16/09/2009

Le «libre choix» de l’école se prend une nouvelle claque

Le «lobby parent Vaud», suite à l’échec d’une proposition libérale au grand conseil, avait annoncé en grand pompe vouloir lancer une initiative populaire pour privatiser l’école grâce au «libre choix» et au «bon scolaire». Son cuisant échec lors d’un vote populaire (80% de non) à Bâle-Campagne l’avait un peu refroidi et poussé à se contenter d’une pétition. Pétition qui a été déposée hier avec… 1200 signatures à peine! Soit dix fois moins que ce qu’il aurait fallu pour une initiative. En encore, il est plus facile de récolter des signatures pour pétition, car il n’a y pas besoin d’avoir le droit de vote pour signer. En appliquant un taux de «déchet» de 15% (soit le taux habituel de signatures non valables lors d’une récolte pour une initiative ou un référendum), la pétition pour la privatisation de l’école compte à peine un millier de signatures.

Bref, le «libre choix de l’école» en terre vaudoise, c’est râpé. Une fois de plus. L’école publique et démocratique a heureusement encore de beaux jours devant elle.

25/04/2009

Le «bon scolaire» vaudois sombre corps et biens

Le «lobby parents Vaud» vient d’annoncer qu’il ne lancera finalement pas d’initiative pour privatiser l’école vaudoise à l’aide du «bon scolaire» (ou «chèque éducation»). Une initiative qui était pourtant «prête à être lancée» depuis l’automne dernier. Mais, entre temps, les lobbyistes de l’école privée ont subi une claque monumentale dans les urnes de Bâle-Campagne, où une initiative similaire a été balayée par près de 80% des votes. Et, dans le canton de Vaud, la commission formation du parti radical les aurait plutôt fraîchement accueillis (la majorité des députés radicaux avait déjà refusé une première tentative libérale d’introduire le «libre choix» de l’école).
Le «lobby parents» se contentera d’une pétition, non contraignante et la plupart du temps sans le moindre effet. Sa présidente botte en touche dans un entretien accordé au «Temps» (disponible en ligne pour les abonnés) et prétend que la décision de se contenter d’une pétition n’est pas motivée par la débâcle de la tentative bâloise, mais doit plutôt «peser sur les débats de la refonte de la loi scolaire vaudois». Et le lobby des privatiseurs de menacer de lancer quand même une initiative, mais «ultérieurement».
Ne jouons pas avec les mots. Le retrait de l’initiative est un aveu d’échec. La votation de BL l’a confirmé: toute tentative de privatiser l’école obligatoire sera balayée dans les urnes, même si elle est joliment emballée dans un fallacieux «libre choix». L’école publique, gratuite et obligatoire est un des fondements de notre démocratie et la population y est attachée.

23/04/2009

La poste ou l’art d’affaiblir le service public

La population est attachée à la notion de service public. Cela se vérifie lors de chaque votation: privatisations et libéralisations sont en général balayées dans les urnes un peu partout en Suisse (on se souvient du refus de la loi sur le marché de l’électricité, de privatisation de la BCV et, plus récemment, du bon scolaire à BL ou de la privatisation des services industriels de la ville de Thoune) et les stratèges néolibéraux renvoyés à leurs belles théories. Désormais, la seule menace d’un vote populaire peut suffire à les faire reculer (p. ex. Swisscom).
Les voilà donc obligés de recourir à une autre méthode, plus subtile. Pour se débarrasser du service public et privatiser ses activités rentables (selon l’immuable adage «les bénéfices aux privés, les pertes à l’Etat»), ils le vident d’abords de sa substance. En espérant que la population ne défende plus la peau de chagrin qui subsistera à la fin.
La poste est un bel exemple de cette nouvelle stratégie. Le démantèlement se poursuit, malgré l’opposition de la population et les mauvaises expériences des pays voisins (hausses de prix, sous-enchère salariale), mais en douce. 1ère étape, on supprime la couverture de l’entier du territoire en fermant les offices les petites localités. Puis ceux de localités et quartiers plus grands. Puis d’autres. Jusqu’à ce que la population se soit définitivement habituée à ne plus pouvoir compter sur un service de proximité. 2ème étape, on ouvre de plus en plus les services à la concurrence, comme vient de le faire le conseil fédéral en abaissant le monopole des lettres à 50g (contre l’avis du parlement – y compris quelques élus bourgeois!). Non pas par soucis d’efficacité (surtout en cas de monopole naturel où la concurrence est néfaste), mais plutôt pour diminuer les revenus de la poste. Qui, fatalement coûtera de plus en plus cher. Ce qui incitera les élus soucieux des finances publiques à arrêter les frais. Et encouragera les dirigeants de la poste à procéder à d’autres fermetures d’offices et dégradations des conditions de travail. 3ème étape: Refuser la création d’une banque postale (tant pis si cela serait utile aux PME en manque de crédits). Là encore, l’objectif est de priver le géant jaune de ressources dont il aurait pourtant besoin pour financer le service universel. Ce qui justifiera les mesures d’économies déjà évoquées.
Résultat: Un service public auquel bientôt plus personne ne croit et dont plus personne ne se souciera de le garder en mains publiques. A moins que population et élus ne mettent un terme à ces manigances. Maintenant.