11/04/2012

Pourquoi les socialistes doivent s’opposer au «revenu de base inconditionnel» (allocation universelle)

Nombreux sont les socialistes à s’enthousiasmer pour l’initiative lancée aujourd’hui pour un «revenu de base inconditionnel» (ou allocation universelle, ou encore impôt négatif). Il est vrai que ses objectifs sont de prime abord séduisants: garantir à chacun un niveau de vie décent et supprimer la pression à accepter n’importe quel emploi. Or, à mon avis, cette proposition est un miroir aux alouettes qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les salaires, les conditions de travail, l’égalité des chances et les assurances sociales, thèmes chers aux socialistes s’il en est.

Selon ses partisans, le revenu de base inconditionnel devrait se monter à environ 2000 à 2500 francs par mois (le texte de l’initiative ne contient aucun chiffre). C’est là qu’est le premier écueil: ces faibles montants ne sont pas un revenu décent. On me rétorquera que l’aide sociale verse actuellement des montants de cet ordre de grandeur, parfois même inférieurs. Mais même s’il s’agit d’une pratique actuelle, ce ne sont pour autant pas des revenus décents, ni suffisants. Pour un revenu véritablement suffisant, il faut plutôt compter sur 4000.—Fr. par mois, comme le demande l’initiative pour le salaire minimum.

Baisse des salaires au lieu de la suppression des emplois précaires

Les partisans du revenu de base prétendent que ce revenu doit «libérer de l’obligation de gagner sa vie» et entraînerait la disparition des emplois précaires ou mal payés, car, puisque le revenu de base garantit le minimum vital, plus personnes ne voudra de ces emplois. Or, c’est probablement le contraire qui se produirait. Comme ces faibles montants ne suffiront pas à atteindre le premier objectif de l’initiative, à savoir garantir des conditions de vie décentes, leurs bénéficiaires seront obligés de travailler quand même, malgré le revenu de base. La pression d’accepter n’importe quel emploi ne disparaîtra donc pas. Pis, le revenu de base incitera les employeurs à baisser drastiquement les salaires, arguant que «le revenu de base est déjà garanti»! Les «bénéficiaires» du revenu de base ne seront donc pas libérés de «l’obligation de gagner leur vie» et ils devront se contenter de salaires plus bas. Le revenu de base aura un effet pervers supplémentaire, celui de baisser la valeur du travail. Le salaire, c’est en effet la contrepartie de la mise à la disposition de la force de travail. Si les salaires baissent à cause du revenu de base, la valeur du travail baissera elle aussi.

Droit au travail nié

Enfin, le revenu de base inconditionnel aurait pour grave défaut d’exclure définitivement bon nombre de travailleurs du marché du travail (dont on nierait alors le droit au travail): ceux dont on ne jugerait pas la capacité de gain suffisante (p. ex. en raison d’un handicap, de maladie ou de faibles qualifications) n’auraient qu’à se contenter du revenu de base. Les femmes, qui, à compétences égales, gagnent moins que les hommes, pourraient elles aussi être incitées à se contenter du revenu de base, ce qui les tiendrait éloignées du marché du travail. L’égalité en prendrait un sacré coup!

Pour ces raisons, il est incompréhensible que des syndicats comme Syna (membre de travail.suisse) soutiennent le revenu de base inconditionnel. Heureusement, aucun syndicat membre de l’USS n’est tombé dans le piège.

Conséquences négatives pour les bénéficiaires des assurances sociales

Le revenu de base devrait, selon ses partisans, aussi remplacer plusieurs assurances sociales, dont l’assurance-chômage ou l’assurance-invalidité. Or, les 2000 à 2500.—Fr. par mois prévus sont largement en-dessous de certaines prestations sociales actuelles. Pour les personnes concernées, l’introduction du revenu de base signifierait une diminution du pouvoir d’achat.

