06/10/2011

Loupé!

Récemment, Pierre-Yves Rapaz, chef du groupe UDC au grand conseil vaudois, a tenté de rappeler à ceux qui croient qu’il existe encore des «agrariens» qu’il est lui aussi aligné-couvert sur les positions des dirigeants zurichois de son parti. Il a donc tenté, en bon petit soldat blochérien, de faire croire que les étrangers sont responsables de la hausse des coûts de la santé. Il faut dire qu’après la tentative de son président Toni Brunner de faire croire qu’il serait «impossible» de se passer du nucléaire «à cause des étrangers», il fallait vite trouver des arguments qui fassent sérieux pour dénoncer «l’immigration de masse». M. Rapaz a donc interpellé le Conseil d’Etat vaudois pour savoir si c’est bien «à cause des étrangers» que les coûts de la santé «explosent». Et ben c’est loupé.


La réponse du Conseil d'Etat est exempte d’ambigüité: Les étrangers représentent 30,5% de la population vaudoise, mais ne sont qu’à l’origine de 29% des montants des soins. Selon le gouvernement, «On ne remarque pas d’évolution significative à la hausse de cette proportion. Force est de constater que les patients étrangers ne coûtent pas davantage en terme d’hospitalisation au CHUV que les patients suisses. Le Conseil d’Etat relève en conséquence que, selon les données du CHUV, les craintes de M. le Député Rapaz par rapport à une explosion des coûts due aux patients étrangers ne semblent pas fondées.»


Bref, comme en matière, d’AVS, ce n’est pas «à cause des étrangers» que «nos assurances sociales sont ruinées». Le Conseil d’Etat rappelle aussi que tous les patients étrangers titulaires d’une autorisation de séjour sont obligatoirement assurés à l’assurance-maladie de base. Et il souligne finalement que près de 40% des collaborateurs du CHUV sont de nationalité étrangère, les trois-quarts d’entre eux étant originaires de l’UE. De quoi servir de piqûre de rappel à ceux qui croient que nos hôpitaux pourraient continuer à tourner si on supprimait la libre circulation des personnes comme le demande l’UDC.

04/10/2011

Politique fiscale de droite: peanuts pour la classe moyenne!

Malgré le creusement des écarts de revenus et de fortune, malgré les besoins évidents en matière d’infrastructures, de formation ou de sécurité publique, malgré les menaces sur le pouvoir d’achat de la classe moyenne, la droite vaudoise persiste à vouloir baisser les impôts de sa clientèle aisée. Et, comme d’habitude, elle n’a qu’une seule méthode: celle qui avantage le moins les contribuables de la classe moyenne, à savoir la baisse linéaire. Une partie du PLR veut une baisse de 1%, une autre partie, à la remorque de l’UDC, veut 3%. Mais, dans tous les cas, l’immense majorité des vaudois n’y verra que pouic.

Une baisse d’impôt? Quelle baisse d’impôt?

Par exemple, la baisse linéaire de 1% correspond, pour une famille de 4 personnes dont les revenus annuels bruts se montent à 100'000.—Fr.  au montant négligeable… de 50.—Fr. par an (vous avez bien lu: 50.—Fr.! par an!). Un montant si faible qu’aucune famille vaudoise ne verra son pouvoir d’achat croître, surtout pas les quelque 40% de contribuables qui ne paient pas ou très peu d’impôts directs (mais des impôts indirects, ça oui, ils en paient).

Pour améliorer le pouvoir d’achat, il faudra repasser

La hausse des primes d’assurance-maladie (que UDC et PLR ont à maintes reprises refusé de subventionner plus efficacement) aura tôt fait de réduire cette «baisse» à néant. Et il ne faudra pas compter sur la croissance des salaires pour améliorer le pouvoir d’achat, étant donné que, selon l’OFS, ils stagnent de +0,1%...

En revanche, les contribuables aisés que la droite veut soutenir en tireront des bénéfices substantiels et verront leur pouvoir d’achat augmenter. Même s’ils ne s’en servent pas et épargnent la baisse d’impôts, ou l’investissent à l’étranger. Et d’ailleurs, ont-ils réellement besoin de ce coup de pouce, eux dont le revenu disponible a nettement augmenté ces dernières années? On peut en douter…

Interdit de voter sur les contrepropositions intelligentes

Au grand conseil vaudois, c’est la baisse linéaire qui a malheureusement passé la rampe lors du premier débat. Et cette décision est d’autant plus dommageable que, le même jour, la droite à définitivement invalidé l’initiative socialiste «pour un rabais d’impôt qui protège les assurés», qui aurait allégé les contribuables de la classe moyenne qui paient trop de primes d’assurance-maladie. Bref, la droite vaudoise ne se contente pas de faire des fleurs aux contribuables aisés. Elle empêche le peuple de se prononcer sur une proposition de baisse d’impôts bien mieux ciblée et bien plus favorable à la classe moyenne. Mais qu'on ne s'inquiète pas, le PS revient aussitôt avec une proposition en faveur du pouvoir d'achat: la hausse des allocations familiales.