15/03/2015

Réponse à la Sonntagszeitung : Eh oui, la démocratie, ce n’est pas gratuit

Assurance-maternité, prolongation à deux ans du délai de garantie, renforcement de l’aide aux victimes de crimes, autorité parentale conjointe et peut-être bientôt naturalisation facilitée pour les jeunes « étrangers » de la 3ème génération, interdiction des insultes homophobes, protection des whistleblowers ou abolition des curatelles forcées vaudoises. A la base de chacune de ces propositions dont l’utilité est incontestable, une intervention parlementaire. En outre, de nombreux autres projets importants ont été initiés par des interventions parlementaires qui, même si elles n’ont pas été immédiatement prises en considération, ont tout de même permis de lancer la réflexion. En effet, le rôle des élus du peuple est de relayer les soucis, problèmes et interrogations de la population en intervenant par voie de motion, de postulat, d’interpellation ou de question, voire d’initiative parlementaire. Ces interventions parlementaires sont un élément indispensable et indissociable d’une démocratie.

Et voilà que la Sonntagszeitung s’attaque frontalement à ce droit fondamental des élus du peuple en arguant que ces interventions personnelles coûtent « trop cher ». En prétendant que le parlement coûte « trop cher » au contribuable, ce journal dominical se joint au détestable couplet de l’antiparlementarisme primaire… et légitime les critiques contre la démocratie elle-même.

Certes, on peut gloser sur l’utilité de l’une de ces interventions parlementaires. Certes, on peut regretter l’hyperactivisme de certains de leurs auteurs. On peut aussi regretter que certains reviennent trop souvent à la charge avec des objets perdus d’avance ou posent des questions que d’aucuns pourraient considérer comme trop détaillées ou trop triviales. On peut enfin se poser des questions sur l’augmentation du nombre d’interventions. Il n’en demeure pas moins que ces coûts demeurent tout à fait supportables quand on considère l’alternative, à savoir un parlement soumis à un gouvernement tout-puissant et qui renonce donc à son rôle essentiel de premier pouvoir, un parlement qui n’est plus une force de proposition, ni un relai des préoccupations de la population, mais une simple chambre d’enregistrement.

Et si les rédacteurs de la Sonntagszeitung préfèrent un parlement discipliné qui ne perd pas son temps en interventions personnelles, en voici un qui devrait leur convenir :

Corée du Nord

 

 

 

 

 

Le Parlement Nord-Coréen accueil son Cher Leader

Commentaires

Deuxième fois où je suis d'accord avec vous: on n'arrête pas le progrès !

Ceci dit, ce journal ne s'exprime pas sans doute sur les conséquences de certaines initiatives déposées, votées et ... presque irréalisables pour certaines sauf si - je pèse mes mots - se mettre à dos nos voisins européens car - il ne faut jamais l'oublier - la Suisse n'est pas une île au milieu d'un océan.

Et pour conclure, votre intervention concernant les curatelles forcées était nécessaire mais ceci ce journal s'en fiche complètement, c'est chez les Welsche !

Bonne journée

Écrit par : Marie | 15/03/2015

@ Marie
Interventions et questions ne sont pas des initiatives, faut pas confondre.

@JC

On ne peut tout de même pas s'empêcher de penser qu'un Freysinger abuse du système pour se faire voir.
Sur 160 interventions, moins de 10 sont acceptées ou discutées? Difficile de ne pas en déduire que la majorité sont inutiles, déjà posées, déjà résolues ou non applicables...

Écrit par : lefredo1978 | 16/03/2015

Cher lefdredo1978, en effet, on peut vraiment s'interroger sur la pertinence de certaines interventions qui ne sont là que pour la galerie. Mais je doute que l'on puisse fixer des critères qui pourraient empêcher qu'elles soient déposées!

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 16/03/2015

@ lefredo : vous oubliez le "sans doute" dans ma phrase qui change son sens !

ah la suprématie du mâle ....

Écrit par : Marie | 16/03/2015

@Marie
que vous mettiez sous doute, dans votre phrase, ne change pas tellement le fait qu'il n'est pas question ici des initiatives. Cela ne vous semble peut être pas hors sujet, mais ça l'est pourtant bien.
Et je ne vois pas ce que votre dernière ligne vient faire ici.

@JC
Je ne vois pas trop ce qu'on pourrait faire pour l'éviter. Peut être que si, déjà, les journaux approfondissaient un peu les contenus et arrêtaient de faire un classement sur le nombre d'interpellations posées seulement, mais le pondérait du nombre qui sont finalement traitées, discutées et acceptées, les gens auraient une vision plus correcte de la qualité des politiciens qu'ils élisent...(bien qu'à mon sens, quand on vote pour un clown, on se fiche de ce qu'il dit, du moment que cela fait rire).

Écrit par : lefredo1978 | 17/03/2015

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