28/08/2013

Votation sur la libéralisation des horaires de travail: mise au point

Les partisans du travail 24h/24 ont bien compris qu’ils perdront le vote du 22 septembre si la population comprend que son réel enjeu est bien la libéralisation totale des horaires de tous les commerces (par petites étapes) et qu’il ne se limite pas donc à une poignée de shops vendant quelques saucisses et autres six-pack de boissons gazeuses. Ils ne reculent donc devant aucune contre-vérité, qui sont décryptées ci-après.

Le 22 septembre, NON à la libéralisation des horaires des shops, NON à la journée de travail de 24 heures!

«Si c’est non, des shops devront réduire leurs horaires.» Faux. Tous les shops aujourd’hui légalement ouverts pourront continuer à l’être de 5h du matin jusqu’à 1h le lendemain (ce qui ne force les consommateurs avides de saucisses à rôtir qu’à une pause de 4 heures seulement). Quant à ceux qui sont ouverts dans l’illégalité, ils devraient déjà être fermés. La loi, c’est la loi.

«Si c’est non, des shops devront réduire leur assortiment.» Faux. Tous les shops qui offrent des marchandises et des services répondant principalement aux besoins spécifiques des voyageurs pourront continuer à les offrir de 5h du matin jusqu’à 1h le lendemain comme c’est déjà le cas aujourd’hui. Il n’existe aucun projet de restriction de l’assortiment.

«Si c’est non, des emplois seront supprimés.» Les partisans du travail 24h/24 prétendent que «le personnel est déjà sur place». S’ils disent vrai, il ne devrait donc pas y avoir de suppressions d’emplois en cas de non. En outre, comme aucun shop légalement ouvert ne devra fermer ou restreindre son assortiment, difficile de voir où ces fameux emplois pourraient être supprimés. Enfin, c’est plutôt en cas de «oui» qu’il y aura des suppressions d’emplois… dans les petits commerces indépendants des villages et des quartiers!

«Si c’est oui, des emplois seront créés.» Si les partisans du travail 24h/24 disent vrai lorsqu’ils prétendent que «le personnel est déjà sur place», il ne devrait donc pas y avoir de créations d’emplois, car le personnel est «déjà sur place». Le Conseil fédéral le dit d’ailleurs lui-même: «L'extension du travail de nuit dans les shops ne devrait guère nécessiter de personnel supplémentaire (…)». Et si, en réalité, ils ont bel et bien l’intention d’augmenter le nombre et la surface de vente des shops concernés en cas de «oui», les emplois «créés» la nuit seront supprimé le jour, car le pouvoir d’achat n’est pas extensible.

«Le personnel est déjà sur place.» Argument contradictoire avec «Si c’est oui, des emplois seront créés.» (cf. précédemment). Si le personnel est «déjà sur place», c’est qu’il n’y aura pas de «création d’emploi». Mais ne nous leurrons pas. Le vote du 22 septembre vise à permettre à tous les shops situés le long des grands axes routiers à forte fréquentation touristique d’ouvrir 24h/24. En outre, la surface des shops a augmenté ces dernières années, ce qui requiert un personnel plus nombreux. Donc, un plus grand nombre de personnes devra sacrifier sa santé et sa vie sociale et familiale pour aller bosser de nuit, dans des conditions précaires, voire dangereuses. Des conditions que les partisans des libéralisation n’accepteraient soit dit en passant jamais pour eux-mêmes.

«Seuls 22 shops sont concernés.» Actuellement, 22 (ou 24 selon les estimations) shops ouvrent 24h/24, dans l’illégalité totale. D’autres ont déjà annoncé leur intention d’ouvrir (La Côte). Mais le projet permettrait à TOUS les shops situés le long des grands axes routiers à forte fréquentation touristique d’ouvrir 24h/24. Bref, le travail de nuit se multiplierait rapidement.

