13/06/2011

L'égalité? Encore?

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Lorsqu’on parle d’égalité des sexes, on nous rabâche souvent que «l’égalité femmes-hommes est atteinte», que «c’est entré dans les mœurs», que «pour les jeunes générations, ça va de soi», que «le féminisme, c’est ringard», que «les victimes d’inégalités, aujourd’hui, ce sont surtout les hommes (âge de la retraite plus tardif, service militaire, garde des enfants en cas de divorce etc.)», qu’«on a un article constitutionnel, une loi, le droit de vote et que ça suffit comme ça», qu’il y a «d’autres enjeux plus importants», etc., etc.
Voici quelques chiffres pour nous rappeler que le combat pour l’égalité est loin d’être terminé et à quel point la mobilisation pour le 14 juin (c’est demain) est nécessaire.
• Les femmes gagnent 19,8% de moins que les hommes (comparaison du salaire médian). 9,4%, soit près de la moitié de cet écart n’est pas explicable par des différences de formation ou d’expérience. C’est donc de la discrimination salariale pure et simple. Qui a en outre tendance à augmenter (+0,3% entre 2006 et 2008)
• Les femmes sont surreprésentées dans les emplois mal rémunérés et précaires. Elles sont notamment sous-représentées au sein de élus, des conseils d’administration des grandes entreprises, de leurs organes dirigeants, dans le monde académique…
• Les femmes sont surreprésentées dans les emplois à temps partiels. ¾ de travailleurs à moins de 90% sont des travailleuses. Cette discrimination a des effets à long terme sur la couverture par les assurances sociales: 77% des travailleurs dont le salaire se situe en-dessous du minimum pour cotiser au 2ème pilier sont des femmes.
• Les femmes font deux fois plus de tâches domestiques (non-rémunérées) que les hommes.
• Il manque 50'000 places d’accueil pour les enfants dans tout le pays. Et un congé-paternité ou parental sérieux ne semble pas être pour demain, du moins si l’on en croit les programmes de la majorité UDC-PLR.

Voici donc autant de bonnes raisons de participer à la mobilisation du 14 juin. Le programme des actions vaudoises est ici.

Commentaires

Monsieur Schwaab,

Je me permets de vous indiquer le billet d'un blogueur que je connais bien, Perre Siffleur. Il parle du même sujet que vous tout en indiquant que votre collègue de parti et accessoirement Présidente de la Confédération n'est pas forcément du bon côté du féminisme... Mais, vous connaissant, je sais que vous allez trouver mille excuses à "sa" fête élitiste des 40 ans du vote des femmes qui s'est déroulée à Berne.

Voir:
http://peresiffleur.blog.24heures.ch/archive/2011/06/07/femmes-je-vous-hai-me.html

Ce PS (qui n'a absolument rien à voir avec le Parti socialiste, ni avec l'UDC d'ailleurs) n'est pas "politicien". Il n'apparaît donc pas dans la rubrique "Nos blogs politiques" réservée aux "kalos kagathos"***, raison de la mention de sa perception du sujet
Les discriminations sont de toutes sortes et non uniquement entre hommes et femmes. Partout il y a les discriminants et les discriminés... Pourtant, PS a indiqué préfèrer faire partie des seconds et rester parmi eux.

*** Ou celui "qu'a l'os (à rongé), qu'a gâteau (même si ce n'est qu'une miette)"

Écrit par : Baptiste Kapp | 13/06/2011

L'os qui "a rongé" est "à ranger" dans l'armoir du bizzare!

