09/09/2014

LAMAL: la caisse publique ou l’implosion

La concurrence entre les caisses-maladie était censée juguler l’explosion des primes LAMAL. Elle a échoué: les primes augmentent plus vite que les coûts de la santé à la charge de l’assurance-maladie.

Coûts de la santé vs. primes LAMAL

Il faut dire que la concurrence entre les caisses repose sur du vent. En effet, toutes doivent proposer la même palette de prestations. (Heureusement d’ailleurs que les assureurs ne sont pas parvenus à mettre fin à cet acquis, d’ailleurs, car sinon, c’en serait fini du libre choix du médecin.) La concurrence ne peut donc s’exercer que sur la «qualité» et la «rapidité» de l’exécution de prestations administratives identiques. Or, ces prestations ne représentent que le 5% des primes. La concurrence ne peut donc pas remplir le rôle que les théoriciens du marché libre lui assignent.

Là où la concurrence se joue:

La concurrence entre caisses-maladie ne joue en réalité que sur un seul élément: la sélection des risques. Pour proposer des primes basses, il faut avoir le moins possible d’assurés âgés ou malades chroniques («mauvais risques»), car ce sont eux qui génèrent le plus de coûts. C’est alors un cercle vicieux qui s’installe: plus on assure de «mauvais risques», plus les primes sont élevées et donc plus les «bons risques» (assurés jeunes ou bien portant) fuient, ce qui entraîne de nouvelles hausses de primes. Et la caisse qui ne chasse pas activement les «mauvais risques» risque d’en avoir une proportion importante et donc de devenir plus chère. En effet les malades chroniques ont en général toutes les difficultés à changer de caisse: soit parce qu’il ne peuvent assumer les modèles choisis par les caisses à bas coût (p. ex. médicaments à payer d’avance, ce qui est impossible quand on dépense plusieurs milliers de francs par mois), soit parce que les caisses les chassent sciemment, soit en ne répondant pas à leur questions ou les font patienter des heures quand ils appellent, soit en les payant trop tard, soit en les harcelant de questions sur leur état de santé…

Le Parlement a certes introduit une «compensation des risques», mais celle-ci n’a pas les effets escomptés, car les écarts entre les caisses qui ont beaucoup de bons risques et celles qui en ont beaucoup de mauvais augmente encore. Il faut dire que le Parlement fédéral, noyauté par les représentants des assureurs privés, est à leur botte. Quoi qu’il en soit, une bonne compensation des risques est impossible dans un système divisé en 26 cantons et 60 caisses-maladie. Si ces écarts persistent, voire s'aggravent encore, le système court à perte.

Avec une caisse publique, il n’y aurait plus besoin de compenser les risques entre les caisses, car, s’il n’y a plus de caisses multiples, il n’y a plus de sélection des risques. Un collectif d’assuré plus grand nécessiterait aussi trois fois moins de réserves qu’actuellement. Réserves qu’il ne faudrait plus reconstituer à chaque changement de caisse (ce qui se reporte sur les primes).

La prévention? Aucun intérêt!

En outre, le système actuel n’encourage pas la prévention, car les caisses n’y ont tout simplement pas intérêt: les assurés peuvent changer de caisse chaque année et celles-ci se débarrasser des mauvais risques. Peu leur importe donc que leur santé s’améliore à long terme grâce à la prévention, car, les assurés à qui s’adressent leurs messages de prévention auront certainement changé de caisse avant que ceux-ci ne fassent effets.

Enfin, la multiplication des caisses génèrent des coûts inutiles, qui n’ont rien à voir avec le remboursement de prestations de santé, mais qui sont tout de même à la charge des assurés: marketing (225 millions de francs chaque année!), frais de changement de caisse (100 millions!), frais de reconstitution des réserves, sans oublier 60 directions, conseils d’administration et politiques de petits cadeaux aux élus fidèles qui relayent au parlement les positions des assureurs (p. ex. la suppression du libre choix du médecin).

