25/10/2011

Merci... et on repart en campagne!

Je tiens à remercier chaleureusement les électrices et électeurs qui ont fait confiance au PS et à ma candidature en particulier. Grâce à eux, les socialistes remportent une victoire historique, qui récompense des années de travail pointu sur les thèmes qui préoccupent les vaudoises et les vaudois. Grâce à eux, nous couronnons la campagne collective d’une vraie équipe par le gain de non pas un, mais deux sièges. Grâce à eux, je serai élu au Conseil national si notre conseillère aux Etats Géraldine Savary est réélue.


Il s’agit maintenant de se mobiliser pour confirmer les excellents résultats de la gauche et des verts au premier tour et de voter compact le ticket gagnant Savary/Recordon (le 13 novembre). Malgré les bons résultats du premier tour, aucune élection n’est jamais gagnée d’avance et se reposer sur ses lauriers pourrait faciliter l’accession de l’UDC aux Conseil des Etats. Ensuite, il faudra amplifier le ras-le-bol populaire et faire barrage à l’UDC blochérienne en élisant Béatrice Métraux (les verts) au Conseil d’Etat vaudois (le 27 novembre).

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PS : La scandaleuse gabegie des services informatiques vaudois montre à quel point l’informatique est vulnérable. S’il y avait eu un vote en ligne généralisé, ce que souhaitent certains adeptes aveugles de la «modernité», l’impact de ces pannes aurait été bien pire que quelques heures supplémentaires d’attente. Quelle confiance en effet les citoyens auraient-ils pu avoir dans un système de vote qui plante au beau milieu de opérations? Ce déplorable événement renforce à postériori la pertinence du postulat interpartis contre le vote par internet récemment accepté par le Grand conseil. Il montre aussi qu’en matière de vote électronique, la plus grande des prudences s’impose ; le volontarisme borné de la Chancellerie fédérale et de certains cantons n’est certainement pas compatible avec cet élémentaire principe de précaution.

20/10/2011

Comment expliquer le succès de l’initiative pour une caisse publique et unique?

Moins de neuf mois après son lancement, l’initiative «pour une caisse maladie publique» a déjà recueilli 100'000 signatures. Il ne reste que la «marge de sécurité» d’environ 20'000 signatures à récolter et l’initiative pourra être déposée plus de six mois avant l’échéance du délai de récolte. Le texte lancé par le PS, les syndicats, des organisations d’assurés et de patient a donc rapidement convaincu (de mémoire de récolteur assidu, c’était une des initiatives les plus faciles à faire signer…). Ce n’est pas étonnant, quand on constate à quel point la multiplication des caisses-maladie est la cause de la plupart des disfonctionnements de notre système de santé.

Les caisses gaspillent

80 caisses-maladie, c’est 80 directions, 80 conseils d’administration (souvent composés de parlementaires UDC, PLR et PDC dument stipendiés), 80 sièges sociaux, 80 campagnes publicitaires et des innombrables courtiers et comparateurs aux méthodes douteuses. C’est trop. C’est inutile. Les frais de santé à la charge des assurés sont trop élevés pour que l’on puisse se permettre toutes ces dépenses somptuaires. Même s’il ne s’agit que d’une petite partie des coûts à la charge de l’assurance de base, leur suppression serait une baisse bienvenue pour les assurés qui paient trop de primes.

En outre, en matière d’assurance sociale, le public est bien plus efficace que le privé. Ainsi, la SUVA, malgré son monopole sur certaines professions, a des frais administratifs plus faibles que ses concurrents privés. Voilà pour ceux qui prétendent à tort et à travers que «le privé est plus efficace»…

Les caisses sont opaques

La caisse unique ne permettrait pas uniquement de supprimer des frais administratifs. Elle permettrait aussi de mettre un terme à une tendance scandaleuse: Le fait que les primes augmentent plus vite que les prestations remboursées. Par exemple, certaines caisses ont des frais par assurés 50% inférieurs à la moyenne, mais leurs primes sont inférieures de seulement 30%. C’est malheureusement légal. Sans que l’on puisse savoir où la différence a passé. Probablement dans le reconstitution des réserves, mais, le Conseiller fédéral PLR Didier Burkhalter ayant supprimé le contrôle des réserves par canton, il est impossible de le savoir avec précision.

Les caisses sélectionnent les risques

Nombreuses sont les caisses-maladies qui, au lieu d’assurer tout le monde alors que la loi les y oblige, font en sorte de n’avoir que de «bons risques», c’est-à-dire des gens jeunes et en bonnes santé, qui paient leurs primes sans consommer de prestations. C’est possible par exemple en n’étant accessible que sur internet, ce qui exclut par exemples les personnes, notamment âgées (dont les coûts de santé sont plus élevés), qui ne sont pas familiarisées avec cet outil. Ou alors en pratiquant le tiers-garant, c’est-à-dire en obligeant les assurés à avancer les montants des soins pour ne les rembourser que plus tard, ce qui exclut les malades chroniques ou lourds qui n’ont pas les moyens d’avancer des frais de santé colossaux et qui doivent se rabattre sur des caisses qui font du tiers-payant, mais plus chères…

Les caisses n’ont pas intérêt à la prévention

Et c’est justement parce qu’elles peuvent sélectionner les «bons risques » que les caisses ne sont pas intéressées à la prévention. En effet, pas besoin de faire en sorte que les gens ne tombent pas malade si on peut éviter d’avoir à rembourser les malades chroniques et ne garder que les «bons risques» qui ne consomment presque pas de prestations… Or, la prévention est le meilleur moyen de faire baisser les coûts de la santé. Mais si les caisses n’y ont pas intérêt parce que le système le leur permet. Une seule caisse-maladie qui devrait assurer tout le monde ne pourrait pas se «débarrasser» des «mauvais risques» et aurait donc tout intérêt à ce qu’une politique de prévention efficace fasse baisser le nombre de maladies chroniques.

