30/01/2014

Des dangers du «vote signal»

Combien de fois n’a-t-on pas entendu dans la campagne sur l’initiative «contre l’immigration de masse»: «C’est une très mauvaise solution, elle est pire que le mal, mais je voterai quand même oui pour manifester mon mécontentement et donner un signal aux autorités». Il y a aussi: «J’espère qu’elle ne sera rejetée que d’un cheveu, pour qu’ils comprennent. Mais j’espère bien qu’elle ne passera pas, car ce serait la catastrophe pour nos emplois». Il est vrai que, vu la situation, vu l’incurie de certains partis et cantons, c’est assez tentant de leur secouer les puces en leur faisant savoir qu’on est mécontent ou en leur donnant «un signal». Le sondage publié hier soir nous rappelle qu’un «vote signal» ou « d’avertissement» n’est jamais une bonne idée et qu’il est toujours dangereux, même si c’est seulement pour faire peur, de dégoupiller une grenade qu’on ne pourrait pas regoupiller ensuite. Je me souviens encore avec effroi du premier tour de la Présidentielle française du 21 avril 2002 et de la présence de l’extrême-droite fasciste au second tour. Combien avaient-il été alors à ne pas voter pour M. Jospin «pour lui donner un signal», pour qu’il soit «plus à gauche», plus ceci ou moins cela? Tous s’en sont alors mordus les doigts. Si j’avais pu voter, j’aurais peut-être été dans leur cas…

Il faut donc bien avoir à l’esprit qu’un scrutin n’est jamais gagné d’avance, quoi qu’en disent les sondages. Et qu’un oui peut certes avoir pour effet que le résultat sera serré tout en penchant pour le non. Mais il peut aussi avoir pour effet... que le oui l’emporte.

Or, nous savons quelles seraient les conséquences d’un oui à l’initiative destructrice de l’UDC:

Il ne serait donc guère responsable de mettre en danger pareillement notre pays, au prétexte de vouloir «donner un signal». Car, en cas de oui, ça ne serait pas «un signal», ce serait un fait accompli, qui plongerait notre pays dans des difficultés importantes sans résoudre le moindre problème pour lesquels le «signal» devrait être donné: Un oui ne faciliterait pas la construction d’infrastructures et de logement, ni ne créerait le moindre emploi. Au contraire, les délocalisations détruiraient des postes de travail et il serait beaucoup plus difficile de recruter le personnel nécessaire à la construction et à la bonne marche des infrastructures dont nous avons besoin, croissance de l’immigration ou pas.

Avant de «donner un signal», réfléchissons donc aux conséquences d’un résultat qui ne serait pas un signal, mais une catastrophe bien réelle. Le seul vote responsable est donc un NON à l’initiative «contre l’immigration de masse».

Il faut enfin relever qu’il existe des solutions contre les problèmes soulevés par le débat sur l’immigration. Le peuple pourra d’ailleurs bientôt se prononcer sur le salaire minimum, puis sur les initiatives cantonale et fédérale de l’ASLOCA pour résoudre la crise de logement.

Commentaires

Monsieur Schwaab ,ils sont nombreux les citoyens à se plaindre de ce qui ressemble de plus en plus à un dérivé de la trop célèbre propagande Allemande.De toutes manières ces votations tournent de plus en plus à la manipulation mentale
C'est une des raisons majeures qui incite à remplir son bulletin de vote dès réception,ensuite que le bal des blablas continue pour ceux que cela amuse
très bonne année 2014 pour vous!

Écrit par : lovsmeralda | 30/01/2014

100% d'accord avec vous Monsieur Schwaab

oui à l'initiative de l'UDC = + d'impôts, + de cotisations AVS, + de fonctionnaires, + de bureaucratie, - d'emplois, donc un appauvrissement de tous les travailleurs.