«Le personnel a droit à un supplément de salaire.» Si les partisans du travail 24h/24 connaissaient la loi sur le travail, ils sauraient que, dès 25 nuits de travail par an, il n’y a plus de droit à un supplément de salaire, seulement un supplément en temps. Et c’est la même chose pour le dimanche: qui travaille plus de… 6 dimanches par an n’a plus droit au supplément de salaire prévu par la loi sur le travail. Certes, certains CCT prévoient de tels suppléments, mais ce n’est par exemple pas le cas de la CCT fribourgeoise… des shops. Et rappelons que la grande majorité du personnel des shops n’a pas de CCT.

«Ce n’est pas un premier pas vers une libéralisation totale.» C’est marrant, tout ceux qui nient que leur proposition n’est que «ponctuelle» ou ne vise qu’à satisfaire un besoin «particulier» soutiennent aussi les autres propositions du même acabit. Qui, mises bout à bout, nous amènent gentiment mais sûrement vers le 24h/24. Voir aussi ce billet.

«Nous ne votons pas sur une libéralisation des horaires d’ouverture!» Alors ça, c’est la meilleure. En effet, l’initiative de M. Lüscher est intitulée «libéralisation des heures d’ouvertures des shops de station-service». Et lorsque le Parlement a donné le feu vert à son projet (heureusement, le peuple pourra mettre son veto), son parti a titré: «l’initiative pour une libéralisation des horaires d'ouverture des magasins est une réussite». Il est donc peu crédible de prétendre qu’une proposition intitulée «libéralisation des heures d’ouverture» ne soit pas… une libéralisation des heures d’ouverture. Sur le même sujet.

«Les consommateurs ont besoin de ces horaires élargis.» Ce n’est pas ce que disent les sondages. Ni les urnes. Et même s’il leur arrive de trouver pratique certains horaires élargis, les consommateurs savent faire la part des choses entre leur envie de consommer et les intérêts du personnel concerné.

«Certains métiers ont besoin d’horaires d’ouverture irréguliers, sinon, ils ne pourraient pas faire leurs courses.» (variante de l’argument précédent) Nous ne parlons que de la fermeture des shops de… 1h à 5h du matin. Soit un intervalle de 4 heures à peine. Comme la loi sur le travail prescrit que chaque travailleur (qu’il travaille le jour ou la nuit) ait droit, chaque jour, à un repos d’au minimum 11h consécutives, même ceux qui travaillent en dehors des horaires habituels ont le temps de faire leurs courses. Et je sais de quoi je parle, car mon épouse travaille souvent de nuit (ce qui fait que je sais aussi quel est l’impact du travail de nuit sur la vie familiale). Il faut aussi relever que, lors d’une votation récente à Bâle-ville, les partisans de l’élargissement des horaires d’ouverture avaient fait des affiches avec des pompiers et du personnel de la santé, arguant qu’en raison de leurs horaires de travail atypiques, ils «ont besoin d’horaires étendus». Les professions concernées ont rapidement protesté contre cette utilisation abusive de leur image… et appelé à rejeter la prolongation des horaires!

«Vous êtes contre toute forme de travail de nuit et du dimanche.» Aucun adversaire du travail 24h/24 n’a jamais dit ça. Certainement pas moi, en tout cas. Au contraire, il est incontestable que certains services (santé, sécurité, transports publics, etc.) doivent être assurés aussi la nuit et le dimanche. Mais c’est bien parce que le travail nocturne et dominical et dangereux pour la santé et la vie sociale ou familiale qu’il convient de le limiter au strict nécessaire. Acheter sa saucisse à rôtir 2h du matin dans un shop ne fait certainement pas partie des biens et services essentiels.

«Vous n’êtes pas cohérent, vu qu’il vous arrive de faire vos achats le dimanche.» Ben oui, ça m’arrive. Plutôt rarement, étant donné que je fais attention à ne pas avoir à le faire trop souvent, par respect pour le personnel. Mais, si on peut faire quelques achats le dimanche avec la législation actuelle, c’est bien la preuve qu’elle suffit à répondre aux besoins des consommateurs.

