PC familles, elles ont moins, voire plus du tout besoin de l’aide sociale. 900 familles (2'600 personnes) pourraient ainsi en sortir et les dépenses d’aide sociale à la charge des contribuables du canton et des communes diminueraient d’environ 48 millions par an. La «facture sociale» à la charge des communes diminuerait d’environ 13 millions. Certes, ces diminutions ne suffisent pas à financer complètement les PC familles. Le surcoût est donc financé par une cotisation paritaire minime sur les salaires d’à peine 0,06%, ce qui correspond à seulement 3.—Fr. par mois pour un revenu annuel de 50'000.—Fr.
Le PC familles sont un progrès social indispensable pour soutenir les familles de travailleurs pauvres (1 actif sur 10!). Elles soutiennent efficacement ceux qui veulent s’en sortir et encouragent les personnes à l’aide sociale à retrouver un travail. Le 15 mai, oui aux PC familles!

Commentaires

C'est vrai que c'est pathétique tout ça. En tout je convie ceux qui ont qui ont de très petits budgets à visiter le site http://www.anticrise.ch
C'est un site qui présente les bons plans et bonnes offres économiques en Suisse

Écrit par : Ledak | 10/04/2011

Encourager les gens à travailler... y a quelque de pas normal dans cette phrase!

Écrit par : Spadel | 15/04/2011

Et pourquoi donc, Spadel?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 15/04/2011

C'est pas une attaque, mais une réflexion.
Si on doit encourager ces gens, c'est qu'elles ont le choix de travailler ou pas. Le travail sert à vivre, à exister, à être indépendant. En fait, peu de monde ont ce choix. Le choix est un luxe, un luxe que crée l'aide sociale.

Écrit par : Spadel | 15/04/2011

Rassurez-vous Spadel, je ne considère pas votre commentaire comme une attaque!
La question que vous posez est pertinente: Actuellement, le choix de travailler ou pas lorsqu'on dépend de l'aide sociale est biaisé par le fait que, si on travaille, on n'a finalement pas d'amélioration de son revenu disponible. En effet, le revenu est déduit de l'aide sociale et, avec le revenu qui augmente, différents subsides disparaissent. Donc, pour certaines familles, il n'est pas plus avantageux de travailler. Elles font donc le raisonnement économique simple de ne pas travailler, parce que cela ne leur apporte aucun avantage financier. Avec les PC familles, qui s'ajoutent au revenu du travail, plus on travaille, plus le revenu disponible augmente. Bref, les familles à l'aide sociales sont incitées à travailler, au plus grand bénéfice de tout le monde: les assurances sociales, qui ont plus de cotisations, les contribuables, qui doivent payer moins d'aide sociale, sans oublier les principaux concernés, qui améliorent leur chances de réinsertion durable.
Enfin, je ne partage pas du tout votre commentaire comme quoi l'aide sociale serait "un luxe". Vous ne devez pas connaître les montants de cette aide pour le prétendre. Pour une personne seule, cela tourne autour de 2500.--Fr. par mois et pour une famille avec deux enfants: environ 4500. Bref, pas de quoi se la couler douce ou vivre comme un nabab. en outre, les personnes à l'aide sociale doivent d'abord épuiser leurs économies avant de la toucher. On n'est donc assez loin du luxe, non?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 15/04/2011

Par luxe, j'entends avoir le choix de travailler ou non. Je suis convaincu par un salaire minimum, pour un emploi à 100%, qui doit éliminer la classe des working poors. Un salaire minimum est aussi censé évité la nécessité des PC familles. Si un salaire minimum n’encourage pas les gens à reprendre une activité lucrative, c’est que l’aide sociale est trop attractive.

Écrit par : Spadel | 17/04/2011

Tout à fait d'accord avec vous au sujet du salaire minimum, Spadel. Il ne devrait y a avoir aucun salaire qui ne permet pas de vivre décemment en travaillant à 100%!
Cependant, le salaire minimum ne permettra jamais d'éviter que des gens travaillant à temps partiel soient en-dessous du seuil de pauvreté, sauf si on le fixe très haut. Or, de nombreuses familles ne peuvent pas faire autrement que de travailler à temps partiel, par exemple si elles n'ont pas de solutions de garde pour leurs enfants. En outre, certains employeurs ne proposent que des emplois à temps partiel ou sur appel. Pour toutes ces personnes qui veulent travailler, il est nécessaire de prévoir un mécanisme comme celui de PC familles, qui permet d'améliorer son revenu disponible grâce au travail. Alors qu'avec la situation actuelle, celui qui est à l'aide sociale n'a pas intérêt à travailler, car cela n'augmente pas son revenu disponible.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 18/04/2011

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