20/07/2013

Les touchantes inquiétudes des adversaires de «1 à 12»… et de l’AVS

Les milieux patronaux, décontenancés par leur déculottée lors du vote sur l’initiative «contre les rémunérations abusives» et probablement en train de perdre les pédales face au fort soutien de la population à «1 à 12» et aux exemples d’abus salariaux qui continuent à faire la une, prétendent avoir trouvé le talon d’Achille l’initiative des jeunes socialistes: Comme «1 à 12» fera baisser les salaires des grands patrons, l’AVS aurait moins de rentrées. De quoi inquiéter cette équipe de grands anxieux qui répètent depuis plus de 10 ans que l’AVS est ruinée, bien que la plus solide de nos assurances sociales affiche, année après année (et contrairement à leurs prédictions farfelues), un bénéfice conséquent.

Il est vrai que baisser les salaires abusifs aura un impact sur les cotisations AVS. En effet, qui gagne moins, cotise moins. Sauf qu’il ne faut pas considérer ces salaires isolément: Ce qui compte c’est la masse salariale totale. Or, il y a peu de risque de voir celle-ci baisser en cas d’acceptation de «1 à 12». Elle sera juste répartie différemment.

Quoi qu’il en soit, les craintes des adversaires de l’initiative pour plafonner les salaires abusifs ne sont que larmes de crocodiles. D’une part parce que, quand ça les arrange, ils ne se soucient guère de la santé de l’AVS. Et d’autre part, parce qu’ils font tout, feront tout et ont tout fait pour affaiblir le premier pilier.

 Où étaient ces fringants défenseurs de l’AVS lors des votes qui allaient lui coûter cher?

Il était par exemple avéré que la «réforme de l’imposition des entreprises II», qui n’a été accepté par le peuple que suite à une tromperie dénoncée, mais malheureusement pas annulée, par le Tribunal fédéral, coûte chaque année plusieurs dizaines de millions de francs à l’AVS (selon le Conseiller fédéral Merz: 150 millions), car elle incite les entreprises à verser des dividendes plutôt que des salaires. Lors de la campagne, le PS et les syndicats avaient tiré la sonnette d’alarme. Mais les partisans de ces cadeaux fiscaux dont on n’a pas encore vu l’utilité n’ont pas bronché, passant l’AVS par pertes et profis. Or, ils se trouvent être aussi les adversaires de «1 à 12». Leurs jérémiades apitoyées sur le sort de l’AVS ne sont donc que pur opportunisme, vu le peu d’empressement qu’ils ont à défendre l’AVS lorsqu’elle est vraiment privée de moyens.

Une stratégie d’affaiblissement systématique de l’AVS

Cette posture n’est finalement guère étonnante. Car, ces dernières années, les adversaires de «1 à 12» ont aussi déployé d’innombrables efforts pour affaiblir l’AVS: limitation de l’indexation des rentes, hausse de l’âge de la retraite, «frein à l’endettement» pour baisser les rentes sans recours au peuple, refus explicite des mesures qui permettraient à l’AVS de remplir son mandat constitutionnel de couvrir les besoins vitaux, campagnes paniquées prétendant que la ruine menace, etc. Fort heureusement, le peuple ne s’est jusqu’à présent pas laisser berner. Mais ils reviendront. Non pas qu’ils aient à cœur de défendre les retraites. Mais plutôt parce que, dans l’intérêt de leurs mécènes de l’assurance-vie, il faut que le premier pilier, qui échappe bêtement à la course au profit d’entreprises privées, soit le plus faible possible, histoire d’inciter les travailleurs inquiets pour leur pension à cotiser au 3ème pilier, avec en perspective des bénéfices intéressants.

Les craintes pour l’AVS en cas d’acceptation de «1 à 12» sont donc aussi peu crédibles que ceux qui les émettent. C’est donc sans arrière-pensée que l’on pourra, le 24 novembre prochain, voter un «oui» décidé à une mesure efficace contre les abus salariaux.

16/10/2011

Voter à droite = baisser les rentes AVS et augmenter l’âge de la retraite

Après une première tentative avortée il y a quelques mois à peine, la droite bourgeoise revient à la charge pour baisser les rentes AVS et augmenter l’âge de la retraite. La majorité UDC-PLR-PDC de la commission de la sécurité sociale du Conseil des Etats vient en effet de décider d’augmenter d’une année l’âge de la retraite des femmes. Cette augmentation n’est que le prélude d’une augmentation généralisée, dans la droite ligne des propositions Couchepin ou de l’Union Patronale (67 ans). Pour toutes les retraitées, il s’agira de travailler plus… pour gagner moins, car, parallèlement, cette même majorité souhaite diminuer l’indexation des rentes AVS, les rentes du 2ème pilier et donc le pouvoir d’achat de tous les rentiers.