Écrit par : Baptiste Kapp | 13/06/2011

merci messieurs: trop courageux de votre part, de reprendre ce sujet, topic, flambeau, bâton, mobile à-tous-vents,
tout en n'y ajoutant rien de concret ou de clair

comme par ex, parler de l'évolution du marché de l'emploi genevois où tant de discriminations criardes se sont développées à foison

- parler d'égalité d'accès aux postes & salaires / ou de l'inégalité crasse touchant les "locaux" salariés pour 2-5ans avant licenciement,

inégalités d'accès au travail incluant le clientélisme, les réseaux de copains d'outre- & autres soutiens de pairs


- parler des critères d'embauche exigés par ces cadres expates salariés employeurs recruteurs & leurs sélections de salariés,

incluant l'usage en toute impunité de discriminations par l'âge (45 ans max), les années d'expérience (3-5 ans max), ainsi que le refus de demandeurs d'emploi CH non binationaux

- parler des facilités données à ces expates ou pas, salariés-cadres embaucheurs de nos multis genevoises, de licencier tout collaborateur sans justificatif, et de l'absence de recours en défense prud'hommal du licencié sauf pour motif financier

- parler du droit du travail tel qu'appliqué dans le canton genevois face à sa situation de canton transfrontalier européen,

ou de l'absence de droit du travail


- parler de la protection des droits des salariés suisses genevois exposés à des droits exogènes sur leur marché d'emploi, où les pressions tansfrontalières en oeuvre massive & sans barrière depuis 2002

ont explosé leurs droits à la retraite, accru les inégalités d'accès à l'emploi, la sécurité de leurs emploi jusqu'au terme de leur vie professionnelle, écrasé leur futur de retraité

Parler enfin de l'esprit de la République de Genève au sein de la CH.

Genève n'est-elle devenue depuis 2002 à cause des bilatérales & autres négociations ratées de la CH avec l'UE,

qu'un appendice suisse au milieu de l'UE, infecté & plein de bactéries incontrôlables

que la présence de plus en plus désaffectée de représentations, d'organismes & autre centres internationaux ne contrebalance plus?

appendice que la CH se ferait un plaisir d'abandonner à l'UE si l'opportunité se présente?

Ces propos - La confédération, la Suisse et moi
étant féminines,
bien entendu!

Écrit par : graphycs | 13/06/2011

à souligner que ce sujet de l'égalité, en cette date anniversaire d'un vote sur l'égalité des femmes avec le droit des hommes,
est abordé à la mesure de la réalité, donc non limitatif au sexe féminin mais débordant jusqu'à son contexte socio-géo-politique,

ce que je fais ici en tant que sexagénaire née genevoise & suisse non binationale, témoin de l'évolution de l'esprit genevois depuis juste avant les années "Schwarzenbarch"

avec des bases de comparatifs pour y avoir vécu et travaillé comme Berlin, Londres, Los Angeles, Sydney, etc.


Je note, à propos égalité - question de courtoisie, d'éthique, et de respect non pas entre sexes mais entre populations,

qu'il devrait nous sembler "normal" ?
que des personnes comme ce Daniel Warner,
qui nous dit se prétendre plus suisse que tout,

- après 30 ans de vie en suisse romande
- malgré ses cours de français payés par son employeur
- malgré les x frais de famille, écolage international des enfants etc, pris en charge par son employeur - & la communauté,


ne parle qu'anglais sur son blog TDG.

Signe typique. et pathétique.



Question de courtoisie, de respect

Écrit par : graphycs | 13/06/2011

Cher M. Kapp, j'avais bien entendu lu le billet du père siffleur, mais il me semblait que la section "blogs politiques" avait besoin d'un billet qui ne soit drôle qu'au 4ème degré sur la question de ceux qui sont plus égaux que les autres! Mais j'espère que 24heures saura faire une bonne place aux billets du PS, autrement mieux documentés que ceux de l'autre PS (il faut dire que l'un n'a pas de boutique politique à défendre, à moins que...)

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 14/06/2011

Monsieur Schwaab,

Merci d'avoir bien voulu répondre à mon commentaire. Mais le "?" principal reste sans réponse!

Que pensez-vous réellement du raout organisé à Berne? N'est-ce pas, justement, une discrimination supplémentaire? Une discrimination entre femmes: entre l' "élite, celles "qui savent" ou qui pensent savoir et les autres, celles "qui savent pas".

