15/06/2011

Un des succès du 14 juin: l'égalité est à nouveau incontournable!

Ce matin, dans les médias, c’était à qui crierait le plus fort que la mobilisation du 14 juin en faveur de l’égalité femmes-hommes «a été un échec». Que les 100'000 participant-e-s escomptés «n’avaient pas été atteints»(même si ce nombre a été atteint). Qu’en «comparaison avec la grève de 1991, c’était misérable». Etc. Et pourtant, quel que soit le nombre de participant (pour autant qu’on puisse les compter) cette mobilisation a été un succès retentissant. Notamment parce que le thème de l’égalité est désormais (à nouveau) incontournable.More...
Le terreau est pourtant plutôt défavorable. Car, avec la montée en puissance de l’UDC, on peut s’attendre à de nombreux reculs en matière d’égalité. Ce parti soutient en effet la vision traditionnaliste et patriarcale de la femme qui ne travaille pas, reste à la maison et s’occupe de ses enfants, pendant que monsieur finance le ménage. Quand il s’agit de créer des crèches, d’instaurer un congé parental ou paternité et d’améliorer les conditions de travail des familles, l’UDC dit toujours non. Pis, elle soutien tous les projet propres à déréguler les horaires de travail, en particulier dans la vente. Son conseiller fédéral et ancien président Ueli Maurer avait il n’y a pas si longtemps dit en public que, selon lui, «la place de la femme est à la cuisine». Et ses élues sont priées de montrer l’exemple: la jeune conseillère nationale saint-galloise Jasmin Hutter avait ainsi promptement démissionné et mis un terme à sa carrière politique en prévision de sa prochaine maternité. Et ce n’est pas tout: L’UDC défend aussi l’initiative qui souhaite faire de l’interruption volontaire de grosses un privilège réservé aux riches et en a lancé une autre pour encourager fiscalement les femmes qui ne travaillent pas pour élever leur enfants. Enfin, l'obscure président de la section renanaise du parti blochérien fait un vibrant plaidoyer pour les inégalités salariales...
Dans ces conditions difficiles, c’est donc un succès majeur que d’avoir remis sur le devant de la scène les discriminations flagrantes dont les femmes sont victimes. Face à l’évidence des chiffres, plus personne ne conteste l’existence et l’ampleur de la discrimination salariale. Hier et aujourd’hui, tous les patrons interrogés par les médias ont assuré que «oui, bien sûr, [ils sont] en faveur d’un salaire égal pour un travail égal». Il s'agira maintenant de les prendre au pied de la lettre et de veiller à une meilleure application de la loi sur l'égalité, en particulier pour mettre un terme à la discrimination salariale.
Celles et ceux qui ont participé aux manifestations du 14 juin ont aussi pu constater avec bonheur la forte présence de jeunes femmes, de tous milieux. Alors qu’on pouvait croire que, pour beaucoup de jeunes, le combat pour l’égalité n’avait plus de sens parce qu’elle était considérée (à tort) comme acquise, on a pu constater que les jeunes sont toujours prêts à se mobiliser en sa faveur. Et ça, ça donne une bonne dose d’optimisme.

Les photos des certaines actions d'hier

Commentaires

Dr Schwaab à vous lire vous devez avoir l'optimisme dans les chaussettes, le socialisme est au plus bas en Suisse comme que à l'étranger.
Les grands apôtres du socialismes à visage humains comme DSK, Ziegler et ses amis ont eux aussi l'optimisme dans leurs chaussettes! Les vieux socialisters se font jetter par les JUSOs, certains comme à Zurich s'agrippent au radeau (Gross, Thanai)! C'est un question existentielle, qui va les payer jusqu'à l'AVS! Adieu AG, notes de frais gargantuesques, salaires garantis 4 ans, sans besoin de qualifications annuelles,...
A entendre le discour de votre camarade Roth-Bernasconi j'ai l'impression d'entendre Eric Honnegger avant la chute du mur de Berlin! J'ai même de la compréhension pour les JUSOs. L'une des votres me disait dernièrement très fière d'elle même " je n'ai plus rien a prouver en politique!" Eh bin que d'autosatisfaction.