«Prolonger les heures d’ouverture permet de lutter contre le «tourisme d’achat.» Il ne faut pas tout mélanger. Si beaucoup de monde passe la frontière pour faire ses achat, c’est surtout à cause de la différence de prix, exacerbée par la surévaluation du Franc (contre laquelle les partisans de la dérégulation ne veulent d’ailleurs rien faire…). Personne ne fait des kilomètres en voiture uniquement pour «profiter» d’horaire étendus. D'ailleurs, le Crédit Suisse (que l’on ne peut guère suspecter de sympathies syndicales) doute, dans une étude de 2013, qu’il y ait un lien entre horaires d’ouverture et tourisme d’achat.

«Les syndicats sont bornés, ils refusent toute forme de souplesse en matière d’horaire d’ouverture». Il est vrai que quand on est confronté à une multiplication des attaques contre le repos nocturne est dominical tant au niveau fédéral que cantonal, que chaque assouplissement des horaires appelle et justifie le suivant et que, quand on donne le doigt, les partisans des libéralisation finissent pas prendre le bras, il n’y a pas d’autre réponse que la fermeté. Une fermeté qui paie d’ailleurs dans les urnes. Les électrices et électeurs comprennent très bien que la «souplesse» prônée par les partisans se fait en réalité au détriment du personnel.

Commentaires

Monsieur Schwaab,

Peu importe le résultat de la votation, tout ce que vous aurez gagné, c'est d'augmenter le nombre de travailleurs frontaliers.

En effet, nombreux sont les chômeurs français qui voudraient travailler pour 19,- francs suisses de l'heure, comme l'employée du shop de l'émission "Infrarouge" à laquelle vous et elle, avaient participés.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 29/08/2013

Quelle tartine pour une mise au point ! Pourra-t-on la manger dès le 22 septembre ?

Vous écrivez que "personne ne fait des kilomètres ... pour "profiter" ..." etc, je n'en suis pas si sûre. L'avez-vous vérifié ?

De plus, vous écrivez faire aussi des achats le dimanche, vous manquez totalement de cohérence avec votre opposition à cette modification de loi !

A vous lire, seul le PS détient et est capable de vérité : cela ressemble furieusement à une anticipation de programme électoral en vue des prochaines fédérales pas si lointaines, deux ans c'est vite passé.

Écrit par : MBA : initiales | 29/08/2013

Cher (ou chère) MBA, je n'ai pas vérifié personnellement la question du tourisme d'achat, car le crédit suisse l'a fait pour moi, dans l'étude que je cite dans mon billet (et dont vous trouverez les références en lien).
Comme je l'ai dit, et au risque de me répéter, oui, ça m'arrive de faire mes achats le dimanche (en revanche, il ne me viendrait jamais à l'esprit de m'acheter une saucisse à rôtir à 2h du matin. Et vous???). Je ne m'en cache nullement. Comme je l'ai dit, je ne le fais qu'exceptionnellement, par respect pour le personnel concerné. Et, surtout, cela montre une chose: les possibilité actuellement de flexibiliser les horaires d'ouvertures sont largement suffisantes pour les consommateurs, notamment pour les biens de première nécessité ou pour dépanner. Il est donc totalement inutile de les prolonger encore plus. Et vous? Vous est-il déjà arrivé de manquer d'un bien ou d'une service de première nécessité (et qui ne pouvait donc pas attendre le lendemain) le dimanche ou en pleine nuit?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 29/08/2013

Je suis une femme !
Non je ne fais pas de courses à deux heures du mat', s'il me manque quelque chose et bien j'attends tout simplement le lendemain, c'est aussi simple que cela.
Le dimanche, je profite comme tout un chacun de l'excellence des salons de thé morgiens qui préparent de bonnes choses à déguster et à offrir et de très grande qualité !
Seulement, nous ne consommons pas tous de la même façon : pensez aussi aux sportifs qui rentrent au milieu de la nuit pour rejoindre leur chez-soi: je pense tout simplement aux arbitres de football, de hockey, de basket, etc... qui rentrent à deux ou trois en voiture ou même seul et qui doivent s'arrêter pour prendre de l'essence (Lugano-Genève ou Davos-Genève par exemple !), une pause est même recommandée par les milieux de la prévention routière, ces personnes ont le droit de pouvoir consommer autre chose qu'un en-cas mangé rapidement.
La pensée unique : non merci !

