24/02/2014

Le salaire minimum réduira la «facture sociale»

Les montants de la «facture sociale» font régulièrement parler d’eux dans notre canton. Les communes se plaignent de manière récurrente de leur augmentation… et surtout du fait qu’elles n’aient pratiquement aucun pouvoir sur eux. La droite du parlement cantonal annonce d’ailleurs vouloir s’y attaquer à grands renforts de roulements de tambours. Or, ceux qui déplorent l’augmentation des dépenses sociales ne lèvent que rarement le petit doigt lorsqu’un objet fédéral entraîne un report de charges sur les dépenses sociales (on peut penser aux révision de la LACI ou de l’AI), ou, comme c’est le cas du salaire minimum, permettent de les diminuer. Car le salaire minimum légal est un moyen efficace pour garantir un revenu décent. Et qui dit revenu décent, dit augmentation des recettes fiscales et surtout diminution de la dépendance aux aides étatiques: aide sociale, revenu d’insertion, subventions pour les primes LAMAL, autres mesures de soutien comme les bourses d’étude pour les jeunes en formation, etc.. Cette intervention de l’Etat s’apparente à un subventionnement de l’économie, à une socialisation des coûts: les entreprises qui comptent sur de très bas salaires pour arrondir leurs bénéfices délèguent leur responsabilité à l’Etat… et aux contribuables.

Un revenu décent pendant la vie active… et après!

Mais le salaire minimum permet aussi de garantir un meilleur revenu non seulement pendant la vie professionnelle, mais aussi pour la retraite. Et, garantir de meilleures rentes AVS et du 2ème pilier, c’est diminuer les dépenses des prestations complémentaires, elles aussi à la charge des cantons.

D’ailleurs, les recettes des assurances sociales seront sensiblement améliorées grâce à l’initiative. Selon avenir.suisse, qu’on ne peut pas soupçonner de sympathies syndicales, l’augmentation de recettes sera d’environ 126 millions de francs par an pour l’AVS, chiffres corroborés par une étude d’Unia menée par un ancien professeur à la HES de Lucerne[1]. Selon les calculs d’Unia, les assurances sociales devraient au total bénéficier d’une augmentation de recettes de quelque 300 millions de francs.

Les contribuables gagnants

Le salaire minimum est donc une opération gagnant-gagnant pour l’Etat, qui verra ses dépenses sociales diminuer et ses rentrées fiscales augmenter. Malheureusement, le Conseil fédéral n’a pas voulu étudier la question et l’a dit noir sur blanc en réponse à une interpellation de la conseillère nationale Jacqueline Fehr. Espérons que le Conseil d’Etat vaudois sera un peu plus curieux et qu’il répondra de manière détaillée à l’interpellation du député Stéphane Montangero.

Les initiants ont fait leurs calculs. Selon l’étude d’Unia précédemment évoquée, les dépenses d’aide sociale baisseront de 100 millions de francs dans tout le pays en cas de oui. On ne peut qu’espérer que les communes vaudoises et leurs association-faîtières saisiront cette chance de faire baisser la «facture sociale» sans péjorer la situation des personnes en difficultés.

Le salaire minimum légal ne doit cependant pas être soutenu uniquement parce que les collectivités publiques et les contribuables y ont intérêt, mais surtout parce qu’il améliorera concrètement la vie de centaines de milliers de travailleurs et de leurs familles.

Commentaires

"Le salaire minimum est donc une opération gagnant-gagnant pour l’Etat, qui verra ses dépenses sociales diminuer et ses rentrées fiscales augmenter."

Juste cette phrase devrait en faire réfléchir plus d'un avant de mettre un oui dans l'urne!

Puis après ils relisent le titre du paragraphe:
" Les contribuables gagnants "

Écrit par : Corélande | 24/02/2014

@Corélande
Si la facture sociale diminue, les contribuables y sont immédiatement gagnant.
C'est quoi votre problème avec ça? Vous êtes aussi contribuable dans votre commune, qui doit payer des aides sociales à des gens qui ne gagnent pas assez. Donc VOUS compléter le salaire qu'une entreprise n'est pas d'accord de payer.
Vous trouvez cela normal?
Donc oui, l'état sera gagnant, c'est évident, car il verra une diminution des coûts. Et cette diminution se verrait reportée directement, ou sur du plus long terme, sur les contribuables, qui paient pour ces prestations.

