31/07/2013

Spécial 1er août: Qu’est-ce que le «modèle suisse»?

Ces dernières semaines, tout le monde y est allé de son couplet sur le «modèle suisse». La suite du couplet reprend souvent les détestables clichés comme quoi «les autres pays font tout faux». Et qu’ils n’ont bien entendu qu’à adopter le «modèle suisse» pour «s’en sortir».

Les partis bourgeois et les milieux économiques semblent d’ailleurs en avoir fait leur seul et unique argument contre toutes les propositions de la gauche et des syndicats. «1 à 12», salaire minimum décent, justice fiscale et imposition équitable, défense du service public, renforcement de l’AVS: toutes ces idées sont à leurs yeux plus proches du bolchévisme que du «modèle suisse». Et, parallèlement, toutes les propositions de la droite, que ce soit tailler dans les prestations sociales et les conditions de travail, saborder le service public ou protéger les criminels qui fraudent le fisc, ne peuvent, de leurs point de vue, que renforcer ce fameux «modèle». Et doivent donc être acceptées telles quelles. C’est pratique; plutôt que d’opposer des arguments de fond, on ne fait que dans le cliché, tout en prétendant que tout ce qui n’est pas conforme à ce fameux «modèle» ne peut que nous mener à une situation comparable à celle de la France, de la Grèce, de l’Espagne et de la Corée du Nord réunies. Si ce n’est pire encore.

La «modèle suisse», ce n’est pas des fantasmes néoconservateurs

Le «modèle suisse» ne saurait être réduit à un florilège de fantasmes néoconservateurs, ni à un argument fourre-tout contre tout ce qui peut s’apparenter de près ou de loin à un progrès social. Ce premier août est une excellente occasion pour donner mon point vue:

  • Le modèle suisse, ce n’est pas la cupidité: Plusieurs entreprises typiquement suisses dont le succès et la compétitivité ne sont plus à démontrer, comme Victorinox ou Coop, ne pratique pas d’écarts salariaux démesurés. Et le succès de notre pays n’est certainement pas dû aux «prouesses» d’une poignée de managers surpayés. Il faut d’ailleurs ce rappeler que, pendant la plus grande période de croissance qu’elle a vécu, notre économie s’en sortait très bien, «malgré» des écarts salariaux ne dépassant jamais 1-8.
  • Le modèle suisse, ce n’est pas la triche: Notre place financière a autre chose à offrir que la protection des tricheurs. En Suisse, on ne triche pas, y compris en matière fiscale, et ceux qui se permettent de s’enrichir sur le dos des contribuables honnêtes doivent être traqués et punis. Et non protégés comme le demande l’initiative faussement intitulée «pour la protection de la sphère privée».
  • Le modèle suisse, ce n’est pas des salaires injustes: La richesse d’un pays n’a de sens que si elle est équitablement répartie entre tous ceux qui la créent. Bas salaires créant des working poors, flexibilité à outrance, sous-enchère et discriminations salariales n’ont rien à voir avec la «qualité suisse». Un salaire minimum décent pour toutes et tous n’est donc certainement pas contraire au «modèle suisse».
  • Le modèle suisse, ce n’est pas le chacun pour soi, ni le chacun dans son coin: Depuis toujours, le service public joue un rôle important de cohésion nationale, d’autant plus important que notre pays comporte une multitude de langues et de cultures. Pousser les collectivités publiques à se désengager des services essentiels à la population pour les livrer aux profits privés n’est donc certainement pas compatible avec le «modèle suisse».
  • Le modèle suisse, ce n’est pas la société du 24h/24: Lorsqu’ils ont envie de faire plaisir à quelques consommateurs impatients (et parallèlement tentent d’imposer petit à petit la flexibilité totale à l’ensemble des salariés), les partisans de la dérégulation des horaires et de la suppression du repos nocturne et dominical oublient vite le «modèle suisse» (c’est dire s’ils y croient) pour imposer à la place un modèle de société à l’américaine, qui ne se repose jamais, au détriment de la santé, de la vie familiale et sociale et de la qualité de vie.

A toutes et tous, je souhaite une très belle fête nationale!

