01/06/2010

Soutien très ciblé à la formation professionnelle supérieure

Il y a quelques mois, la majorité bourgeoise du Grand Conseil rejetait ma proposition en faveur de la formation professionnelle supérieure. Cette motion souhaitait encourager les personnes qui terminent une formation professionnelle initiale (avec un CFC) à poursuivre leur formation, grâce à des bons de 5’000.—Fr. Lors de ce débat, les partis bourgeois n’avaient pas mots assez durs pour contester une proposition selon eux «trop chère» et dont ils craignaient qu'elle ait un effet «arrosoir». Ils l’avaient alors emporté.
Mais voilà que cet après-midi, le Grand Conseil a, à l’unanimité, accepté d’introduire dans la nouvelle loi cantonale sur l’agriculture une disposition (cf art. 13 al. 2 et 3 du projet de loi) permettant à l’Etat de «soutenir par une aide financière les filières de formation supérieure agricole». Cette aide n’est pas limitée (alors que ma proposition était limitée à 5’000.—Fr.) et elle peut «couvrir jusqu’à l’entier des coûts de ces formations, y compris les frais d’examen». Or, ces seuls frais dépassent fréquemment 10'000.—Fr. Cette solution pour les professions agricoles est à saluer. En effet, la formation professionnelle supérieure est suffisamment importante pour notre pays pour mériter un soutien étatique plus intensif. Les personnes en formation méritent également d’être mieux soutenues, car les inégalités face à la formation supérieure sont encore très nombreuses. On ne peut alors que regretter que les velléités des partis bourgeois de soutenir la formation professionnelle supérieure se limitent à la seule agriculture et qu’ils aient refusé une proposition dont aurait bénéficié l’ensemble de l’économie du canton.

19/01/2010

La droite vaudoise ne veut pas soutenir la formation professionnelle supérieure

Le Grand Conseil a rejeté ce matin (par 69 voix contre 65) ma motion (pourtant transformée en postulat) en faveur d’un vrai soutien à la formation professionnelle supérieure, au moyen de bons de formation de 5'000.—Fr. destinés à tous les titulaires vaudois d’un CFC (ou titre équivalent du secondaire II).
Nul n’a mis en doute l’utilité et l’importance de la formation professionnelle supérieure (brevet, maîtrise): tant pour les personnes qui en bénéficient (augmentation du revenu, diminution des risques de chômage), que pour l’Etat (hausse des recettes fiscales, baisse des dépenses sociales) et l’économie (meilleure qualité de la main d’œuvre, personnel mieux à même de s’adapter aux mutations technologiques). En outre, personne n’a contesté ouvertement que l’accès à la formation professionnelle supérieure est très inégalitaire: p. ex. seules 14% de femmes y ont accès, contre 30% des hommes. Et, plus on a un niveau de formation élevé, plus on travaille dans une grande entreprise, plus on a un revenu important, meilleures sont les chances de bénéficier de la formation continue.
Mais, malgré ces constats, il n’y a eu que deux voix radicales (face à l’opposition frontale du reste du groupe PRD, des libéraux et de l’UDC) à se joindre à la gauche et aux verts pour accepter un soutien ciblé aux jeunes qui ont terminé leur formation initiale et souhaitent se lancer dans une formation professionnelle supérieure, mais renoncent à cause des obstacles financiers. Une telle formation peut en effet coûter plusieurs milliers de francs et, si on a pas la chance de travailler dans une branche qui a prévu un mécanisme de financement (p. ex. un fond paritaire) ou un CCT octroyant des congés payés de formation continue, les salariés qui souhaitent s’y lancer doivent y aller entièrement de leur poche.
Bref, comme souvent en matière de formation continue: Tout le monde en parle, tout le monde est pour, mais quand il s’agit de mesures concrètes, impossible de compter sur la majorité bourgeoise. Qui n’a, faut-il le rappeler, pas proposé d’alternative.

11/11/2009

Quand on se trompe, il faut l'admettre...

Lorsque le Conseil d’Etat vaudois avait annoncé l’instauration, comme mesure anti-crise, d’une prime de 5000.—Fr. pour la création de nouvelles places d’apprentissage et de 500.—Fr. pour chaque contrat d’apprentissage renouvelé, j’avais critiqué la mesure, me basant notamment sur une expérience similaire menée en Autriche qui n’avait pas été couronnée de succès (coûts énormes, argent mal dépensé, risque important d’effet d’aubaine). A la lecture des résultats très positifs récemment publiés par le gouvernement, force est de constater que j’avais tort. La mesure a permis la création de près de 900 nouvelles places d’apprentissage, alors que l’objectif était de 500. En outre, plus de 300 de ces nouvelles places sont le fait d’entreprises qui ne formaient pas d’apprentis auparavant. Peut-être faut-il y voir un effet anticipé du nouveau fonds vaudois pour la formation professionnelle, qui a clairement pour objectif d’encourager les entreprises à former.

Certes, la mesure devra être évaluée sur le long terme. Il faudra s’assurer que, d’ici quelques années, ces nouvelles entreprises formatrices le seront toujours (le fonds devrait les encourager à le rester) et que la prime n’aura pas été qu’un feu de paille. Ce succès ne devra en outre pas être prétexte à relâcher les efforts pour créer de nouvelles places et permettre à chaque jeunes de faire une formation post-obligatoire. Mais, dans tous les cas, il faut d’ors et déjà se féliciter du succès de cette mesure. Alors que le nombre de places d’apprentissage recule au niveau national (-1% selon l’OFFT) pour la première fois depuis 2004, l’offre progresse dans le canton de Vaud. C’est une excellente nouvelle pour l’économie et surtout pour les jeunes qui souhaitent entrer en formation professionnelle.