26/02/2012

Un premier pas pour limiter les salaires abusifs

Ces dernières années, les écarts de revenu disponible se sont creusés: Alors que les classes modeste et moyenne voyaient le leur stagner, les classes aisées ont bénéficié d’une forte amélioration. C’est la conséquence d’une politique fiscale systématiquement en faveur des hauts revenus. Cette tendance a été encore aggravée par la politique salariale de quelques grandes entreprises, qui persistent à verser des salaries démesurés à quelques top-managers cupides, qui plus est indépendamment des résultats desdites entreprises. Il est d’ailleurs piquant de constater que ces entreprises ont tendance à prôner le salaire au mérite pour leur autres salariés, n’hésitent pas à leur demander de se serrer la ceinture lorsque la conjoncture est difficile, mais continuent à verser à leurs dirigeants des rémunérations sans le moindre lien avec la situation de l’entreprise ou les prétendues compétences des top-managers en question. A terme, c’est la cohésion sociale qui est menacée.

Ces pratiques salariales sont en outre néfastes pour l’économie entière. En effet, elles incitent souvent les bénéficiaires de ces montants déraisonnables à prendre des risques énormes, risques dont ils n’assument même pas les conséquences, car ils s’attendent, même en cas d’échec patent, à trouver une autre entreprise qui acceptera de les rémunérer à un tarif similaire. Paraît-il que c’est le «marché» qui l’exige.

Le Conseil national s’apprête à faire un premier pas pour limiter ces salaires abusifs. Sa commission des affaires juridiques propose, comme contre-projet direct à l’initiative dite «Minder» que les salaires supérieurs à 3 millions de francs par an soient considérés non pas comme une charge d’exploitation, mais comme un bénéfice imposable. L’entreprise qui considérerait, au-delà de tout bon sens, que de tels salaires sont indispensables, pourrait en verser, mais paierait alors plus d’impôt. La «liberté d’entreprise» serait conservée, même si, en l’espèce, cette liberté revient à prendre des décisions aussi absurdes que dommageables. Il n’en demeure pas moins que cette proposition aura certainement pour effet de limiter les pratiques salariales abusives et dangereuses. Le contre-projet direct à l’initiative «Minder» ne contient plus d’autres éléments (les autres revendications de l’initiative ont été en grande partie intégrées dans le contre-projet indirect) et se concentre donc sur l’essentiel. Il est à l’ordre du jour du Conseil national du 8 mars prochain.

Mais il ne s’agit que d’un premier pas vers des rémunérations raisonnables. En effet, l’initiative de la jeunesse socialiste «1:12» sera bientôt soumise au vote. Les Suisses et les Suisses pourront donc, dans un premier temps mettre un terme définitif à des politiques de rémunération aussi choquantes que nuisibles.

Commentaires

Abusives pour certains oui; Mais de prétendre que cela est dangereuse pour l'économie entière est aussi abusif que certains de ces dit salaires.

Ce qui risque que nuire à l'économie est bien l'initiative des jeunes socialistes. Les salaires des managers sont aussi lié à la concurrence internationale. Les grands groupes attirent les meilleurs dirigeants par les rémunérations et les conditions de travail qu'ils offrent. Il est bien clair que l'initiative des JS ne va plus rendre les grands groupes helvétiques concurrentiels dans le recrutement de dirigeants.

De plus des sportifs comme Federer qui gagneent 40 millions par an rien qu'en tapant dans une balle et uniquement parce que ceux qui les paient peuvent se le permettre; sont une fois de plus exempté du débat politique sur les rémunération abusive. Que se soit en Suisse ou en France.

D.J

Écrit par : D.J | 27/02/2012

Bonjour,
Comme souvent je ne suis pas d'accord avec vous. Un salaire ne peut être abusif que s'il prétérite le contribuable. Ce n'est pas le cas dans des SA. Seuls les actionnaires pourraient s'estimer l'être. Dans ce cas, rien ne l'empêche de changer de direction en désavouant le CA lors de l'assemblée générale. Par contre, les "patrons" des (ex)régies fédérales eux effectivement reçoivent des revenus que l'on peut qualifier d'abusifs puisqu'il arrive même qu'un bonus puisse être payé malgré un résultat négatif......Les bénéficiaires de ces revenus que vous jugez -arbitrairement- abusif paient l'impôt sur ces revenus. Pourquoi aussi en vouloir faire payer un supplémentaire à l'entreprise.
Ce n'est que jalousie mal placée.

Écrit par : salegueulevd | 02/03/2012

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