Écrit par : Ah bon | 15/06/2011

Monsieur Schwaab,

Selon votre credo...
"il ne faut prendre position que sur ce que l'on a vu et contrôlé soi-même",
...je suis certain que, contrairement à votre absence lors du raout bernois pour l'anniversaire des 40 ans du vote des femmes, vous étiez présent à chacun des événements "fuchsia" du 14 juin. Bien entendu vous en avez compté une à une TOUTE les participantes... Sinon vous n'auriez jamais écrit le texte ci-dessus. Ou alors votre credo n'est utilisable que lorsque ça vous arrange!

Lors de la manif à Lausanne, SUD (la concurrence) a distribué un "journal" sur lequel j'ai pu lire ceci:
"Le conseil d'Etat doit payer immédiatement et intégralement les contributions salariales rétroactives dues aux nettoyeuses"...
... et plus loin...
"... Il est intolérable que la fonction publique produise de "woorking poors" en octroyant des salaires qui ne permettent pas de vivre."
À ce conseil d'Etat il y a 3 représentants qui se disent de "gauche" (sic)...

Mais, suis-je bête! Comment puis-je prendre position sur un tel sujet et comment pourriez-vous faire vous-même. Ni vous ni moi ne sommes nettoyeuses ou Conseillers d'Etat. Mais our vous, Conseiller ça viendra, vous en avez déjà tous les trucs.

Mais admettez qu'avec ce credo, vous donnez raison à tous ceux qui ne votent jamais!... Tout ce que les partis racontent, ils ne l'ont ni vécu, ni pu contrôler eux-mêmes, donc...

Écrit par : Baptiste Kapp | 16/06/2011

Monsieur Kapp, renseignez-vous un peu, que diable! Si c'était le cas, vous vous seriez aperçu, 1. que la gauche n'est pas majoritaire au conseil d'Etat et 2., que les socialistes sont intervenus à maintes reprise en faveur de la revalorisation salariale des nettoyeuse en particulier et des bas salaires en général.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 17/06/2011

Monsieur Schwaab,

Je suis vraiment désolé, mais n'ayant jamais fait partie du Conseil d'État, ce détail horrible m'avais échappé. Apprendre de manière aussi abrupte que la gauche est minoritaire à l'exécutif cantonal, quel choc. Pauvre gauche!
Pourtant, à ma décharge, j'ai aussi écrit: "Mais, suis-je bête!...". Mais vous avez dû vous énerver bien avant d'avoir terminé la lecture de mon commentaire idiot.

Pourquoi devrais-je me renseigner, puisqu'un politicien de votre envergure a le droit de se retrancher derrière un manque de renseignement à chaque fois qu'une prise de position pourrait le gêner?

Et puis ceci:

"Par ailleurs pourquoi ne donner aux nettoyeuses aucune augmentation annuelle et les maintenir durant toute leur vie professionnelle à l’Etat à un salaire d’engagement? Le Conseil d’Etat refuse en effet de donner à ces femmes une fonction dans la grille salariale! Le salaire minimum prévu à l’Etat pour un employé qualifié CFC est en outre plus bas que dans certaines CCT."

Ce texte est issu d'un rapport minoritaire de la commission des finances. Elle est signé par jean-Michel Dolivo (nov. 2008)et ne mentionne nulle part que la minorité de gauche du Conseil d'État puisse avoir eu une autre conception des choses...
Cette minorité a défendu les mêmes valeurs que la droite par esprit de solidarité. De solidarité avec la majorité de droite, pas par solidarité avec les employés à bas salairess.

Je n'ai écrit tout ça que parce que je ne sais où me renseigner et que ne n'ai aucune idée de ce qu'est la vraie politique.

Écrit par : Baptiste Kapp | 17/06/2011

Allons, M. Kapp, ne me faites pas croire que vous ne savez pas que tous les exécutif fonctionnent selon le principe de la collégialité: lorsque le collège a pris une décision, tous ses membres, même s'il ont été minorisés, sont censés la soutenir, en tout cas ne doivent pas l'attaquer publiquement. C'est la loi qui le veut ainsi et les élus, de gauche comme de droite, sont censés respecter la loi.
Certes, me direz-vous, il est possible de rompre la collégialité, ce que les 3 élus PS et verts ont fait quelque fois. Mais vous savez fort bien que de telles ruptures trop fréquentes ne feraient qu'entraîner le refus des projets provenant des 3 département tenus par la gauche. Car, pour faire passer ses projets, vous le savez fort bien, il faut une majorité. Or, la majorité du conseil d'Etat est... de droite!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 17/06/2011

Merci Monsieur Schwaab,

Voilà, j'ai la preuve que vous et la majorité du PS préférez le pouvoir, ses avantages et ses compromissions** dont certaines faites sur le dos des plus petites gens que la défense de ces mêmes sans-grade. CQFD!