Les caisses ont intérêt au rationnement des soins

Comme les caisses ne peuvent, en théorie du moins, pas faire de bénéfice avec l’assurance de base, elles ont intérêts à ce que leurs clients contractent des assurances complémentaires, plus chères, pour lesquelles la sélection des risques est autorisée et où elles peuvent faire des bénéfices. Or, pour inciter les gens à conclure des complémentaires, ils faut qu’ils aient l’impression, justifiée ou pas, que l’assurance de base de suffit pas à couvrir leurs besoins de santé. En réduisant le catalogue des prestations, les caisses peuvent encourager leurs assurés à conclure des complémentaires qui assurent les prestations supprimées.

Les caisses empêchent les réformes… ou veillent à ce qu’elles leurs soient favorables

Les caisses-maladie sont en conflit à propos de la tarification avec bon nombre de professions médicales, p. ex. les physiothérapeutes. Ce qui bloque les réformes de la tarification. Elles sont aussi en conflit avec les hôpitaux pour des questions de protection des données et de secret médical. Ce qui freine aussi les réformes. A cela s’ajoute le fait que leur faîtière santésuisse ne cesse de perdre ses membres et n’est plus un partenaire représentatif.

Les seules réformes que soutiennent les caisses sont en revanche celles qui sont favorables non pas aux intérêts des patients, mais à leurs propres intérêts. Dernier exemple: les réseaux des soins intégrés (managed care). Précédemment, il y a avait eu l’article constitutionnel basé sur une initiative de l’UDC visant à rationner les soins et à supprimer le libre choix du médecin. Fort heureusement, le peuple avait mis le holà.

Bref, pour remettre l’assurance-maladie sur les rails, signez l’initiative pour une caisse publique, afin de garantir son aboutissement et son dépôt rapide! Et, pour défendre une assurance-maladie efficace et supportable pour tous, votez socialiste!

18/10/2011

Proposition pour encourager l’engagement associatif et citoyen des jeunes

C’est bien connu, les jeunes ne sont pas motivés, ni flexibles. Ils sont paresseux, incompétents, violents et mèneront à coup sûr la Suisse à sa perte dès qu’ils auront pris des responsabilités. Le formidable engagement associatif des jeunes de notre pays démontre à quel point ces clichés récurrents et tenaces sont aussi creux que ceux qui les colportent.

Que ce soit au sein d’une association (pas forcément de jeunesse) ou dans le cadre du travail de jeunesse en milieu ouvert, ils sont plusieurs centaines de milliers à œuvrer pour la collectivité, dans toute la Suisse. Cet engagement citoyen doit être salué et encouragé. Par exemple par une promotion et un renforcement du congé-jeunesse (art. 329e du Code des Obligations).

Ce congé est réservé à tous les jeunes jusqu’à 30 ans révolus qui exercent des responsabilités dans une organisation de jeunesse ou une autre association d’utilité publique. Il donne droit à jusqu’à 5 jours de congé par an. Malheureusement, ces congés sont non payés et certains employeurs rechignent à les accorder, même s’il s’agit d’une obligation légale, mais qui reste trop souvent ignorée, y compris par les jeunes qui y ont droit. Pourtant, les employeurs ont aussi tout avantage à ce que leurs jeunes employés exercent des responsabilités associatives, se forment à les exercer, se constituent un réseau et mettent du temps au service de la collectivité.

Congé-jeunesse = congé payé!

Le congé-jeunesse devrait donc donner droit à un salaire, comme des jours de vacances ou, par le biais de l’assurance perte de gain (APG), comme des jours de service civil ou militaire. Comme il n’est pas accordé à n’importe quelle condition, il ne serait pas question de «payer à rien faire» les jeunes concernés. En effet, ils doivent démontrer à leur employeur qu’ils assument une fonction dirigeante, d’encadrement ou de conseil pour une activité de jeunesse extra-scolaire, ou suivent une formation ou un perfectionnement en rapport avec celle-ci.

L’employeur a tout à y gagner

Cette activité profite indirectement à l’employeur, qui peut compter sur des salariés motivés, dotés de nombreuses compétences supplémentaires (en particulier dites «non formelles»), de capacité à travailler en équipe, de volonté à prendre des responsabilités et d’un réseau intéressant. Cette plus-value justifie largement que le congé-jeunesse devienne un congé payé. En outre, la plupart des jeunes qui bénéficient du congé-jeunesse mettent bien plus que 5 jours par an à la disposition de leur activité bénévole. Ils y consacrent aussi une bonne partie de leurs congés. Le congé-jeunesse agit donc comme un multiplicateur pour encourager les activités associatives de toute sorte. Or, ces activités bénévoles contribuent au succès de notre pays et méritent d’être soutenues. Les socialistes œuvreront dans ce sens au Parlement fédéral.

Le site du congé-jeunesse...