NON à cette initiative extrêmiste

Écrit par : exact!!! | 30/01/2014

Si les fonctionnaires d'Etat doivent travailler un peu plus, ça n'est pas un mal. La Confédération avait déjà engagé 400 personnes rien que pour la vignette et là bizarrement personne n'a trop été étonné.
140'000 chômeurs réintégrés dans le monde du travail, c'est pas mal non plus aux niveaux des cotisations en plus et des prestations en moins.
Faut pas peindre le diable sur la muraille, simplement par mauvaise foi.
Pour les soi-disantes exclusions venant de l'UE attendons déjà les élections de mai prochain et nous verrons avec qui nous allons pouvoir discuter et négocier. L'initiative dit bien dans les 3 ans...d'accord!

Écrit par : Corélande | 30/01/2014

Trop tard! Vivons dangereusement! Pire comme-ci, ou pire comme-ça, c'est ça le choix! Et puis ça fera une confusion de moins sur l'origine de l'exploitation... Tenez au fait, il y a en ce moment un commentaire en attente de "modération" sur un blog socialiste de parti, à la TdG...

"Monsieur Hollenweg:"on se choisit un adversaire lointain en oubliant que nos adversaires réels sont les pouvoirs économiques, sociaux et politiques de notre pays."
"On" ne choisit rien, justement. "On" oublie rien non plus!
Il semble, à la lecture de votre texte et de la réponse au commentaire de Mr Zimmerman, que pour vous, le "travailleur" étranger soit muni d'une aura de révolutionnaire du fait même de son origine nationale, ce qui ne lasse pas de "nous" étonner sans pourtant "nous" surprendre. Surtout si l'on considère la position de "jaune" qui lui échoit!
Pas plus de grève, d'absteséïsme ou de lutte sociale quelconque depuis "l'ouverture", mais une bonne volonté face au "patronnat", un volontarisme dans l'exploitation, qui doit laisser rêveur tout bon exploiteur!

De fait la position des partis de gauche -dont l'un vous voit au moins membre-, est surtout un aveu d'échec international! "Les pouvoirs économiques, etc"* transnationaux, mondialisé ne rencontrent pas de front international, d'opposition (L'internationale socialiste? AHAH!)

"Nous"ajoutons que dans ce pays, les partis dont le votre, ne brillent pas par l'utilisation du parlementarisme primaire à des fins de combat RÉFORMISTE, ou même de simple protection de ceux que justement "vous" de la-haut, de vos perchoirs PRÉTENDEZ DÉFENDRE! -contre par exemple la spéculation immobilière,par exemple et par exemple-
Bon c'est vrai, "on" perd notre temps lààà.
Ah, juste une chose, ça fait bien depuis 1979, lors d'une conversation avec un troskyste -mais dans ce cas s'agit-il vraiment de conversation?- que l'"on2 avait plus entendu l'adjectif "lambertiste", et "nous" avouaons ne toujours pas savoir de quoi il s'agit! Seriez vous assez aimable pour expliciter?

Dédé pour le Trio-Octet-infernal

*Pour "nous" économique suffit il n'y en a pas d'autre, l suite de votre liste n'est que subdivision de celui-là) Fini... Nous l'avons collé avec ses fautes d'ortographe

Écrit par : Doug Destroy | 31/01/2014

Doug Destroy @ lambertiste ? Vous ne vous intéressez pas à J-L Mélenchon ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Lambert_(politique)

Écrit par : Géo | 31/01/2014

Monsieur Schwaab,

Vous parlez des dangers du vote "signal", mais parlez aussi des dangers des politiciens, "clowns de la désinfo" qui nous bourre le mou. Leur responsabilité est beaucoup plus forte que celle des citoyens qui envoient des "signaux" !... Mais motus!... Parmi les bourreurs de mou, il y a des Socialis'es!

PS: Pour mieux comprendre ce commentaire et si vous avez le temps, lisez "Le Temps" et mon dernier billet.

JCB alias Père Siffleur

Écrit par : Père Siffleur | 31/01/2014

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