Bref, le revenu de base inconditionnel est pire qu’une fausse bonne idée. Son acceptation serait une catastrophe pour les salariés. Il convient donc de s’y opposer dès maintenant.

Commentaires

tout n'est pas donc si rose au pays des socialistes!

Écrit par : lovsmeralda | 11/04/2012

M. Schwaab
Quelques précisions et éléments de réponses
Il serait donc plus digne de « mendier » un travail (n’importe lequel !) pour survivre ….. comme un chien mendie sa laisse (ou corde) pour se rendre à la promenade !
Arthur Schopenhauer: "Toute vérité franchit trois étapes. D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence."
Le RDB permettrai à chacun d’assumer uniquement les besoins de l’existence, de la survie et d’un accès aux loisirs de base ! Cela concerne la civilisation, la culture et pas la politique ! c’est une adaptation du contrat social au nouveau paradigme et à la crise systémique économique, culturelle, sociétale et individuelle !
Avec le RDB : les autres bossent pour eux, pour les voyages, les loisirs, les biens, divertissements « extravagants » et ils ne bossent pas pour vous… mais tous, vous existez, consommez, créez, associez, investissez pour générer de l’activité…et créez des emplois et de l’activité économique !
Nous pouvons aussi l’envisager comme une forme de crédit ! … « notre existence » n’est elle pas « à crédit » ?!
Le financement pourrait provenir des impôts et/ou taxes sur les ordinateurs, tracteurs, machines outils, tél portable…. c’est une boutade : il y a de nombreux autres moyens et outils de financement des plus libéraux, au plus collectifs ou scientifiques. (les économistes l’affirment…. voir le film !)
1) C’est vrai qu’il est écrit quelque part : « tu gagneras ton existence à la sueur de ton front » mais la vérité est que : cela était avant les ordinateurs (qui remplacent 200 comptables…. ou plus !) les machines outils (qui remplacent 200 ouvriers…. ou plus !)) et les tracteurs (qui remplacent 200 ouvriers agricoles…. ou plus !) aussi e-mail et tél remplacent le facteur etc. juste quelques exemples ! Ainsi ordinateurs, machines outils ou tracteurs ne payent pas d’impôts ! C’est ainsi : c’est le progrès ! Donc crise systémique et nouveau paradigme sociétal apparaissent. Ce n’est pas une histoire politique… c’est culturel/civilisationnel. Il faut donc adapter culturellement (et consécutivement politiquement) le contrat social ! Rousseau repose tranquille le rdb comme modernisation du contrat social ! Autrement dit : Le rdb représente éminemment un choix culturel et SCIENTIFIQUE et non pas un choix politicien ! : c’est simplement les conséquences qui posséderont un aspect politique… tout comme les smart (ou I) phones ! C’est aussi simple que cela à comprendre et à réaliser !
2) Et pour rester rationnel, pratique et scientifique. Le PIB habitants CH = 69’ 000 CHF et le revenu de base = 30'000 CHF. C’est donc POSSIBLE économiquement ! Et c’est dans cette différence que réside la création et réponse aux besoins : c’est vrai que cela paraît simpliste et cela ne l’est pas (simpliste) cela est scientifique et purement arithmétique (qui sont simples et pas simplistes) tout comme la taxe Buffet aux USA !… c’est ensuite que les complexifications techniques, morales, partisanes ou névrotiques et donc les archaïsmes apparaissent, soyez rassurés !
3) je souhaite aussi préciser que l’utopie ne peut pas amener une situation allant à l'inverse de l'effet désiré car cela s’appelle la dystopie (quand l’effet désiré n’est pas souhaitable)…voir l’ami wiki… je suis convaincu que vous comprenez ! il est donc question de Choisir entre l’utopie (partage/équité, revenu de base inconditionnel ) pour tous (accomplir ce qui n’a pas « encore » été réalisé) ou la dystopie (torture, pauvreté, barbarie) pour tous.
Utopie ! Oui, tout comme l’abolition de l’esclavage ou de la peine de mort, la démocratie, le suffrage universel étaient aussi, en leur temps, des idées utopistes. Jusqu’au moment où, avec l’évolution de la société, ces idées deviennent non seulement réalisables, mais nécessaires
Quelques bonnes raisons pour le revenu de base inconditionnel : équité, justice sociale, modernisation du contrat social, politique et scientifique …. et quelques mauvaises excuses contre : cupidité, privilège, avidité, archaïsme structurel/administration, peur et résistance au changement, autisme politique ontologique et infra-culturel ! Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue.” V Hugo
Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés; A Einstein
Vous pouvez visionner le film documentaire que les « initiateurs » proposent (gratos) sur internet ! 1h30… vous verrez que le revenu de base est faisable, souhaitable et intelligent !
La réalité change constamment et concerne plus ce que vous voyez ou observez plutôt que ce que chacun en pense ! 80 % des sondés affirment qu’ils continueront à travailler et pensent à 100 % que 80 % des autres citoyens arrêterons de bosser : trouvez l’erreur ….quand la pensée, la peur, ou l’attachement aux valeur archaïques ampute le progrès civilisationnel, sociétal et culturel ! )

