22/05/2016

Le coût réel (et astronomique) de l’initiative sur le service public

L’initiative prétendument « en faveur » du service public veut interdire aux entreprises du service public de viser un but lucratif. Cela part d’une bonne intention, mais enfonce aussi des portes ouvertes en ce qui concerne les CFF, qui réinvestissent déjà tous leurs bénéfices et ne distribuent pas de dividende. Mais, concrètement, cela pourrait surtout avoir des conséquences importantes sur les finances publiques en provoquant des baisses importantes de recettes et des dépenses extraordinaires colossales.

Baisse de recette : 1,2 milliard

Les entreprises détenues par la Confédération ont versé en 2013 quelques 390 millions de francs d’impôts à la Confédération (110 MioCHF), aux cantons et aux communes. En cas d’abandon du but lucratif, nul doute que ces sommes fonderaient comme neige au soleil. Il en irait de même pour les 830 millions de dividendes encaissés par la Confédération en 2013. Les initiants, qui n’ont visiblement pas réfléchi à cette éventualité, n’ont jusqu’à présent pas présenté la moindre alternative à cette baisse de recettes d’environ 1,2 milliard de francs. L’initiative qui veut « supprimer les impôts déguisés » nous conduirait donc probablement… à une hausse d’impôt, sans pour autant que la qualité du service public ne soit améliorée.

Indemnités colossales aux actionnaires minoritaires ou privatisation totale

Parmi les entreprises concernées par l’initiative anti-service public, on trouve swisscom, entreprise cotée en bourse et dont la Confédération ne détient pas la totalité du capital. Or, si cette entreprise se voyait interdire de viser un but lucratif, nul doute que ses actionnaires (parmi lesquels de nombreuses caisses de pension !) se sentiraient floués, eux qui ont investit pour que cet investissement soit profitable. Peu importe de ce que l’on pense de cette situation, qu’on la trouve déplorable ou pas (à titre personnel, je trouve plutôt stupide d’avoir ouvert le capital de swisscom), c’est un fait dont il faut tenir compte. En cas de oui à l’initiative prétendument « en faveur du service public », il y aurait deux « solutions » pour swisscom : 1. la privatiser totalement pour la « libérer » de l’interdiction de viser un but lucratif prescrite par l’initiative, ou 2. retirer la cotation en bourse et… indemniser les actionnaires minoritaires, ce qui coûterait environ 20 milliards de francs (valeur en bourse des parts minoritaires : env. 12 milliards ; dettes nettes : env. 8 milliards, source : chiffres-clef de swisscom 2015). La variante 1 (privatisation complète), déjà exigée par les idéologues du PLR et de l’UDC, serait probablement tentée en premier. Certes, un référendum serait possible, mais la perspective de devoir payer pour appliquer la très chère variante 2. en cas d’échec dans les urnes pèserait à n’en pas douter sur la campagne de votation.

Finances publiques en situation précaire

Or, les finances de la Confédération, des cantons et des communes sont déjà passablement mises à mal par l’accumulation des cadeaux fiscaux aux actionnaires ou aux riches agriculteurs que la nouvelle majorité du Parlement n’a de cesse d’accorder, sans vraiment réfléchir à leurs conséquences. Une nouvelle baisse de recettes pérenne de rentrées d’environ 1,2 milliard de francs, couplée à une indemnisation aux actionnaires minoritaires de swisscom pouvant aller jusqu’à 20 milliards de francs aggraveraient une situation financière qui risque déjà de devenir critique. Avec pour conséquences soit une hausse d’impôt pour les personnes physiques (notamment la classe moyenne), soit une baisse des prestations publiques, soit un mélange des deux. Bref, une nouvelle raison de rejeter cette initiative trompeuse anti-service public !

Commentaires

Encore un politicien -dit de gauche- qui ne s'occupe QUE de gros sous ! Ce qui n'est pas un mal en soit : c'est le QUE qui fait problème.
Occulter le fait que les services publics de la Confédération (et d'autres, cantonaux ou municipaux) ont perdu tout sens de SERVICE pour ne devenir, bien trop souvent, qu'uniquement des «SÉVICES publics», est indigne d'un vrai représentant de l'ensemble des citoyens !
Le problème est réel ! C'est lui qui a déterminé l’initiative. Si les «SÉVICES publiques» avaient VRAIMENT fait le travail qui devrait être le leur, ils n’auraient point perdu leur « R » … Et l'initiative n'aurait jamais vu le jour.
Il faut ajouter que cette initiative, n'est point issue des milieux politiques classiques, d’où un phénomène de rejet total et de type allergique. Un rejet de presque total des partis et de toute une partie de la caste exécrable des "ceusekisaves". Ceux qui, maintenant qu’ils sont élus, se moquent comme d’une guigne des revendications légitimes du « Bon Peuple », citoyens qui ne demandent qu’à être traités humainement et non uniquement au titre d’entités corvéables sans contrepartie convenable.
N’est-ce pas le boss des CFF qui est allé jusqu’à proposer des wagons pour usagers debout dans les trains ? Ce patron n’est malheureusement pas allé au bout de sa magnifique idée : il aurait dû dire que ce type de wagons, donc les citoyens qui en feront usage, seraient exploités (dans les deux sens du terme) par CFF-Cargo !

Écrit par : L'Amertume | 24/05/2016

@Monsieur Schwaab Si vous permettez j0aimerais apporter ma contribution écrite face à votre billet
Comme je fais partie du nombre d'anciens n'ayant jamais tenu compte des belles paroles de la part de politiciens je me permets tout de même de vous demander comment se fait il que ce qui devait être réglé une fois pour toutes ne l'est pas
Avant les élections Fédérales Monsieur Maire s'était lui même vanté de pouvoir stopper les harcèlements téléphoniques .
Du moins c'est ce qui a été dit par un UDC à qui on demandait qui relèvera le défit pour enfin permettre aux citoyens les plus isolés à ne pas vivre sans cesse sur le qui vive face aux appels quasi obsessionnels de la part des Calle Center ce qui peut conduire à des actes tel un suicide
Je ne sais pas si votre parti se trouve à l'origine de la galéjade parue dans la presse qui affirmait que la Confédération arrivait enfin à mettre un terme à ce genre d'ennuis collectifs
Que nenni sur la secousse tous les appels anonymes ont repris l'ascenseur ce qui est normal avant des élections communales ou cantonales il faut bien leurrer l'électeur afin qu'il élise tel parti ou un autre
Vous allez me dire qu'il existe des appareils pour stopper ces gêneurs/avec dépenses supplémentaires il va de soi/ et puis quoi encore ,faut-il que nous transformions nos apparts en centrale électrique déjà que le chauffage au sol n'est pas recommandé pour tout le monde? toutes ces nouvelles technologies ne peuvent être compatibles avec nombre d'humains ,là je pense entre autre aux épileptiques etc
Ce qui confirme ce qui est dit par de nombreux citoyens non internautes car il y en a encore beaucoup,sans doute est-il plus facile à un parti quel qu'il soit de chercher des poux là ou il n'y en a jamais eut c'est à dire dans les poubelles et la manière de trier de la part des citoyens contribuables
Très bonne journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 30/05/2016

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