Effets néfastes sur le pouvoir d’achat

Outre l’augmentation de l’âge de la retraite, deux autres propositions menacent directement le pouvoir d’achat des retraités. Une motion PDC souhaite en effet supprimer la compensation automatique du renchérissement pour les rentes AVS et le conseiller fédéral PLR Burkhalter propose quant à lui une baisse des rentes du 2ème pilier, lui qui a pourtant inauguré son mandat sur une défaite retentissante lors d’un vote populaire portant… sur le même sujet.

Cumulées, ces diverses mesures pourraient faire perdre jusqu’à 3900.—Fr. par an sur une rente de couple et 2700.—Fr. sur les rentes des femmes.

Déni de réalité

Ces décisions sont totalement à côté de la réalité. En effet, la situation financière de l’AVS est solide, elle fait du bénéfice et les prévisions des partis bourgeois à son sujet se sont systématiquement révélées fausses. En outre, les chances – presque inexistantes – des plus de 55 ans sur le marché du travail montrent qu’augmenter l’âge de la retraite ne ferait qu’augmenter le nombre de chômeurs et de bénéficiaires de l’aide sociale âgés. Ce ne serait donc qu’un report de coût sur d’autres assurances sociales ou sur les contribuables.

L’impact des élections fédérales

Ces décisions désastreuses pour le pouvoir d’achat des retraités n’ont pour l’instant été prises qu’en commission et ne seront soumise au plénum du Parlement qu’après les élections fédérales. Il est d’ailleurs intéressant de relever que l’UDC, qui prétend défendre la volonté populaire, soutient ces mesures, alors qu’elles sont contraires à tous les derniers votes du peuple (refus de la 11ème révision de l’AVS, refus de la baisse des rentes du 2ème pilier).

Une fois les élections passées, nul doute qu’UDC et consorts n’auront plus le moindre scrupule à s’attaquer aux retraités. Heureusement, un vote intelligent des citoyens permettra de redresser la situation.

Qui souhaite défendre le pouvoir d’achat de tous les retraités n’a qu’une seule chose à faire: voter socialiste d'ici au 23 octobre!

24/05/2009

Haro sur les vieux schnocks!

Le directeur d’avenir suisse, boîte à idée de quelques grandes entreprises qui s’est surtout signalée par des propositions jamais mises en pratique, notamment pour limiter l’accès à la formation (hausse des taxes d’étude) ou aggraver l’endettement des ménages (remplacer les bourses par des prêts), s’attaque aujourd’hui dans le «matin dimanche» à la solidarité entre les générations. M. Held tente de monter les jeunes contre les retraités avec un slogan simpliste: «les vieux sont riches, avares, et siphonnent les œuvres sociales à tel point qu’il n’en restera rien pour les jeunes». L’objectif de cette rhétorique n’est pas de défendre les jeunes (vu les précédentes propositions d’avenir suisse sur la formation, personne n’est dupe), mais plutôt de leur faire peur pour les inciter à soutenir, en vrac, la baisse des rentes du 2ème pilier ou des mesures d’économies dans l’AVS. Ces déclarations ne sont en fait rien d’autre que le début de la campagne des milieux économiques en vue des votations fédérales de cet automne sur le 2ème pilier. Car, sachant leur position impopulaire, ils avancent masqués, mettant plutôt en avant un pseudo-expert travaillant pour un pseudo-institut de pseudo-recherche qui n’est en réalité rien d’autre que leur cache-sexe. Probablement espèrent-ils un réflexe «salauds de vieux» de la part des jeunes, afin que ceux-ci acceptent de sabrer dans leurs propres futures rentes…
Mais avenir suisse ne fait pas que de la propagande électorale. Il défend aussi très concrètement les idées (et les bénéfices) de ses mécènes. Car derrière les attaques contre les rentes du 2ème pilier, ou la revendication de M. Held pour plus en concurrence entre les caisses de pension, se cache le lobby des assureurs-vie, qui voient dans la baisse des rentes ou l’assainissement à marche forcées des caisses de pensions un moyen de conserver leur profits malgré la chute des marchés financiers. Mais bon, quoi de plus normal, lorsqu’on finance un think tank, que d’espérer un retour sur investissement?
En creusant un peu, on s’aperçoit d’ailleurs que le cliché employé par M. Held des «retraités riches qui vivent aux crochets des jeunes» ne tient pas la route. Ainsi, une étude récente de pro senectute montre que le risque de se retrouver pauvre une fois à la retraite a augmenté ces dernières années. Et ce malgré l’existence de l’AVS, dont l’objectif est de garantir un minimum vital aux retraité-e-s, mais dont M. Held et ses amis veulent pourtant diminuer les rentes en limitant leur indexation (restrictions de l’indice mixte dans le cadre de la 11ème révision de l’AVS). En outre, s’il y a des risques pour que les jeunes d’aujourd’hui fassent partie d’une «génération sacrifiée» (pour reprendre les termes de M. Held), c’est plutôt à cause des propositions de son organisation et de ses amis pour limiter l’accès à l’éducation ou les dépenses publiques en la matière.