Brinde Lucidité

Écrit par : Brinde Lucidité | 12/04/2012

Pourquoi mon commentaire d'hier n'est pas visible ?
Faut il que je le reposte ?

Écrit par : Guyot-Sionnest | 13/04/2012

L'avantage de cette tribune est que les arguments principaux sont réunis. Les promoteurs du revenu de base, dont je suis, doivent répondre à des objections sérieuses, différentes des raisons "pour" le revenu de base.

Le pb de fond de nos économies est le manque très ancien d'investissements pour créer des emplois. Pour créer un emploi moderne en Europe, il faut réunir, en moyenne, 100k€ (2-3 millions d'euros pour les emplois high tech). Sans capital technique, marketing, organisationnel, et humain, une personne ne peut produire plus de valeur que les salaires minimaux et leurs charges sociales et impôts, et donc l'emploi n'existe pas ou disparaît.

Du fait du manque d'emplois, progressivement les entreprises ont avantagé les salariés les plus doués ou les plus "souples" et ont rejeté hors de l'économie compétitive les moins souples et les moins doués.

Le revenu d'existence, comme les allocations chômage, finalement servis par la nation, sont d'abord un prélevement de solidarité. Mais c'est aussi le revenu du capital commun, accumulé pendant des siècles, et qui fait que nos pays sont riches. Sans ce capital commun, aussi doués et formés qu'ils soient, les actifs qui travaillent, ne seraient pas assez productifs pour produire leur rémunération au sens large, charges sociales et impôts compris.

De mon point de vue, il faut d'abord maintenir les règles de salaire minimum, pour éviter, ce qui s'est observé partout en tous temps, que ce soit celui qui contrôle le bien rare, ici l'emploi, qui récupère la subvention au détriment du destinataire ciblé. Dans le contexte emplois manquants, donner la possibilité aux bénéficiaires, ne serait que pour une partie d'entre eux, de concurrencer les personnes en place, conduirait inévitablement à une baisse générale des rémunérations nettes.

La solution que je préconise est fondamentalement, de donner la possibilité aux entreprises en croissance sur leur masse salariale (par ce qu'elles ont su se construire des atouts et les mettre en valeur par leurs salariés et leur management), d'accueillir, en formation pratique, les disponibles qui le souhaitent, pour se former, créer, assembler et partager le capital existant dans ces entreprises qui réussissent. Le nombre de personnes accueillables à un moment donné tiendrait compte de la taille de la société, de ses cotisations chômage et des revenus et indemnités reçus par les accueillis en formation concrète dans l'entreprise. Plus l'entreprise paierait des cotisations élevées (nettes des indemnités versées à ceux qui l'ont quittée), plus elle pourrait accueillir de disponibles ayant de faibles indemnités.