Écrit par : MBA : initiales | 29/08/2013

M. Schwaab reconnait faire ses courses le dimanche mais, comme les commerces sont fermés ce jour-là, il fait donc ses achats, comme tout bon socialo, en France voisine. Préfère-t-il Divonne, Les Rousses ou traverse-t-il le lac pour se rendre à Evian ou Thonon ?

Écrit par : Larry Klette | 29/08/2013

Pour ma part je dirai OUI! Sur les grands axes, cela se comprend ne serait-ce pour tout ce qui roule la nuit pour traverser notre pays. De plus ils ne sortiront pas et cela évitera du bruit, des nuisances et nous pourrons dormir tranquille! Les quelques employés nécessaires à cet usage sont des gens consentants et avec un intérêt personnel de travailler la nuit! Alors pas besoin d'en faire tout un fromage!

Écrit par : Corélande | 29/08/2013

A Corélande : suis d'accord avec vous, je voterai aussi oui.

Lorsque l'on lit attentivement le fascicule reçu pour les votations du 22 septembre prochain, on ne parle nullement de l'élargissement des horaires du commerce traditionnel !

Écrit par : MBA : initiales | 29/08/2013

@Monsieur Schwaab,c'est le monde à l'envers .Faudrait déjà commencer par interdire la vente libre sur Internet ! Et on peut soupçonner en vous lisant que tous ces commerces peu à peu voyant diminuer leurs effectifs pour les heures de travail nocturnes finissent par les remplacer par des machines comme Migros pratique déjà
Car voyez vous déjà en 1960 des théories arrivées tous droit du Canada enseignaient au personnel soignant que des pilotes électroniques dirigeraient les lits des patients d'une division à l'autre. Que le personnel serait de plus en plus réduit.Mais voilà entre la théorie et la pratique le fossé prouva l'inutilité du système
Finalement et sans vouloir vous vexer, vous les Socialistes ne relayez que des absurdités venues d'ailleurs ,qui en plus arrosent notre continent depuis l'arrivée du New-âge et qui n'ont jamais prouvé leur rentabilité surtout quand on sait qu'un humain qui gagne sa vie coute moins a la Sécu ou à la société en général
Le Peuple Suisse n'est tout de même pas un peuple de *demeurés* dans l'incapacité de réfléchir par lui même surtout quand il s'agit de son gagne pain
On comprend mieux le pourquoi des moqueries à l'égard de François Hollande et de son parti qui mène tout le monde dans le foutoir ce qui fait rire aux éclats Dame Merkel
toute belle journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 30/08/2013

@Monsieur Schwaab permettez encore ceci.
Franchement avec le recul on ne peut pas dire que vous brilliez pas votre esprit patriotique quand on pense aux nombreux vignerons qui doivent lutter pour survivre et surtout pour qu'une fête aussi majestueuse que la Fête des Vignerons puisse continue d'exister!
A moins que la prochaine soit au nom du mariage pour tous, vraie porte ouverte à toutes les déviances et ouverte en grand par un Président Socialiste qui adore bien boire et surtout agaper comme tout Français qui se respecte depuis la nuit des temps et qui n'a de cesse de faire la morale à son peuple et qu'il n'est nul besoin d'imiter

Écrit par : lovsmeralda | 30/08/2013

A Lovsmeralda : bravo pour vos commentaires piquants teintés d'une bonne humeur qui vous sied très bien !