De plus, je ne sais si vous avez remarqué sur le "flyer" proposé dans votre billet, le but de ces "Dames" n'est pas l'égalité complète, mais uniquement l'égalité d'un genre, le genre féminin... Elles disent: "Notre but: l'égalité pour TOUTES" et non pas pour TOUS... Pour TOUTES, ce n'est qu'entre elles. Pour TOUS, c'est entre femmes et hommes.
... Dis, Tata! Pourquoi tu tousses?

Seraient-elles pour la parthénogenèse?... C'est vrai, ça éviterait tellement de problèmes!

PS (ni parti socialiste ni père siffleur):
Que voulez-vous dire avec "à moins que"? Vous pensez que le siffleur est le possible sous-marin de quelle obédiance?... En tout cas pas du nouveau parti des sans-parti. Ils sont partis pour un parti particulier, mais qui, si, il perdure, deviendra aussi partisan que les autres.

Écrit par : Baptiste Kapp | 14/06/2011

Aaaah, les grands raouts! Egalitaires pour ceux qui y sont invités (ils y sont TOUJOURS invités) et discrimininants pour ceux qui rêveraient d'y être invités (et donc de faire partie de ceux qui sont plus égaux que les autres). Franchement, ce raout, je n'y étais pas et ne sais pas à quoi il a ressemblée, hormis ce qu'en ont raconté le médias. Alors, il me serait bien difficile d'en faire un commentaire pertinent...

Quant à l'égalité pour TOUTES au lieu de TOUS, actuellement, tous sont égaux, pas toutes (il n'y a qu'à voir les différences salariales). Cela justifie bien qu'on se préoccupent particulièrement d'elles, non?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 14/06/2011

Egalité des sexes? Quelle vision étriquée de la lutte des salarié-E-s, alors que tant reste à faire!

"Une étude (...) prouve que si les plus beaux gagnent un peu plus que la moyenne nationale, les plus laids perçoivent des salaires de 11 à 15 % inférieurs. "

http://www.psychologies.com/Beaute/Image-de-soi/Complexes/Articles-et-Dossiers/Se-reconcilier-avec-son-corps/La-tyrannie-de-l-apparence/4La-tete-de-l-emploi

"Les étudiants les plus grands en taille (supérieurs à 1m85) commencent leur carrière avec un salaire de 12,40% plus élevé que celui d'étudiants moins grands."

http://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=160&Itemid=83

J'attends avec impatience la lutte des camarades syndiqués sur ces abjectes discriminations. Ca ne va pas être trop facile de mobiliser pour une manif des gens exclusivement petits et laids (et quelques-uns de leurs collègues grands et beaux, heureusement, par solidarité), mais je suis sûr que l'aspiration au Progrès Social sera fédératrice.

Les deux exemples précités portent sur des différences salariales du même ordre de grandeur, voire supérieures, aux discriminations associées au sexe des employés.

Écrit par : Stéphane Montabert | 15/06/2011

Effectivement, M. Montabert, ces discriminations sont inacceptables. J'attends d'ailleurs avec impatience les propositions de votre parti pour renforcer la lutte contre ces discriminations, que je soutiendrai très volontiers. En effet, il est, en Suisse, parfaitement légal de ne par exemple pas engager quelqu'un parce qu'il n'est pas assez beau, trop gros, trop petit, pas blond, etc. On a même vu des employeurs (tally weil pour ne pas les nommer) exiger de leur personnel, y compris les apprentis, d'être "totally sexy", ce à quoi la loi ne permet guère de s'opposer. Les syndicats veulent aussi interdire ces discriminations, comme le sont celles basées sur le genre. Je suis ravis de vous savoir à nos côtés et espère que vous pourrez convaincre les élus de votre parti, qui, en plus d'être des adversaires de l'égalité hommes-femmes s'opposent systématiquement à toute amélioration du droit des travailleurs!
Cela dit, on ne saurait parler de "vision étriquée" lorsqu'on se bat pour les droits de 50% de la population. Je doute fort que la part de "laids" soit aussi importante...

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 15/06/2011

Tout est relatif M. Schwaab. Pour moi, il y a bien plus 50 % de la population qui soit "laide". la beauté n'étant hélas pas si courante.

