04/11/2011

Echoppes de stations-service: Pourquoi une consultation si l’on ne tient pas compte de ses résultats?

L’initiative Lüscher (PLR/GE), qui réclame la libéralisation totale des horaires d'ouverture des échoppes (ou shops) de station-services, est une tranche de salami supplémentaire dans la stratégie qui vise à lever petit à petit l’interdiction de travailler la nuit et le dimanche. Ses partisans, comme toujours, tentent de minimiser son impact en prétendant qu’il ne s’agit que de «rendre service aux consommateurs» en traduisant dans la loi ce qui serait «entré dans les mœurs depuis longtemps». Mais les résultats de la consultation fédérale sur cette initiative démontrent que le front du refus est bien trop large pour qu’on puisse décemment prétendre qu’il s’agit de «simplement s’adapter à l’évolution de la société».

Parmi les opposants à la libéralisation, on trouve bien entendu les syndicats, les partis de gauche et les Églises, traditionnels défenseurs du repos nocturne et dominical. La plupart des cantons se joignent à leur refus. Mais il y a aussi les organisations de petits commerçants et des cafetiers-restaurateurs. Elles refusent ce qu’elles considèrent à juste titre comme une concurrence déloyale: en effet, selon la proposition Lüscher, les échoppes de stations-services pourraient vendre n’importe quoi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, y compris le dimanche. Les médecins du travail, les inspecteurs et inspectrices du travail ainsi que la FMH (Fédération des médecins suisses) sont également opposés à cette libéralisation, car elle fait peser un gros risque sur la santé des travailleurs et travailleuses concernés. On sait en effet que le travail de nuit peut causer des troubles cardiaques, du sommeil, de la digestion et, c’est une étude récente qui l’affirme, peut doubler le risque de sclérose en plaque chez les jeunes. Les organisations de jeunesse et les milieux de la prévention contre les dépendances combattent aussi la proposition Lüscher, au nom de la protection contre la surconsommation de boissons alcoolisées, qui représentent une bonne partie du chiffre d’affaires nocturne de ces «shops». Enfin, des organisations environnementales craignent une augmentation des nuisances dues au trafic motorisé généré par la clientèle des stations-services.
Malheureusement, la majorité de la Commission de l’économie et des redevances (CER) du Conseil national a choisi d’ignorer purement et simplement les résultats de la consultation qu’elle avait elle-même lancée ! Elle propose au plénum d’entériner ce pas supplémentaire vers une libéralisation totale des horaires d’ouverture de tous les commerces. La prochaine tranche de salami est d’ailleurs en passe d’être coupée, car le Conseil national a déjà accepté la motion Hutter (PLR/ZH), selon laquelle les cantons pourraient, lorsqu’ils fixent les horaires d’ouverture des magasins sur leur territoire, ignorer la législation fédérale sur la protection de la santé des travailleurs et travailleuses.
Le Conseil national doit donc prendre connaissance des résultats de cette consultation, c’est-à-dire de la forte opposition manifestée, et donner la priorité à la protection de la santé et de la vie privée des travailleurs et travailleuses concernés, plutôt qu’aux profits des marchands d’essence.

Commentaires

Bonjour,
Contrairement à l'habitude, je serais presque d'accord avec vous sur ce sujet.
Le seul cas que je pourrais volontiers autoriser, c'est celui du patron(ne) qui fait le boulot. Mais en aucun cas un salarié.

Écrit par : salegueule vd | 04/11/2011

Donc la santé des employés postales qui ont des horaires irréguliers dont le travail de nuit et qui risque de choper la sclérose en plaque; ont s'en fout au nom du service publique. On s'en fout également de la santé des serveurs de bistrots, de restaurants ou de discothèques qui bossent le soir, la nuit ou le dimanche et qui risque aussi de chopper la sclérose en plaque pour que que les vendeurs à qui l'on leur interdit de bosser le nuits, le samedi soir ou le dimanche puissent profiter de leur soirée au resto ou en discothèque en consommant entre autres abusivement de l'alcool les soirs et les week end en foutant en l'air la santé des serveurs qui ne peuvent pas avoir de vie familiale normale contrairement à ses vendeurs fêtard.
Dans le genre incohérence vous et le PS vous faîtes fort.

Le jour ou vous laisserez le libre arbitre des gens qui veulent bosser quand ils ont envie au lieu de décréter par des lois de ce qu'il y a de bien ou de mal pour les travailleurs on aura franchi un grand pas.

D.J

Écrit par : D.J | 04/11/2011

Arrêtez d'ouvrir vos magasins jusqu'à point d'heure comme çà y a aura un peu moins de bordel dans les rues, un peu moins de zonard, un peu moins d'alcoolos, la ville de Lausanne est vraiment devenue une poubelle gigantesque ....tout çà à cause que les gens achètent à bouffer et à boire à longueur de journée et foutent tout parterre.....

Écrit par : Chouchounette | 05/11/2011

@ Chouchounette,

" Arrêtez d'ouvrir vos magasins jusqu'à point d'heure comme çà y a aura un peu moins de bordel dans les rues, "

Pour arrêter d'ouvrir les magasins à point d'heure faut-il encore que les magasins soient ouvert la nuit. Ce qui n'est pas le cas. Si vous voulez arrêter tout ce bordel à Lausanne faudra commencer par fermer les boites de nuits, les Mac do et les bistrots. c'est dans ces endroits que les gens se bourrent la gueule, foutent tout par terre et provoquent des bagarres et non en passant à la Migros.

D.J

Écrit par : D.J | 06/11/2011

D.J., on est en présence de plusieurs liberté publiques contradictoires (liberté des uns d'ouvrir quand ça leur chante, de travailler quand ça leur chante, de consommer quand ça leur chante vs liberté des autres d'avoir une vie sociale de qualité, une bonne santé au travail et liberté d'autres de ne pas voir les coûts de la santé exploser inutilement ou les nuisances dues aux ouvertures nocturnes se multiplier). Comme toujours, il faut faire une pesée des intérêts: pour certains services indispensables (transports publics, pharmacie de garde, p. ex.), l'intérêt d'ouvrir 24H/24 l'emporte. Pour d'autre service (p. ex. acheter une pizza surgelée), l'intérêt de protéger la santé publique l'emporte. En matière de shops de stations-services, la santé, la vie sociale et la diminution des nuisances l'emporte à mon avis largement sur le "besoin" qu'auraient certains de consommer n'importe quoi n'importe quand.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 06/11/2011

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