Il serait temps que le PS entre dans une opposition réelle au lieu de se cacher derrière une collégialité alibi. Ne me dites pas que vous faites du meilleur travail en étant à l'intérieur du gouvernement qu'en étant dans l'opposition. Vous venez de dire vous-même que la majorité étant de droite il ne vous est même pas possible d'aider les plus faibles... Belle politique de "gauche"!
Il reste, dans votre parti, quelques vrais hommes ou femmes de gauche qui proposent l'entrée en opposition, mais ils ne sont malheureusement qu'une infime minorité.
Eternel dilemme: défendre sa place au pouvoir ou défendre ses idées. Et il n'existe qu'une seule façon d'éliminer ce dilemme, c'est de n'avoir des idées que de pouvoir.

** À ce stade, il ne s'agit plus de compromis, mais bel et bien de compromissions.

Écrit par : Baptiste Kapp | 18/06/2011

Comme numérique est tiré de matricule elles sont donc déjà prêtes pour être engagée à l'Armée,allez zou à l'école de recrues Mesdames,remarquez nous on a fait la nôtre,rien ne nous fut épargné ,même la fameuse Landsturm /soins du mari à domicile jusqu'à son dernier souffle/alors pourquoi ne feraient -elles pas ce qui fut notre quotidien?malgré tout l'on en gardé d'excellents souvenirs comme quoi l'égalité a toujours existé,il suffit juste de comparer avec les faits authentiques du passé et non s'instruire en regardant des séries américaines qui ne sont que pseudo réalité ou comparer avec les pays Arabes,parceque faire des kilomètres tirant un petit char avec des kilos de linges à laver à l'eau de la fontaine croyez le ou non ceci n'avait rien de la vie d'aujourd'hui ,les femmes accompagnaient dans leur vie de tous les jours leurs hommes mobilisés en travaillant et chantant* La Madelon* au Lavoir communal elles prouvaient leur égalité entre hommes et femmes,quand aux plus jeunes elles allèrent vendanger pas des moins 4 dés 6h du mat pour arriver au petit jour dans les vignes sécateur en mains et tricounis aux pieds en étant toujours levées au aurores,et chantant avec les gars tout le monde s'épaulait alors dire on veut l'égalité ,celle-ci existait qu'en ont elles donc fait!

Écrit par : lovsmeralda | 19/06/2011

Compromis vs compromission, M. Kapp, ce débat est aussi vieux que la gauche! Tout est une question de point de vue et voici le mien: je pense que sans respect de la collégialité, les trois représentants de la gauche au conseil d'Etat vaudois n'auraient pas fait passer les rentes-ponts pour chômeurs âgés et les prestations complémentaires pour famille. Ce que vous appelez compromission a permis d'introduire un des progrès sociaux majeurs de ces dernières années, qui plus est nettement validé en vote populaire.
Certes, on peut rester braqué sur ses principes et se draper de l'aura du "bon gauchiste" qui méprise les "socio-traîtres". C'est noble, c'est pur, c'est idéal, mais le résultat est qu'on ne plante pas un clou et que l'on améliore pas du tout la situation de ceux que l'on prétend défendre. Le PS a fait les choix des résultats contre celui de la posture purement idéologique. Les résultats en valent la peine (AVS, assurance-maternité, allocations familiales et j'en passe).

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 20/06/2011

Monsieur Schwaab,

Le vrai problème: la dichotomie entre la parole et les faits!

Un seul exemple: Sur le site du PSS on lit un article intitulé:
"Les droits des femmes ne sont pas négociables" d'Andreas Kasermann (15/12/2009)

Donc, soit les nettoyeuses ne sont pas des femmes ou toutes les femmes n'ont pas les mêmes droits, dont celui d'avoir un salaire décent et alors Kaserman nous "bourre le mou". Parce que, "pas négociable" indique bien que ce droit ne peut se réler par un compromis... Et puisque, malgré tout, négociations il y a eu, je me permets de nommer ces négociations des compromissions et sans résultat direct, qui plus est.

Écrit par : Baptiste Kapp | 20/06/2011

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