Mais on sait bien que vous êtes une aigrie qui fait partie de ceux qui commencent par s'attaquer aux étrangers, ce qui est fait, il faut maintenant continuer à s'attaquer aux pauvres, qui sont forcément des fainéants profiteurs.

Écrit par : Lefredo | 25/02/2014

Une fausse bonne idée, le salaire minimum ! En effet, regardont simplement le résultat en France voisine: la facture socilae a-t-elle été réduite ? NOn, elle a augmenté, de plus, avec un salaire minimum en France, une caissière et une infirmière gagnent le même salaire ! Voilà qui motive à faire de études ! Pire, avec le salaire minimum, les entreprises se basent sur celui-ci et non sur les compétences des employés, du coup pas d'augmentations.

Notre pays se porte bien, bien mieux que nos voisins et ceci grâce au système actuel, on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre, mais à choisir notre système est meilleur ! NON au salaire minimum !

Écrit par : Steeve | 25/02/2014

Une fausse bonne idée, le salaire minimum ! En effet, regardont simplement le résultat en France voisine: la facture socilae a-t-elle été réduite ? NOn, elle a augmenté, de plus, avec un salaire minimum en France, une caissière et une infirmière gagnent le même salaire ! Voilà qui motive à faire de études ! Pire, avec le salaire minimum, les entreprises se basent sur celui-ci et non sur les compétences des employés, du coup pas d'augmentations.

Notre pays se porte bien, bien mieux que nos voisins et ceci grâce au système actuel, on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre, mais à choisir notre système est meilleur ! NON au salaire minimum !

Écrit par : Steeve | 25/02/2014

Cher Steeve, il n'est pas pertinent de comparer le SMIC français avec le salaire minimum tel qu'on le conçoit en Suisse. Les craintes que vous exprimez en vous basant sur l'exemple français ne se réaliseront pas dans notre pays, pour la simple et bonne raison que la conception des salaires minimaux est très différentes. Lisez-donc ce billet pour en savoir plus: http://www.schwaab.ch/archives/2011/04/27/les-adversaires-du-salaire-minimum-ont-ils-un-autre-exemple-que-la-france/

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 25/02/2014

Le problème n'est juste l'exonération comme vous le prétendez, mais le fait de tirer les salaires vers le bas, si encore, il y avait une base variable en fonction du secteur d'activité, mais ce n'est pas le cas !

Écrit par : Steeve | 25/02/2014

Bon vous n'êtes pas content depuis le 9, j'assume et m'en réjouis!
Je plains surtout les employés et autres ouvriers que vous défendez, puisque votre objectif c'est d'engraisser l'état sur le dos des plus pauvres; ou si vous préférez la classe moyenne -1er étage qui va passer au rez!

Du coup vous allez alourdir la facture plutôt que le contraire, puisque comme chez Bombardier 2012-2013, ils ne vont pas se gêner de mettre leurs ouvriers en chômage technique, donc à la charge des autres!

Pour revenir à l'exemple Bombardier, chez eux il n'y a pas de salaires inférieurs à Fr. 4'000. Vous allez créer une discrimination par votre votation, car elle ne concerne qu'une minorité déjà lésée et qui le sera encore plus. (déductions charges sociales, impôts en plus - limites de diverses aides dépassées...bingo)

Bien sûr, tous les Votants comme vous par exemple, qui ont plus de 4'000.--/mois n'ont aucun soucis à se faire, ce n'est pas eux qui vont faire faire des bénéfices à l'état!

Écrit par : Corélande | 25/02/2014

Salaire minimum ou convention collective, cela n'aura plus grande importance si la Confédération se laisse piéger par l'Union Européenne dans les négociations actuelles de l'accord institutionnel Suisse-UE.
En effet, celui-ci prévoit que les employés étrangers DETACHES pour fournir une prestation en Suisse seront rémunérés selon les tarifs en vigueur dans leur PAYS D'ORIGINE.