Et il doit bien y avoir aussi une bonne moitié de la population qui soit petite, non ? Allez, lancez donc un grand raout pour rassembler tous les petits. Moi qui ne mesure 160 cm, je me ferai un plaisir de demander à mon employeur si je peux y aller sur mon temps de travail. Ou pas.

Plus sérieusement, si je déplore ces discriminations, j'estime qu'un employeur a le droit de choisir qui il veut engager.

D'ailleurs, pensez-vous que si je postule dans un restaurant chinois ou un magasin portugais, j'obtiendrai le poste ? (moi, je pense que non - et ce ne serait pas la faute de ma petite taille, mais bien du fait que je suis suisse - même si j'avais toutes les compétences requises). Si ce n'est pas le cas, et que je me plains dans les journaux, aurai-je votre soutien ?

Écrit par : Pascal D. | 15/06/2011

Pascal D., les syndicats, dont Unia (membre de l'USS), se sont déjà mobilisés contre les discrimination que vous évoquez. Par exemple, contre la pizzeria "molino" à Fribourg, qui a remplacé son personnel par des italiens "de souche" (pour autant que cela signifie quoi que soit): http://www.unia.ch/news_aktion_fr.9.0.html?&no_cache=1&L=1&tx_ttnews[backPid]=1&tx_ttnews[pointer]=19&tx_ttnews[tt_news]=5809&cHash=14943a3014
Certes, l'employeur peut, dans le cadre de la liberté contractuelle, engager qui il veut. Mais il est, comme tout un chacun, lié aux droits fondamentaux, notamment à l'interdiction de discriminer (art. 8 de la Constitution fédérale). Malheureusement, la législation sur le travail permet assez peu de s'opposer à ces dérives. Les syndicats ont tenté à de nombreuses reprises d'améliorer la législation contre les discrimination de toute sorte, mais, pour l'instant en tout cas, sans succès.
Mais votre exemple du restaurant chinois est assez parlant: le repas sera-t-il moins bon s'il n'est pas servi par un ressortissant de la Chine? Et si c'est un taïwanais? Et si c'est une personne originaire d'une autre région de Chine (qui est vaste) que celle d'où proviennent les menus à la carte? Et le Sri lankais qui fait la plonge, rend-il la nourriture du restaurant moins "chinoise"? Bien sûr que non! A mon avis, même pour une prestation en rapport avec un certain pays ou une certaine région, seule compte la qualité de la prestation proposée, pas la nationalité de celui qui la fournit. J'ai par exemples mes habitudes dans un restaurant italien qui est tenu par un portugais. La nourriture y est, pour autant que je puisse en juger, excellente et tout à fait conforme à ce que j'attends d'un restaurant italien. Le passeport du serveur, du cuistot ou du barman, je m'en fiche complètement. Et vous?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 15/06/2011

Moi aussi, je m'en fiche. Il n'empêche que j'ai rarement vu des blancs ou des noirs travailler dans un restaurant chinois.

quant à la discrimination, elle est impossible à prouver, sauf si l'employeur est "honnête" et dit pourquoi il n'engage pas telle ou telle personne. Perso, si j'étais employeur et que je décidais de ne pas engager de noir ou de personnes originaires des balkans, je ne le crierai pas sur les toits. Mais le je ferais quand même !

Écrit par : Pascal D. | 15/06/2011

En fait, M. Schwaab confond l'égalité des chances avec l'égalité des résultats. Partant de là, le combat est sans fin: il y aura toujours pas assez de ... ou trop de ... dans la moindre entreprise, la moindre association, le moindre groupe humain - et ce, jusqu'au ridicule le plus abouti.

Ce qui me fait penser, cher M. Schwaab: y'a-t-il 50% de femmes chez Unia? 20% d'étrangers? 11% de gauchers? Et quel est l'âge et la taille moyenne des employés? J'espère que tout cela est suivi de très près, parce que sinon ça ne ferait pas très sérieux vis-à-vis des causes que vous défendez...

Écrit par : Stéphane Montabert | 15/06/2011

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