La caisse publique ne changera rien au catalogue des prestations remboursées par l’assurance de base, ni au calcul du montant des primes ni aux divers modèles de primes (franchises diverses, modèles alternatifs type «médecin de famille», rabais pour enfants, etc.). En revanche, elle garantira que les primes n’augmentent pas plus vite que les coûts réels de la santé. Elle supprimera d’énormes gaspillages. Elle mettra un terme à la ruineuse sélection des risques et permettra un pilotage de notre système de santé guidé par l’intérêt public et libéré des appétits des assureurs-maladie. La seule solution raisonnable à l’explosion des primes est donc de voter OUI à la caisse publique le 28 septembre.

Commentaires

si les primes ne vont pas baisser, alors à quoi bon changer ?

Votation donc inutile !

Écrit par : Marie | 09/09/2014

si les primes ne vont pas baisser, alors à quoi bon changer ?

Votation donc inutile !

Écrit par : Marie | 09/09/2014

Chère Marie, la question est: souhaitez-vous que vos primes n'augmente pas plus vite que les coûts? Souhaitez-vous que l'on souhaite de gaspiller l'argent de vos primes en publicité, en frais de changement de caisse, en indemnités et salaires pour 60 directions, conseils d'administration etc. alors qu'un suffirait amplement? Si votre réponse est oui, votez oui à la caisse publique!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 10/09/2014

@ Monsieur Schwaab : d'abord je ne suis pas votre "chère", merci d'en prendre note.

Votre réponse indiquerait donc que les nouveaux dirigeants par cantons de la Caisse unique travailleront gratuitement, ce qui est nouveau !

Les primes sont déjà injustes puisque dans le canton de Vaud elles sont déjà classifiées régionalement. La caisse unique ne sera intéressante que si tous les citoyens de notre pays paieront la MEME PRIME mais pas avant.

Quant à la pub, votre parti en fait aussi !

Écrit par : Lise | 10/09/2014

@Monsieur Schwaab je compatis à vos explications car ayant déjà voté mais à force d'opinions contradictoires vous mêmes ainsi que beaucoup d'autres faites le nid des neinsager ou de citoyens qui saturés ne voteront pas
Il s'est passé la même chose dans le domaine alimentaire ou a force de vouloir descendre en fléche Nestlé et d'autres multinationales les consommateurs encore une fois plus que saturés par cet infantilisation médiatique et récurente ont et de plus en plus tourné le dos au Bio qui initialement avait été mis sur pied par les Agriculteurs Suisses et qui se sont fait lâchement poignarder dans le dos
A force d'intox le peuple qui voit tout de même plus loin que le bout de son nez et surtout de son porte-monnaie a retrouvé ses habitudes qui sont des repères très importants pour ne pas tomber dans la nombrilite aigûe dont souffrent de nombreux écologiste environnementalistes, alarmistes inaptocrates bref tous ceux qui projettent leurs propres craintes et peurs de couper ce sacré cordon ombilical et qui préfèrent fantasmer quitte à en arrimer d'autres à leur bateau nommé Peter Pan
Fantasmes qui au fil du temps ressemblent de plus en plus au fameux délirium tremens!(rire
Bien connu pour faire voire et entendre n'importe quoi mais qui au demeurant permet malgré tout d'être perçu très vite ce qui n'est pas le cas pour ces adeptes de la tromperie universelle qui a force d'inverser le raisonnement humain et logique pour se plier aux régles animalières sont vraiment devenus éléphants de cirque
Très belle journée pour Vous et merci pour votre blog

Écrit par : lovsmeralda | 10/09/2014

Désolée, mais ce sera un NON! Pour la bonne raison, que cette génération de députés de la gauche est plus mercantile et nous fait aller droit au mur. Elle oeuvre surtout pour son électorat!

Écrit par : Patoucha | 12/09/2014

Merci Patoucha, je voulais m'abstenir car je suis pour l'abrogation totale de l'obligation de s'assurer en maladie, gardez juste l'obligation pour l'hospitalisation. Il faut juste attendre que le système implose pour y arriver.
Cette votation est inutile, mais je vous rejoins je voterai NON!

Écrit par : Corélande | 15/09/2014

Ce matin, avec le soleil levant, l'affiche de votre parti enjoint les citoyens à voter OUI à la caisse unique !

Sympa pour les opposants ... :-D

Écrit par : Marie | 20/09/2014

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