23/07/2018

Série d’été sur le vote électronique (5)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui :

5. Le vote électronique est plus fiable que le vote sur papier

Certes, avec un système de vote sur papier, il y a des cas de fraude électorale. Certes, il y des erreurs de dépouillement. Mais ces erreurs se voient. Un bulletin recopié 10 fois par la même personne ? ça c’est vu et ça se remarque Les bulletins litigieux peuvent donc être annulés sans problème. Plus d’enveloppes dans l’urnes que d’électeurs inscrits ? ça se voit. Et s’il faut recompter parce que c’est serré, les éventuelles erreurs sont découvertes. Et, en cas de doute, on recommence le scrutin. Quoi qu’il en soit, en Suisse, une fraude électorale de grande ampleur est impossible avec un vote sur papier, parce qu’il faudrait avoir de nombreux complices dans de nombreux bureaux de vote et de nombreux partis (qui délèguent des scrutateurs et observateurs), ainsi qu’à la Poste (qui achemine de nombreux bulletins). Alors qu’un pirate informatique (suisse ou étranger) peut, seul, fausser un vote électronique. En ne laissant que des traces infimes que la majorité des gens ne remarqueront même pas, faute de connaissances pointues en informatique.

Il est vrai que le vote électronique permet d’éviter certaines erreurs (notamment les bulletins dits « nuls ») et, si tout fonctionne bien (encore faut-il que cela soit le cas !), il n’y a pas d’erreurs de comptage des voix. Mais, pour que le résultat soit correct, encore faut-il que ce qui est inscrit sur les écrans (des électeurs, des bureaux électoraux) correspondent vraiment à ce que les gens ont mis dans l’urne. Et ça, c’est tout bonnement impossible à vérifier, en tout cas pour le commun des mortels.

Par ailleurs, en cas de plantage informatique généralisé (comme lors des élections fédérales 2011 dans le canton de Vaud), un recomptage serait probablement impossible, car il n’y aurait plus de traces sur papier que l’on pourrait recompter physiquement. Il faudrait alors répéter l’entier du scrutin (alors qu’avec des traces papier, il n’y a qu’à recompter les bulletins à la main)… ou vivre quatre ans avec des élus dont la légitimité est réduite à néant, vus les doutes qui planent sur leur élection.

 

Pour lire les autres billets sur le sujet, c’est par ici…

Commentaires

Les Suisses de l'étrangers, de plus en plus lâchés par les gouvernants de la mère-patrie, considèrent le vote électronique comme le dernier lien pour faire entendre directement leur voix. Allez-vous les sacrifier ?

Newsletter de l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE) numéro 4/18 :
« L'OSE salue la décision du Conseil fédéral de charger la Chancellerie fédérale d'élaborer un projet pour faire du vote électronique un canal de vote ordinaire. Cette décision marque une avancée significative dans l’introduction du vote électronique et indique une reconnaissance de l’e-voting en tant que canal sûr et fiable. Ce canal de vote est souvent le seul moyen pour les Suisses de l’étranger d’exercer leurs droits politiques. L’OSE se réjouit de la décision du Conseil fédéral du 27 juin 2018 qui aboutira d’ici à la fin de l’année 2018 à la mise en consultation d’une modification de la Loi fédérale sur les droits politiques (LDP), le but étant de faire du vote électronique un canal de vote comme un autre et d’aller vers une dématérialisation totale du vote. Cette annonce est un signal très encourageant. En effet, elle démontre la volonté du Conseil fédéral d’aller de l’avant dans l’introduction du vote électronique et elle réaffirme la confiance du Gouvernement suisse dans la fiabilité du système. Cela est d’autant plus bienvenu que des voix critiques se sont faites entendre ces derniers mois, notamment au niveau politique, remettant en question la sécurité du vote électronique. Un ensemble d’objets parlementaires visant à limiter l’introduction du votre électronique ont ainsi été déposés. L’OSE, qui réclame depuis des années une introduction du vote électronique, a toujours fait confiance à la Chancellerie fédérale pour laquelle la sécurité doit primer sur la vitesse d’introduction du système. Dans la pratique, l’e-voting est bien souvent pour les 164 000 Suisses de l’étranger inscrits sur un registre électoral, le seul moyen leur permettant d’exercer leurs droits politiques. Malheureusement, et trop souvent, ils reçoivent leurs documents très, voire trop tard pour pouvoir voter dans les délais. Les votes tardifs, donc invalides, augmentent, raison pour laquelle le taux de participation de la «Cinquième Suisse» est en recul. Seule une introduction rapide du vote électronique peut permettre de résoudre ces problèmes. »
(23.07.18, Anne-Catherine Clément, Communications & Marketing).

Écrit par : rabbit | 23/07/2018

rabbit, c'est sans aucun doute l'un des buts retenu par la gauche dans ce débat minable, une majorité des Suisses établis à l'étranger votent à droite !!

Ne cherchez pas l'erreur !!

Écrit par : Corto | 02/08/2018

Si on déduit encore les moins de 18 ans, 164’000 votants sur une population de 752’000 expats, ce n’est pas très représentatif. Pourtant il en faudrait plus pour défendre cette Suisse négligée, même si Monsieur Berset nous a fait un beau discours : http://aso.ch/fr/information/newsletter/archives-ose-info/ose-info-418#a581

Écrit par : rabbit | 02/08/2018

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