06/02/2013

Vous avez dit surréglementation?

Pour economiesuisse et consorts, une chose est sûre, l’initiative de M. Minder «contre les rémunérations abusives» fera «fuir les entreprises» parce qu’elle serait «bureaucratique», «contraignante», bref, rien d’autre que de la surréglementation. Parallèlement, tous ces braves gens défendent avec énergie (et aussi quelques millions) le contre-projet indirect du Parlement. Ils le défendent avec tellement de conviction qu’ils ont même dû promettre de ne pas lancer, ni soutenir, un éventuel référendum au cas où l’initiative venait à être rejetée (car oui, un référendum contre le contre-projet est possible et le président des jeunes UDC a laissé entendre qu’il pourrait le soutenir s’il venait à être lancé, mais c’est une autre histoire…).

Cependant, quand on regarde ce fameux contre-projet d’un peu plus près (comme nous le recommandent les affiches d’economiesuisse), on pourrait lui aussi le confondre… avec de la surréglementation. Voyons cela: le contre-projet indirect contient à vue de nez 38 articles de lois nouveaux ou modifiés, 2 abrogés, 90 alinéas nouveaux ou modifiés, certains comportant… jusqu’à 9 chiffres (p. ex. art. 731f al. 2 P-CO). Sans oublier 4 articles dans les dispositions transitoires comportant 8 alinéas supplémentaires. Selon certains, une grande entreprise cotée devrait ainsi procéder à plus de 1500 adaptations statutaires si le contre-projet devait entrer en vigueur. Alors franchement, quand economiesuisse dénonce une initiative «surrégulatrice» tout en portant le contre-projet indirect aux nues, ça fait un peu sourire.

Quoi qu’il en soit, tant l’initiative que le contre-projet comportent des règles contraignantes auxquelles les entreprises devront s’adapter quelle que soit l’issue du vote. Mais ces adaptations sont, vue l’ampleur des abus salariaux, totalement nécessaires. L’initiative n’est pas de la surréglementation, mais c’est une solution efficace à un état de fait qui scandalise la population. Et n’oublions pas, contrairement à ce que prétendent les partisans des parachutes dorés et autres golden hellos, aucune PME n’aura à s’adapter à ces nouvelles règles, car elles ne sont valables que pour les entreprises cotées en bourse.

Bref, le 3 mars, OUI à l'initiative «Minder»!

15:49 Publié dans votation | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Totalement d'accord avec vous. Le CF et les puissants lobbies (banques, assurances, pharmas, industries alimentaires, les grosses capitalisations boursières) ont mis 4 ans pour pondre un contre-projet, qui, si il est accepté, ne changera RIEN, aux abus actuels! Car ce sont les sociétés mentionnées ci-dessus qui ont peur de cette initiative, PAS les autres!
Les prépaiements, les parachutes dorés, les achats/ventes que les managers font au détriment de l'entreprise et des employés, dans le seul but de recevoir une super prime pour avoir été l'instigateur de la transaction, transactions souvent à l'origine de la faillite ou licenciements en masse. Eux s'en fichent ils partent après leur forfait avec les poches qui débordent graces aux parachutes, en plus de leurs salaires abusifs. Et EconomieSuisse comme le CF, veulent que ces abus puissent continuer, voilà pourquoi ils ont fait ce contre-projet bidon et trompeur et mettent autant d'argent pour manipuler les électeurs. Si Ethos est contre, c'est uniquement parce qu'ils ont peur d'avoir trop de TRAVAIL, d'être obligés d'assister et/ou de voter à TOUTES les AG de leurs "clients" au lieu de ne se déplacer QUE pour UBS & Co, Novartis & Co et ainsi se faire mousser dans les medias en faisant croire qu'ils défendent les petits actionnaires, alors qu'ils ne défendent QUE leurs propres intérêts et ceux de leurs entreprises clients! Ne vous laissez pas manipuler par les mensonges d'ES, Ethos, PLR & Co. Pourtant je déteste la politique de bisounours et d'assistanat des partis de gauche,(je n'aime pas les partis de droite non plus d'ailleurs). Ne vous laissez pas manipuler par les partis politiques (ils omettent de souligner que cette initiative ne touche PAS les PME, seules les sociétés cotées en bourse sont concernées, majoritairement les multinationales, car toutes les sociétés cotées en bourse n'agissent pas de façon, la preuve c'est qu'elles sont majoritairement POUR l'initiative, nous sommes TOUS actionnaires. Il est inadmissible que nos institutions sociales donnent leurs droits de vote (les nôtres en fait) aux conseils d'administration des sociétés dont ils détiennent des actions contre des privilèges, des dessous de tables qui sont versés aux gérants de NOS fonds (AVS/AI, LPP, caisses maladies et de pensions etc.) La seule façon de supprimer ces magouilles est de voté OUI à l'initiative. Vous les patrons de petites et moyennes entreprises qui êtes honnêtes, cotés en bourse ou non, ne vous laissez pas avoir, cette initiative ne vous nuira en rien!

Écrit par : jeff | 07/02/2013

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