01/08/2015

Spécial 1er août: défendons le véritable «modèle suisse» !

Le premier août est une excellente occasion de célébrer ce qui fait la force de notre pays, ce qui fait le succès du véritable « modèle suisse ». Loin des clichés colportés par la droite libérale et conservatrice, voici quelques éléments qui en sont à mon avis indissociables.

Le modèle suisse, c’est la force de la communauté et la défense du bien commun

  • Le modèle suisse, c’est le service public : ce sont des prestations publiques de qualité, accessibles à toutes et tous, dans toutes les régions du pays, sous le contrôle des citoyens. Privatiser et libéraliser comme le veulent les partisans des accords de libre-échange genre TISA, c’est tout le contraire du succès suisse, qui a aussi commencé dans les « Allmend » alpins.
  • Le modèle suisse, c’est la redistribution des richesses : ce n’est pas pour rien que la devise de notre pays est « un pour tous, tous pour un ». La création de richesses n’a de sens que si elles profitent à tous ceux qui ont contribué à les créer et que si tous contribuent au bien commun à la hauteur de leurs moyens. Bas salaires créant des working poors, flexibilité à outrance, sous-enchère salariale et fiscale n’ont rien à voir avec la «qualité suisse».
  • Le modèle suisse, c’est la sécurité pour tous : la Suisse peut être fière de ses assurances sociales. Sans un filet social qui protège en cas d’aléa de l’existence, la Suisse ne serait pas la Suisse. Baisser les rentes AVS, augmenter l’âge de la retraite, précariser les rapports de travail ou refuser de combler les dernières lacunes du filet social comme le veut la droite, ce n’est pas conforme au modèle suisse.
  • Le modèle suisse, c’est l’Etat de droit, la défense des droits fondamentaux, c’est une justice indépendante et équitable : supprimer les droits fondamentaux en dénonçant la Convention Européenne des Droits de l’Homme comme le veut l’UDC, créer une justice privée pour que les multinationales puissent condamner les Etats s’ils édictent des législations qui n’ont pas l’heur de leur plaire comme le veulent les partisans du « Traité transatlantique » TTIP, ce n’est pas la Suisse.
  • Le modèle suisse, c'est la stabilité monétaire: petite économie ouverte et très dépendante de la zone Euro, la Suisse a depuis longtemps bénéficié de taux plancher (face à l'Euro ou au DM). L'abandon du taux plancher par la BNS était une erreur qu'il faut corriger rapidement!

La «modèle suisse», ce n’est pas des fantasmes néoconservateurs

Le «modèle suisse» ne saurait être réduit à un florilège de fantasmes néoconservateurs, ni à un argument fourre-tout contre tout ce qui peut s’apparenter de près ou de loin à un progrès social, fût-il estampillé du label trompeur «succès suisse».

  • Le modèle suisse, ce n’est pas la cupidité: Plusieurs entreprises typiquement suisses dont le succès et la compétitivité ne sont plus à démontrer, comme Victorinox ou Coop, ne pratique pas d’écarts salariaux démesurés. Et le succès de notre pays n’est certainement pas dû aux «prouesses» d’une poignée de managers surpayés.
  • Le modèle suisse, ce n’est pas la triche: Notre place financière a autre chose à offrir que la protection des tricheurs. En Suisse, on ne triche pas, y compris en matière fiscale, et ceux qui se permettent de s’enrichir sur le dos des contribuables honnêtes doivent être traqués et punis. Et non protégés comme le demande l’initiative faussement intitulée «pour la protection de la sphère privée».
  • Le modèle suisse, ce n’est pas le chacun pour soi, ni le chacun dans son coin: notre pays, qui comporte une multitude de langues et de cultures doit miser à tout prix sur la cohésion nationale. Pousser les collectivités publiques à se désengager des services essentiels à la population pour les livrer aux profits privés ou remplacer l’apprentissage des langues nationales par l’Anglais n’est donc certainement pas compatible avec le «modèle suisse».
  • Le modèle suisse, ce n’est pas la société du 24h/24: Lorsqu’ils ont envie de faire plaisir à quelques consommateurs impatients (et parallèlement tentent d’imposer petit à petit la flexibilité totale à l’ensemble des salariés), les partisans de la dérégulation des horaires et de la suppression du repos nocturne et dominical oublient vite le «modèle suisse» (c’est dire s’ils y croient) pour imposer à la place un modèle de société à l’américaine, qui ne se repose jamais, au détriment de la santé, de la vie familiale et sociale et de la qualité de vie.

 

A toutes et tous, je souhaite une très belle fête nationale!

Commentaires

"L'abandon du taux plancher par la BNS était une erreur qu'il faut corriger rapidement!" 50 milliards de perte, ce n'est pas assez ? Il faut continuer à acheter les 1000 milliards d'euros du "Quantitative easing" ?

Écrit par : Géo | 01/08/2015

Le modèle suisse n'est pas la "cupidité": LAMAL?
Pas la "triche": "Nous ne ferons pas voter le peuple à propos de l'entrée de la Suisse dans l'UE car on sait qu'il refuserait. Nous entrerons donc dans l'UE de "façon biaisée" (une ex Conseillère fédérale dixit)?!

