19/08/2013

Personne ne veut d’une libéralisation totale des horaires, promis!

Pauvres partisans du travail 24h/24! A peine leur reproche-t-on de ne pas vouloir se limiter à quelques «shops», qu’ils jurent leurs grands dieux que jamais au grand jamais ils n’accepteraient une libéralisation totale des horaires de travail. D’ailleurs, selon ces grands défenseurs de consommateurs brimés, le vote du 22 septembre ne porte que sur quelques saucisses à rôtir dans une poignée de shops et n’est donc pas «une libéralisation des heures d’ouverture». Et toute la bande de se confondre en promesses que leur proposition ne vise qu’à satisfaire un besoin ponctuel des consommateurs ou à introduire un «minimum de souplesse», mais que, promis-juré-craché, pas question d’aller plus loin. Une rapide analyse des faits ne tarde pas à lever le voile sur ces larmes de crocodile.

Ainsi, tous les promoteurs d’une «petite», «pragmatique», voire «insignifiante» extension des horaires qui arguent que leur proposition n’est que «ponctuelle» ou ne vise qu’à satisfaire un besoin «particulier»… soutiennent aussi les autres propositions du même acabit. Lesquelles, mises bout à bout, nous amènent gentiment mais sûrement vers le 24h/24, comme le démontre cette liste. Il ne s’agit donc pas de satisfaire des «besoins ponctuels et particuliers», ni de faire preuve de «souplesse», car sinon, tous ces «pragmatiques» refuseraient systématiquement toute autre proposition visant à étendre les horaires de travail.

Par exemple, mon collègue Christian Lüscher (PLR/GE), auteur de la proposition pour le travail 24h/24 dans les shops, a cosigné la motion Christian Wasserfallen (PLR/BE) pour prolonger tous les horaires dans tous les cantons et introduire deux dimanches de travail supplémentaires. Il a aussi appelé de ses vœux une libéralisation totale à la tribune du Conseil national (le 3 mai 2012, cf. BO CN 2012 647). Mais à part ça, il ose prétendre que sa proposition «ne mènera pas à une libéralisation complète des horaires». Et le même de pleurnicher («24 heures» du 13 août 2013): «Mon texte a été prise en otage!» Comme il a intitulé sa proposition «libéralisation des heures d’ouverture», il aurait dû s’attendre à ce que les opposants aux libéralisations des heures d’ouverture protestent.

Une libéralisation des heures d’ouverture qui en est bien une

C’est d’ailleurs le titre même de la proposition de M. Lüscher qui démontre quelles sont les vraies intentions de ses partisans: Elle est, cela a été dit, intitulée «libéralisation des heures d’ouvertures des shops de station-service». Il est donc peu crédible, voire même carrément gonflé, de prétendre qu’une proposition dont le titre est: «libéralisation des heures d’ouverture» n’est pas… une libéralisation des heures d’ouverture. Mais il n’y a pas que le titre, le contenu a lui aussi pour effet d’étendre les horaires de travail. Cette initiative vise à autoriser le travail 24h/24 dans la partie «magasin» des shops. Partie qui doit être fermée entre 1h et 5h du matin, car il n’est pas possible d’y employer du personnel. La rendre accessible n’importe quand, c’est donc bien en libéraliser les heures d’ouverture.

Cette proposition n’a ni été «mal comprise», ni «prise en otage». Elle doit donc être combattue pour ce qu’elle est réellement: une étape vers la libéralisation de tous les horaires de travail.

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