Ainsi des travailleurs portugais peuvent être envoyés 3 mois sur un chantier à Gstaad, payés 5 euros de l'heure si tel est le salaire au Portugal. Et au diable les conventions collectives existantes et/ou hypothétique salaire minimal! Les pays de l'UE qui se sont opposés à ces pratiques se sont vus sanctionner par la Cour de Justice Européenne (CJE), plénipotentiaire puisque seul le cadre européen fais foi. Voir arrêts Viking, Rüffert, Laval.

Pour notre pays, cela signifie plus de dumping et mépris total des acquis syndicaux.
La question n'est pas d'aimer, ou de ne pas aimer, les Croates ou les étrangers. Lorsque la pratique des travailleurs étrangers détachés se généralisera, et c'est bien parti, nous iront au devant de crises sociales sans précédents dans ce pays. L'accepter sans se battre n'est pas une solution.
Notons que l'enjeu de cet accord institutionnel n'as pas été mentionné une fois dans le débat (ou absence de) qui a précédé la votation du 9 février!

Écrit par : Urs | 25/02/2014

Quand on sait l'importance des PME dans le PIB de la Suisse, on se rend immédiatement compte que cette mesure suicidaire se traduirait, au cas par cas, par des licenciements, des augmentations de cadence ainsi que du travail au noir, et des pertes de compétitivité, etc., etc.

Donc les Suisses diront certainement NON à 65-68 %, avec cette même lucidité qui leur a fait rejeter les six semaines de vacances pour tous, en 2009. Et, vraisemblablement hélas, avec une plus forte majorité rejetante chez les lucides Alémaniques que chez les jobards Romands.

Écrit par : Luc Ratif | 26/02/2014

Ainsi que la f R acture sociale...

Écrit par : Christine Lavanchy | 27/02/2014

Avant de discuter, peut-on savoir à combien, en France, se monte ledit salaire minimum? Tenir compte des besoins, évidents, de son prochain, est-ce trop demander? Voir les dépenses sociales diminuer est une nécessité car trop et de plus en plus de dépenses sociales, à la longue, signifierait moins de "moyens" pour le social! et de "rentrées" pour les impôts vu que les personnes assistées... des impôts en sont exonérées, non?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 28/02/2014

"rentrées" pour les impôts vu que les personnes assistées... des impôts en sont exonérées, non?!

Et donc on s'octroie des salaires, et ceux-là, ceux qui pèsent sur vos impôts on en fait quoi?
On euthanasie, comme les mêmes veulent pénaliser les "obèses" dans l'assurance maladie?!?!??!?!???

Franchement va plus falloir être pauvres et en surpoids dans ce pays!
Ceux qui sont de chez nous et dans le besoin on les soutient!

Et faisons déjà le nécessaire avec ceux qui abusent en venant que pour se servir dans les caisses sociales auxquels les "nécessiteux locaux" ont participé par le passé!

Écrit par : Corélande | 01/03/2014

@Myriam Belakovky
Le SMIC annuel est de 17 344,60 € brut soit pour 35 heures fois 52 semaines.
Impôts sur le revenu est de 14% sur cette tranche.
http://www.service-public.fr/actualites/00441.html

Il ne faut pas oublier les diverses cotisations sociales ainsi que la Cotisation de Solidarité Généralisée (CSG) qui vient s'ajouter
d'autres taxes récemment créées en vigueur en 2014
l'épargne retraite (anciennement système cotisation/répartition, nouvellement système de capitalisation du 2è pilier comme en Suisse)

Les charges sociales portent sur toutes les sommes perçues à l'occasion d'un travail, pour notamment financer les régimes de protection sociale, et se divisent en cotisations patronales (environ 43% à la charge de l'employeur), qui s'ajoutent à la rémunération brute, et en cotisations salariales (environ 21%, à la charge du salarié) qui viennent en déduction de la rémunération brute.