Le modèle suisse n'est pas le "chacun pour soi, ni le chacun dans son coin"!
Sans blague?

Jamais rien "au détriment de la santé (maladies professionnelles)?
"De la vie familiale" (burn out) professionnel)?
"Vie sociale et qualité de vie": qualité de vie par conséquent vie sociale pour tous (y compris en EMS)?

On se félicitait d'être et de vivre en Suisse tout en reconnaissant qu'il y avait et aurait toujours des progrès à faire.

Pourquoi avoir, semble-t-il, "bel et bien" partiellement démissionné?

Le temps tristounet en cette soirée du Ier août où, selon où, on cherche en vain un drapeau (parce que non "rentable" donc non "intéressant"!) n'est-il pas le juste reflet de ce qui non "semble" mais "est"?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 01/08/2015

Et bien lorsque l'on voit comment vos amis militants se comportent, en brûlant un drapeau suisse sur la place Fédérale, je ne vois qu'une seule option : votez à droite !

Écrit par : Steeve | 01/08/2015

Bravo Monsieur Schwaab, excellente intervention, d'une haute tenue tout autant intellectuelle que morale.

Vous représentez les vraies valeurs Suisses, celles dont nous pouvons et devons etre fier.

Écrit par : Patriote | 01/08/2015

@ Steeve: lorsque l'on s'adresse à quelqu'un pourquoi ne pas dire à qui?
Comme j'ai parlé de drapeau votre commentaire concerne-t-il le mien?
Si oui, je constate avec un peu de vague à l'âme qu'il y a encore peu de temps nous recevions, en vue du 1er août, qui ne se fêtait pas le 31 juillet, un papier nous priant de "pavoiser" (drapeaux et lampions).
Cette année en plein centre de là où j'habite, rien. Comme il est désormais interdit de mettre des fleurs devant les fenêtres ou sur les balcons d'autres façades quelle tristesse... Je n'en dirai pas plus tout en suggérant à ceux et celles qui le souhaiteraient de lire, à propos de la poésie... sur son blog, l'article le plus récent de Jean-Noël Cuénod.
Article que je lisais en voyant une future petite main d'enfant dont on nous apprend qu'aujourd'hui à l'ère de l'informatique il est possible d'envisager de ne plus apprendre à écrire aux enfants.

N'appartenant à aucune formation ou mouvance politique (ou religieuse) je ne vois pas du tout à quels amis miens "militants" vous faites allusion!

Est-il encore possible, aujourd'hui, après avoir écrit que l'on a lu avec horreur qu'un Etat musulman (avec lequel on fait de très réjouissantes et profitables affaires) cherche des "bourreaux inexpérimentés" pour des amputations (lesquelles comme on sait se font sans anesthésies) sans être immédiatement étiqueté/s "ceci" ou "cela"?!

Écrit par : Myriam Belakowsky | 02/08/2015

sont-ce les trop grandes proximités françaises? semble difficile en romandie de dresser le tableau du modèle suisse

- pas un mot sur la fédérale gouvernance et la souveraineté des cantons

- de la démocratie directe, rien. ni du futur de ce système démocratique qui repose sur l'antique notion ch du citoyen-responsable

- rien non plus sur la place de la Suisse en Europe et son choix de souveraineté fédérale via bilatérales

- mais une méconnaissance crasse du sujet "support BNS à l'euro & son abandon"

faut-il faire une lecture "en creux" de votre tableau ? ce qui ne s'y trouve serait l'essentiel à considérer?

conviendrait de comparer le modèle suisse à la GB dans l'UE et comprendre le choix confédéral!

GB qui n'est pas dans l'espace Shengen, n'est pas dans la zone Euro, paye une contribution élevée mais en perçoit plus de l'UE, garde sa souveraineté & privilèges fiscaux, GB qui joue à tous râteliers dont celui de porte d'entrée des USA (TTIP etc) en Europe

la Suisse est dans l'espace Shengen, pas dans la zone euro, paye 1 max de contributions à l'UE, 1 max en bilatérales aux pays de l'UE,
n'y a rien à dire, et bien du mal à conserver sa souveraineté

Mais ce choix de la Suisse non membre de l'UE, coûteux également en termes de pouvoir de décision face aux concurrents GB &/ou parlementaires UE, a une finalité placée à un niveau plus élevé
que ne l'est le choix de la GB restant hors Euro/ hors Shengen

Garder notre système de démocratie directe: une question de dignité souveraine, non de facilité ou de profits, non?

à vous de voir

Écrit par : suisse et genevois déshérité | 03/08/2015

D'accord avec vous...le seul problème de la gauche, c'est d'une part de ne pas reconnaître que la libre-circulation et l'immigration massive sont des problèmes (notamment pour les prolétaires suisses) et d'autre part de nous bassiner avec le militantisme gay et féministe.

Écrit par : Wallace | 04/08/2015

Vos "amis" ont mis le feu au drapeau suisse ... c'est pas bien de faire des choses pareilles ...

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 04/08/2015

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