29/08/2012

«Pro service public»: un projet néfaste dans un bel emballage

Il y a quelques mois, quelques magazines de défense des consommateurs ont lancé une initiative populaire intitulée «pro service public». Un titre intéressant, à plus forte raison quand on connaît les tendances libéralisatrices et favorables à une concurrence à outrance qu’on eu ou que peuvent avoir certaines associations de défense des consommateurs. L’idée de base qui sous-tend l’initiative est aussi très bonne, car il s’agit, selon les initiants de garantir un service public de qualité au meilleur prix. Malheureusement, cette initiative contient de nombreux pièges (dans lesquels le POP semble être tombé en appelant à la soutenir) et elle pourrait s’avérer nuisible au service public. Je ne la soutiendrai donc pas.

Quelques éléments très intéressants

Le texte de l’initiative contient une très bonne proposition: la limitation du salaire des dirigeants des entreprises publiques, qui ne doivent pas être supérieurs aux salaires versés dans l’administration fédérale. Cette proposition est salutaire en cette période où même des entreprises totalement ou en grande partie en mains de l’Etat distribuent des salaires abusifs à leurs managers, souvent sans autre justification que «c’est le marché qui décide». Parallèlement, ces mêmes entreprises publiques font pression sur les conditions de travail de leurs autres collaborateurs, là aussi, parce que «le marché» l’exige. Cette proposition de l’initiative peut et doit donc être soutenue. Mais elle a tout de même le défaut de ne pas prévoir de standards minimaux pour le personnel des entreprises publiques, probablement parce que les initiants visent avant tout les prix bas et non la qualité des conditions de travail.

Autre aspect positif de l’initiative: elle souhaite ancrer dans la Constitution que le service public n’ait pas pour objectif de faire du bénéfice. Seules compte de bonnes prestations de base.

Gros danger sur le service public !

Malheureusement, ces aspects positifs sont totalement réduits à néant par une disposition de initiative qui interdit «le financement croisé» au sein d’une même entreprise de service public. Concrètement, cela pourrait signifier que les CFF ne pourraient plus financer le déficit des lignes régionales des régions excentrées par le bénéfice des grandes lignes du Plateau. Ou que la poste ne pourrait plus financer des offices dans toutes les régions avec les bénéfices de Postfinance. Dans les deux cas, la qualité des prestations diminuerait, surtout dans les régions périphériques… Or, le but du service public est de fournir un service de qualité dans tout le pays, indépendamment de sa rentabilité.

L’initiative pourrait aussi encourager la privatisation des parties rentables du service public, car elle n’interdit aucune privatisation et ne définit nulle part ce que sont les «prestations de base» du service public, laissant ce soin au Parlement fédéral dont on connaît les velléités libéralisatrices. Elle pourrait aussi encourager la séparation des infrastructures (p. ex. lignes ferroviaires) de l’exploitation (p. ex. transports ferroviaires), méthode de privatisation déguisée qui fait des dégâts énormes dans les pays où elle est appliquée et qui ne contribue certainement pas au maintien, encore moins à l’amélioration, du service public.

Même si «pro service public» part certainement d’une bonne intention, cette initiative fait courir un trop grand risque sur la qualité du service public. Il convient donc de ne pas se faire avoir par son titre alléchant et de ne pas la signer.

Commentaires

Pour l'instant, il semble que la tendance est plutôt "Sévices Publiques"... Non?

Il est donc normal que les usagers demandent à ce que les choses changent. Et si, dans le libellé de leurs revendications, il y a des objets moins positifs que d'autres, il faudrait que les politiques fassent de propositions concrètes suivient d'actes au lieu de pérorer à l'infini.

Il n'est qu'à voir les désagréments (le mot est faible) que faont subir les CFF à leurs usagers. Dernièrement encore, l'ex-régie, disait avec fierté que, sur la ligne Lausanne-Genève, il n'y avait que 6% du tronçon qui était en vraiment très mauvais état.
Ce qui démontre que même les ingénieurs de ce Sévice Publique sont sous la botte de margoulins issus de la politique. Sinon ils auraient dit ce qui est. Un tronçon, quel qu'il soit, n'est qu'aussi bon que sa partie la moins fiable. Donc, le tronçons Lausanne-Genève est en vraiment très mauvais état. Point, barre!

Dans ces Sévices Publiques,les postes les plus élevés ne sont pas distribués en fonction de qualités professionnelles, mais en fonction des accointances politiques. Attention avant de le contredire, j'ai des noms!

Et pour La Poste... Pardon! Que dis-je?... Pour Kiosques SA, en va-t-il de même?... Non, c'est pire!

Le tout laisse à penser que, si les Sévices Publiques sont dans un État lamentable, c'est que l'état de la politique est dans le même!

Écrit par : Baptiste Kapp | 30/08/2012

Cher Dr. Schwaab, vous avez raison, la Suisse ne devrait avoir que des services publiques, les patrons, les banquiers et leurs employés deviennt aussi fonctionnaires, des fonctionaires riches avec des chefs de services encore plus riche, le paradis quoi! Des médias uniques, plus de partis de droite, Le CN pourrai être diminué d'1/3, quelles économies, un parti unique! On pourrai même supprimer les syndicats et pour financer tous ça on pomperai comme les shaddocks.

Écrit par : Machin Chose | 30/08/2012

Oups!
"... il faudrait que les politiques fassent de propositions concrètes suivieNT (sic) d'actes au lieu de pérorer à l'infini."

Les verbes ne sont pas mon fort!
Si le verbe ne forme qu'une petite partie de la phrase , le cas est un peu de même nature que le tronçon Lausanne - Genève. La qualité de tout mon orthographe est en aussi mauvais état que la plus mauvaise partie des voies.

Écrit par : Baptiste Kapp | 31/08/2012

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