Le patronat presse Hollande en ce moment pour que les cotisations sociales familiales, part patronale, tendent vers zéro. C'est donc un transfert de cette charge qu'elle attend sur les travailleurs et l'état.
D'autres négociations portent sur le fameux "Coût du travail" en plus des 20 milliards offerts au patronat pour la compétitivité qui vont faire baisser les salaires.
Le patronat réclame jusqu'à 100 milliards d'euros d'ici à 2017 pour le "pacte de responsabilité" au nom de l'innovation et de création d'emplois. Ce pacte, originellement appelé "pacte de solidarité. Ce glissement semble être accepté par tous les interlocuteurs.

SMIC horaire brut français 9,30€

SMIC horaire brut allemand de 8,50€
ne sera en vigueur qu'à partir de janvier 2015
......................

En Suisse:
Il est évident que le salaire minimum de 4000.00 chf va balayer le petit commerce et les petites entreprises comme la bise emporte les feuilles d'automne.
Ils tournent juste et très nombreux n'extraient pas un salaire suffisant pour eux-même en tant que patrons, ni pour leurs employés.

Mais c'est là une des réalités de l'économie de façade qui n'a pas tissé sa toile de façon solide et durable, privilégiant une économie de profit nomade de grande taille, de culture mondialiste et sans racines sur le territoire.
Si effondrement il y a, et il y aura de toute façon tôt ou tard, lorsque cette économie mondialisé ne trouvera plus son compte ici et qu'elle émigre, l'économie de proximité (l'amortisseur de chute), locale, diverse et utile fera défaut.
C'est cette économie qu'on a sacrifiée en premier.

Comme on le voit déjà depuis quelques temps, il ne reste plus que des marchands de soupe et de fripe, c'est signe d'une économie nationale en mauvaise santé. il n'y aura donc plus grand espoir de redressement. Surtout que ces petits auto-entrepreneurs commencent, depuis cinq ans, à déposer les plaques après avoir consumé toute leur épargne et grillé leur deuxième pilier.
Leur prise en charge à l'assistance publique aura un coût pour les cantons.

Des avenues entières ont vu des arcades commerciales s'ouvrir et se fermer de 6 mois en 6 mois.
Parallèlement à cela, des galeries d'art s'ouvrent sans aucune exposition sur plusieurs années, elles sont subventionnées, entre autres, par des sociétés aux noms exotiques pour les Suisses, figurent des banques privées parmi leurs mécènes.

De l'argent, il y en a. Il n'est pas canalisé aux bons endroits.
Comment le pourrait-on?

4000.-- chf de smic. Ce serait pas mal du côté salariés, pour autant qu'ils n'aient pas 2000.--chf à 2700.--chf de loyer mensuel et 300 francs de caisse maladie par tête.
Du côté logement et loyer, les mesures seront aussi à prendre rapidement autrement le smic n'aura servi qu'à faire augmenter les loyers.

On subventionnera moins les entreprises mais on subventionnera les propriétaires immobiliers.

Écrit par : Beatrix | 03/03/2014

Beatrix: de quoi avons-nous besoin pour vivre (vivre! pas sous-vivre ou survivre) Loyers, Impôts, assurance maladie, autres factures, achats indispensables... telle est la question qui se pose.. quelle que soit la "situation des petites entreprises", votre commentaire, n'y changeant rien. une question: si nous envisagions de voir les choses d'une autre façon (conditions et qualité de vie pour chacun,en tout premier lieu, quelle que soit la formation et qualification de la personne, quel que soit le travail (pas les professions libérales) MAIS prise en compte des besoins existentiels de chacun, prise en compte, attention, prévenance par le fait motivante, encourageante pour les personnes avant la prise en compte du travail et de la qualification, années d'expérience, aussi. De tels salaires, humains, à réadapter selon la conjoncture avec soin, équité, droiture et conscience. Vous voyez, vous écrivez une chose forte: "(...) les mesures seront aussi à prendre rapidement autrement le smic n'aura servi qu'à faire augmenter les loyers" (de même,dès les années 1970 env. le travail des femmes mariées: dès ce second salaire, les prédateurs aux aguets firent en sorte de faire tout augmenter.
En passant, les AVS, qui n'ont pas moins de factures à régler que les autres ne bénéficient pas d'un treiziéme mois de salaire étant entendu que, contrairement aux dires, de Monsieur Couchepin, à l'époque, tous les "rentiers" AVS ne sont pas riches, loin s'en faut. Ne faudrait-il pas remédier (pas dans mille ans) à cette inégalité? (Educatrice de formation je ne puis en aucun cas jouer les économistes, en revanche, sur le terrain, j'ai constaté mille détresses, tracas, désespoir, impuissance... INDIFFERENCE CROISSANTE DES NANTIS SINON POUR SE FAIRE VALOIR OU ELIRE.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 07/03/2014

