01/12/2016

L’essor du home office ne doit pas diminuer la protection de la santé au travail

Mon collègue Thierry Burkart (PLR/AG) vient de déposer une initiative parlementaire co-signée par de nombreux collègues et les présidents de tous les partis de droite. Elle est censée améliorer la compatibilité entre vie familiale et professionnelle en encourageant le télétravail (« home office ») et en profitant des possibilités offertes par la digitalisation de l’économie. L’intention est louable. Il est juste dommage qu’elle soit en totale contradiction avec les récentes décisions de la droite en matière de soutien à l’exercice d’une activité professionnelle par les parents. Pis, cette proposition cache en réalité une attaque aussi sournoise que majeure contre la santé au travail. Le quotidien alémanique « Blick » s’est laissé berner, lui qui traite les syndicats, à juste titre réticents, de dinosaures anti-modernité, sans avoir réfléchi une seconde à l’impact réel de ces propositions.

La proposition du PLR vise à allonger la journée de travail en prolongeant d’une part de 14 à 17 heures par jour l’intervalle pendant lequel il est possible de travailler et en diminuant d’autre part le repos quotidien minimum (aujourd’hui : au minimum 11 heures consécutives, réductible à 8 heures à certaines conditions). Le but avoué est de permettre aux parents de travailler dès que les enfants sont couchés, p. ex. en répondant à des courriels. En outre, l’interdiction du travail dominical doit être assouplie, afin de « dégager du temps pendant la semaine ».

Ne nous leurrons pas. Ces propositions, mêmes si elles ont l’air moderne et sympathiques, n’auront qu’un seul effet : prolonger et flexibiliser le temps de travail au détriment de la santé des travailleurs et de leur vie sociale et familiale. Les horaires deviendront plus irréguliers, les temps de repos plus courts et, au final, les travailleurs risquent d’être en permanence à la disposition de leur employeur. Quant à leur vie sociale et familiale, elle sera sérieusement entravée par l’extension du travail du dimanche et la disparition d’horaires réguliers et communs aux deux parents. Les effets sur la santé seront catastrophiques : selon les études médicales, une durée du travail qui dépasse régulièrement 10 heures, provoque des dégâts de santé importants à court terme. Quant aux horaires irréguliers, ils augmentent le stress, qui coûte 10 milliards de francs chaque année aux entreprises. Enfin, il ne faut pas compter sur ceux qui soutiennent ces propositions pour veiller ce qu’elles soient appliquées dans l’intérêt des travailleurs ; la droite souhaite en effet supprimer la saisie du temps de travail, et tant pis si cela rendrait impossible de contrôler que les salariés ne s’abîment pas la santé en accumulant les heures supplémentaires ni compensées, ni rémunérées. C’est pourtant ce que l’on constate là où les salariés ne saisissent plus leur temps de travail selon l’insidieusement nommée « temps de travail fondé sur la confiance ».

Il faut par ailleurs relever que jusqu’à présent, le PLR n’a soutenu aucune proposition visant à améliorer la conciliation entre le travail et la vie familiale. Il a en effet récemment soutenu les coupes dans les subventions fédérales aux crèches et garderies et refusé la proposition de ma collègue Nadine Masshardt (PS/BE) d’octroyer un droit à une réduction du taux d’occupation aux jeunes parents. Ces deux mesures ont pourtant déjà démontré leur efficacité et elles ne péjorent en rien la santé au travail, au contraire. Cela démontre qu’avec ses propositions « en faveur » du « home office », mon collègue ne veut en rien améliorer la situation des parents qui travaillent. Il vise plutôt à flexibiliser le droit du travail sur le dos des salariés. Voilà qui n’est finalement pas si « moderne ».

Commentaires

Bonjour Monsieur Schaawb on peut être pour ou contre ! Cependant après avoir couché les enfants devoir a nouveau et encore rallumer un ordi pour travailler déjà que nombre de gens n'ont plus leur comptant d'heures nocturnes c'est peut-être pas a la meilleure solution pour détresser les gens
Répondre à des courriels une fois les enfants couchés sans doute que l'idée émane d'une personne qui n'a pas d'enfant
Les enfants doivent rester la principale occupation de parents une fois leur journée de travail accomplie
On parle de double journée pour les femmes travaillant et ayant des enfants avec ce système ce sera triple journée
De quoi *burn outer* et pour ceux qui travaillent et par là même les enfants
Il y a un tas de facteurs à prendre en compte , quand l'enfant n'arrive pas à s'endormir et qu'il veut soit papa ou maman pour favoriser son endormissement ou que les ados devenus tueurs sur consoles refusent d'obéir ,les parents feront comment pour accomplir ce qui est exigé de la part de ces illuminés sans doute des y'a qu'à qui veulent tout bouleverser
On parle de plus en plus d'abus des droits du citoyen ,en voilà un autre exemple
On a tous nos propres limites nerveuses à ne jamais dépasser !
Ceci n'est que l'avis de nombreux non internautes qui ne vivent pas pour se plier aux bons vouloirs de la technologie
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 01/12/2016

Travail, Famille: il ne reste plus que la Patrie pour retomber dans un argumentaire à la mode de Vichy.
On évoquait beaucoup le télétravail au début des années 1980, à l'arrivée des PCs. Cela c'est estompé depuis; mais politiser un phénomène de société, même rétro, n'a jamais donné de résultat économiquement viable.

Écrit par : rabbit | 01/12/2016

Bonjour Monsieur Schwaab nous les anciens avons appris à séparer le monde du travail de celui de la famille
Ce qui est primordial pour qui veut sauver l'entente au sein du couple
Trop d'enfants ont souffert du manque d'écoute parentale
On en a la preuve avec les enfants des nombreux anciens petits commerçants !
Et vers qui se tourneront les enfants qui le soir demandent écoute parentale alors que parent doit encore travailler à deux pas de leur chambre ? ,vers des sectes les happant sur le net ou sur leur IPhone
Ceux qui ont été happés sont à même de mieux sentir les dangers et sur la toile il y en a beaucoup plus qu'à l'époque si l'on sait que les violeurs ou autres détraqués étaient connus de tous
Les réseaux dits sociaux sont un leurre qui relient tout le monde soit mais surtout à des sectes dont une pour qui tout bouleverser et changements en continu reste seuls mots d'Ordre et rien à voir avec la Franc Maçonnerie qui elle on le sait est plus facile à mettre en joue car moins rusée et finaude que celle qui en arrive même à séquestrer ses membres rébarbatifs à la doctrine
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 02/12/2016

« Les effets sur la santé seront catastrophiques : selon les études médicales, une durée du travail qui dépasse régulièrement 10 heures, provoque des dégâts de santé importants à court terme. »

Allez raconter ça à votre ami Pierre-Yves Maillard, patron de la santé publique vaudoise.

Les infirmières, c'est le régime de 12 heures avec 30 minutes de pause repas. Les médecins-assistants ça peut aller jusque à 15 heures.

Please, faites d'abord le ménage au sein de votre mouvance !

Écrit par : petard | 11/12/2016

"Les médecins-assistants ça peut aller jusque à 15 heures." Et cela se répète sur plusieurs jours. Bonjour la lucidité dans les diagnostics...
2000 morts/an sur erreur médicale en Suisse...

Écrit par : Géo | 12/12/2016

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