18/05/2008

Privatisation des CFF: M. Leuenberger déraille.

Lorsque M. Blocher sévissait au conseil fédéral, M. Leuenberger, en place depuis 13 ans, justifiait sa présence au gouvernement pour faire contrepoids au tribun zurichois, qui lorgnait sur le département des transports. Où il n’aurait pas manqué de faire beaucoup de dégâts. En témoigne sa dernière prise de position en faveur d’une privatisation de CFF Cargo.
M. Blocher évincé, plus rien ne retient M. Leuenberger au Conseil fédéral. Il est en passe de se transformer en boulet pour son parti, défait aux dernières élections fédérales (faut-il rappeler que les sections cantonales du PS les plus proches de ses idées centristes sont celles qui ont subi les défaites les plus lourdes?). Sa gestion pour le moins approximative de la crise de CFF Cargo ne parle pas en sa faveur. On pouvait certes lui pardonner une position minoritaire au sein d’un collège de droite et lui concéder «qu’au moins, il tenait bon» face aux pressions des partis bourgeois (et encore).
Mais aujourd’hui dans la Sonntagszeitung, M. Leuenberger a dépassé les bornes en proposant rien de moins que l’entrée en bourse et la privatisation partielle des CFF. Une des revendications du «livre blanc» qu’une poignée de néolibéraux avait publié l’année de son élection au gouvernement. Non seulement il ne tient plus bon, mais il prend ouvertement le parti des fossoyeurs du service public, de la ruine des chemins de fer, et du bradage, au profit d’investisseurs privés, d’infrastructures patiemment bâties avec de l’argent public. Rarement un ministre socialiste n’aura fait pareillement allégeance au néolibéralisme. Rarement un ministre n’aura fait autant de tort à son parti et aux personnes qu’il défend.
Le plus navrant dans toute cette affaire, c’est que M. Leuenberger n’en tirera aucun bénéfice. S’il s’accroche et persiste dans son projet idiot, son propre parti lancera le référendum. Et le gagnera.

10/05/2008

Les recettes de l’UDC pour CFF cargo

La «Neue Luzerner Zeitung», relayée par le gratuit du soir «Heute», nous apprenait hier les recettes que l’UDC réserve à CFF cargo. Elles sont à l’image des positions de ce parti: brutales, ultralibérales et irréfléchies. C’est son président de fait, M. Blocher, qui l’annonce en personne: «CFF cargo doit être privatisée». Le conseiller fédéral battu passe bien entendu sous silence les désavantages qu’aurait une telle privatisation: pertes d’emplois, dégradations des conditions de travail et de salaire, privés encaissant de juteux bénéfices grâce à des infrastructures financées par l’Etat à coups de milliards, etc. La privatisation ne suffit d’ailleurs pas au stratège de l’UDC: L’entreprise doit être «déliée de ses cautèles syndicales». M. Blocher est donc ultralibéral jusqu’au bout des ongles et souhaite aussi jeter aux ortilles le partenariat social et les conventions collectives. Ce qu’il avait d’ailleurs fait lorsqu’il dirigeait EMS: Il avait refusé de négocier avec Unia, pour signer une CCT fantôme avec le syndicat chrétien Syna, sage et docile. Il n’en n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai. Appelé à s’exprimer devant l’assemblée de la société suisse des entrepreneurs, il l’avait exhorté à dénoncer la CCT du bâtiment. Provoquant la sous-enchère salariale, puis la débâcle patronale que l’on sait.
Mais ces bons conseils ne sont pas distribués sans arrières pensées. M. Blocher le dit tout net : être l’entrepreneur qui reprendrait cargo «le stimulerait et serait une tâche intéressante». Tiens donc. Non content de son bilan de conseiller fédéral qui se résume à des reports de charges sur les cantons et la critique de nos institutions devant un auditoire de pseudo-démocrates turcs, M. Blocher s’en prend maintenant au transfert de la route au rail. Une seule réponse: Giù le mani!