@ Myriam Belakovsky

Vous m'interpelez sur ces questions dont vous connaissez déjà les réponses.
Une seule réponse au présent: se battre pour des projets collectifs, se concerter pour trouver des solutions.

Quelle que soit le montant du minumum, il faudra se battre pour que le coût de la vie ne dépasse pas ce minimum. Ça c'est l'idéal. Dans la réalité, il faut poser des digues pour empêcher que les vagues d'appétit trop grand de principaux fournisseurs de services vitaux comme le logement ne devienne les principaux destinataires de ces améliorations.
Ce qui ne va pas plaire aux milieux économiques. C'est pourquoi je prône toujours l'équilibre.

Il est probable que nous ayons à nous prononcer encore cette année sur l'initiative de B.I.E.N (Basic Income Earth Network) qui allouerait 2500 francs par personne adulte sans contrepartie d'aucune sorte.

Je ne veux pas commencer le débat ici, mais si nous trouvons que le minimum de 4000 francs, ce n'est pas suffisant pour boucler le mois sans tracas, 4500 ou 6000 francs ou davantage n'y suffiront pas non plus.
Les statistiques fédérales faisaient état de 4000 francs de dépenses ordinaires incompressibles(il y a trois ans déjà) pour une personne seule. Depuis ce temps là, la vie a renchéri. Le minimum du filet de sécurité est que ce minimum suive correctement l'index du coût de la vie, mais cet index doit intégrer le loyer, les énergies, la caisse maladie et les assurances de protection sociale. Jusque là ce n'est pas le cas.
Oui, je prône un index intégral.

Lorsque nous parlons et pensons économie locale (petites entreprises de fourniture de services et de consommation) nous sommes déjà passés au stade de l'exclusion du marché de l'emploi et que ces petits entrepreneurs sont déjà à la marge qui se sont convertis en indépendants. Leur moyenne d'âge est de 50 ans. Ils puisent dans leurs économies et investissent leur deuxième pilier dans une petite affaire. Souvent, ils sont mal conseillés ou pas conseillés du tout, leur affaire ne fonctionne pas dès le départ. Une majorité de ces petites affaires tombent en faillite au bout de 12 à 18 mois. Un nombre encore trop importante d'autres détiennent en plus de la faillite, des dettes. Il arrive même que la dette soit pharamineuse.

Je ne vais pas développer en détails ces situations que nous connaissons, maintenant, assez bien. Il faut reconnaître que cette économie locale et de proximité est en train de s'essouffler. Elle va certainement disparaître sous peu. Mais si l'économie globalisé déserte aussi, que nous restera-t-il?
A ma connaissance, les associations professionnelles et les économistes ont ignoré et négligé cette problématique, considérée comme mineure, complètement occultée par l'impressionnante économie de marché.

Salaire minimum ou pas, cela ne changera pas beaucoup ni pour longtemps. Mais il faut tout de même tenter quelque chose en solidarité avec ces travailleurs qui ne peuvent plus compter sur aucune promotion. Ce n'est pas aux pouvoirs publics de subventionner indirectement les grandes entreprises et sociétés qui font de gros chiffres en allouant des aides aux salariés.

Nous ne pouvons pas encadrer les revenus d'actionnaires et des grands managers parce que logiquement ces entreprises sont privées et l'état n'y a aucune prise, et d'autre part, nous avons peur qu'elles délocalisent.
Nous ne voulons pas réduire les revenus des grands managers et cadres des entreprises mixtes par ce que nous sommes persuadés que ceux-là sont de compétences hors pair qui les font prospérer, donc, il faut s'attendre à ce que la grande majorité des employés soient chichement payés (enveloppe budgétaire oblige) - ironie: ce sont eux qui assurent la performance et assument, en collectif, toutes les responsabilités dans les exécutions, les chefs, souvent, apprennent le fonctionnement en vivant avec eux et en écoutant leurs explications. leurs décisions sont fréquemment contreproductives(les chefs passent, le personnel reste). Je ferme momentanément la parenthèse sur le sujet.