Commentaires

Monsieur Schwaab, permettez que je rie un bon coup en vous lisant.
Cette Suisse dont vous faites l'apologie ressemble trop à un livre d'images lesquelles lorsque vous aurez perdu le voile des illusions ce qui arrive toujours chez tout un chacun dès un certain âge ,vous fera dire comme beaucoup d'autres déjà partis, cette parole du lama voire d'Einstein tout n'est qu'illusions et désillusions
Vous rêver d'un monde propre aseptisé presque purifié ,mais ne rêvez pas trop quand même Hitler aussi l'a recherché et tellement que tous ceux qu'ils croyaient avoir éradiqué à tout jamais se sont réveillés comme un seul homme, je pense aux gitans et Tziganes
parcontre je vous le concède malgré tout .cette belle Suisse dont vous rêvez elle a existé mais au temps ou les gens ne piquaient pas la mouche pour un trottoir sale ou une poubelle qui traine en dehors de sa zone délibérément choisie par le pouvoir qui n'a plus rien à envier au Stalinisme .Et je ne suis pas la seule à penser ainsi ,je vous rassure
toute belle fête pour Vous aussi!

Écrit par : lovsmeralda | 31/07/2013

J'aimerais bien savoir ce que vous pensez de l'élection de Micheline Calmy-Rey au poste de Conseillère Fédérale, impliquée dans l'affaire de la Banque Cantonale de Genève.

Quant à l'initiative "1:12" elle ferait perdre rien qu'à l'A.V.S. des centaines de millions ... est-ce normal, par les temps actuels ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 02/08/2013

M. Dumitrescu, franchement, je ne vois pas ce que votre commentaire à propos de Mme Calmy-Rey, qui n'est plus conseillère fédérale depuis près de deux ans, vient faire ici. En outre, je vous signale qu'elle n'a, à ma connaissance, ni commis de délit, ni subit de condamnation pour l'affaire que vous évoquez.
En outre, je peux vous rassurer concernant les effets de l'initiative "1 à 12" sur l'AVS: les peurs que vous évoquez ne sont que des fantasmes, provenant qui plus est de personnes qui n'ont jusqu'ici pas montré le moindre intérêt pour les finances de l'AVS. C'est même plutôt le contraire. Je vous laisse à ce sujet le soin de lire ceci: http://schwaab.blog.24heures.ch/archive/2013/07/20/les-touchantes-inquietudes-des-adversaires-de-1-a-12-et-de-l-853385.html

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 02/08/2013

Monsieur Schwaab,

Si vous ne voyez pas ce que le commentaire de Monsieur Dumitrescu vient faire suite à votre billet (ce que je peux comprendre), je vois très bien où votre réponse vous mène... À la défence d'une justice de classe.

Vous dites que Madame MCR n'a subit aucune condamnation dans l'affaire de la BCG, donc qu'elle n'a commis aucun délit. Implicitement, vous dites donc que toute personne que la justice blanchi suite à un procès ou non est vraiment nette et, dès lors, dans une autre affaire bancaire, qu'un certain Monsieur Ospel est blanc comme neige, lui aussi.
Si les peurs concernant l'AVS sont des fantasmes, ce qui est vraisemblable, l'idée d'une justice égale pour tous en est un autre.
Le plus grave, c'est que ce fantasme soit véhiculé par des personnes censées tous nous défendre également. La fable "Les animaux malades de la peste" reste vraiment d'actualité.

Les fantasmes concernant l’AVS rejoignent ceux d'une justice impartiale et la blancheur neigeuse de Madame MCR et de Monsieur Ospel ne sont que des fantasmagories.

Écrit par : Baptiste Kapp | 04/08/2013

Cher Monsieur Kapp, le principe de la présomption d'innocence, capital en Etat de droit et auquel vous êtes je l'espère aussi attaché que moi, stipule clairement que quiconque n'a pas été condamné est innocent, en dépit des apparences.
Quant à M. Ospel, c'est malheureusement aussi son cas, même si cela me choque autant que vous. La bêtise, l'incompétence et l'arrogance ne sont en effet pas des délits pénaux (malheureusement?)...
Bien cordialement,

* * *
Je profite de ce commentaire pour signaler que j'ai dû effacer un commentaire de M. Dumitrescu contenant des propos diffamatoires.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 04/08/2013

La bêtise, l'incompétence et l'arrogance ne sont en effet pas des délits pénaux (malheureusement?)...