Une grande liberté symétrique pour les parties permettraient à chacune de vérifier que les conditions sont favorables à la co-création plus rapide d'emplois pour les accueillis et la croissance de l'entreprise.

Il n'y aurait pas à craindre que les entreprises en croissance abusent de cette situation, comme le font les entreprises qui végètent ou qui sont à la limite du dépôt de bilan ou qui trichent sur les charges et impôts, car leur capacité à accueillir durablement de nouveaux disponibles dépendront totalement de l'embauche des premiers accueillis, quand il est devenu plausible pour l'entreprise que la valeur créée et vendue avec eux paye tout le monde, salariés, entrepreneurs, actionnaires et collectivités.

Au contraire de la tentation de certains, il ne faut pas rendre obligatoire cette formation (qui pourrait avoir, en parallèle, une part de formation classique, en alternance, selon les besoins concrets convenus par les parties) en entreprises de croissance, car dans la plupart des économies riches, il n'y aurait pas, actuellement, compte tenu du retard de plusieurs décennies à la création de vrais emplois pour accueillir la population en croissance, assez de positions dans les entreprises en croissance, pas non plus très nombreuses en phase de croissance globale faible.

Par ailleurs, pour que le bon équilibre se trouve, il est important que beaucoup de bénéficiaires d'allocations diverses, ait envie de s'en contenter et de poursuivre des projets personnels et d'être leur auto-employeur. Les sommes évoquées pour le revenu d'existence ne peuvent donc pas être décrétées pour que tous les disponibles préfèrent s'en contenter.

Au contraire, elles doivent atteindre des niveaux où un équilibre se crée entre ceux qui souhaitent entrer en formation créatrice d'emplois dans les entreprises en vraie croissance, et ceux, qui à ce moment de leur vie, préfèrent garder leur temps pour leurs propres activités.

Presque aussi important, et pour les mêmes raisons, que la mise en place d'un revenu d'existence, il est important que le droit, régulé, aux allocations chômage, soit automatique en cas de démission.

Permettre à une personne en désaccord et sous stress dans son entreprise, de se lever et de la quitter en cessant d'accepter n'importe quoi, est une mesure d'hygiène fondamentale du marché du travail. Bien sur, les entreprises et les syndicats seront contre, chacun pour mieux contrôler leurs troupes. Mais on voit ce que cela donne depuis des décennies, un avantage fort aux insiders "souples" et un désavantage aux outsiders, aux innovateurs et aux grandes gueules.

Les allocations chômages doivent être considérées comme une modalité du revenu d'existence, qui a un plancher inconditionnel, et des variantes liées à des droits particuliers et forcément temporaires.

On ne doit pas craindre que l'économie s'effondre, car la plupart des salariés préféreront tenir que courir. Et les partants libéreront des emplois pour des disponibles. Mais les vrais gagnants seront l'ensemble des salariés, maintenant protégés des petits chefs et des jobs rétrogrades, car les entrepreneurs ne pourront plus se voiler la face devant les abus ni en profiter : les entreprises qui continueraient à maintenir des conditions inacceptables verraient leurs meilleurs éléments partir beaucoup plus facilement vers les bonnes entreprises en croissance et péricliteraient.

Selon moi, la synthèse du débat ouvert ici, c'est:
1. Surement de continuer à protéger les disponibles des tentations d'accepter n'importe quoi,
2. De leur donner la possibilité de choisir librement et par essais libres concrets (comme le tour de France du compagnon d'autrefois, et pas des entretiens où tout le monde bluffe) l'entreprise en croissance où ils co-créeront leur emploi moderne durable (mais jamais éternel),
3. Et un niveau de revenu d'existence que beaucoup, à un moment de leur vie, trouvent suffisant, compte tenu de la liberté d'agir et de créer de façon autonome qu'il donne à leur famille.