Écrit par : Initiales MBA | 30/08/2013

"pensez aussi aux sportifs qui rentrent au milieu de la nuit pour rejoindre leur chez-soi: je pense tout simplement aux arbitres de football, de hockey, de basket, etc... qui rentrent à deux ou trois en voiture ou même seul et qui doivent s'arrêter pour prendre de l'essence (Lugano-Genève ou Davos-Genève par exemple !)"

C’est vraiment touchant. Vous êtes en train de nous dire que ces pauvres sportifs sont incapables de faire preuve d’un tantinet d’anticipation? Prévoir un petit pique-nique pour le retour est juste trop demander? Dès lors il est donc justifié et raisonnable de faire travailler des gens –peu qualifiés et bien souvent en situation de non-choix– de 1h à 5h du mat’ pour que footballeur à petit creux puisse acheter sa pizza, entre 1h et 5h du mat'.

On se demande comment il faisait le footballeur à l’époque, où tout était moins bien, forcément, puisque les shops n’existaient pas. Le pauvre était obligé d’aller manger la pizza au resto lors de l’après-match et de partager un horrible moment de convivialité avec le reste de son équipe. On se demande même comment on a fait, nous tous dans l'ensemble, pour survivre et arriver jusqu'en 2013 sans l'existence des shops en station service!

De plus, puisque vous êtes une femme, MBA, vous devriez n’être que plus touchée par le sort des femmes peu qualifiées, hélas majoritaires dans le domaine de la vente en supermarché : vendeuses dans un magasin de station service à 16.- frs/heure. Cela fait rêver. Les gamins? Tu les verras entre 13h et 17h, avant de repartir, en voiture, au boulot. Et tant pis s'ils trainent dans la rue, avec les conséquences que l'on connaît. A moins que les structures d'accueil parascolaire n'ouvrent 24h24 elles aussi?

En ce qui concerne la pause après deux heures de route, il existe à cet effet des automates / distributeurs de café qui permettent à tout conducteur un peu fatigué de se requinquer. Pas le meilleur café j'en conviens, mais acceptable quand on roule la nuit. Après si pour vous le must c'est l’ambiance « bistro station-service » néons blafards, écrans plats diffusant des clips musicaux, lecture de journal vitaminé orange sur table haute en sirotant son café, tous les goûts sont dans la nature.

Mais ce qui est véritablement choquant dans cette volonté de libéraliser les horaires d’ouverture en dépit de ses effets néfastes sur la santé qui ne sont plus à prouver, c’est cet alignement sur le modèle de consommation sans limites à l’américaine, où le citoyen n’est plus qu’un consommateur décérébralisé qui doit être tout le temps, toujours et tout de suite en « acte d’achat ». La gratification instantanée, le cerveau sur off, et comme remède aux maux de la nature humaine : la « shopping therapy ».

Tant que la Suisse parviendra à résister à ce modèle sociétal de dégénérés, il fera bon vivre dans ce pays.
Voir des zombies déréglés errer à 3h du mat' pour s'acheter une saucisse de veau ne m'apparaît pas comme une avancée sur le plan humain ni un progrès pour notre pays.

Écrit par : Vivre simplement pour que les autres puissent simplement vivre | 03/09/2013

@MBA: « pensez aussi aux sportifs qui rentrent au milieu de la nuit pour rejoindre leur chez-soi: je pense tout simplement aux arbitres de football, de hockey, de basket, etc... qui rentrent à deux ou trois en voiture ou même seul et qui doivent s'arrêter pour prendre de l'essence (Lugano-Genève ou Davos-Genève par exemple !) »

C’est vraiment touchant. Vous êtes en train de nous dire que ces pauvres sportifs sont incapables de faire preuve d’un tantinet d’anticipation? Prévoir un petit pique-nique pour le retour est juste trop demander? Dès lors il est donc justifié et raisonnable de faire travailler des gens –peu qualifiés et bien souvent en situation de non-choix– de 1h à 5h du mat’ pour que footballeur à petit creux puisse acheter sa pizza, entre 1h et 5h du mat'.