Entièrement d'accord avec vous, Monsieur Schwaab! Mais pas uniquement dans le cas de Monsieur Ospel (malheureusement?)...

Avec mes meilleures salutations.

Écrit par : Baptiste Kapp | 04/08/2013

Monsieur le Conseiller National Jean Christophe Schwaab,

En effaçant mon commentaire, vous prouvez si besoin était que tout le monde couvre tout le monde, au risque de déraper.

Vous considérez mon commentaire comme diffamatoire ?

Pourtant, en ma qualité de citoyen suisse, genevois et verniolan, je paie les erreurs des politiciens élus pour résoudre des problèmes, pas pour en créer.

La facture est très lourde pour nous, genevois, dans le cadre de cette banque, dont Micheline Calmy-Rey était au Conseil d'Administration.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/08/2013

Monsieur Dumitrescu, je porte à votre connaissance l'art. 173 du code pénal au sujet de la diffamation:
Art 173

1. Délits contre l'honneur.

Diffamation

1. Celui qui, en s'adressant à un tiers, aura accusé une personne ou jeté sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à l'honneur, ou de tout autre fait propre à porter atteinte à sa considération,

celui qui aura propagé une telle accusation ou un tel soupçon,

sera, sur plainte, puni d'une peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus2.

2. L'inculpé n'encourra aucune peine s'il prouve que les allégations qu'il a articulées ou propagées sont conformes à la vérité ou qu'il avait des raisons sérieuses de les tenir de bonne foi pour vraies.

3. L'inculpé ne sera pas admis à faire ces preuves et il sera punissable si ses allégations ont été articulées ou propagées sans égard à l'intérêt public ou sans autre motif suffisant, principalement dans le dessein de dire du mal d'autrui, notamment lorsqu'elles ont trait à la vie privée ou à la vie de famille.

4. Si l'auteur reconnaît la fausseté de ses allégations et les rétracte, le juge pourra atténuer la peine ou exempter le délinquant de toute peine.

5. Si l'inculpé n'a pas fait la preuve de la vérité de ses allégations ou si elles étaient contraires à la vérité ou si l'inculpé les a rétractées, le juge le constatera dans le jugement ou dans un autre acte écrit.

Etant donné que je suis responsable de ce qui est publié sur cette page, je ne saurai tolérer ces accusations, quelles qu'en soient les cibles.
Si vous souhaitez maintenir vos propos, libre à vous de le faire ailleurs. Ou de saisir la justice.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 04/08/2013

Malgré le fait que nombre de journaux ont tout effacé sur leurs sites internet respectifs concernant de près ou de loin tout lien impliquant Madame la Conseillère Fédérale Micheline Calmy-Rey, vous pouvez compter sur moi et mes archives personnelles.

Les archives du Grand Conseil de la République de Genève, ne peuvent en aucun cas disparaître, monsieur Schwaab.

Sachez également qu'internet, malgré toutes les tentatives, est aussi une archive, grâce à Google.

Inutile donc d'effacer mon commentaire, il est présent sur internet.

Bon dimanche.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/08/2013

La Suisse n'est pas encore un modéle mais elle le sera lorsque le PS aura disparu ! Ce parti est anti-démocratique puisqu'il souhaite supprimer l'armée suisse mais ne serait pas contre une armée d'occupation étrangère comme l'armée rouge en Hongrie en 1956, intervention approuvée et soutenue par le PS ! Autre preuve anti-démocratique, le refus de promettre ou jurer de Mme. Sommaruga lors de sa nomination au conseil fédéral !

Écrit par : Larry Klette | 05/08/2013

@Monsieur Schwaab,la chaine Arte donne la réponse à votre question ,en programmant WAR avec comme musique de fond,:A toi Patrie Suisse chérie!de quoi en choquer beaucoup surtout ceux qui sont attentifs les autres peut-être trop jeunes n'auront pas su faire le rapprochement,c'est déroutant!

Écrit par : lovsmeralda | 11/08/2013

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