Laurent, tikilgs AT gmail DOT com

Écrit par : Guyot-Sionnest | 13/04/2012

Bonjour,

Un peu déçue de votre prise de position et surtout des arguments que vous utilisez pour la défendre sur le coup.

Je relève notamment que vous usez du mm argument que les cercles patronaux (qui se prononcent d'ailleurs contre le revenu de base sur ces blogs) ont utilisé contre l'initiative sur le salaire minimum, à savoir qu'accorder une base ferait forcément pression sur les salaires à la baisse. Or, ce revenu de base peut faire un levier certain pour redonner de la force aux travailleurs pour s'opposer à la pression patronale. Avec 2500.- par personne, plus 625.- pour les enfants (je crois que c'est le chiffre) on arrive, disons pour une famille de 4 à 6250.-. Ce n'est clairement pas énorme, mais ça permet déjà d'avoir une marge pour ne pas accepter n'importe quel travail à n'importe quelle condition et ainsi peser sur le rapport de force qui ne nous est clairement pas favorable à l'heure actuelle. 2500.- ce n'est mm pas ce que gagne une vendeuse à Genève qui travaille dans un temps partiel contraint dont les horaires ne lui permettent pas de pouvoir exercer un complément (1900.- brut pour un 50%, environ)! 625.- c'est déjà plus que ce que touchent un certain nombre d'apprenti-e-s qui ne pourront mm rien espérer du salaire minimum légal, et pour cause puisque l'USS a "oublié" leur existence dans son initiative.

Ensuite concernant les femmes, vous savez très bien que la situation actuelle les pousse déjà à sortir du marché du travail. Entre le prix des crèches, l'absence de splitting dans de nombreux cantons, le calcul est souvent vite fait et se fait au détriment du plus bas salaire qui, comme vous le relevez très justement, est majoritairement celui de la femme dans le couple. La plus grande honte dans cette histoire n'est mm pas la désinsertion professionnelle des femmes, le scandale c'est que leur travail domestique ne soit pas pris en compte, qu'elles ne puissent pas avoir d'indépendance économique et qu'une fois divorcées elles se retrouvent à devoir aller faire la manche à l'assistance sociale après 4 mois d'indemnités chomage... S'occuper de sa famille n'a rien de dégradant, et certainement que beaucoup de mères et de pères préféreraient avoir plus de temps avec leur progéniture qu'à occuper des emplois dévalorisés et flexibilisés, voire à faire le travail domestique des autres pour pouvoir toucher de l'argent pour payer la crèche des siens (bienvenue chez kafka). Le revenu de base permettrait de valoriser aussi ce type d'activités tout en déjouant le problème principale en terme d'égalité qu'elle comportait, soit l'absence de revenu et de reconnaissance du travail fourni pour la collectivité. Et lorsqu'il n'y aura plus assez de femmes obligées de trimer avec des horaires impossibles, les entreprises seront bien forcées d'adapter leur cadre de travail aux besoins qui ne devrait pas seulement etre ceux des femmes, mais de tous les parents.

Enfin, évitons la désinformation. Aucun initiant n'a jamais dit que les chomeurs ne devraient plus toucher que 2500.- Le revenu de base est là pour remplacer les assurances sociales dont le montant est inférieur à ces 2500.-

On peut avoir plein d'arguments contre le revenu de base (risque d'inflation, critique d'une politique d'arrosage systématique), mais on ne peut pas nier le formidable outil de levier contre le patronat que pourrait représenter le revenu de base et l'avancée unique que constituerait la rémunération du travail domestique pour toutes les femmes déjà concrètement au foyer.

Avant la valeur du travail (qui reste toute théorique pour les masses d'expoités), il y a d'abord celle du travailleur ou de la travailleuse, celle de l'individu mm s'il n'est pas/plus salarié.