On se demande comment il faisait le footballeur à l’époque, où tout était moins bien, forcément, puisque les shops n’existaient pas. Le pauvre était obligé d’aller manger la pizza au resto lors de l’après-match et de partager un horrible moment de convivialité avec le reste de son équipe. On se demande même comment on a fait, nous tous dans l'ensemble, pour survivre et arriver jusqu'en 2013 sans l'existence des shops en station service!

De plus, puisque vous êtes une femme, MBA, vous devriez n’être que plus touchée par le sort des femmes peu qualifiées, hélas majoritaires dans le domaine de la vente en supermarché : vendeuses dans un magasin de station service à 16.- frs/heure. Cela fait rêver. Les gamins? Tu les verras entre 13h et 17h, avant de repartir, en voiture, au boulot. Et tant pis s'ils trainent dans la rue, avec les conséquences que l'on connaît. A moins que les structures d'accueil parascolaire n'ouvrent 24h24 elles aussi?

En ce qui concerne la pause après deux heures de route, il existe à cet effet des automates / distributeurs de café qui permettent à tout conducteur un peu fatigué de se requinquer. Pas le meilleur café j'en conviens, mais acceptable quand on roule la nuit. Après si pour vous le must c'est l’ambiance « bistro station-service » néons blafards, écrans plats diffusant des clips musicaux, lecture de journal vitaminé orange sur table haute en sirotant son café, tous les goûts sont dans la nature.

Mais ce qui est véritablement choquant dans cette volonté de libéraliser les horaires d’ouverture en dépit de ses effets néfastes sur la santé qui ne sont plus à prouver, c’est cet alignement sur le modèle de consommation sans limites à l’américaine, où le citoyen n’est plus qu’un consommateur décérébralisé qui doit être tout le temps, toujours et tout de suite en « acte d’achat ». La gratification instantanée, le cerveau sur off, et comme remède aux maux de la nature humaine : la « shopping therapy ».

Tant que la Suisse parviendra à résister à ce modèle sociétal de dégénérés, il fera bon vivre dans ce pays.
Voir des zombies déréglés errer à 3h du mat' pour s'acheter une saucisse de veau ne m'apparaît pas comme une avancée sur le plan humain ni un progrès pour notre pays.

Écrit par : Vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre | 03/09/2013

« Lorsque l'on lit attentivement le fascicule reçu pour les votations du 22 septembre prochain, on ne parle nullement de l'élargissement des horaires du commerce traditionnel ! »

Celui-ci ne saurait tarder. Quel sera l’effet de l’ouverture nocturne des minis supermarchés en station service sur le commerce traditionnel ?

Actuellement, les shops sont régis par Coop avec Coop Pronto et Migros avec ses stations Migrol et par son partenariat avec Shell et les assortiments Migrolino.

En conséquence, les autres commerces réclameront eux-aussi les ouvertures prolongées, ce qu’ils font déjà car c'est leur droit. En conséquence, les employés auront des pressions pour accepter les horaires prolongés, ce qui est déjà le cas actuellement.

Encore que certains collaborateurs soient consentants au travail nocturne pour leurs raisons propres, la majorité des collaborateurs aspire à une vie normale, familiale, stable et donc diurne.

A moins de céder leurs parts de marché à Coop/Migros, les commerces traditionnels n’auront pas le choix que de s’incliner ou d’ouvrir tardivement également.

Le résultat est que Coop/Migros auront la mainmise sur la chaine alimentaire de la production agricole jusqu’à la distribution, et leur pouvoir sera renforcé. En conséquence moins de choix pour les consommateurs et un quasi monopole des prix pour ces deux distributeurs.

Aldi, Manor, etc auront intérêt à ouvrir eux aussi des stations services nocturnes s’ils ne veulent pas perdre le marché. En quoi cela représente-t-il une amélioration des conditions de travail et de vie familiale ?

NON le 22 septembre!

Écrit par : Martin | 04/09/2013

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