Il y a donc beaucoup de choses à redéfinir au sein des entreprises pour qu'elles retrouvent leur efficacité sans avoir à payer le prix fort de perles qui s'avèrent n'être que de la verroterie, fait sur le dos des petits salairiés de moins de 4000 francs.
Retrouver l'efficacité c'est d'abord éliminer les pertes invisibles, parce que non quantifiées. Probablement, il faudra songer à changer le système de gestion, quitte à revenir un peu en arrière dans la stratégie, sans pour autant, renoncer aux moyens et aux auxiliaires modernes.

Le débat sera sans fin sur les causes et les recettes de remédiation.
Moi qui étais opposée au départ, j'y suis favorable aujourd'hui.

Écrit par : Beatrix | 08/03/2014

Beatrix
V. Giscard-D'Estaing, in Démocratie française avait le sentiment que ce qu'il préconisait était prématuré (mentalité) mais à venir: "chaque personne qui vient au monde reçoit une rente qui assure son existence de sa naissance à sa mort. Rente à laquelle s'ajoutera le fruit (salaire) du travail de chaque personne".
Ce qui revient à dire, que, quoi qu'il arrive, les besoins eistentiels sont assurés. Utopique? Quelle est la mentalité des personnes qui condamnent l'utopie sinon le besoin forcené d'empêcher d'avancer, d'évoluer?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 08/03/2014

@Myriam Belakovsky

Beaucoup plus problématique que la question de mentalité, c'est comment concrétisé un projet qui demande du financement en suffisance et de manière durable.

Il y a déjà des allocations inconditionnelles comme l'allocation familiale, la rente d'invalidité, d'orphelinat, de veuvage, d'inadaptation au marché du travail et les aides diverses... Cette assistance n'a pas attendu l'allocation universelle pour fonctionner, ce, depuis 70 ans. Cette assistance concerne déjà presque la moitié de notre population qui n'est plus candidate à un emploi, mais nous parvenons toujours à assurer son minimum vital.

Cette allocation universelle est une utopie dont on ne sait comment la réaliser. Il y a eu des essais épisodiques dans certains pays depuis presque une centaine d'années mais ils ont été chaque fois abandonnés, confrontés au problème des ressources.

Le problème entier est son financement et les entités qui doivent l'assurer.
Je crains bien que nous ayons encore du temps, de l'argent et de la salive à gaspiller en débats stériles, avec des arguments auxquels nous ne croyons pas.

Utopie.
Il y a des utopies qui ont pu se réaliser, mais cela ne veut pas dire sans conditions et sans moyens.
Il y a des utopies qui n'étaient qu'empêchement à cause des rapports de force défavorables mais que les moyens sont déjà à disposition et que seul leur accès posait problème.

Ici nous rencontrons des problèmes de tous ordres importants.
Produire des ressources pour cette distribution.
Les moyens de production de ces ressources.
Les acteurs volontaires (puisqu'il n'y a plus obligation de travailler)

Revenons au salaire minimum, car c'est lui le sujet du billet de M. Scwaab, faisons lui la charité de ne pas digresser démesurément.

Le salaire minimum n'est pas confiscatoire pour les entreprises cotées en bourse. Au moins dans ces dernières, il doit être immédiatement applicable.
Pour les autres entreprises, je pense que les initiateurs devraient concéder un peu de souplesse, prospecter d'autres solutions pour ménager leur économie. Revoir et aménager leur fiscalité, surtout quand elles font preuve d''innovation, de développement et de création d'emplois durables. Il devrait exister plusieurs niveaux de TVA, par exemple, des bonus fiscaux sur la durée si les entreprises étrangères réinvestissent dans le circuit producteur local et non spéculatif.

Écrit par : Beatrix | 08/03/2014

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