06/11/2007

Créer des places d’apprentissage sans passer par des allégements fiscaux

Le grand conseil vaudois a accepté aujourd’hui le postulat de l’ancienne députée Odile Jaeger Lanore «pour la valorisation et le développement des filières de formation professionnelle». J’ai soutenu ce postulat qui préconise plusieurs mesures utiles pour encourager les entreprises à former plus d’apprenti-e-s. Le conseil d’Etat a d’ailleurs déjà mis certaines de ces mesures en application (notamment une promotion plus intensive de la formation professionnelle auprès des entreprises) et en prévoit d’autres dans le cadre de la révision de la loi vaudoise sur la formation professionnelle. Bon nombre de ces mesures sont aussi préconisées par une étude commandée par l’office zurichois de la formation professionnelle publiée en août dernier. Cette étude de Jacqueline Grigo et Emil Wettstsein, deux spécialistes reconnus de ce domaine, est consacrée aux mesures pour éviter que les entreprises renoncent à former. Parmi ces mesures, on compte notamment un meilleur encadrement tant des entreprises formatrices que des apprenti-e-s en difficulté, une meilleure information à l’intention des entreprises, des jeunes et de leur familles, une professionnalisation de la surveillance de l’apprentissage et la création d’années d’apprentissage de base. Ces mesures ont leur coût et l’Etat ne pourra pas faire autrement que de l’assumer, pour améliorer la qualité de la formation professionnelle. La pénurie de places d’apprentissage qui sévit actuellement est en effet suffisamment grave, à la foi pour les jeunes concernés que pour les entreprises qui commencent à manquer de main d’œuvre, pour que nous ne laissions pas entraîner par une logique de comptes d’épicier.


C’est là qu’intervient le seul point problématique du postulat Jaeger-Lanore, qui préconise entre autres des allégements fiscaux pour les entreprises formatrices. Je m’oppose à cette proposition. En effet, les allégements fiscaux, outre le fait qu’ils profitent d’avantage aux grosses entreprises et que se sont surtout les PME qu’il faut soutenir, privent l’Etat de moyens dont il a besoin pour financer d’autres mesures nettement plus efficaces pour inciter les entreprises à former.

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30/10/2007

Il ne faut jamais faire des économies sur le dos de la formation.

Hier, deux nouvelles (pénurie de médecins, pénurie de mécaniciens) ont une fois de plus mis au grand jour que les économies en matière de formation ne sont jamais une bonne idée. Et donnent un avant-goût de ce à quoi va ressembler notre pays suite à la défaite électorale du PSS. Car, l’influence de l’UDC allant croissant, les programmes d’économie et les cadeaux fiscaux privant l’Etat de moyens vont aller en augmentant. Le parti de M. Blocher ne souhaitait en effet qu’une augmentation minimale (4,5%, alors que les socialistes voulaient 10%) des crédits à la formation et présente aujourd’hui ses propositions de coupes dans les budgets de l’Etat.

On recherche: médecins
Depuis des années, les dépenses en faveur de la formation stagnent en Suisse. Dans les années nonante, la politique des caisses vides menée par la majorité bourgeoise a provoqué l’introduction de numerus clausus pour l’accès aux études de médecine dans de nombreuses universités, surtout en Suisse alémanique. Mais les romands n’ont pas été en reste; au lieu de restriction d’accès, ils ont décalé l’écrémage d’une année, en durcissant les examens de première année. Cela a d’ailleurs permis à tout un petit business de se développer. De nombreux instituts de formation proposent contre espèces sonnantes et trébuchantes des cours de préparation aux examens. C’est une sélection par le porte-monnaie de plus. Mais les conséquences vont bien au-delà et c’est l’entier de la population qui paie les pots cassés de cette politique à courte vue. Les restrictions d’accès provoquent, comme on pouvait s’y attendre, une pénurie de médecins. Sans faire soit dit en passant baisser les coûts de la santé.

On recherche: mécaniciens
Une autre branche importante pour notre pays tire la langue et la sonnette d’alarme: l’industrie des machines. Il manquerait plus de 10'000 mécaniciens qualifiés en Suisse. Alors que cette branche se porte comme un charme et croule sous les commandes. C’est le résultat de longues années de politique négligente. Milieux patronaux, Conseil fédéral et OFFT ont ainsi nié à réitérées reprises l’ampleur de la pénurie de places de formation. On ne peut que constater une fois de plus le tort que cela a causé à notre économie et aux milliers de jeunes sans formation.

 

Jean Christophe Schwaab, syndicaliste, député au grand conseil
www.schwaab.ch

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