Écrit par : Audrey | 14/04/2012

Il est regrettable que cette initiative qui propose un changement de société si fondamental suscite si peu de réactions !

Je m'arrête sur 1 point:

Je cite:

"Enfin, le revenu de base inconditionnel aurait pour grave défaut d’exclure définitivement bon nombre de travailleurs du marché du travail (dont on nierait alors le droit au travail): ceux dont on ne jugerait pas la capacité de gain suffisante (p. ex. en raison d’un handicap, de maladie ou de faibles qualifications) n’auraient qu’à se contenter du revenu de base. Les femmes, qui, à compétences égales, gagnent moins que les hommes, pourraient elles aussi être incitées à se contenter du revenu de base, ce qui les tiendrait éloignées du marché du travail. L’égalité en prendrait un sacré coup!"


Rapellons qu'il existe déjà actuellement des exclus du marché du travail, et qu'ils touchent un revenu de subsitance (l'aide sociale). Le phénomène "d'incitation à ne pas travailler" existe déjà. Mais il faut voir qu'étant donné les sollicitaions à consommer de la société moderne, je pense que personne ne souhaite gagner que le minimum vital et de s'en contenter à vie.

L'initiative ne dit rien sur la mise en place effective du revenu minimal. Mais il est tout à fait possible d'introduire l'allocation universelle sans changer fondamentalement la donne pour les bas salaire par rapport à la situation actuelle...

Par exemple, par compensation. Une personne qui travaille à plein temps voit sur sa feuille de salaire l'allocation de base (disons 2500.-, même si là encore, l'initiative ne donne pas de chiffre), versée par une caisse de compensation, mais dans le même temps, l'employeur paie autant à la caisse. Rien ne change, l'opération est blanche. Cette solution garde le coût du travail pour les employeurs totalement constant, il n'y a aucun changement par rapport à la situation actuelle. Payer quelqu'un 3500.- revient bien 3500.- à l'employeur, et pas à 1000.-, comme on pourrait le penser (2500.- d'allocation et 1000.- de salaire).

Bien entendu, les travailleurs à temps partiel se verrait partiellement compensé. Pour eux le nouveaux système serait une véritable revalorisation de leur situation, puisqu'il toucherait l'allocation au prorata de leur temps de non-travail. Il y aurait plus de flexibilité pour les entreprises, qui pourraient proposer des postes à très faible pourcentage (10%-30%) et trouver du personnel qualifié. J'y vois donc au contraire une belle opportunité pour les femmes au foyer (si tant ait qu'on reste attaché à cette organisation familile quelque peu passéiste).

Écrit par : PtitSuisse | 19/04/2012

Je reviens sur un 2e point

"Le revenu de base devrait, selon ses partisans, aussi remplacer plusieurs assurances sociales, dont l’assurance-chômage ou l’assurance-invalidité. Or, les 2000 à 2500.—Fr. par mois prévus sont largement en-dessous de certaines prestations sociales actuelles. Pour les personnes concernées, l’introduction du revenu de base signifierait une diminution du pouvoir d’achat."

Non, je ne pense pas. L'assurance chômage devra être organisé comme pour l'AVS et le 2e pilier. Là encore, on peut faire une opération blanche. On introduit un salaire de coordination sur lequel on ne paie pas de cotisation (pour une alloc à 2500, se serait 30'000), et ensuite, on touche du chômage des prestations déduit du montant de l'alloc universelle. Facile à introduire, le système à déjà fait ses preuves, et ne changerait pas grand chose à la situation actuelle. C'est déjà le cas pour l'AI: on coordonne les prestation de ce premier pillier avec les prestations du 2e pillier. L'AI serait bien entendu supprimée, mais on garderait les prestation du 2e pilier pour les travailleurs, à coordonner avec l'allocation universelle. Pareil pour l'AVS (qui pour le coup, serait plutôt revalorisée).

Écrit par : PtitSuisse | 19/04/2012

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